IFI : comment calculer et optimiser votre impôt sur la fortune immobilière ?

Arsalain EL KESSIR
IFI : comment calculer et optimiser votre impôt sur la fortune immobilière ?

✍ Les points à retenir

  • Le seuil d'imposition : Vous êtes redevable de l'IFI si la valeur nette de votre patrimoine immobilier dépasse 1,3 million d'euros au 1er janvier. Cependant, le calcul de l'impôt commence dès 800 000 €.
  • L'abattement sur la résidence principale : Votre résidence principale bénéficie d'un abattement légal de 30 % sur sa valeur vénale. Un bien estimé à 1 000 000 € ne comptera que pour 700 000 € dans votre base taxable.
  • Le passif déductible : Seules les dettes liées à l'immobilier sont déductibles (emprunts pour l'acquisition, travaux d'amélioration, taxes foncières). Attention : Les impôts liés à l'occupation (taxe d'habitation) ou aux revenus (impôt sur le revenu) ne sont pas déductibles.
  • L'exonération des biens professionnels : Les actifs immobiliers nécessaires à l'exercice de votre profession principale (boutiques, bureaux, locaux industriels) sont totalement exonérés. Le statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP) peut également permettre une exonération totale sous conditions de revenus.
  • Le plafonnement de l'impôt : Le total de votre IFI et de votre impôt sur le revenu ne peut pas dépasser 75 % de vos revenus de l'année précédente. Si c'est le cas, l'excédent vient réduire le montant de votre IFI.

Le barème de l'IFI 2026 : seuils d'imposition et tranches de calcul

L'Impôt sur la Fortune Immobilière, plus connu sous l'acronyme IFI, est une contribution qui frappe le patrimoine net immobilier des foyers fiscaux dont la valeur dépasse un certain montant au 1er janvier de l'année d'imposition. En 2026, bien que les modalités d'évaluation des actifs évoluent avec le marché, la structure du barème reste un élément central pour anticiper sa charge fiscale. La compréhension des seuils et des mécanismes de calcul est indispensable pour tout contribuable souhaitant piloter sa fiscalité immobilière. Contrairement à d'autres taxes, cet impôt est progressif, ce qui signifie que le taux applicable augmente par paliers successifs sur les différentes fractions de la valeur de votre patrimoine.

Le seuil de déclenchement de l'assujettissement à l'IFI

Pour être redevable de l'IFI en 2026, la valeur nette de votre patrimoine immobilier doit être supérieure ou égale à 1 300 000 euros. Ce montant s'apprécie au niveau du foyer fiscal, qui regroupe les conjoints (mariés ou pacsés), les concubins notoires, ainsi que les enfants mineurs dont ils ont l'administration légale des biens. Il est primordial de noter une subtilité majeure du calendrier fiscal : si le seuil d'entrée est fixé à 1,3 million d'euros, le calcul de l'impôt commence dès 800 000 euros une fois ce seuil franchi. Cette règle spécifique crée une forme de "rattrapage" fiscal pour les patrimoines franchissant la barre fatidique, rendant la stratégie d'évaluation des actifs particulièrement sensible aux alentours de ce montant charnière.

Le détail des tranches et des taux progressifs

Le barème de l'IFI se décompose en six tranches distinctes, chacune associée à un taux d'imposition spécifique. En 2026, la progressivité s'établit comme suit : la fraction du patrimoine comprise entre 0 et 800 000 € est taxée à 0 %. De 800 000 € à 1 300 000 €, le taux passe à 0,50 %. Pour la part située entre 1 300 000 € et 2 570 000 €, le prélèvement est de 0,70 %. La tranche suivante, s'étendant jusqu'à 5 000 000 €, est imposée à 1 %. Au-delà, de 5 000 000 € à 10 000 000 €, le taux grimpe à 1,25 %, pour finir à 1,50 % pour la fraction excédant 10 millions d'euros. Cette structure signifie que même pour un patrimoine très important, les premiers 800 000 euros restent exonérés, atténuant légèrement la pression sur la base de calcul initiale.

Le mécanisme de la décote pour les patrimoines intermédiaires

Afin d'éviter un effet de seuil trop brutal pour les contribuables dont le patrimoine est à peine supérieur à 1 300 000 euros, l'administration fiscale applique un mécanisme de décote. Ce dispositif concerne les patrimoines nets imposables dont la valeur est comprise entre 1 300 000 € et 1 400 000 €. En 2026, le calcul de cette réduction vient directement diminuer le montant brut de l'IFI obtenu après application du barème. La formule permet de lisser la transition entre l'exonération totale et l'entrée de plein fouet dans le barème progressif. Pour l'investisseur immobilier, c'est une zone de gestion fine où chaque dépense déductible ou chaque variation d'estimation peut faire basculer le montant de l'impôt de manière significative.

Valorisation du patrimoine : comment estimer ses actifs au 1er janvier ?

L'assujettissement à l'IFI repose sur une photographie précise de votre patrimoine immobilier à une date fixe : le 1er janvier de l'année d'imposition. En 2026, l'enjeu pour le contribuable est de fournir une évaluation sincère et conforme à la "valeur vénale" de ses biens, c'est-à-dire le prix auquel ils pourraient être vendus sur le marché à cette date. Cette estimation ne doit être ni sous-évaluée, pour éviter les risques de redressement, ni surévaluée, pour ne pas payer un impôt indû. La valorisation constitue le socle du calcul de l'IFI et demande une méthodologie rigoureuse, prenant en compte les spécificités de chaque actif.

Les méthodes d'évaluation acceptées par le fisc

Pour estimer vos biens, l'administration fiscale privilégie la méthode par comparaison. Celle-ci consiste à analyser les ventes récentes de biens similaires (surface, localisation, état) intervenues dans votre secteur géographique. En 2026, les contribuables disposent d'outils performants comme la base "Patrim" accessible via leur espace personnel sur le site des impôts, ou les bases de données notariales. Il est fortement conseillé de constituer un "dossier de valeur" regroupant plusieurs références de transactions réelles. Cette preuve documentaire sera votre meilleure défense en cas de demande de précision de l'administration sur la base taxable de votre IFI. Une évaluation basée uniquement sur des indices de prix moyens ou des simulateurs en ligne peut être jugée insuffisante si elle ne reflète pas les particularités du bien.

L'application des décotes pour juste valeur

La valeur vénale peut être ajustée par certaines décotes pour refléter une perte de liquidité ou des contraintes spécifiques pesant sur le bien. Par exemple, un appartement loué vide subit une décote classique de 10 % à 20 % par rapport à sa valeur libre, car le propriétaire ne peut en disposer immédiatement. De même, les biens détenus en indivision font souvent l'objet d'une décote de 5 % à 10 %, justifiée par la difficulté de vendre une quote-part de propriété. Dans le cadre de l'IFI, ces correctifs sont essentiels pour coller à la réalité économique. En revanche, attention : aucune décote ne s'applique généralement aux résidences secondaires ou aux biens loués en meublé de courte durée, ces derniers étant considérés comme ayant une disponibilité quasi immédiate pour le marché.

La prise en compte de l'immobilier indirect (SCPI, OPCI)

L'IFI ne concerne pas uniquement les immeubles détenus en direct. Vous devez également déclarer la fraction immobilière de vos actifs financiers. Cela inclut les parts de SCPI, d'OPCI, ou les unités de compte immobilières logées dans vos contrats d'assurance-vie. Chaque année, les sociétés de gestion transmettent aux porteurs de parts la "valeur IFI" à déclarer au 1er janvier. Ce montant correspond à la quote-part des actifs immobiliers imposables détenus par la société, après déduction de ses propres dettes. Pour le calcul de l'IFI 2026, il est crucial de bien réintégrer ces valeurs souvent oubliées, car l'administration fiscale dispose désormais de moyens de recoupement automatisés avec les assureurs et les gestionnaires de fonds.

Les dettes déductibles pour réduire l'assiette taxable de votre impôt

Le calcul de l'IFI s'effectue sur le patrimoine net, ce qui signifie que vous pouvez soustraire certaines dettes de la valeur brute de vos actifs. Cette étape est l'un des leviers les plus puissants pour limiter la base imposable. Cependant, toutes les dettes ne sont pas déductibles : elles doivent répondre à des critères stricts d'existence, de certitude et de lien direct avec le patrimoine immobilier imposable. En 2026, une gestion fine du passif est indispensable pour optimiser son IFI tout en restant dans les clous de la légalité fiscale.

Les catégories de passif admises en déduction

Trois grandes familles de dettes peuvent être déduites pour le calcul de l'IFI. Premièrement, les emprunts bancaires contractés pour l'acquisition d'un bien ou de parts de sociétés immobilières (SCPI). Deuxièmement, les dépenses de travaux (réparation, entretien, amélioration ou agrandissement) dont le paiement reste dû au 1er janvier, même si les travaux ont déjà été réalisés. Enfin, certaines impositions liées à la propriété, telles que la taxe foncière ou l'IFI lui-même (montant théorique), sont déductibles. Il est à noter que les impôts liés à l'occupation (comme la taxe d'habitation sur les résidences secondaires) ou aux revenus locatifs ne sont pas admis en déduction de l'assiette de l'IFI.

Le traitement spécifique des prêts "In Fine"

Pour éviter que certains contribuables n'éludent l'IFI en conservant artificiellement une dette constante, l'administration fiscale applique une règle de "linearisation" pour les prêts in fine. Contrairement aux prêts amortissables où le capital restant dû diminue chaque mois, le prêt in fine n'est remboursé qu'à l'échéance. Pour le calcul de l'IFI, ce prêt est traité comme s'il était amortissable. On déduit donc une somme qui diminue fictivement chaque année. Par exemple, pour un prêt de 500 000 € sur 10 ans, on considérera après 5 ans qu'il n'est plus déductible qu'à hauteur de 250 000 €. Cette mesure vise à limiter l'attrait purement fiscal de ce type de montage dans une stratégie de réduction d'IFI.

Le plafonnement des dettes pour les gros patrimoines

Une règle de limitation s'applique lorsque la valeur de votre patrimoine imposable excède 5 millions d'euros et que vos dettes dépassent 60 % de cette valeur. Dans ce cas, la fraction des dettes excédant ce seuil de 60 % n'est déductible qu'à hauteur de 50 %. Ce dispositif anti-abus cherche à encadrer les stratégies de surendettement volontaire visant uniquement à effacer l'IFI. Néanmoins, si le redevable peut justifier que l'endettement a été contracté pour un objectif autre que principalement fiscal (comme un investissement réel), ce plafonnement peut être écarté. En 2026, il est donc recommandé de conserver tous les justificatifs économiques de vos emprunts pour sécuriser la base de votre IFI.

Abattements et exonérations : résidence principale et biens professionnels

La loi prévoit plusieurs mécanismes pour protéger certains actifs immobiliers d'une taxation trop lourde à l'IFI. Qu'il s'agisse de garantir le droit au logement ou de ne pas entraver l'outil de production des entreprises, ces abattements et exonérations permettent de réduire mécaniquement le patrimoine net imposable. Maîtriser ces dispositifs est une étape clé pour tout contribuable cherchant à évaluer correctement son exposition à l'IFI 2026.

L'abattement forfaitaire sur la résidence principale

La résidence principale bénéficie d'un abattement légal de 30 % sur sa valeur vénale au 1er janvier. Cet avantage est accordé à condition que le bien constitue la résidence effective du foyer fiscal. Si vous détenez votre résidence via une SCI de gestion, l'abattement de 30 % ne s'applique pas en principe, car vous détenez des parts sociales et non l'immeuble en direct. C'est un point de vigilance majeur pour le calcul de l'IFI : le choix de la structure de détention peut vous priver de cet abattement significatif. Pour un bien estimé à 1,5 million d'euros, cet abattement réduit la base taxable de 450 000 €, ce qui peut suffire à sortir le foyer du champ de l'IFI.

L'exonération totale des biens immobiliers professionnels

Les actifs immobiliers nécessaires à l'exercice d'une profession industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale sont totalement exonérés d'IFI. Pour bénéficier de cette mesure, plusieurs conditions cumulatives doivent être remplies en 2026 : l'activité doit être exercée à titre principal par le propriétaire ou son conjoint, et elle doit procurer plus de la moitié des revenus du foyer. Cette exonération s'applique également aux parts de sociétés de personnes ou de capitaux, à proportion de la valeur des immeubles affectés à l'exploitation. Ce régime est particulièrement protecteur pour les entrepreneurs, évitant que l'IFI ne pèse sur l'outil de travail.

Les exonérations partielles : bois, forêts et actifs ruraux

Certains actifs spécifiques bénéficient d'une exonération partielle à hauteur de 75 % de leur valeur. C'est le cas des bois et forêts, ainsi que des parts de Groupements Fonciers Forestiers (GFF) ou Agricoles (GFA). En 2026, ces placements restent des outils de diversification patrimoniale très prisés pour réduire son IFI. Par exemple, si vous détenez pour 100 000 € de parts de forêts, seuls 25 000 € entreront dans l'assiette taxable de votre impôt. Cette mesure vise à favoriser l'investissement de long terme dans des secteurs jugés d'intérêt national et permet aux contribuables d'alléger leur IFI tout en participant à la préservation des espaces naturels.

Stratégies d'optimisation : le démembrement de propriété et la nue-propriété

Le démembrement de propriété est l'une des techniques juridiques les plus efficaces pour réduire l'assiette de l'IFI. En séparant l'usufruit (le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus) de la nue-propriété (le droit de disposer du bien à terme), il est possible de modifier radicalement la répartition de la charge fiscale. Cette stratégie demande une anticipation successorale et une compréhension précise des règles de valorisation de l'usufruit en 2026.

Le principe d'imposition chez l'usufruitier

La règle fiscale de base de l'IFI prévoit que les biens démembrés sont déclarés pour leur valeur en pleine propriété par l'usufruitier. Le nu-propriétaire, quant à lui, ne déclare rien au titre de l'IFI pour ces biens. Cette règle peut paraître pénalisante pour l'usufruitier, mais elle offre des opportunités majeures d'optimisation pour ceux qui souhaitent transmettre leur patrimoine. En donnant la nue-propriété d'un bien à leurs enfants, les parents conservent l'usage (usufruit) mais figent la valeur imposable à leur niveau. Cependant, pour réduire activement l'IFI, la stratégie inverse consiste pour un investisseur à acheter uniquement la nue-propriété de biens immobiliers, sortant ainsi l'actif de son patrimoine taxable pendant toute la durée du démembrement.

L'achat en nue-propriété : un bouclier contre l'IFI

L'acquisition de la nue-propriété (souvent appelée "investissement en démembrement temporaire") est une solution phare pour les contribuables lourdement imposés à l'IFI. Le principe est simple : vous achetez la nue-propriété d'un bien pour une durée déterminée (généralement 15 à 20 ans) avec une décote importante sur le prix de vente (entre 30 % et 50 %). Pendant cette période, l'usufruit est détenu par un tiers (souvent un bailleur institutionnel). Résultat : le bien n'entre pas dans votre base IFI. À la fin de la période, vous récupérez la pleine propriété automatiquement et sans frais fiscaux supplémentaires. C'est un outil d'épargne forcée et de réduction d'IFI extrêmement performant.

StratégieImpact sur l'IFIAvantages secondaires
Achat de nue-propriété Exonération totale de l'actif Prix d'achat décoté, aucune gestion
Donation temporaire d'usufruit Sortie du bien de l'assiette IFI Aide un enfant (revenus locatifs)
Transmission de nue-propriété Aucun (l'usufruitier reste taxé) Optimisation des droits de succession

La donation temporaire d'usufruit

Pour un propriétaire qui n'a pas besoin des revenus d'un bien, la donation temporaire d'usufruit (par exemple à un enfant étudiant ou à une fondation) permet de sortir le bien de son IFI pendant la durée de la donation (minimum 3 ans pour une fondation, souvent 5 à 10 ans pour un enfant). Dans ce cas, comme le donateur n'est plus usufruitier, il ne déclare plus le bien à l'IFI. Le bénéficiaire, lui, n'est généralement pas imposable à l'IFI car son patrimoine personnel reste sous le seuil de 1,3 million d'euros. C'est une stratégie "gagnant-gagnant" qui combine solidarité familiale et optimisation fiscale de l'IFI.

Réduire son IFI grâce aux dons à des organismes d'intérêt général

Le don est sans doute le mécanisme le plus immédiat et le plus symbolique pour agir sur le montant de son IFI. La loi encourage la philanthropie en permettant aux contribuables de déduire une part importante de leurs dons directement du montant de leur impôt. En 2026, ce dispositif reste particulièrement attractif pour ceux qui souhaitent donner du sens à leur fiscalité tout en réduisant leur contribution à l'IFI de manière radicale.

Le taux de réduction de 75 %

Lorsque vous effectuez un don à un organisme habilité (fondations d'utilité publique, établissements d'enseignement supérieur, etc.), vous pouvez bénéficier d'une réduction d'IFI égale à 75 % du montant versé. Par exemple, un don de 5 000 € vous permet de réduire votre IFI de 3 750 €. Le coût réel du don pour le donateur n'est donc que de 1 250 €. Cette réduction est plafonnée à 50 000 € par an, ce qui correspond à un don maximal de 66 667 €. Ce levier est très utilisé en fin de période déclarative pour ajuster précisément le montant de l'IFI à payer, voire pour l'annuler totalement pour les patrimoines situés dans les premières tranches.

Choisir un organisme éligible

Tous les organismes ne permettent pas de bénéficier de la réduction d'IFI. Contrairement à l'impôt sur le revenu où le champ des associations éligibles est très large, l'IFI est plus restrictif. Sont principalement visées les fondations reconnues d'utilité publique (FRUP), les fondations universitaires, ou encore certains organismes de recherche. Avant d'effectuer votre versement, il est impératif de vérifier que l'entité peut délivrer un reçu fiscal spécifique pour l'IFI. En 2026, la plupart des grandes fondations proposent des simulateurs permettant de calculer le montant exact du don nécessaire pour gommer l'intégralité de son IFI.

Le calendrier et les modalités de déclaration

Pour être pris en compte au titre de l'IFI 2026, le don doit être effectué entre la date limite de déclaration de l'année précédente et la date limite de déclaration de l'année en cours (généralement entre mai et juin). Il n'est pas nécessaire de joindre le reçu fiscal à votre déclaration, mais vous devez le conserver précieusement en cas de contrôle. Dans votre formulaire de déclaration d'IFI, vous devrez indiquer le montant total des dons versés dans la case prévue à cet effet (généralement la case 7UF). L'administration appliquera alors automatiquement la réduction de 75 % sur le montant de votre IFI calculé selon le barème progressif.

Le mécanisme du plafonnement pour limiter la pression fiscale globale

Le plafonnement est une règle de protection constitutionnelle qui garantit que le cumul de vos impôts ne dépasse pas une certaine part de vos revenus. Pour les contribuables disposant d'un patrimoine immobilier important mais de revenus relativement faibles, l'IFI pourrait devenir confiscatoire. Le plafonnement vient corriger cette situation en limitant la pression fiscale totale, offrant ainsi une sécurité indispensable aux propriétaires de "pierre" dont la liquidité est limitée.

Le seuil des 75 % de revenus

Le principe du plafonnement de l'IFI 2026 stipule que le total formé par l'IFI et l'impôt sur le revenu (y compris les prélèvements sociaux) ne peut excéder 75 % des revenus mondiaux nets de l'année précédente. Si ce seuil est dépassé, l'excédent est déduit du montant de l'IFI à payer. Par exemple, si vous gagnez 100 000 € et que le cumul de vos impôts (IR + IFI) atteint 85 000 €, vous bénéficiez d'une réduction d'IFI de 10 000 € pour ramener le total à 75 000 €. Ce mécanisme est particulièrement protecteur pour les retraités vivant dans des zones où l'immobilier a fortement pris de la valeur alors que leurs pensions restent stables.

L'importance du calcul des revenus mondiaux

Pour activer le plafonnement, il faut comptabiliser l'intégralité des revenus : salaires, loyers, dividendes, mais aussi les intérêts des produits d'épargne exonérés (Livret A, LDD). Une erreur courante consiste à ne prendre en compte que le revenu imposable. Pour le calcul du plafonnement de l'IFI, l'administration fiscale réintègre tous les revenus perçus, même ceux qui n'ont pas été taxés à l'impôt sur le revenu. C'est une opération comptable complexe qui nécessite souvent l'appui d'un professionnel pour s'assurer que l'assiette de calcul du plafonnement est correcte et maximiser ainsi la réduction de l'IFI.

Les limites du plafonnement

Il est important de noter que le plafonnement de l'IFI ne peut pas aboutir à un remboursement d'impôt. Il vient uniquement diminuer l'IFI dû jusqu'à, potentiellement, l'annuler. Si après avoir ramené l'IFI à zéro, le cumul des autres impôts dépasse encore 75 % de vos revenus, vous ne pouvez pas obtenir de restitution de la part de l'État. De plus, les stratégies consistant à ne pas se verser de revenus pour forcer le plafonnement ("cash-capping") sont étroitement surveillées par le fisc. En 2026, l'administration peut réintégrer certains revenus distribués à des sociétés contrôlées par le redevable si elle juge que le montage n'a qu'une visée d'évasion fiscale face à l'IFI.

Questions fréquentes sur le calcul et l'optimisation de l'IFI (FAQ)

Dois-je déclarer mes biens situés à l'étranger à l'IFI ?

Oui, si vous êtes résident fiscal français, l'IFI s'applique sur votre patrimoine immobilier mondial. Vous devez déclarer vos appartements, maisons ou parts de sociétés immobilières situés hors de France. Toutefois, les conventions fiscales internationales signées entre la France et les autres pays permettent souvent d'éviter une double imposition en accordant un crédit d'impôt égal à l'impôt payé à l'étranger.

Les comptes courants d'associés dans une SCI sont-ils déductibles ?

En principe, non. La loi exclut de la déduction les dettes contractées auprès du redevable lui-même ou des membres de son foyer fiscal. Si vous avez prêté de l'argent à votre SCI pour acheter un immeuble, cette dette n'est pas déductible pour le calcul de la valeur des parts à l'IFI. C'est une règle anti-abus destinée à empêcher les contribuables de créer artificiellement du passif déductible au sein de leurs structures.

La location meublée (LMNP) permet-elle d'échapper à l'IFI ?

Généralement, non. Les biens loués en meublé non professionnel (LMNP) entrent dans l'assiette de l'IFI au même titre que les locations nues. Seul le statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP) permet, sous des conditions très strictes (recettes supérieures à 23 000 €, inscription au RCS et revenus d'activité prépondérants), de considérer les logements comme des biens professionnels exonérés d'IFI.

Existe-t-il une décote pour un bien détenu via une SCI ?

Oui, il est d'usage d'appliquer une décote de 10 % à 20 % sur la valeur des parts d'une SCI par rapport à la valeur des immeubles qu'elle détient. Cette décote se justifie par l'absence de marché fluide pour les parts de sociétés civiles fermées et par les contraintes liées à la gestion collective. Cette pratique, bien qu'admise par la jurisprudence, doit rester raisonnable pour ne pas être contestée lors d'un contrôle de l'IFI.

Puis-je déduire mes dettes de ma résidence principale après abattement ?

Oui, mais avec une limite. Les dettes afférentes à votre résidence principale sont déductibles à hauteur de 100 %, mais le montant total des dettes déduites ne peut pas excéder la valeur taxable du bien (soit 70 % de sa valeur vénale). Si votre résidence vaut 1M€ (valorisée 700k€ à l'IFI) et que votre crédit est de 800k€, vous ne pourrez déduire que 700k€ de passif au titre de ce bien.

Comment déclarer les parts de SCPI logées dans un contrat d'assurance-vie ?

Ces parts sont imposables à l'IFI. Chaque année, votre assureur doit vous transmettre un relevé indiquant la valeur de rachat de votre contrat correspondant à la fraction immobilière des unités de compte. C'est ce montant précis que vous devez reporter dans votre déclaration d'IFI 2026. L'omission de ces actifs est l'une des causes les plus fréquentes de redressement fiscal.

Est-il possible de reporter une réduction de don sur l'année suivante ?

Non, la réduction d'impôt liée aux dons n'est pas reportable. Si le montant de votre réduction (75 % de vos dons) est supérieur au montant de votre IFI brut, l'excédent est perdu. Il est donc inutile de faire un don trop important dans le seul but fiscal ; il convient de le calibrer précisément pour annuler votre IFI sans dépasser le montant dû.

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