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Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIRVérifié par Ouafâa MACHRI

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • L'assurance chômage du prêt immobilier, ou garantie perte d'emploi, est une option facultative qui prend en charge tout ou partie des mensualités après un licenciement.
  • Elle vise en pratique les salariés en CDI du secteur privé ; fonctionnaires titulaires, indépendants et professionnels libéraux n'en relèvent pas.
  • Carence, franchise, durée d'indemnisation et part des mensualités couverte varient selon les contrats : la franchise reste à payer avec son épargne.
  • La couverture de la rupture conventionnelle dépend du contrat ; démission et faute grave sont généralement exclues.
  • Son coût se compare à une épargne de précaution : elle sert surtout aux emprunteurs exposés, sans réserve et avec des mensualités lourdes.

Qu'est-ce que l'assurance chômage d'un prêt immobilier ?

L'assurance chômage d'un prêt immobilier, aussi appelée garantie perte d'emploi, est une option facultative de l'assurance de prêt immobilier. Elle prend en charge, pour une durée limitée, tout ou partie des mensualités après un licenciement involontaire. En pratique, elle s'adresse aux salariés en CDI du secteur privé, les seuls à réunir le plus souvent ses conditions de déclenchement.

Cette garantie s'ajoute au contrat d'assurance emprunteur et n'est que rarement exigée par la banque pour accorder le crédit. Avant de la souscrire, il faut vérifier que son profil entre dans le périmètre d'éligibilité : sans quoi la prime est payée pour une garantie qui ne pourra pas se déclencher.

Elle se distingue des autres couvertures du prêt par sa nature : elle ne protège pas contre un risque médical, mais contre la perte de revenus liée à la fin d'un emploi. Elle complète les garanties de l'assurance de prêt, décès, perte d'autonomie, invalidité et incapacité, sans jamais les remplacer.

« L'assurance chômage sur un prêt immobilier est utile pour une cible précise : le salarié en CDI installé dans son poste, dans un secteur exposé, sans épargne de précaution, avec des mensualités qui pèsent sur son budget. En dehors de ce profil, mieux vaut comparer la prime à l'épargne qu'elle permettrait de constituer, en tenant compte de la carence, de la franchise et de la durée limitée de prise en charge. »

Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits

Qui peut réellement bénéficier de l'assurance chômage ?

ProfilIntérêt de la garantieÉligible ?
Salarié en CDI du secteur privé, ancienneté minimale atteinte Utile en secteur cyclique (industrie, BTP, tech), avec des mensualités élevées et une épargne de précaution faible Oui, profil cible
Fonctionnaire titulaire Sans objet : le licenciement involontaire ne concerne pas les fonctionnaires titulaires Non
Travailleur indépendant, artisan, professionnel libéral Sans objet : la garantie vise la perte d'un emploi salarié Non
Salarié en CDD ou intérimaire Rarement utile : la fin d'un CDD ou d'une mission n'est pas un licenciement Rarement, conditions très restrictives
Salarié en CDI avec une épargne de plusieurs mois de mensualités L'épargne couvre déjà la franchise ; la prime peut être placée Éligible, mais intérêt limité

Au-delà du statut, chaque contrat fixe ses propres conditions d'admission : une ancienneté minimale dans l'emploi en CDI, un âge limite au-delà duquel la garantie ne peut plus être souscrite ou cesse, et l'absence de procédure de licenciement engagée ou annoncée au moment de la souscription. Ces trois points se lisent dans les conditions générales avant de signer.

Pour des co-emprunteurs, la garantie se souscrit tête par tête : si un seul des deux est salarié en CDI, lui seul peut être couvert, et la prise en charge s'applique à la part du prêt assurée sur sa tête.

Carence, franchise, durée : comment fonctionne la garantie ?

Le déclenchement et les délais à connaître

La garantie perte d'emploi obéit à des délais qui encadrent strictement la prise en charge. Les valeurs ci-dessous sont des fourchettes observées selon les contrats ; d'autres paramètres existent sur le marché.

ParamètreDéfinitionFourchettes observées
Délai de carence Période après la souscription pendant laquelle un licenciement n'est pas couvert Souvent 6 à 12 mois
Franchise Période après le licenciement pendant laquelle l'emprunteur paie seul ses mensualités Souvent 90 à 180 jours
Durée d'indemnisation Durée maximale de prise en charge par sinistre ou sur la durée du prêt Souvent 12 à 24 mois, parfois davantage
Part des mensualités couverte Pourcentage de l'échéance pris en charge par l'assureur De 50 % à 100 % dans de nombreux contrats, parfois moins
Nombre de sinistres Nombre de périodes de chômage indemnisables sur la durée du prêt Plafonné par certains contrats

Concrètement, un licenciement survenu quatre mois après la signature n'est pas indemnisé si la carence est de six mois. Et si la franchise est de 180 jours, les six premières mensualités qui suivent le licenciement restent à la charge de l'emprunteur.

Chronologie illustrative avec une carence de 12 mois et une franchise de 180 jours : un contrat souscrit en janvier 2026 couvre les licenciements à partir de janvier 2027. Pour un licenciement prononcé en mars 2027, les échéances de mars à août restent à payer, puis la prise en charge démarre en septembre, jusqu'à la durée maximale prévue par le contrat.

Les conditions de validité de l'indemnisation

Pour que les mensualités soient prises en charge, l'emprunteur doit remplir plusieurs conditions cumulatives pendant toute la durée d'indemnisation : être inscrit comme demandeur d'emploi auprès de France Travail, percevoir l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), ne pas avoir repris d'activité professionnelle, même partielle, selon les termes du contrat, et transmettre les justificatifs demandés par l'assureur à la fréquence prévue. Une reprise d'activité suspend les versements.

Quelles exclusions empêchent la prise en charge ?

La garantie perte d'emploi comporte de nombreux cas non couverts, listés aux conditions générales. Les exclusions de garantie portent ici à la fois sur le motif de la rupture et sur la situation professionnelle de l'emprunteur.

Les motifs de licenciement exclus

  • Démission : exclue, seul le licenciement à l'initiative de l'employeur étant couvert.
  • Rupture conventionnelle : couverte ou exclue selon les contrats, bien qu'elle ouvre droit à l'ARE depuis sa création en 2008. Ce point se vérifie explicitement avant de signer.
  • Licenciement pour faute grave ou lourde : généralement exclu.
  • Rupture pendant la période d'essai : généralement exclue, l'ancienneté minimale n'étant pas atteinte.

Les situations professionnelles exclues

  • Activité partielle (chômage partiel) : l'emploi n'est pas perdu, la garantie ne se déclenche pas.
  • Congé sabbatique ou mise en disponibilité : exclus, la rupture n'étant pas involontaire.
  • Licenciement annoncé avant la souscription : exclu, même si la rupture effective intervient après la signature.
  • Micro-entrepreneur et travailleur non salarié : non concernés, la garantie visant la perte d'un emploi salarié.

Certains contrats ne couvrent que le licenciement économique : la définition exacte des ruptures prises en charge figure dans les conditions générales, à côté de la liste des exclusions.

Combien coûte l'assurance chômage, et vaut-elle son prix ?

Le coût de la garantie perte d'emploi se situe souvent entre 0,10 % et 0,50 % du capital emprunté par an, certains contrats allant au-delà. Comme pour le reste du contrat, il se compare d'une offre à l'autre avec le taux annuel effectif d'assurance, qui tient compte de la base de calcul de la cotisation.

Exemple illustratif pour un prêt de 250 000 € sur 20 ans à 3,5 %, soit une mensualité d'environ 1 450 € :

  • Cotisation calculée sur le capital initial : de 250 à 1 250 € par an, soit 5 000 à 25 000 € sur 20 ans.
  • Cotisation calculée sur le capital restant dû : environ 2 800 à 14 000 € sur 20 ans pour les mêmes taux, la cotisation baissant à mesure que le prêt se rembourse.

Ce coût se met en regard de ce que la garantie verse réellement. Avec une prise en charge de 100 %, une franchise de 180 jours et une durée maximale de 18 mois, un licenciement donne lieu à environ 26 100 € de mensualités couvertes. Mais les six mensualités de la franchise, soit environ 8 700 €, restent à payer : une épargne de précaution est nécessaire de toute façon.

La comparaison se fait donc entre deux options : payer la garantie et conserver une épargne qui couvre la franchise, ou placer l'équivalent de la prime pour constituer une réserve plus large. La garantie prend l'avantage pour un emprunteur exposé à un chômage long, sans épargne et avec des mensualités lourdes ; l'épargne l'emporte pour un salarié qui dispose déjà de plusieurs mois de réserve.

Sur le même exemple, une cotisation de 0,30 % calculée sur le capital restant dû représente environ 8 400 € sur 20 ans, soit à peu près le montant des six mensualités de franchise. Mise de côté au fil du prêt, la même somme ne constituerait qu'une réserve équivalente à la franchise, sans couvrir les mois suivants.

Carence, franchise, durée d'indemnisation et part des mensualités couvertes varient d'un contrat à l'autre ; le comparateur d'assurance de prêt permet de les mettre en regard du coût de chaque offre.

Comment activer la garantie après un licenciement ?

La déclaration se fait auprès de l'assureur, dans le délai prévu au contrat après la fin du contrat de travail. Le dossier comprend en général :

  1. La lettre de licenciement, qui établit le motif de la rupture.
  2. Le certificat de travail et l'attestation employeur remis à la fin du contrat.
  3. L'attestation d'inscription à France Travail comme demandeur d'emploi.
  4. La notification d'ouverture des droits à l'ARE, puis les avis de paiement mensuels.
  5. Le tableau d'amortissement du prêt et les conditions particulières du contrat d'assurance.

Une fois le dossier accepté, la prise en charge commence à l'issue de la franchise. Les sommes sont le plus souvent versées directement au prêteur, en déduction des échéances.

Le suivi est mensuel : chaque mois, l'emprunteur transmet ses avis de paiement de l'ARE pour justifier de la poursuite du chômage indemnisé. Toute reprise d'activité doit être signalée sans délai ; un versement indu peut être réclamé par l'assureur.

Mieux vaut déclarer le sinistre dès la notification du licenciement, sans attendre la fin de la franchise : une déclaration tardive, au-delà du délai prévu au contrat, peut retarder la prise en charge, voire la compromettre.

Peut-on souscrire la garantie chômage en délégation d'assurance ?

Oui, mais elle n'est pas proposée par tous les assureurs externes. La banque n'exige que rarement cette garantie : elle ne fait donc en général pas partie des critères d'équivalence, et son absence ne bloque pas un contrat externe.

Avec la délégation d'assurance, l'emprunteur peut ajouter la garantie perte d'emploi s'il la juge utile, en comparant ses paramètres d'un contrat à l'autre, ou s'en passer pour concentrer la cotisation sur les garanties décès, invalidité et incapacité.

En cas de changement de contrat en cours de prêt, la garantie souscrite auprès du nouvel assureur repart en général avec un nouveau délai de carence : un licenciement survenant pendant cette période ne serait pas couvert.

Avant de choisir un contrat externe qui inclut la garantie, comparez les mêmes paramètres que pour celui de la banque : carence, franchise, durée d'indemnisation, part des mensualités couverte et cas de rupture acceptés, rupture conventionnelle comprise.

FAQ : assurance chômage et prêt immobilier

L'assurance chômage est-elle obligatoire pour obtenir un prêt immobilier ?

Non. Aucun texte ne l'impose, et les banques ne l'exigent que rarement dans leurs critères d'équivalence. Sa souscription est facultative et ne conditionne pas l'octroi du prêt.

La rupture conventionnelle est-elle couverte ?

Selon les contrats. La rupture conventionnelle ouvre droit à l'ARE depuis sa création en 2008, et certains assureurs l'incluent dans les cas couverts ; d'autres la limitent au licenciement, voire au seul licenciement économique. Ce point se lit dans les conditions générales avant la souscription.

Que se passe-t-il si je retrouve un emploi puis le perds à nouveau ?

Les versements s'arrêtent à la reprise d'activité. En cas de nouvelle perte d'emploi, la garantie peut se déclencher à nouveau, avec une nouvelle franchise et dans la limite du nombre de sinistres ou de la durée totale d'indemnisation prévus par le contrat.

Peut-on ajouter la garantie chômage en cours de prêt ?

Selon les assureurs. Certains acceptent de l'ajouter, d'autres non ; elle peut aussi être intégrée à l'occasion d'un changement complet de contrat. Dans tous les cas, un nouveau délai de carence s'applique à compter de la souscription.

Un salarié en période d'essai ou en nouveau CDI est-il couvert ?

Une rupture pendant la période d'essai est en général exclue. Pour un nouveau CDI, la garantie ne joue qu'une fois l'ancienneté minimale prévue au contrat atteinte et le délai de carence écoulé : un licenciement intervenant avant ne serait pas indemnisé.

Les indemnités versées par la garantie sont-elles imposables ?

Les prestations sont le plus souvent versées directement au prêteur pour couvrir les échéances. Leur éventuelle imposition dépend de la situation de l'emprunteur et de l'usage du bien financé ; pour un bien locatif en particulier, l'administration fiscale ou un conseiller peut préciser le traitement applicable.

La prime est-elle déductible pour un investissement locatif ?

Pour une résidence principale, non. Pour un bien locatif, les primes d'assurance de l'emprunt sont en principe déductibles des revenus fonciers lorsque le propriétaire est imposé au régime réel ; au micro-foncier, l'abattement forfaitaire couvre l'ensemble des charges et aucune déduction séparée n'est possible.

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