Risques professionnels et assurance emprunteur

Andréa SALLOIS
Risques professionnels et assurance emprunteur

✍ Les points à retenir

  • Définition des métiers à risques : Les assureurs établissent des listes de professions qu'ils considèrent comme présentant un niveau de risque plus élevé en raison des dangers associés à ces métiers. Les métiers à risques peuvent inclure ceux liés à la sécurité, à la santé, à la construction, etc.

  • Impact sur la prime : En fonction de votre profession, l'assureur peut décider d'appliquer une surprime sur le coût de votre assurance de prêt immobilier. Cette surprime vise à compenser le risque accru lié à votre activité professionnelle.

  • Exclusions potentielles : Certains assureurs peuvent exclure spécifiquement les accidents liés à votre métier de la couverture de l'assurance. Il est donc essentiel de comprendre ces exclusions et leurs implications.

  • Déclaration exacte : Lorsque vous remplissez votre questionnaire médical et déclarez votre profession, assurez-vous d'être précis et complet. Une déclaration inexacte ou incomplète pourrait entraîner des problèmes de couverture en cas de sinistre.

  • Délégation d'assurance : Si l'assurance de prêt proposée par votre prêteur ne convient pas à votre profession ou s'avère coûteuse en raison de celle-ci, envisagez la délégation d'assurance. Cela vous permet de choisir une assurance plus adaptée à votre situation professionnelle et à un tarif compétitif.

Définition et classification des métiers à risques en assurance de prêt

Dans le secteur de l'assurance de prêt immobilier, la notion de risques professionnels est fondamentale pour évaluer la probabilité qu'un sinistre survienne durant la durée du crédit. Pour un assureur, une profession à risque désigne une activité dont l'exercice expose l'emprunteur à des dangers supérieurs à la moyenne, qu'il s'agisse d'accidents corporels ou de maladies professionnelles précoces.

Les critères d'identification d'une profession à risque

La classification d'un métier dépend de plusieurs facteurs d'exposition évalués par les services de souscription. On distingue généralement trois types de critères : physiques (manipulation de charges lourdes, travail en hauteur), environnementaux (exposition à des substances toxiques, environnements hostiles) et organisationnels (déplacements fréquents, horaires décalés). Ces éléments permettent aux compagnies de segmenter les profils et d'adapter leurs conditions de couverture.

La typologie des risques professionnels selon l'assureur

Les assureurs utilisent des nomenclatures précises pour répertorier chaque activité. Les risques sont souvent divisés en deux catégories majeures :

  • Le risque sécuritaire : lié à la manipulation d'armes, au maintien de l'ordre ou à l'exposition directe à des dangers mortels.
  • Le risque technique ou physique : lié à l'utilisation de machines dangereuses, au travail sur des plateformes offshore ou à la conduite de véhicules lourds.

Le processus de segmentation par classes de risques

Pour structurer leurs offres, les organismes d'assurance répartissent les métiers dans des classes de risques allant du "risque standard" au "risque aggravé". Une profession à risque peut ainsi faire l'objet d'un questionnaire spécifique lors de l'adhésion. Ce document permet de préciser les gestes quotidiens, l'usage de protections individuelles et la fréquence d'exposition au danger, afin de déterminer si le profil peut être accepté aux conditions normales ou s'il nécessite une tarification ajustée.

Pourquoi les assureurs classent-ils certaines professions « à risques » ?

Lors de la souscription d'un contrat d'assurance de prêt, l'assureur cherche avant tout à évaluer la probabilité qu'un événement (décès, invalidité ou incapacité de travail) survienne. L'exercice d'une profession à risque modifie statistiquement cette probabilité. Pour garantir la viabilité du contrat, l'assureur doit donc identifier précisément les menaces pesant sur la santé ou l'intégrité physique de l'emprunteur en fonction de ses tâches quotidiennes.

L'analyse statistique de la sinistralité par métier

Les compagnies d'assurance s'appuient sur des données actuarielles précises pour justifier la classification des métiers. Ces statistiques permettent de quantifier les risques professionnels en observant la fréquence des arrêts de travail, la gravité des accidents de service ou l'incidence des maladies liées à l'environnement de travail. Si un secteur d'activité présente un taux de sinistralité nettement supérieur à la moyenne nationale, il est automatiquement catalogué comme étant à risque pour l'organisme assureur.

La distinction entre risques accidentels et risques de santé

La classification ne repose pas uniquement sur le danger immédiat de mort. Les assureurs distinguent deux types de périls :

  • Le risque d'accident : lié à une action soudaine et violente (chute de hauteur, accident de la route pour les grands rouleurs, explosion).
  • Le risque de pathologie : lié à l'usure prématurée du corps ou à l'exposition à des agents pathogènes (problèmes de dos pour les métiers physiques, stress post-traumatique, ou inhalation de produits chimiques).

Cette approche globale permet de définir si l'emprunteur pourra assumer ses échéances de crédit sur le long terme sans interruption majeure due à son activité professionnelle.

L'évaluation de la dangerosité des conditions d'exercice

Au-delà de l'intitulé du poste, ce sont les conditions réelles d'exercice qui motivent le classement. Un même métier peut être perçu différemment selon le contexte. L'assureur examine si l'assuré travaille dans des zones géographiques instables, s'il manipule des matériaux dangereux ou s'il évolue dans un milieu sous-marin ou aérien. Ces facteurs d'aggravation déterminent si le dossier sort du cadre de la tarification standard pour entrer dans celui d'une couverture spécifique adaptée aux contraintes réelles du terrain.

Panorama des métiers concernés : du secteur médical aux forces de l'ordre

La liste des activités considérées comme sensibles par les compagnies d'assurance est vaste. Chaque profession à risque possède ses propres spécificités qui influencent l'évaluation du dossier. Si certains métiers semblent évidemment dangereux, d'autres cachent des risques professionnels moins visibles mais tout aussi impactants pour la pérennité du remboursement d'un crédit immobilier.

Les métiers de la sécurité et des forces de l'ordre

Les militaires, les policiers, les gendarmes ainsi que les agents de sécurité privée constituent une catégorie de référence pour les assureurs. Ces professionnels sont exposés à des dangers physiques immédiats, au port d'armes et à des interventions en milieux hostiles. Au-delà du risque de décès accidentel, les assureurs scrutent particulièrement les risques d'invalidité liés à des missions de terrain ou à des traumatismes psychologiques consécutifs à des situations de crise.

Le secteur médical et paramédical

Bien que tournés vers le soin, les métiers de la santé ne sont pas exempts de contraintes fortes. Les médecins, infirmiers ou aides-soignants font face à des risques professionnels spécifiques tels que l'exposition à des agents infectieux, la manipulation de produits radiologiques ou une fatigue physique intense due aux gardes de nuit et au travail posté. Les professions libérales de santé sont également surveillées en raison de l'impact financier qu'un arrêt de travail prolongé pourrait avoir sur le remboursement de leur emprunt.

Les professions du bâtiment, de l'industrie et des transports

Ce groupe rassemble des activités où la pénibilité physique et l'environnement de travail sont les principaux facteurs de risque. On y retrouve notamment :

  • Le BTP : charpentiers, couvreurs ou grutiers travaillant en hauteur.
  • L'industrie lourde : techniciens intervenant sur des sites classés ou manipulant des substances chimiques dangereuses.
  • Le transport et la logistique : chauffeurs routiers parcourant de longues distances ou convoyeurs de fonds, exposés à une accidentologie routière plus élevée que la moyenne.

Chacun de ces secteurs oblige l'emprunteur à déclarer avec précision la nature de ses tâches afin que l'assurance puisse proposer un contrat en adéquation avec la réalité du terrain.

L'impact des risques professionnels sur le contrat d'assurance (surprimes et exclusions)

Lorsqu'un emprunteur exerce une profession à risque, l'assureur ajuste les conditions du contrat pour compenser la probabilité accrue de sinistre. Cette personnalisation du contrat d'assurance de prêt se traduit généralement par des modifications tarifaires ou des restrictions de garanties, impactant directement le coût total du crédit immobilier.

Le mécanisme de la surprime pour risque aggravé

La surprime est la conséquence la plus fréquente des risques professionnels. Il s'agit d'une majoration de la cotisation de base appliquée par la compagnie d'assurance. Le taux de cette surcote varie selon l'indice de dangerosité du métier. Par exemple, un policier ou un pompier pourra se voir appliquer une augmentation tarifaire sur les garanties décès et invalidité. L'objectif pour l'assureur est de maintenir l'équilibre technique de son contrat tout en acceptant de couvrir un profil dont l'exposition au danger est supérieure à la norme.

Les clauses d'exclusions de garanties spécifiques

Dans certains cas, l'assureur peut décider de couvrir l'emprunteur mais de refuser de prendre en charge les sinistres causés par l'activité professionnelle elle-même. On parle alors d'exclusions de garanties. Si l'assuré exerce une profession à risque comme celle de convoyeur de fonds, le contrat peut stipuler que les conséquences d'une agression armée ne sont pas couvertes. L'emprunteur reste assuré pour les risques de la vie courante (accidents domestiques, maladies hors cadre professionnel), mais il doit assumer le risque lié à ses missions de travail.

Le rachat d'exclusions pour une protection étendue

Pour bénéficier d'une couverture complète malgré des risques professionnels avérés, il est parfois possible de procéder à un "rachat d'exclusion". Cette option contractuelle permet à l'emprunteur de supprimer une clause restrictive moyennant le paiement d'une cotisation supplémentaire. Ce mécanisme est particulièrement utile pour les métiers du bâtiment ou de l'industrie, où le risque d'accident du travail est permanent. Cela garantit que le prêt sera remboursé par l'assurance, quelle que soit la cause de l'invalidité ou de l'incapacité, offrant ainsi une sécurité maximale à la banque et à la famille de l'emprunteur.

Les garanties et couvertures spécifiques selon votre activité professionnelle

Adapter son contrat d'assurance de prêt nécessite une compréhension fine des garanties activables en fonction de sa situation réelle. Pour une profession à risque, il ne s'agit pas seulement d'être couvert, mais de s'assurer que les garanties souscrites répondent aux sinistres les plus probables dans son secteur d'activité.

La Garantie ITT et les pathologies liées aux risques professionnels

La garantie Incapacité Temporaire Totale (ITT) est cruciale pour les travailleurs exposés à des contraintes physiques. Dans le cadre de risques professionnels élevés, les assureurs scrutent particulièrement les "affections disco-vertébrales" (problèmes de dos) et les maladies psychothérapeutiques (burn-out, dépression). Pour certaines professions, il est impératif de vérifier que ces pathologies ne sont pas exclues ou qu'elles ne sont pas soumises à des conditions d'hospitalisation de longue durée pour être indemnisées.

L'importance de l'Invalidité Permanente Partielle (IPP)

Pour un emprunteur exerçant une activité manuelle ou technique, une perte d'aptitude, même partielle, peut compromettre la poursuite de sa carrière. Contrairement à un profil administratif, une profession à risque nécessite souvent une garantie IPP (dès 33 % d'invalidité) avec une évaluation basée sur l'incapacité professionnelle et non uniquement fonctionnelle. Cela permet de percevoir une prise en charge même si l'assuré peut encore effectuer les gestes de la vie courante, mais ne peut plus exercer son métier spécifique.

Synthèse des couvertures par catégorie de métier

Le tableau ci-dessous récapitule les points de vigilance majeurs et les garanties recommandées pour les principaux secteurs concernés par des conditions d'exercice particulières.

Catégorie de métierPrincipaux risques professionnelsGaranties et points de vigilance
Sécurité / Armée Accidents en mission, port d'arme, zones de conflit. Rachat d'exclusion de métier, garantie Décès et PTIA étendue.
Santé / Médical Contamination, épuisement, accidents de trajet (gardes). Maintien de la garantie ITT sans condition d'hospitalisation.
BTP / Travaux en hauteur Chutes, accidents de chantier, port de charges. Couverture spécifique du risque "travail en hauteur".
Transport / Logistique Accidents de la route, troubles musculo-squelettiques. Garanties ITT et IPP avec barème professionnel.

L'adéquation entre le statut professionnel et les délais de carence

Enfin, la spécificité de la couverture réside aussi dans le choix de la franchise. Pour un indépendant exerçant une profession à risque, les indemnités journalières de la sécurité sociale sont souvent limitées ou tardives. Réduire le délai de franchise (passer de 90 jours à 30 ou 15 jours) dans son contrat d'assurance emprunteur permet de pallier l'absence de revenus immédiate en cas d'accident lié au travail, sécurisant ainsi les premières échéances de prêt après le sinistre.

Comment assurer son prêt immobilier avec une profession à risque ?

Obtenir une couverture pour son crédit immobilier lorsque l'on exerce une profession à risque demande une préparation rigoureuse. Contrairement aux profils standards, les emprunteurs exposés à des risques professionnels particuliers doivent suivre un parcours de souscription plus détaillé pour permettre à l'assureur de cerner avec précision la réalité de leur quotidien.

La transparence lors de la déclaration d'activité

La première étape consiste à remplir scrupuleusement le questionnaire de santé et, surtout, le questionnaire spécifique aux métiers à risques. Il est essentiel de ne pas se contenter de l'intitulé du poste, mais de détailler les missions réelles : maniement d'explosifs, travail en hauteur, déplacements en zones de conflit ou manipulation de substances toxiques. Une déclaration exhaustive évite tout risque de nullité du contrat ou de refus d'indemnisation ultérieur en cas de sinistre lié à l'activité déclarée.

Le recours à la délégation d'assurance pour plus de flexibilité

Pour assurer un prêt avec une profession à risque, le contrat de groupe proposé par la banque n'est pas toujours la solution la plus adaptée. Ces contrats reposent sur une mutualisation des risques qui exclut souvent les métiers spécifiques ou applique des tarifs très élevés par défaut. La délégation d'assurance permet de se tourner vers des assureurs spécialisés dans les risques aggravés professionnels. Ces acteurs disposent de grilles d'évaluation plus fines, permettant parfois d'obtenir des garanties là où les contrats bancaires standards opposent un refus.

L'importance de l'analyse des fiches de poste et rapports de sécurité

Pour affiner l'évaluation du risque, l'assureur peut demander des documents complémentaires tels qu'une fiche de poste détaillée ou un rapport sur les mesures de sécurité mises en oeuvre par l'employeur. Si l'emprunteur peut prouver que son cadre de travail limite drastiquement les risques professionnels (port d'équipements de protection homologués, protocoles de sécurité stricts, absence de sinistralité dans l'entreprise), l'assureur peut revoir sa position et proposer des conditions de couverture plus proches des tarifs standards.

Stratégies pour réduire le coût des cotisations et optimiser son taux

Le coût d'une assurance de prêt peut s'envoler lorsque l'on exerce une profession à risque. Toutefois, des leviers existent pour limiter l'impact financier des surprimes liées aux risques professionnels. En optimisant la structure du contrat et en faisant jouer la concurrence, un emprunteur peut réduire significativement ses mensualités tout en conservant une protection robuste.

Privilégier le contrat individuel face au contrat de groupe

Pour un profil exerçant une activité sensible, le contrat de groupe proposé par l'établissement prêteur est rarement le plus compétitif. Ce type de contrat repose sur une mutualisation des risques qui pénalise souvent les métiers atypiques par des surprimes forfaitaires élevées. À l'inverse, l'assurance individuelle permet une tarification sur-mesure. En optant pour cette stratégie, l'assuré bénéficie d'une étude personnalisée où chaque aspect de sa profession à risque est analysé précisément, permettant souvent d'obtenir un taux de cotisation bien plus avantageux que la moyenne du marché bancaire.

Ajuster les quotités et les franchises de garanties

Une autre méthode pour optimiser le coût global consiste à moduler les paramètres techniques du contrat. Si vous empruntez à deux, répartir les quotités (la part du capital couverte pour chaque assuré) de manière stratégique peut faire baisser la facture. Par ailleurs, allonger le délai de franchise pour la garantie Incapacité Temporaire Totale (ITT) - par exemple passer de 30 à 90 jours - permet de réduire la prime d'assurance. Cette option est intéressante si votre contrat de travail prévoit déjà un maintien de salaire prolongé, évitant ainsi de payer pour une couverture redondante malgré vos risques professionnels.

Négocier le rachat partiel des exclusions professionnelles

Plutôt que d'accepter une exclusion totale liée à votre métier, il est parfois plus économique de négocier un rachat partiel d'exclusion. Cette démarche consiste à demander à l'assureur de couvrir uniquement les risques les plus critiques de votre activité en échange d'une surprime modérée. En ciblant les garanties essentielles et en éliminant les options superflues, l'emprunteur parvient à équilibrer son budget. Il est également recommandé de mettre en avant les formations de sécurité suivies ou les équipements de protection utilisés pour prouver que les risques professionnels sont maîtrisés, ce qui incite l'assureur à réduire ses marges de sécurité tarifaires.

Refus d'assurance ou exclusions : quelles solutions et recours possibles ?

Faire face à un refus ou à des limitations de garanties majeures est une situation redoutée par tout emprunteur exerçant une profession à risque. Si les risques professionnels sont jugés trop élevés par un organisme, le dossier peut être écarté des circuits classiques. Cependant, des mécanismes de protection et des alternatives contractuelles existent pour permettre la concrétisation du projet immobilier malgré ces obstacles.

Le recours à la Convention AERAS pour les dossiers complexes

La convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) ne s'applique pas uniquement aux pathologies médicales ; elle peut également constituer un filet de sécurité si votre métier entraîne des refus systématiques. Ce dispositif force les organismes à examiner votre dossier à plusieurs niveaux d'expertise. Si une profession à risque empêche l'accès aux conditions standards, le dossier bascule automatiquement vers un examen plus approfondi. Cela peut déboucher sur une proposition spécifique, certes assortie de surprimes, mais permettant d'éviter une impasse totale dans le financement du crédit.

Négocier les conditions de rachat d'exclusions professionnelles

Lorsqu'un assureur accepte de couvrir l'emprunteur tout en excluant les sinistres liés à son activité, la situation peut être bloquante pour la banque prêteuse. Une solution consiste à demander un "rachat d'exclusion". Cette option permet de réintégrer les garanties liées aux risques professionnels moyennant une majoration tarifaire. Si l'assureur initial refuse cette négociation, l'emprunteur a tout intérêt à se tourner vers des compagnies spécialisées dans les risques atypiques, capables de tarifer précisément le danger lié à une profession à risque sans pour autant supprimer les garanties essentielles comme l'invalidité ou l'incapacité.

Les alternatives de garanties en cas de refus définitif

Si aucun contrat d'assurance ne peut être validé en raison de risques professionnels extrêmes, d'autres solutions de garantie peuvent être proposées à la banque pour sécuriser le prêt. Ces alternatives ne remplacent pas la protection sociale de l'assuré, mais sécurisent le remboursement pour le prêteur :

  • Le nantissement : l'emprunteur met en garantie un capital financier (assurance-vie, compte-titres) à hauteur du montant emprunté.
  • L'hypothèque ou le cautionnement : l'utilisation d'un bien immobilier déjà acquis ou le recours à une société de caution pour garantir la dette.
  • La délégation d'assurance spécialisée : solliciter des organismes de niche qui acceptent de couvrir des métiers très spécifiques (travaux sous-marins, déminage, pilotes d'essai) que les banques généralistes refusent systématiquement.

Évolutions législatives et droits des emprunteurs (Loi Lemoine, Convention AERAS)

Le cadre réglementaire entourant l'assurance de prêt a connu des transformations majeures ces dernières années, visant à faciliter l'accès au crédit pour tous les profils. Pour un emprunteur exerçant une profession à risque, ces évolutions législatives représentent des opportunités réelles de réduire le coût de leur couverture et de faire valoir leurs droits face aux exigences des assureurs concernant les risques professionnels.

La Loi Lemoine : un levier de résiliation pour tous

La Loi Lemoine a révolutionné le marché en introduisant la possibilité de résilier son contrat d'assurance de prêt à tout moment, sans frais ni pénalités. Pour l'emprunteur ayant déclaré une profession à risque lors de la signature initiale de son crédit, cette loi permet de renégocier ses conditions dès qu'une offre plus compétitive est identifiée ailleurs. Elle supprime l'obligation d'attendre la date anniversaire du contrat, offrant ainsi une réactivité précieuse pour ajuster ses cotisations en fonction de l'évolution de ses missions professionnelles ou de la baisse des tarifs sur le marché des risques aggravés.

La Convention AERAS et l'accès au crédit

La convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est un dispositif conventionnel qui s'étend par extension aux dossiers où les risques professionnels limitent l'accès aux garanties classiques. Elle organise un examen approfondi des dossiers complexes par des experts. Lorsqu'une profession à risque entraîne un refus automatique au premier niveau d'analyse, le mécanisme AERAS permet au dossier d'être réexaminé sans que l'emprunteur n'ait à multiplier les démarches. Ce cadre garantit que chaque profil bénéficie d'une étude juste et transparente des risques encourus au quotidien.

La suppression du questionnaire de santé sous conditions

Une disposition phare de la Loi Lemoine concerne la suppression du questionnaire de santé pour les prêts immobiliers dont la part assurée par personne est inférieure à 200 000 euros (et dont l'échéance de remboursement intervient avant les 60 ans de l'emprunteur). Bien que cette mesure cible principalement les antécédents médicaux, elle impacte indirectement les travailleurs. En effet, si le questionnaire de santé disparaît, l'assureur conserve néanmoins le droit de poser des questions sur les risques professionnels. Il est donc crucial de distinguer les deux déclarations : si la santé n'est plus un obstacle financier sous certains plafonds, l'exercice d'une profession à risque demeure un critère de tarification distinct que l'emprunteur doit continuer à déclarer avec exactitude.

Conseils pratiques pour négocier et comparer les offres du marché

Pour un emprunteur exerçant une profession à risque, la mise en concurrence des assureurs ne doit pas se limiter à la simple comparaison du taux annuel effectif de l'assurance (TAEA). Il est impératif d'adopter une approche méthodique pour débusquer le contrat qui offre le meilleur équilibre entre protection et coût, tout en tenant compte des risques professionnels spécifiques à son activité.

Anticiper les demandes d'informations complémentaires

La clé d'une négociation réussie réside dans la préparation de votre dossier technique. Pour rassurer les compagnies d'assurance, ne vous contentez pas d'indiquer l'intitulé de votre poste. Rassemblez en amont les documents prouvant la maîtrise de votre environnement de travail : certifications de sécurité, attestations de formation continue ou descriptif précis des équipements de protection individuelle (EPI) utilisés. Plus vous démontrez que les risques professionnels sont encadrés par des protocoles rigoureux, plus vous disposez d'arguments pour demander une réduction de la surprime initialement prévue.

Comparer les équivalences de garanties avec rigueur

Dans le cadre d'une délégation d'assurance, la loi impose que le nouveau contrat présente un niveau de garantie au moins équivalent à celui de la banque. Si vous exercez une profession à risque, vérifiez minutieusement les définitions de l'invalidité et les exclusions liées à l'exercice du métier. Un contrat moins cher peut parfois cacher des restrictions de couverture importantes sur les accidents du travail. Comparez les garanties ITT (Incapacité Temporaire Totale) et IPT (Invalidité Permanente Totale) en vous assurant qu'elles couvrent bien votre activité spécifique sans conditions restrictives abusives.

Faire jouer la concurrence entre assureurs spécialisés

Le marché de l'assurance emprunteur est segmenté. Certains assureurs ont une appétence particulière pour les forces de l'ordre, tandis que d'autres préfèrent couvrir les métiers du secteur médical ou les expatriés en zone sensible. Pour optimiser votre taux, sollicitez plusieurs devis auprès d'organismes reconnus pour leur expertise dans les risques aggravés professionnels. Cette mise en concurrence directe permet souvent de faire sauter des clauses d'exclusion ou de diminuer les surprimes, car chaque assureur possède sa propre table de sinistralité pour une même profession à risque.

FAQ : Tout savoir sur les risques professionnels et l'assurance emprunteur

Qu'est-ce qu'une profession à risque pour un assureur de prêt ?

Une profession à risque est une activité dont les conditions d'exercice (dangerosité des tâches, environnement de travail, déplacements) augmentent statistiquement la probabilité d'un accident ou d'une maladie. Les assureurs classent ces métiers en "risques aggravés" pour ajuster leurs contrats de prévoyance et de crédit.

Quels sont les métiers les plus impactés par les risques professionnels ?

Les secteurs les plus surveillés incluent la sécurité (police, militaires, pompiers), le bâtiment (travaux en hauteur), l'industrie (manipulation de produits chimiques), le transport (grands routiers) et certains métiers de la santé exposés à une forte pression ou à des agents pathogènes.

Est-il possible d'être assuré si l'on travaille dans une zone dangereuse ?

Oui, il est possible d'obtenir une assurance de prêt, mais cela nécessite généralement une déclaration spécifique. L'assureur évaluera la fréquence et la durée des séjours en zones sensibles pour déterminer si une surprime ou une exclusion de garantie temporaire doit être appliquée au contrat.

Peut-on changer d'assurance si l'on change de métier pour une activité moins risquée ?

Absolument. Grâce aux évolutions législatives comme la Loi Lemoine, vous pouvez résilier votre contrat à tout moment. Si vous quittez une profession à risque pour un métier sédentaire, vous avez tout intérêt à renégocier votre contrat pour supprimer les surprimes liées à vos anciens risques professionnels.

Qu'arrive-t-il si je ne déclare pas ma profession à risque lors de la souscription ?

L'omission ou la fausse déclaration intentionnelle peut entraîner la nullité du contrat. En cas de sinistre lié à votre activité, l'assureur peut refuser l'indemnisation, laissant le remboursement du crédit à votre charge ou à celle de vos proches. Il est donc primordial d'être transparent dès l'adhésion.

La surprime est-elle obligatoire pour tous les métiers dits « sensibles » ?

Pas systématiquement. Certains assureurs spécialisés disposent de barèmes plus souples pour certaines catégories professionnelles. De plus, si vos conditions de sécurité sont optimales, vous pouvez négocier une application de tarif standard ou une surprime minimale.

Comment savoir si mon métier fait partie de la liste des exclusions ?

Chaque compagnie possède sa propre liste de risques professionnels. Pour savoir si votre métier est concerné, vous devez consulter les conditions générales du contrat ou remplir un questionnaire métier lors de votre demande de devis personnalisé.

Le télétravail peut-il réduire le coût de mon assurance emprunteur ?

Si votre profession à risque comporte une part importante de bureau ou de télétravail (par exemple un ingénieur de chantier passant 80 % de son temps en bureau d'études), cela peut jouer en votre faveur. En précisant la répartition exacte de vos tâches, l'assureur peut réduire le montant des cotisations.

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