Crise du logement à Paris : les propositions phares des candidats pour les municipales 2026

Le débat sur l'avenir du logement parisien s'intensifie à mesure que les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 approchent. Réunis par la FNAIM Grand Paris, les représentants des différentes listes ont exposé leurs visions pour sortir la capitale d'une paralysie immobilière devenue critique.
Un état des lieux alarmant : entre passoires thermiques et logements vides
La situation du parc immobilier parisien atteint un point de rupture. Lors du récent débat organisé sous l'égide de la FNAIM, les experts ont rappelé que la ville fait face à un défi écologique immense : plus de 26,5 % des habitations sont actuellement considérées comme des "passoires thermiques" (DPE F ou G). Ce chiffre s'explique par l'ancienneté du bâti, dont plus de la moitié a été érigée avant 1914. Dans un contexte de transition énergétique obligatoire vers 2050, le risque de voir ces biens sortir du marché locatif menace directement l'offre disponible.
Au-delà de l'enjeu thermique, Paris subit une érosion démographique constante avec une perte annuelle moyenne de près de 14 000 résidents entre 2017 et 2023. Paradoxalement, selon les relevés de l'INSEE, environ 262 000 locaux sont inoccupés dans la capitale, soit près d'un logement sur cinq. Ce stock se compose majoritairement de résidences secondaires et de logements vacants, un gisement que les politiques publiques tentent désespérément de mobiliser face à l'envolée de la pression fiscale foncière.
La stratégie du "choc d'offre" pour relancer le marché parisien
Pour contrer la pénurie, l'idée d'un "choc d'offre" s'est imposée dans les échanges. Cette méthode vise à stimuler la construction et la mise sur le marché rapide de nouveaux biens pour stabiliser les prix. Plusieurs leviers sont envisagés : la surélévation des immeubles existants pour densifier sans s'étaler, ou encore la suppression des dispositifs d'encadrement des loyers pour redonner de l'attractivité aux investisseurs privés. L'idée d'une garantie publique de loyers est également avancée pour sécuriser les propriétaires et les inciter à louer leurs biens inoccupés.
| Indicateur clé | Donnée statistique (Paris/IdF) |
|---|---|
| Taux de vacances des bureaux (Île-de-France) | 10,7 % (6,2 millions de m²) |
| Part des passoires thermiques (DPE F/G) | 26,5 % du parc |
| Logements inoccupés | 19 % du parc total |
Le recyclage urbain : recycler les bureaux vides en habitations
L'un des rares points de convergence entre les candidats réside dans l'exploitation des bureaux délaissés. Début 2026, BFMTV rapportait que plus de 6 millions de mètres carrés de bureaux sont vacants en Île-de-France. Si la transformation technique est complexe (problèmes de luminosité, profondeur des plateaux), trois visions politiques s'opposent sur la mise en oeuvre de cette mutation urbaine :
- La vision incitative : Portée par Rachida Dati ou Pierre-Yves Bournazel, elle mise sur la carotte fiscale. Le projet s'appuie sur la loi de juin 2025 pour alléger les taxes foncières des rénovateurs et simplifier les démarches via le "permis réversible".
- La vision réglementaire : Défendue par Emmanuel Grégoire ou Sophia Chikirou, elle privilégie la contrainte. Elle propose notamment d'imposer un quota minimal de 20 % de logements lors des rénovations lourdes de bureaux ou d'utiliser le PLU bioclimatique pour flécher les bâtiments vers le social.
- La vision libérale : Portée par Sarah Knafo, elle suggère de lever les barrières de rentabilité, notamment en supprimant les obligations de logements sociaux dans ces projets de mutation, jugées trop lourdes pour le secteur privé.
Un tournant décisif pour l'attractivité de la capitale
Alors que les taux d'emprunt se stabilisent autour de 3 %, l'enjeu des municipales de 2026 dépasse la simple gestion municipale. Il s'agit de définir si Paris peut rester une ville accessible aux classes moyennes ou si elle continuera sa mue en cité-musée. Entre le Plan Relance Logement 2026 et les contraintes de neutralité carbone, le futur maire devra impérativement concilier ingéniosité architecturale et pragmatisme économique pour éviter l'asphyxie durable du marché immobilier.