Imposition des revenus locatifs : comment bien choisir son régime fiscal

✍ Les points à retenir
- Location nue : Micro-foncier ou Réel ? Le régime Micro-foncier s'applique si vos loyers sont inférieurs à 15 000 €/an (abattement de 30 %). Le Régime Réel est obligatoire au-delà, ou sur option. Il est indispensable si vos charges (intérêts, taxes, travaux) dépassent 30 % de vos revenus, car il permet de créer du déficit foncier déductible de votre revenu global.
- Location meublée (LMNP) : Le tournant de 2026 : Le régime Micro-BIC offre un abattement de 50 % (limité à 77 700 € de recettes). Attention : pour les meublés de tourisme non classés, le seuil est tombé à 15 000 € avec seulement 30 % d'abattement. Le Régime Réel BIC reste le plus puissant grâce à l'amortissement, même si celui-ci est désormais plafonné à 2 % par an selon les récentes réformes.
- L'amortissement en location nue : La nouveauté 2026 : Le nouveau "Statut du Bailleur Privé" introduit enfin la possibilité d'amortir un bien loué vide (environ 3 à 5 % par an). Pour en bénéficier, vous devez respecter des critères de performance énergétique (DPE A, B ou C) et proposer des loyers légèrement inférieurs au marché (loyer intermédiaire).
- Le déficit foncier revalorisé : Pour encourager la rénovation des "passoires thermiques", le plafond de déficit foncier imputable sur le revenu global peut être fortement majoré (jusqu'à 40 000 € dans certains cas de rénovation énergétique lourde). C'est un levier majeur pour baisser l'impôt de votre foyer si vous avez des revenus élevés.
- La réintégration des amortissements à la revente : Grande vigilance en 2026 : pour les biens en LMNP au régime réel, les amortissements déduits pendant la location sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la vente. Cela augmente l'imposition à la sortie, rendant l'arbitrage "conserver ou vendre" plus complexe.
Comprendre la distinction entre revenus fonciers et bénéfices industriels et commerciaux (BIC)
Dans le paysage fiscal français de 2026, la gestion de l'imposition liée à la pierre repose sur une distinction fondamentale qui détermine la manière dont vos revenus locatifs sont taxés. Selon la nature de la location que vous proposez - vide ou meublée - l'administration fiscale catégorise vos gains dans deux colonnes distinctes : les revenus fonciers ou les bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Cette séparation n'est pas qu'une simple nomenclature administrative ; elle définit l'ensemble des règles de déduction, les taux d'abattement et les possibilités d'optimisation comptable qui s'offrent à l'investisseur. Comprendre ces mécanismes est le premier pas indispensable pour tout propriétaire souhaitant structurer son patrimoine de façon efficace et éviter une pression fiscale subie.
La location nue : le domaine des revenus fonciers
Lorsque vous louez un logement non meublé à un locataire qui en fait sa résidence principale ou secondaire, les loyers perçus entrent automatiquement dans la catégorie des revenus fonciers. Ce régime est historiquement le plus répandu pour l'investissement locatif traditionnel. Dans ce cadre, l'imposition porte sur le loyer brut perçu, auquel on retranche soit un abattement forfaitaire, soit les charges réelles. La logique des revenus fonciers est civile : elle considère que le propriétaire se contente de mettre à disposition un bien immobilier. En 2026, bien que ce régime offre moins de leviers comptables que le régime commercial, il reste privilégié pour générer du déficit foncier, notamment lors de projets de rénovation lourde ou de restauration de patrimoine ancien, permettant ainsi de réduire significativement le revenu global imposable du foyer.
La location meublée : une activité commerciale sur le plan fiscal
Dès lors qu'un logement est garni d'un mobilier suffisant pour permettre au locataire d'y vivre normalement (selon une liste réglementaire précise incluant literie, table, sièges et matériel de cuisine), les revenus locatifs changent de nature. Ils ne sont plus considérés comme des revenus du patrimoine civil, mais comme des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Cette requalification fiscale rapproche l'activité de loueur de celle d'un entrepreneur ou d'un commerçant. L'avantage majeur de cette bascule vers les BIC réside dans la flexibilité des déductions. Contrairement au foncier classique, le régime BIC autorise l'amortissement comptable des murs et du mobilier, une technique permettant de neutraliser fiscalement une grande partie des loyers sans pour autant décaisser de trésorerie supplémentaire.
Les enjeux du choix entre foncier et BIC pour l'investisseur
Le passage d'une catégorie à l'autre impacte directement la rentabilité nette de votre projet immobilier. Opter pour les revenus fonciers est souvent une stratégie de long terme basée sur la valorisation du bien et la simplicité de gestion, tandis que le choix des BIC (via le statut LMNP ou LMP) s'apparente à une stratégie de rendement immédiat. En 2026, l'investisseur doit arbitrer entre ces deux mondes en fonction de sa Tranche Marginale d'Imposition (TMI) et de son besoin de cash-flow. Il est crucial de noter que cette distinction influe également sur le traitement des déficits : un déficit foncier peut s'imputer, sous certaines limites, sur le revenu global, tandis qu'un déficit BIC reste cantonné aux bénéfices de même nature. Ce cloisonnement nécessite une planification rigoureuse pour que vos revenus locatifs contribuent réellement à l'enrichissement de votre patrimoine sans être excessivement amputés par l'impôt.
Le régime Micro-foncier : une solution de simplicité pour la location nue
Pour les propriétaires bailleurs qui ne souhaitent pas s'encombrer d'une comptabilité complexe, le régime micro-foncier représente l'option de la sérénité administrative. Ce régime s'applique par défaut dès lors que le montant brut des revenus locatifs perçus par le foyer fiscal au cours de l'année 2026 ne dépasse pas le seuil de 15 000 euros. Sa grande force réside dans sa lisibilité : aucune justification de charges n'est demandée par le fisc, et le calcul de l'impôt se base sur un montant forfaitaire. C'est le régime idéal pour les petits investissements, les locations d'appoint ou les propriétaires n'ayant que très peu de charges (bien sans crédit, taxe foncière faible, absence de travaux).
L'abattement forfaitaire de 30 %
Le fonctionnement du micro-foncier repose sur l'application d'un abattement forfaitaire de 30 % représentatif de l'ensemble des charges. Concrètement, si vous percevez 10 000 euros de loyers annuels, l'administration fiscale considère que vos dépenses s'élèvent à 3 000 euros. Vous n'êtes donc imposé que sur 7 000 euros, qui seront ajoutés à vos autres revenus et soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu ainsi qu'aux prélèvements sociaux. Cet abattement couvre tout : intérêts d'emprunt, assurances, frais de gestion, taxe foncière et petits entretiens. Si vos charges réelles sont inférieures à 30 % des loyers, ce régime est mathématiquement le plus avantageux pour vos revenus locatifs.
Les conditions d'éligibilité et d'exclusion
Bien que simple, le micro-foncier est soumis à des règles de périmètre strictes. Outre le plafond de 15 000 euros, il est impératif que les biens soient loués nus. De plus, certains types d'investissements bénéficiant de dispositifs de défiscalisation spécifiques (comme certains anciens régimes de type monuments historiques ou Malraux) sont exclus de ce forfait et imposent le régime réel. Si vous possédez plusieurs logements, c'est la somme totale des loyers qui est prise en compte. En 2026, il reste possible de renoncer au micro-foncier pour opter volontairement pour le régime réel, même si vos revenus sont inférieurs au plafond, mais attention : ce choix est alors irrévocable pendant une période de trois ans.
Avantages et limites de la gestion "Micro"
Le principal avantage du micro-foncier est l'absence totale d'obligations déclaratives lourdes ; il suffit de porter le montant brut des loyers sur la déclaration 2042. Cependant, sa limite est structurelle. Dès que le propriétaire contracte un crédit immobilier important ou entreprend des travaux de rénovation, le seuil de 30 % de charges est très rapidement dépassé. Dans cette situation, conserver le régime micro-foncier revient à payer de l'impôt sur un bénéfice fictif, dégradant la rentabilité réelle de l'investissement. Pour l'investisseur actif, ce régime doit donc être vu comme une phase de transition ou une solution pour des biens totalement amortis dont les revenus locatifs n'ont plus besoin d'être protégés par des déductions massives.
Opter pour le régime réel : l'atout stratégique de la déduction des charges
Le régime réel est le moteur de l'optimisation fiscale en location nue. Contrairement au régime micro, il permet de déduire de vos revenus locatifs le montant exact et justifié des dépenses engagées pour le bien. En 2026, ce régime devient presque systématique pour les investisseurs avisés dès lors qu'ils utilisent le levier du crédit ou qu'ils réalisent des travaux d'amélioration énergétique. Le régime réel est obligatoire au-delà de 15 000 euros de loyers, mais il peut être choisi sur option en dessous de ce seuil pour maximiser la rentabilité nette du patrimoine immobilier.
La liste des charges déductibles au régime réel
La force du régime réel réside dans l'étendue des postes de dépenses que l'on peut soustraire des loyers bruts. Parmi les plus importants, on retrouve les intérêts d'emprunt et les frais de dossier bancaire, les frais de gestion locative, les primes d'assurance (PNO, garantie loyers impayés), la taxe foncière et les charges de copropriété non récupérables auprès du locataire. S'y ajoutent les travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration. Cette capacité à déduire chaque euro dépensé permet souvent de ramener la base imposable de vos revenus locatifs à un niveau très bas, voire de l'annuler totalement, protégeant ainsi votre cash-flow de la taxation immédiate.
La puissance du déficit foncier
Le régime réel permet de créer ce que l'on appelle un déficit foncier lorsque les charges sont supérieures aux loyers. Ce déficit se décompose en deux parties : la part issue des intérêts d'emprunt, reportable pendant 10 ans sur les futurs revenus fonciers, et la part issue des autres charges (comme les travaux), qui peut être imputée sur votre revenu global jusqu'à 10 700 euros par an. En 2026, dans un contexte de transition écologique, le déficit foncier généré par des travaux de rénovation est un levier exceptionnel pour faire baisser son impôt total. C'est une stratégie gagnante qui permet à la fois de valoriser son patrimoine et de transformer une charge en une économie d'impôt directe sur vos salaires ou autres revenus.
Les obligations déclaratives liées au réel
La contrepartie de cette optimisation fiscale est une rigueur administrative accrue. Passer au régime réel impose de remplir une déclaration spécifique (formulaire 2044) et de conserver scrupuleusement l'ensemble des factures et justificatifs pendant au moins trois ans. Chaque dépense doit être engagée en vue de l'acquisition ou de la conservation du revenu pour être acceptée par l'administration. Bien que cela demande plus de temps que le régime micro, le gain financier est souvent spectaculaire pour l'investisseur. Maîtriser le régime réel, c'est transformer la gestion de ses revenus locatifs en un véritable outil de pilotage financier, capable de s'adapter aux évolutions du marché et de la fiscalité.
Le statut LMNP et le régime micro-BIC : un abattement forfaitaire avantageux
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) offre un cadre fiscal particulièrement attractif en 2026, notamment via son régime simplifié : le micro-BIC. Ce dernier est accessible aux propriétaires dont les revenus locatifs tirés de la location meublée ne dépassent pas 77 700 euros par an (pour les logements classiques). Il combine la simplicité de gestion du micro-foncier avec une puissance de déduction bien supérieure, ce qui en fait l'une des solutions préférées des Français pour générer des revenus complémentaires peu fiscalisés.
Un abattement record de 50 %
L'avantage majeur du régime micro-BIC par rapport au micro-foncier réside dans le taux de son abattement forfaitaire. Ici, l'administration fiscale applique une déduction automatique de 50 % sur le montant total des loyers perçus. Cela signifie que l'investisseur est considéré comme ayant 50 % de charges, quelle que soit la réalité de ses dépenses. Pour 10 000 euros de revenus locatifs, seulement 5 000 euros sont soumis à l'impôt et aux prélèvements sociaux. Cet abattement forfaitaire est extrêmement compétitif car il est très difficile, en location meublée sans travaux majeurs, d'atteindre 50 % de charges réelles (hors amortissement). C'est un bonus fiscal immédiat qui booste le rendement net de l'investissement dès la première année.
Le cas particulier des meublés de tourisme classés
Le régime micro-BIC se montre encore plus généreux pour les propriétaires de meublés de tourisme classés. En 2026, sous réserve de respecter les critères de classement et les plafonds de revenus spécifiques (souvent portés à 188 700 euros), l'abattement forfaitaire peut atteindre 71 %. Cette disposition vise à encourager une offre d'hébergement touristique de qualité sur tout le territoire. Pour le loueur, cela signifie que moins de 30 % de ses revenus locatifs sont effectivement imposés. C'est une niche fiscale légale et puissante, bien que soumise à des réglementations locales de plus en plus strictes dans les zones tendues, nécessitant une veille juridique constante pour sécuriser son avantage.
Quand le micro-BIC devient-il insuffisant ?
Malgré sa simplicité et son abattement généreux, le micro-BIC présente une faille majeure : il ne permet pas de pratiquer l'amortissement comptable du bien. L'amortissement est pourtant l'arme absolue de la location meublée, capable de ramener l'imposition à zéro pendant de nombreuses années. Si l'investisseur a acheté son bien à crédit et que la valeur des murs est importante, il a souvent intérêt à délaisser le micro-BIC pour le régime réel simplifié. Le micro-BIC reste toutefois une solution imbattable pour les bailleurs ayant peu de charges financières ou souhaitant une gestion "mains libres" de leurs revenus locatifs, sans avoir besoin de faire appel à un expert-comptable.
Le régime réel simplifié en meublé : optimiser sa rentabilité grâce à l'amortissement
Pour l'investisseur immobilier en 2026, le régime réel simplifié en location meublée est souvent considéré comme le "Graal" fiscal. Bien qu'il impose des obligations comptables professionnelles, il offre un levier unique : l'amortissement. Ce mécanisme permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du bien et des meubles de vos revenus locatifs, créant ainsi une charge "fictive" qui réduit le bénéfice imposable sans impacter votre trésorerie réelle. C'est l'outil d'excellence pour percevoir des loyers quasi-nets d'impôt sur une très longue durée.
Le mécanisme de l'amortissement comptable
L'amortissement consiste à constater l'usure du bien au fil du temps. Dans le cadre du régime réel BIC, vous pouvez décomposer votre logement en plusieurs composants (structure, toiture, électricité, agencement) et amortir chacun sur une durée spécifique (par exemple 30 ans pour la structure, 15 ans pour l'électricité). Si vous achetez un appartement de 200 000 euros, vous pouvez déduire environ 6 000 à 7 000 euros de charges d'amortissement chaque année. Ajoutées aux charges réelles (intérêts, taxes, frais), ces déductions permettent souvent de ramener le bénéfice comptable de vos revenus locatifs à zéro, exonérant ainsi les loyers d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
La déduction des frais d'acquisition et des meubles
Un autre avantage du régime réel en meublé est la possibilité de déduire les frais de notaire et les commissions d'agence dès la première année, ou de les amortir. De même, l'achat du mobilier nécessaire à la location (canapé, cuisine équipée, literie) est amortissable sur des durées courtes (5 à 10 ans). Cette concentration de charges en début d'investissement permet de générer des déficits reportables. Ces déficits BIC, accumulés lors des premières années, peuvent être utilisés pour neutraliser l'imposition de vos revenus locatifs futurs, même lorsque les intérêts d'emprunt commencent à diminuer. C'est une stratégie de capitalisation pure, extrêmement performante pour se constituer une rente retraite.
L'accompagnement comptable : une nécessité rentable
Le passage au régime réel simplifié impose la tenue d'une comptabilité conforme au plan comptable général, incluant un bilan et un compte de résultat. L'intervention d'un expert-comptable est donc indispensable pour sécuriser les tableaux d'amortissement et télétransmettre la liasse fiscale à l'administration. Bien que cela représente un coût, les honoraires comptables et l'adhésion à un centre de gestion agréé (CGA) sont eux-mêmes déductibles de vos revenus locatifs. Mieux encore, ils peuvent donner droit, sous certaines conditions, à une réduction d'impôt pour frais de comptabilité. En 2026, le coût de l'expertise comptable est donc largement compensé par l'économie fiscale massive réalisée grâce à l'amortissement.
Comparatif des régimes : quels critères pour maximiser votre rendement net ?
Choisir le bon régime fiscal pour vos revenus locatifs en 2026 ne s'improvise pas ; c'est une décision qui doit être prise après une analyse chiffrée de votre situation personnelle et des caractéristiques de votre investissement. Le rendement brut d'un bien est souvent trompeur si l'on n'intègre pas la "friction fiscale". Pour maximiser votre rendement net, plusieurs critères doivent être mis en balance : le montant des loyers, l'importance des charges, la durée de détention prévue et votre niveau d'imposition globale.
| Régime Fiscal | Type de Location | Seuil de Revenus | Avantage Principal | Inconvénient Majeur |
|---|---|---|---|---|
| Micro-foncier | Nue | < 15 000 € | Simplicité absolue (abattement 30 %) | Pas de déduction des intérêts ni travaux |
| Réel (Foncier) | Nue | Aucun (optionnel ou > 15k€) | Déduction des charges et déficit foncier | Rigueur administrative et formalités |
| Micro-BIC | Meublée | < 77 700 € | Abattement forfaitaire élevé (50 %) | Pas d'amortissement du bien |
| Réel (BIC) | Meublée | Aucun (optionnel ou > 77,7k€) | Amortissement (souvent 0 € d'impôt) | Coût comptable et complexité |
Le poids de la Tranche Marginale d'Imposition (TMI)
Votre taux d'imposition personnel est le facteur qui pèse le plus lourd dans le choix du régime. Plus votre TMI est élevée (30 %, 41 % ou plus), plus l'impact fiscal sur vos revenus locatifs est violent. Dans ces tranches, le régime micro est rarement optimal car l'impôt est calculé sur une base trop large. À l'inverse, les régimes réels (foncier ou BIC) permettent d'effacer la base imposable et donc de protéger vos loyers contre la progressivité de l'impôt. En 2026, l'investisseur doit simuler son impôt net pour comprendre que le régime qui offre la plus faible base taxable est presque toujours celui qui maximise le rendement, même s'il induit des frais de gestion ou de comptabilité.
L'importance du levier financier et des travaux
L'existence d'un prêt immobilier et la réalisation de travaux sont les deux leviers qui poussent irrémédiablement vers le régime réel. Si vous achetez au comptant et que le bien est en parfait état, le régime micro (foncier ou BIC) peut être compétitif par sa simplicité. Mais dès que vous avez des intérêts d'emprunt à déduire, le régime réel foncier permet de neutraliser l'impôt. Mieux encore, si vous louez en meublé, le régime réel BIC vous permet de cumuler déduction des intérêts et amortissement des murs. En 2026, le rendement net est le seul indicateur valable : il intègre le loyer perçu, les charges payées et l'économie d'impôt réalisée grâce à une stratégie fiscale intelligente de vos revenus locatifs.
La perspective de revente et la plus-value
Un critère souvent oublié dans le choix du régime est l'impact sur la plus-value lors de la revente du bien. En location meublée non professionnelle (LMNP au réel), vous bénéficiez d'un avantage extraordinaire : vous amortissez le bien pour réduire vos impôts sur les revenus locatifs, mais cet amortissement n'est pas réintégré pour le calcul de la plus-value immobilière. Vous restez soumis au régime des particuliers. En revanche, si vous basculez en Loueur en Meublé Professionnel (LMP) ou si vous utilisez une société soumise à l'IS, les règles changent radicalement. La stratégie fiscale de 2026 doit donc être globale et intégrer non seulement la phase de détention, mais aussi la sortie de l'investissement pour garantir la conservation maximale du capital créé.
L'impact des prélèvements sociaux sur vos revenus locatifs
Au-delà de l'impôt sur le revenu proprement dit, les revenus locatifs en 2026 sont systématiquement soumis aux prélèvements sociaux. Souvent sous-estimés par les investisseurs, ces prélèvements pèsent d'un poids constant sur la rentabilité. Quel que soit le régime choisi (micro ou réel, foncier ou BIC), la base imposable déterminée servira également au calcul de ces contributions sociales, ce qui renforce l'intérêt de réduire au maximum cette base par des stratégies de déduction efficaces.
Le taux global des prélèvements sociaux
En 2026, le taux global des prélèvements sociaux est maintenu à 17,2 %. Il se décompose principalement en Contribution Sociale Généralisée (CSG), Contribution au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS) et prélèvement de solidarité. Contrairement à l'impôt sur le revenu, qui dépend de vos autres gains et de votre foyer fiscal, ces 17,2 % s'appliquent dès le premier euro de bénéfice foncier ou BIC. Pour un investisseur situé dans une TMI à 30 %, la pression fiscale totale sur ses revenus locatifs grimpe ainsi à 47,2 % (30 % + 17,2 %). Cette réalité fiscale rend la chasse aux charges déductibles et l'amortissement d'autant plus vitaux pour préserver le rendement net de l'investissement.
La déductibilité partielle de la CSG
Une petite nuance fiscale permet d'atténuer légèrement l'impact des prélèvements sociaux : une partie de la CSG payée sur les revenus du patrimoine est déductible de votre revenu imposable de l'année suivante. En 2026, ce taux de déductibilité est de 6,8 %. Cette disposition signifie que le paiement de la CSG réduit mécaniquement la base de votre impôt sur le revenu global l'année d'après. C'est un mécanisme de compensation automatique qui s'applique à tous les régimes de revenus locatifs, mais qui ne doit pas faire oublier que l'enjeu principal reste la réduction de la base taxable initiale via les mécanismes du régime réel ou de l'amortissement meublé.
Cas particulier des non-résidents et de l'affiliation sociale
La question des prélèvements sociaux sur les revenus locatifs présente des exceptions notables en 2026 pour certaines catégories de propriétaires. Les non-résidents fiscaux résidant dans l'Espace Économique Européen (EEE) ou en Suisse et qui ne sont pas à la charge du régime de sécurité sociale français sont exonérés de CSG et de CRDS sur leurs revenus immobiliers en France. Ils restent cependant redevables du prélèvement de solidarité au taux réduit de 7,5 %. Cette différence de traitement peut représenter une économie substantielle de près de 10 % sur les loyers perçus, rendant l'investissement locatif en France particulièrement attractif pour les expatriés ou les investisseurs européens travaillant hors de l'Hexagone.
Questions fréquentes sur le choix du régime fiscal immobilier (FAQ)
Peut-on changer de régime fiscal tous les ans pour ses revenus locatifs ?
Non, le passage d'un régime à l'autre est encadré. Si vous êtes au régime micro (foncier ou BIC) et que vous optez pour le régime réel, cette option est généralement irrévocable pendant trois ans. À l'inverse, si vous dépassez les seuils de revenus, le passage au régime réel est automatique dès l'année suivante. Il est donc conseillé de bien simuler l'impact de ses revenus locatifs sur plusieurs exercices avant de prendre une décision.
Le régime réel est-il toujours plus avantageux que le régime micro ?
Pas nécessairement. Le régime réel est plus avantageux uniquement si le total de vos charges déductibles (intérêts, travaux, frais, taxes) est supérieur au montant de l'abattement forfaitaire (30 % en foncier, 50 % en BIC). Si vous n'avez plus de crédit et que le bien ne nécessite aucun travail, le régime micro peut mathématiquement offrir une base imposable plus faible pour vos revenus locatifs.
Est-il obligatoire d'avoir un comptable pour déclarer ses revenus locatifs au réel ?
En revenus fonciers (location nue au réel), vous pouvez remplir votre déclaration 2044 seul. En revanche, pour la location meublée au régime réel (BIC), la tenue d'une comptabilité avec bilan et tableaux d'amortissement est complexe et nécessite quasiment toujours l'intervention d'un expert-comptable pour éviter les erreurs et optimiser la déduction de vos revenus locatifs.
Peut-on déduire les travaux réalisés par soi-même ?
Au régime réel, vous ne pouvez déduire que le coût des matériaux (sur facture). Votre propre main-d'oeuvre ne peut pas faire l'objet d'une déduction fiscale. C'est pourquoi, dans une stratégie d'optimisation de vos revenus locatifs, il est souvent plus avantageux de faire appel à des professionnels, dont les factures de main-d'oeuvre seront intégralement déductibles ou amortissables.
Les revenus locatifs d'une SCI sont-ils taxés différemment ?
Cela dépend de l'option fiscale de la SCI. Si elle est à l'impôt sur le revenu (SCI à l'IR), les règles sont les mêmes que pour un particulier (revenus fonciers). Si elle est à l'impôt sur les sociétés (SCI à l'IS), elle paie ses propres impôts et le propriétaire n'est taxé que s'il se verse des dividendes. Ce choix impacte lourdement la fiscalité de vos revenus locatifs sur le long terme.
Comment sont taxés les revenus locatifs si le logement est vide une partie de l'année ?
L'impôt est calculé sur les loyers réellement perçus. En cas de vacance locative, vos revenus diminuent, mais vos charges fixes (taxe foncière, intérêts, charges de copropriété) restent déductibles au régime réel. Cela peut générer ou augmenter un déficit foncier qui viendra réduire l'imposition de vos futurs revenus locatifs ou de votre revenu global.
Le statut LMNP permet-il vraiment de ne pas payer d'impôt ?
Grâce au mécanisme de l'amortissement pratiqué au régime réel, il est tout à fait possible de neutraliser fiscalement ses revenus locatifs pendant 10, 15 ou même 20 ans. Comptablement, le résultat peut être nul ou déficitaire, ce qui signifie que vous encaissez les loyers sans avoir à payer d'impôt sur le revenu ni de prélèvements sociaux sur ces sommes.
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