Comment ne pas payer d'impôts sur ses revenus locatifs ?

Arsalain EL KESSIR
Comment ne pas payer d'impôts sur ses revenus locatifs ?

✍ Les points à retenir

  • Le statut LMNP au régime réel : C'est la solution la plus efficace pour les logements meublés. En optant pour le régime réel, vous pouvez déduire l'ensemble de vos charges (intérêts, taxe foncière, assurance) mais surtout pratiquer l'amortissement du bien. Ce mécanisme comptable permet de réduire artificiellement votre bénéfice à zéro, neutralisant ainsi l'impôt sur vos loyers pendant 10 à 20 ans.
  • Le mécanisme du déficit foncier : Pour les locations nues (vides), si vos charges et travaux de rénovation sont supérieurs à vos loyers, vous créez un déficit. Ce déficit est déductible de vos autres revenus (salaires) jusqu'à 10 700 € par an (voire plus en cas de rénovation énergétique). L'excédent est reportable pendant 10 ans sur vos futurs revenus locatifs pour ne plus payer d'impôts.
  • La SCI à l'Impôt sur les Sociétés (IS) : Contrairement à la SCI classique, la SCI à l'IS permet d'amortir l'immeuble comme une entreprise. Les bénéfices ne sont pas imposés sur votre déclaration de revenus personnelle, mais au niveau de la société (taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 €). Si vous réinvestissez les profits sans vous verser de dividendes, votre fiscalité personnelle reste nulle.
  • Le démembrement de propriété : Investir en nue-propriété permet de ne percevoir aucun loyer (l'usufruit est cédé à un tiers pour une durée fixe). En l'absence de revenus, vous n'êtes pas imposé. Cette stratégie est idéale pour se constituer un patrimoine sans alourdir sa fiscalité pendant la vie active, en récupérant la pleine propriété (et les revenus) à la retraite.
  • Le dispositif Loc'Avantages (Anah) : En conventionnant votre logement avec l'Anah et en acceptant un loyer modéré, vous bénéficiez d'une réduction d'impôt calculée sur vos revenus bruts. Selon le niveau de loyer choisi, cette réduction peut gommer l'intégralité de l'impôt dû sur vos revenus locatifs.

Comment ne pas payer d'impôts sur ses revenus locatifs : les stratégies d'optimisation fiscale

Devenir propriétaire bailleur est une étape clé pour se constituer un patrimoine, mais la fiscalité peut rapidement éroder la rentabilité de votre investissement. En France, les loyers perçus sont soumis à l'impôt sur le revenu ainsi qu'aux prélèvements sociaux (au taux de 17,2 %). Cependant, il existe des mécanismes légaux puissants pour réduire, voire annuler, ces prélèvements. Savoir comment ne pas payer d'impôts sur ses revenus locatifs demande une compréhension fine des différents régimes fiscaux et une anticipation des charges liées à l'exploitation du bien. L'optimisation fiscale ne consiste pas à échapper à la loi, mais à utiliser les outils mis à disposition par le Code Général des Impôts pour compenser les loyers par des charges déductibles ou des avantages spécifiques.

L'importance du choix du régime d'imposition

La première décision qui impacte vos impôts est le choix entre le régime micro et le régime réel. Si le micro-foncier ou le micro-BIC offrent une simplicité administrative avec un abattement forfaitaire (respectivement 30 % et 50 %), ils sont rarement la solution pour ne plus payer de taxes sur ses revenus locatifs. En effet, dès que vos charges réelles (travaux, intérêts, taxes) dépassent cet abattement, le régime réel devient plus avantageux. Ce dernier permet de déclarer le montant exact de vos dépenses et de les soustraire de vos loyers. Si le total des charges est supérieur aux revenus, vous créez un résultat fiscal nul, neutralisant ainsi toute imposition sur l'année concernée.

Le principe de la déductibilité des charges

Pour atteindre l'objectif de "zéro impôt", l'investisseur doit maximiser les charges déductibles. Les intérêts d'emprunt constituent souvent le premier poste de dépense, surtout en début de crédit immobilier. À cela s'ajoutent la taxe foncière, les frais de gestion locative, les primes d'assurance (PNO, loyers impayés) et les charges de copropriété. Mais le véritable moteur de l'optimisation reste les travaux de rénovation ou d'entretien. En planifiant stratégiquement des travaux, un bailleur peut générer un déficit qui viendra s'imputer sur ses revenus locatifs, protégeant ainsi son cash-flow de toute ponction fiscale pendant plusieurs exercices consécutifs.

Anticiper la pression fiscale sur le long terme

La stratégie pour ne pas payer d'impôts doit être pensée sur le long terme. Au fil des années, les intérêts d'emprunt diminuent, ce qui tend à faire remonter le bénéfice imposable. C'est ici qu'interviennent des mécanismes plus sophistiqués comme l'amortissement en location meublée ou les dispositifs de défiscalisation. L'idée est de créer des couches successives de protection fiscale. Par exemple, après une phase de déficit foncier liée à des travaux, l'investisseur peut envisager une bascule de son mode de location ou un nouvel investissement pour maintenir une pression fiscale minimale. La pérennité de vos revenus locatifs dépend directement de votre capacité à anticiper ces cycles fiscaux.

Location non meublée ou location meublée (LMNP) : quel statut choisir pour viser le "zéro impôt" ?

Le choix entre la location nue et la location meublée est déterminant pour l'imposition de vos loyers. Ces deux modes de location ne dépendent pas des mêmes catégories de revenus : les revenus fonciers pour le nu et les Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) pour le meublé. Cette distinction change radicalement la manière dont vous allez calculer vos impôts. Si la location nue est souvent associée au déficit foncier, la location meublée (LMNP) est célèbre pour son mécanisme d'amortissement, permettant souvent une exonération totale sur une très longue durée.

CritèresLocation Non Meublée (Revenus Fonciers)Location Meublée (LMNP - BIC)
Régime Forfaitaire Micro-foncier (30 % d'abattement) Micro-BIC (50 % d'abattement)
Charges Déductibles Dépenses réelles (travaux, intérêts, taxes) Dépenses réelles + Amortissement du bien
Déficit Imputable sur le revenu global (max 10 700 €) Reportable uniquement sur les revenus BIC
Objectif Fiscal Idéal pour les biens avec gros travaux Idéal pour la rentabilité court/moyen terme

Les avantages fiscaux de la location nue au réel

La location nue au régime réel est l'outil privilégié pour ceux qui achètent des biens à rénover. Le principal avantage est la possibilité d'imputer le déficit foncier (hors intérêts d'emprunt) sur votre revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Cela signifie que non seulement vous ne paierez pas d'impôts sur vos revenus locatifs, mais que vous réduirez également l'imposition de vos salaires ou autres revenus. Si le déficit excède ce plafond ou s'il provient des intérêts d'emprunt, il reste reportable pendant 10 ans sur vos futurs revenus fonciers, créant un bouclier fiscal efficace pour l'avenir.

Le statut LMNP : le roi de l'optimisation fiscale

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est souvent considéré comme la solution miracle pour ne plus payer d'impôts. En plus des charges classiques, vous avez le droit de déduire l'amortissement des murs et du mobilier. L'amortissement est une charge "fictive" comptable qui ne correspond pas à une sortie d'argent réelle mais qui vient diminuer votre bénéfice. Très souvent, le montant de l'amortissement ajouté aux autres charges suffit à ramener le bénéfice fiscal à zéro. Les revenus locatifs perçus sont alors totalement nets de fiscalité et de prélèvements sociaux pour l'investisseur.

Arbitrer entre les deux statuts selon votre profil

Pour décider du meilleur statut, il faut analyser l'état du bien immobilier et vos objectifs. Un bien nécessitant une réfection totale de la toiture ou du gros oeuvre sera plus pertinent en location nue pour profiter du déficit foncier immédiat sur le revenu global. À l'inverse, un appartement en bon état, situé dans une zone étudiante ou touristique, sera bien plus performant sous le statut LMNP. Dans ce cas, l'optimisation visera à percevoir des revenus locatifs sur le long terme sans jamais augmenter votre tranche marginale d'imposition (TMI). Le passage d'un statut à l'autre est possible, mais il doit être validé comptablement pour éviter toute rupture fiscale préjudiciable.

Le régime réel : le levier du déficit foncier pour annuler l'imposition en location nue

Le régime réel en location nue est le passage obligé pour tout investisseur souhaitant maîtriser ses impôts. Contrairement au régime micro-foncier qui applique un abattement automatique, le régime réel vous permet de déduire l'intégralité des dépenses nécessaires à la conservation et à l'entretien du bien. Lorsque ces dépenses sont supérieures aux loyers, on parle de déficit foncier. Ce mécanisme est l'un des plus redoutables pour effacer la fiscalité de vos revenus locatifs et même optimiser votre fiscalité personnelle globale.

Le mécanisme de calcul du déficit foncier

Le calcul du déficit foncier se décompose en deux étapes. D'abord, on soustrait les intérêts d'emprunt des revenus. Si le résultat est négatif, ce "déficit d'intérêts" est reportable pendant 10 ans sur les revenus fonciers. Ensuite, on déduit les autres charges (travaux, taxes, gestion). Si cette deuxième étape génère un solde négatif, ce déficit "naturel" est imputable sur votre revenu global (salaires, pensions) jusqu'à 10 700 € par an. C'est ce double palier qui permet de réduire drastiquement l'assiette de vos impôts, rendant l'opération immobilière extrêmement attractive d'un point de vue fiscal.

Quelles charges inclure pour maximiser le déficit ?

Pour ne pas payer d'impôts, il ne faut oublier aucune charge. Les frais d'administration et de gestion (honoraires de syndic, agence immobilière), les primes d'assurance, la taxe foncière et les charges de copropriété non récupérables sont déductibles de plein droit. Cependant, le levier le plus puissant reste les travaux d'amélioration, de réparation et d'entretien. En réalisant des travaux de performance énergétique ou de remise aux normes, vous créez une charge importante qui viendra neutraliser vos revenus locatifs. Attention toutefois : les travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ne sont généralement pas déductibles des revenus fonciers.

La règle de la conservation du bien

Utiliser le déficit foncier pour réduire ses impôts impose une contrepartie : l'obligation de louer le bien jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation du déficit sur le revenu global. Si vous cessez la location ou vendez le bien avant ce délai, l'avantage fiscal est remis en cause et vous devrez rembourser les économies d'impôts réalisées. Cette règle souligne l'importance d'une stratégie de détention à long terme. Le déficit foncier n'est pas seulement un "coup" fiscal ponctuel, mais une méthode pour bâtir un patrimoine solide tout en protégeant ses revenus locatifs de la taxation pendant la phase de croissance de l'investissement.

Le statut LMNP et le mécanisme de l'amortissement : percevoir des loyers nets d'impôt pendant 10 à 20 ans

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) au régime réel est sans doute la stratégie la plus pérenne pour optimiser ses impôts. Son secret réside dans l'amortissement réputé non différé (ARD). Contrairement à la location nue, le meublé est considéré comptablement comme une activité commerciale. À ce titre, vous pouvez considérer que votre immeuble perd de la valeur chaque année par l'usure et inscrire cette "perte" comme une charge dans votre comptabilité. Ce mécanisme permet de neutraliser fiscalement les revenus locatifs sans avoir à décaisser de trésorerie supplémentaire.

Comment fonctionne l'amortissement comptable ?

L'amortissement consiste à diviser la valeur du bien (hors terrain, car le terrain ne s'use pas) sur une durée de vie estimée, généralement entre 25 et 40 ans. Par exemple, pour un appartement valant 200 000 €, on peut amortir environ 160 000 € sur 30 ans, soit une charge annuelle de 5 333 €. Si vos revenus locatifs après déduction des charges courantes sont de 5 000 €, l'amortissement vient absorber ce bénéfice. Résultat fiscal : 0 €. Vous encaissez réellement l'argent, mais aux yeux de l'administration fiscale, vous n'avez réalisé aucun profit. Vos impôts sur ces loyers sont donc nuls.

L'amortissement du mobilier et des travaux

En LMNP, l'optimisation ne s'arrête pas aux murs. Le mobilier nécessaire à la qualification de "location meublée" (lit, table, plaques de cuisson, etc.) s'amortit également, mais sur une durée plus courte, entre 5 et 10 ans. Les travaux de rénovation énergétique ou de décoration sont aussi amortissables. Ce cumul de dotations aux amortissements permet de créer un "stock" de charges. Si une année l'amortissement est supérieur au bénéfice, l'excédent n'est pas perdu : il est reportable sans limitation de durée. Cela garantit souvent une absence totale d'impôts sur vos revenus locatifs pendant deux décennies ou plus.

L'avantage lors de la revente du bien

L'un des plus grands paradoxes et avantages du statut LMNP est le traitement de la plus-value à la revente. Bien que vous ayez "amorti" le bien (et donc réduit fictivement sa valeur comptable pour ne pas payer d'impôts sur les loyers), le calcul de la plus-value ne tient pas compte de ces amortissements. On utilise le régime des plus-values immobilières des particuliers. Contrairement aux sociétés soumises à l'IS, vous bénéficiez des abattements pour durée de détention. Après 22 ans, vous êtes exonéré d'impôt sur la plus-value, et après 30 ans, de prélèvements sociaux. C'est le seul mécanisme qui permet de déduire la valeur du bien de ses revenus locatifs sans être pénalisé au moment de la sortie.

Les dispositifs d'investissement locatif pour gommer son impôt (Denormandie, Malraux, Loc'Avantages)

Au-delà des charges réelles et de l'amortissement, l'État propose des dispositifs spécifiques pour inciter les propriétaires à rénover le parc immobilier ou à proposer des loyers modérés. Ces lois permettent de bénéficier d'une réduction d'impôt calculée sur le montant de l'investissement ou des travaux. C'est une méthode directe pour compenser les impôts dus sur les revenus locatifs, voire sur l'ensemble de votre imposition personnelle. Ces outils demandent néanmoins de respecter des conditions strictes de zonage et de mise en location.

Le dispositif Denormandie : rénover dans l'ancien

Le dispositif Denormandie s'adresse aux investisseurs qui achètent un logement à rénover dans certaines communes moyennes (villes du plan "Action Coeur de Ville"). Pour en bénéficier, les travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l'opération. En contrepartie, vous bénéficiez d'une réduction d'impôt allant jusqu'à 21 % de l'investissement total, étalée sur 12 ans. Ce dispositif est particulièrement puissant car il cumule deux avantages : la création d'un patrimoine rénové et une baisse massive de vos impôts globaux, couvrant largement la fiscalité générée par vos nouveaux revenus locatifs.

La loi Malraux : pour le patrimoine historique

La loi Malraux est destinée à la restauration d'immeubles situés dans des sites patrimoniaux remarquables. Ici, l'avantage n'est pas un amortissement mais une réduction d'impôt calculée uniquement sur le montant des travaux. Le taux est de 22 % ou 30 % selon la zone, avec un plafond de travaux de 400 000 € sur 4 ans. C'est un outil de défiscalisation de haut niveau. Il permet d'effacer une part considérable d'impôts tout en se constituant un patrimoine d'exception. Bien que les revenus locatifs de ces biens soient imposés, la réduction d'impôt Malraux est souvent telle qu'elle neutralise tout impact fiscal pendant la durée de l'opération.

Loc'Avantages : la réduction d'impôt solidaire

Loc'Avantages (succédant au dispositif "Louer Abordable") propose une logique différente. En acceptant de louer votre bien à un loyer inférieur au marché à des locataires sous plafonds de ressources, vous bénéficiez d'une réduction d'impôt sur le revenu. Plus le loyer est bas, plus la réduction est importante (de 15 % à 35 %, voire 65 % en cas de gestion intermédiée). Ce système est très flexible car il s'applique aux biens neufs comme anciens, sans travaux obligatoires. Pour l'investisseur, c'est une façon de sécuriser ses revenus locatifs (via des garanties souvent associées) tout en réduisant ses impôts de manière contractuelle avec l'administration.

L'investissement en nue-propriété : une solution radicale pour supprimer la fiscalité et l'IFI

Si votre objectif est d'accroître votre patrimoine sans augmenter vos impôts d'un seul euro, l'investissement en nue-propriété est sans doute la solution la plus radicale. Ce montage repose sur le démembrement de propriété. En achetant uniquement la nue-propriété d'un bien (pour 60 % à 70 % de sa valeur), vous laissez l'usufruit (le droit de louer et d'occuper le bien) à un bailleur institutionnel pendant une durée déterminée (souvent 15 à 20 ans).

Zéro revenu, zéro impôt, zéro charge

Puisque vous ne percevez aucun revenus locatifs pendant la période de démembrement, vous n'avez mécaniquement aucun impôt supplémentaire à payer. Vous n'avez pas non plus à gérer les locataires, les travaux ou les charges de copropriété, qui incombent à l'usufruitier. L'avantage fiscal est "invisible" mais massif : vous achetez un bien avec une décote importante qui correspond, en réalité, à la totalité des loyers que vous auriez perçus, mais nets de toute fiscalité et de tout frais de gestion. C'est une stratégie de capitalisation pure, idéale pour préparer la retraite.

L'éviction de l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)

L'autre avantage majeur de la nue-propriété concerne l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Selon la loi, c'est l'usufruitier qui doit déclarer la valeur du bien dans son patrimoine taxable. Pour le nu-propriétaire, le bien n'entre pas dans l'assiette de l'IFI. Si vous êtes déjà fortement imposé sur votre patrimoine, cette stratégie permet de continuer à investir dans l'immobilier sans alourdir votre note fiscale annuelle. C'est un outil d'optimisation globale qui va bien au-delà de la simple gestion des revenus locatifs.

La récupération de la pleine propriété

À l'extinction de l'usufruit, vous devenez plein propriétaire automatiquement et sans frais supplémentaires. Le bien a généralement pris de la valeur, et vous pouvez alors décider de le vendre ou de le mettre en location. Si vous décidez de le louer à ce moment-là, vous pourrez alors utiliser les autres stratégies (LMNP, travaux) pour recommencer un cycle d'optimisation et éviter de payer des impôts sur vos nouveaux revenus locatifs. La nue-propriété est donc une phase de sommeil fiscal qui prépare une rentabilité future optimale.

La SCI à l'IS (Impôt sur les Sociétés) : capitaliser ses revenus sans impact sur son impôt sur le revenu personnel

Pour les investisseurs possédant plusieurs biens ou souhaitant se professionnaliser, la Société Civile Immobilière (SCI) soumise à l'Impôt sur les Sociétés (IS) offre un cadre d'optimisation très différent. Contrairement à la SCI à l'IR (transparente fiscalement), la SCI à l'IS est une personne morale qui paie ses propres impôts. Cela permet de décorréler totalement vos revenus locatifs de votre fiscalité personnelle et de vos salaires.

Le fonctionnement du taux réduit de l'IS

Au sein d'une SCI à l'IS, le bénéfice net est imposé à un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de résultat, puis à 25 % au-delà. Ce taux est souvent bien inférieur à la Tranche Marginale d'Imposition (TMI) des investisseurs (30 %, 41 % ou 45 %) à laquelle s'ajoutent les prélèvements sociaux. En laissant l'argent dans la société pour rembourser les emprunts ou réinvestir, vous évitez que ces revenus locatifs ne viennent gonfler votre base d'imposition personnelle. C'est un outil de capitalisation extrêmement puissant.

L'amortissement en SCI à l'IS : comme en LMNP

Le grand avantage de la SCI à l'IS est la possibilité d'amortir l'immeuble, exactement comme sous le statut LMNP, mais pour de la location nue. Chaque année, la société déduit une partie de la valeur du bâtiment de son bénéfice. Entre l'amortissement, les intérêts d'emprunt et les charges, il est très fréquent que la SCI affiche un résultat fiscal nul ou très faible. Ainsi, la société ne paie pas d'impôts, et vous non plus, tant que vous ne sortez pas de dividendes. C'est la stratégie idéale pour ceux qui n'ont pas besoin des loyers pour vivre immédiatement et préfèrent bâtir un empire immobilier.

Le revers de la médaille : la plus-value professionnelle

Si la SCI à l'IS est imbattable pour ne pas payer d'impôts pendant la phase de détention, la sortie est plus onéreuse. Lors de la vente du bien, la plus-value est calculée selon le régime professionnel : on réintègre tous les amortissements pratiqués. De plus, il n'y a pas d'abattement pour durée de détention. Cependant, pour beaucoup, l'économie réalisée sur les revenus locatifs pendant 20 ans et la capacité d'autofinancement accrue justifient largement ce coût final. La SCI à l'IS doit être vue comme un outil de transmission et de croissance plutôt que comme un placement de court terme.

Optimiser la gestion des charges : travaux, frais de gestion et intérêts d'emprunt

Au-delà du choix du statut, l'art de ne pas payer d'impôts sur ses loyers réside dans la gestion minutieuse des dépenses. Chaque euro dépensé pour le bien doit être une arme fiscale. Une gestion rigoureuse permet de transformer des coûts d'exploitation en boucliers protecteurs pour vos revenus locatifs. Il s'agit de comprendre le calendrier de déductibilité et de savoir quels frais engager pour optimiser son rendement net.

Le pilotage stratégique des travaux

Les travaux sont le principal levier de création de déficit foncier. Pour une optimisation maximale, il peut être judicieux de regrouper d'importants travaux sur une seule année afin de dépasser largement le plafond d'imputation de 10 700 € sur le revenu global, créant ainsi un report déficitaire pour les années suivantes. En 2026, les travaux de rénovation énergétique bénéficient de conditions de déductibilité renforcées. Investir dans l'isolation ou un système de chauffage moderne n'est pas seulement écologique, c'est une décision fiscale majeure qui efface l'impôt sur vos revenus locatifs tout en augmentant la valeur de votre actif.

Les frais de gestion et les assurances

Beaucoup de bailleurs hésitent à déléguer la gestion de leur bien à cause des honoraires d'agence. Pourtant, ces frais sont intégralement déductibles au régime réel. En déléguant, vous gagnez du temps, de la sérénité, et vous réduisez vos impôts. Il en va de même pour les assurances. L'assurance Garantie des Loyers Impayés (GLI) et l'assurance Propriétaire Non Occupant (PNO) sont des charges déductibles. Elles protègent vos revenus locatifs contre les aléas tout en diminuant votre assiette fiscale. Dans une stratégie de "zéro impôt", il est souvent plus malin de payer une prestation de service déductible que de payer de l'impôt pur.

Les intérêts d'emprunt et frais de dossier

Le crédit est le meilleur allié de l'investisseur. Les intérêts d'emprunt sont déductibles de vos revenus locatifs sans limitation de montant (ils ne sont simplement pas imputables sur le revenu global, mais reportables sur les loyers). Pensez aussi à déduire les frais de dossier bancaire, les frais de courtage et les cotisations d'assurance emprunteur. Lors d'un rachat de crédit ou d'une renégociation, les pénalités de remboursement anticipé sont également déductibles si l'opération vise à maintenir ou augmenter vos revenus locatifs. Chaque détail financier de votre prêt doit être reporté dans votre déclaration pour minimiser vos impôts.

FAQ - Comment ne pas payer d'impôts sur ses revenus locatifs ?

Est-il vraiment possible de payer 0 € d'impôt sur ses loyers ?

Oui, c'est tout à fait possible et même courant. En utilisant le régime réel (nu ou meublé) et en déduisant des charges comme les travaux, les intérêts d'emprunt et surtout l'amortissement en LMNP, le résultat fiscal peut être ramené à zéro. Dans ce cas, les revenus locatifs sont perçus sans qu'aucun impôt ni prélèvements sociaux ne soient dus.

Qu'est-ce que l'amortissement en location meublée ?

L'amortissement est une technique comptable qui permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du bien et du mobilier de vos revenus locatifs. Cette charge "non décaissée" diminue votre bénéfice imposable. C'est le levier le plus efficace pour effacer les impôts sur le long terme en statut LMNP.

Peut-on déduire les travaux de ses impôts ?

Dans le régime réel de la location nue, les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration sont déductibles de vos revenus locatifs. S'ils créent un déficit, celui-ci peut même être déduit de votre revenu global (salaires) jusqu'à 10 700 € par an, réduisant ainsi vos impôts totaux.

Le régime micro-foncier est-il intéressant pour l'optimisation ?

Le régime micro (foncier ou BIC) est simple car il propose un abattement forfaitaire, mais il est rarement optimal pour ne pas payer d'impôts. Dès que vos charges réelles (travaux + intérêts + taxes) dépassent 30 % ou 50 % de vos revenus, vous avez tout intérêt à passer au régime réel pour réduire davantage votre imposition.

La SCI à l'IS permet-elle d'éviter l'impôt sur le revenu ?

Oui, une SCI soumise à l'Impôt sur les Sociétés paie son propre impôt sur les bénéfices. Vos revenus locatifs n'apparaissent pas sur votre déclaration d'impôt personnelle tant que vous ne vous versez pas de dividendes. Cela permet de capitaliser et de réinvestir sans subir votre tranche marginale d'imposition personnelle.

Quels sont les risques d'un déficit foncier trop important ?

Le principal risque est le non-respect de l'obligation de location. Si vous utilisez un déficit foncier pour réduire vos impôts, vous devez louer le bien jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation. En cas de vente prématurée, l'administration peut recalculer vos impôts et demander le remboursement de l'avantage.

L'assurance loyers impayés est-elle déductible ?

Absolument. Toutes les assurances liées à l'activité locative (GLI, PNO) sont des charges déductibles au régime réel. Elles sécurisent vos revenus locatifs tout en contribuant à abaisser le montant de vos impôts, ce qui améliore la rentabilité nette de votre investissement immobilier.

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