Remboursement de prêt en cas de maladie

✍ Les points à retenir
- Prévenir sa banque dès le début des démarches auprès de l'assureur est indispensable pour éviter l'accumulation d'impayés pendant les 15 à 45 jours d'instruction du dossier, un report de mensualités pouvant être sollicité en anticipation.
- Les indemnités versées par l'assureur au titre du remboursement de prêt immobilier ne constituent pas un revenu imposable car elles servent à éteindre une dette et n'ont pas à être déclarées dans les revenus annuels.
- Changer d'assureur pendant un arrêt actif entraîne la perte de couverture sur ce sinistre précis avec le nouveau contrat, il est préférable d'attendre la stabilisation de l'état de santé avant d'envisager une substitution.
- Le délai de franchise commence à courir dès le premier jour d'arrêt et non à partir de la déclaration, une déclaration tardive n'allongeant pas la franchise mais pouvant entraîner un refus si elle dépasse le délai contractuel.
- Si l'arrêt ITT dépasse la durée maximale d'indemnisation sans consolidation médicale, l'emprunteur se retrouve sans couverture pour ce sinistre, illustrant l'importance de vérifier ce paramètre avant toute souscription.
Remboursement de prêt immobilier en cas de maladie : comment l'assurance emprunteur prend le relais
En cas de maladie entraînant un arrêt de travail ou une invalidité, l'assurance de prêt immobilier prend en charge tout ou partie des mensualités selon les garanties souscrites et les délais contractuels. Ce mécanisme ne s'active pas automatiquement dès le premier jour d'arrêt - un délai de franchise (souvent 30 à 90 jours) s'applique, et la maladie doit correspondre aux critères définis dans le contrat. Savoir précisément quand et comment l'assurance intervient permet d'anticiper les périodes sans couverture et d'éviter les mauvaises surprises au moment le plus difficile.
« L'assurance emprunteur n'est pas une boîte noire qui s'ouvre en cas de maladie. Elle suit un processus précis : déclaration, dossier médical, médecin-conseil, validation. Ce processus peut prendre 15 à 45 jours. Pendant ce temps, la banque continue de prélever. Prévenir sa banque dès le début des démarches auprès de l'assureur, c'est la première chose à faire - pour éviter que des impayés ne s'accumulent avant que l'indemnisation ne démarre. »
Arsalain EL KESSIR, Fondateur de BoursedesCrédits
Quelles garanties s'activent selon le type de maladie et sa durée
Le remboursement du prêt par l'assurance dépend directement de la nature et de la durée de la maladie. Les garanties essentielles de l'assurance emprunteur couvrent des situations distinctes qui ne se déclenchent pas aux mêmes seuils.
ITT : pour les arrêts de travail temporaires
La garantie ITT (Incapacité Temporaire de Travail) couvre les arrêts de travail liés à une maladie dont l'issue attendue est la reprise d'activité. Elle prend en charge les mensualités après la période de franchise - 30, 60, 90 ou 180 jours selon le contrat. Deux paramètres sont déterminants pour le montant réellement perçu :
- Mode forfaitaire : l'assureur prend en charge la mensualité intégralement selon la quotité, indépendamment des indemnités journalières et du maintien de salaire perçus par ailleurs - le plus protecteur
- Mode indemnitaire : l'assureur ne verse que la différence entre les revenus habituels et les revenus effectivement perçus pendant l'arrêt (IJ Sécu + maintien employeur) - peut aboutir à un versement nul si les revenus de remplacement sont élevés
Invalidité permanente : quand l'état se stabilise définitivement
Lorsque la maladie laisse des séquelles permanentes et que l'état de santé est "consolidé" médicalement, c'est la garantie invalidité qui prend le relais de l'ITT. Le niveau de prise en charge dépend du taux d'invalidité reconnu par le médecin-conseil de l'assureur selon le barème contractuel. La garantie PTIA solde le capital restant dû intégralement pour les cas les plus graves ; l'IPT prend en charge les mensualités ou solde le capital au-delà de 66 % d'invalidité ; l'IPP couvre la zone 33-66 % de manière proportionnelle.
Les délais à connaître avant le premier remboursement
| Délai | Définition | Durée typique | Ce qui se passe pendant |
|---|---|---|---|
| Délai de carence | Période après la souscription pendant laquelle aucune maladie n'est couverte | 0 à 12 mois selon la garantie | L'emprunteur paie seul ses mensualités - aucune prise en charge possible |
| Franchise ITT | Période après le début de l'arrêt pendant laquelle l'assureur n'indemnise pas | 30, 60, 90 ou 180 jours | L'emprunteur assume seul ses mensualités - les IJ de la Sécu commencent mais pas l'assureur |
| Instruction du dossier | Délai de traitement administratif et médical après réception du dossier complet | 15 à 45 jours | La banque continue de prélever - prévenez votre banque pour éviter les impayés |
La procédure de déclaration et les documents requis
Déclarer rapidement pour faire courir le délai de franchise
Le délai de franchise commence à courir à partir du premier jour d'arrêt - pas à partir de la déclaration. La plupart des contrats imposent un délai de déclaration du sinistre de 15 à 30 jours après le début de l'arrêt. Déclarez dès que le médecin prescrit l'arrêt et prévenez simultanément votre conseiller bancaire pour éviter que des impayés ne s'accumulent pendant l'instruction du dossier.
Les documents à constituer
- Arrêts de travail initiaux et prolongations : transmettez chaque prolongation dès réception pour maintenir la continuité de l'indemnisation
- Questionnaire médical de sinistre : à faire compléter par le médecin traitant - sous pli cacheté à l'attention du médecin-conseil de l'assureur
- Décomptes d'indemnités journalières : indispensables pour les contrats en mode indemnitaire pour calculer le différentiel pris en charge
- Tableau d'amortissement à jour : permet à l'assureur de calculer le montant des mensualités à couvrir
- Justificatifs médicaux complémentaires : comptes rendus hospitaliers, bilans de spécialistes si la pathologie est complexe
Maladies non objectivables, pathologies aggravées et cas particuliers
Burn-out, dépression et lombalgies : la clause MNO
Les pathologies "non objectivables" - dont les symptômes ne peuvent pas être confirmés par un examen médical standard (scanner, bilan sanguin) - ne sont couvertes que si le contrat inclut explicitement la clause MNO (Maladie Non Objectivable). Sans cette clause, un arrêt pour burn-out, dépression ou lombalgie chronique ne déclenche pas la garantie ITT même si l'arrêt est prescrit par un médecin. Vérifiez si votre contrat inclut cette extension avec ou sans condition d'hospitalisation - la version sans condition est la plus protectrice.
Profils médicaux complexes et solutions encadrées
Les emprunteurs présentant des risques aggravés de santé peuvent se voir appliquer des exclusions spécifiques sur certaines garanties. Si une pathologie chronique était connue avant la souscription et n'a pas été déclarée, l'assureur peut refuser l'indemnisation. Si elle a été déclarée et exclue, le sinistre lié à cette pathologie n'est pas couvert. La convention AERAS permet aux emprunteurs dont le profil médical est complexe d'accéder à une couverture avec des surprimes encadrées et des exclusions limitées.
Que faire en cas de refus de remboursement
- Demander le motif écrit précis : l'assureur doit citer la clause exacte qui justifie le refus - un refus sans clause précise est contestable
- Vérifier la cohérence avec le questionnaire de santé initial : une omission involontaire sans lien avec le sinistre ne peut pas justifier un refus total d'indemnisation
- Demander une contre-expertise médicale : si le refus porte sur le taux d'invalidité ou l'aptitude à reprendre le travail, demandez une expertise contradictoire avec un troisième médecin
- Saisir le médiateur de l'assurance : gratuit, délai de 90 jours - ses avis sont généralement suivis par les assureurs
- Recours judiciaire en dernier ressort : tribunal judiciaire compétent si le préjudice est significatif et la médiation infructueuse
Pour vérifier que vos garanties actuelles correspondent à votre profil et à votre situation, comparez les offres disponibles en précisant vos garanties actuelles et les éventuelles exclusions de votre contrat.
FAQ : remboursement de prêt immobilier en cas de maladie
L'assurance rembourse-t-elle dès le premier jour d'arrêt ?
Non. La quasi-totalité des contrats prévoient une franchise - la période d'arrêt pendant laquelle l'assureur n'intervient pas. Cette franchise est de 30 jours dans les contrats les plus protecteurs, 90 jours dans les contrats standards et jusqu'à 180 jours dans certains contrats low-cost. Pendant cette période, l'emprunteur paie seul ses mensualités avec ses indemnités journalières et son épargne. Choisir une franchise courte est particulièrement important pour les travailleurs indépendants sans prévoyance collective.
Que se passe-t-il si je reprends le travail à mi-temps thérapeutique ?
La reprise à mi-temps thérapeutique constitue une reprise partielle d'activité. Selon les contrats, l'indemnisation peut être maintenue à 50 % pendant la durée du mi-temps thérapeutique, ou suspendue si la reprise partielle met fin à la définition contractuelle de l'arrêt total. Vérifiez si votre contrat mentionne explicitement la prise en charge du mi-temps thérapeutique - c'est une option qui n'est pas systématiquement incluse.
Peut-on changer d'assurance pendant un arrêt maladie en cours ?
Légalement oui - la loi Lemoine permet la résiliation à tout moment pour les contrats éligibles. En pratique, le nouvel assureur exclura systématiquement la pathologie en cours lors de la souscription, ou appliquera une surprime majeure. Changer d'assurance pendant un arrêt actif signifie perdre la couverture sur ce sinistre précis avec le nouveau contrat. Il est généralement préférable d'attendre la stabilisation de l'état de santé avant d'envisager un changement d'assureur.
Les indemnités versées par l'assurance sont-elles imposables ?
Non. Les sommes versées par l'assureur au titre du remboursement de prêt immobilier ne constituent pas un revenu imposable - elles servent à éteindre une dette, pas à accroître le patrimoine de l'emprunteur. Elles n'ont donc pas à être déclarées dans les revenus annuels. Cette règle s'applique quelle que soit la durée de l'arrêt ou le montant total des indemnisations perçues.
Un arrêt pour maladie déclaré juste après la signature du contrat est-il couvert ?
Pas si le délai de carence n'est pas dépassé. Pour la garantie ITT, certains contrats ne prévoient pas de délai de carence - la couverture est active dès la signature. D'autres imposent un délai de 3 à 6 mois. Pour les garanties perte d'emploi et maladies non objectivables, le délai de carence peut atteindre 6 à 12 mois. Vérifiez le délai de carence applicable à chaque garantie dans vos conditions particulières - pas uniquement pour l'ITT.
Peut-on obtenir un report de mensualités bancaires pendant l'instruction du dossier d'assurance ?
Oui, sous certaines conditions. La plupart des contrats de prêt modernes incluent une option de report ou de modulation d'échéances. Ce report peut être sollicité auprès de la banque pendant la période d'instruction du dossier d'assurance pour éviter que des impayés ne s'accumulent avant le premier versement de l'assureur. Contactez votre conseiller bancaire dès le début des démarches auprès de l'assureur - une demande anticipée est bien mieux reçue qu'une demande après constatation d'impayés.
Que se passe-t-il si l'arrêt dépasse la durée maximale d'indemnisation prévue au contrat ?
L'indemnisation ITT s'arrête à la date limite prévue dans les conditions particulières. Si l'arrêt se prolonge au-delà, deux situations sont possibles. Soit l'état de santé s'est stabilisé et la garantie invalidité permanente (IPT ou IPP) prend le relais si les seuils sont atteints. Soit l'état n'est pas encore consolidé et l'emprunteur se retrouve sans couverture pour ce sinistre - une lacune qui illustre l'importance de vérifier la durée maximale d'indemnisation ITT et la présence de garanties invalidité permanente complémentaires dans le contrat.
À lire aussi
- Assurance PTIA (Perte Totale et Irréversible d'Autonomie)
- Assurance IPT
- Incapacité temporaire totale (ITT) et assurance emprunteur
- Invalidité permanente partielle (IPP) et assurance emprunteur
- Garantie décès et assurance emprunteur
- Assurance chômage prêt immobilier
- Assurance perte d'emploi
- L'exclusion de garantie en assurance emprunteur
- Racheter les exclusions de garantie d'assurance de prêt
- Refus de garanties d'assurance emprunteur
- Assurance IP (invalidité professionnelle)
- Garantie MNO
- Assurance invalidité pour prêt immobilier
- Remboursement assurance de prêt immobilier