Inclusion financière : le surendettement enregistre une progression à deux chiffres en 2026

Les derniers indicateurs de la Banque de France révèlent une dégradation sensible de la situation financière des ménages français. Alors que les demandes d'accompagnement affluent, le nombre de dossiers de surendettement déposés depuis le début de l'année 2026 marque une accélération préoccupante par rapport à l'exercice précédent.
Une explosion du surendettement au premier quadrimestre
Le constat est sans appel : le surendettement regagne du terrain. En avril 2026, le nombre de dossiers déposés a bondi de 11 % par rapport à avril 2025. Cette tendance s'inscrit dans une dynamique plus large, puisque sur les quatre premiers mois de l'année, la hausse cumulée atteint 13,3 %. Ce chiffre témoigne des difficultés croissantes de certains foyers à honorer leurs engagements financiers dans un contexte économique sous tension.
Parallèlement, les incidents de paiement liés aux crédits sont également orientés à la hausse. Le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) a enregistré une augmentation de 4,4 % des nouvelles inscriptions au premier quadrimestre 2026, confirmant une fragilisation de la capacité de remboursement des emprunteurs.
| Indicateurs de la Banque de France | Évolution (1er quadrimestre 2026/2025) |
|---|---|
| Dépôts de dossiers de surendettement | + 13,3 % |
| Inscriptions au FICP (Crédits) | + 4,4 % |
| Demandes d'information et d'accompagnement | + 7,6 % |
| Désignations de droit au compte | - 10,2 % |
Le paradoxe des chèques et de l'accès au compte
Étonnamment, tous les indicateurs ne sont pas au rouge. Le Fichier central des chèques (FCC) enregistre un recul significatif de 11,8 % des nouvelles inscriptions sur les quatre premiers mois de l'année. Cette baisse peut s'expliquer par le déclin structurel de l'usage du chèque au profit des moyens de paiement dématérialisés, réduisant ainsi mécaniquement le volume des incidents sur ce support.
De même, les désignations de "droit au compte" - procédure permettant à une personne dépourvue de compte bancaire d'en obtenir un via la Banque de France - se replient de 10,2 %. Ce recul suggère une meilleure fluidité initiale de l'accès aux services bancaires de base, ou un recours accru aux offres alternatives (comptes de paiement sans banque).
Un besoin croissant d'accompagnement des particuliers
Face à ces vents contraires, les Français sollicitent massivement l'expertise de l'institution monétaire. Les demandes d'information ou d'accompagnement adressées à la Banque de France ont progressé de 7,6 % au premier quadrimestre. Que ce soit par téléphone (via le numéro unique 3414), par courrier ou via le site internet, les particuliers cherchent des solutions pour anticiper ou résoudre leurs difficultés financières.
Cette hausse de la sollicitation des services d'inclusion financière montre une prise de conscience des ménages qui tentent de s'informer avant que leur situation ne devienne irréversible. Pour la Banque de France, l'enjeu reste de traiter ce flux croissant de dossiers tout en maintenant un accompagnement de proximité pour les publics les plus fragiles.