Crédit bail auto

✍ Les points à retenir
- Le coût réel mensuel d'un crédit-bail sur un véhicule utilitaire à 550 € HT descend à environ 302 € après déduction de la TVA récupérable et de l'économie d'impôt sur les sociétés à 25 %, soit un coût effectif inférieur de 30 à 45 % au loyer brut affiché par le bailleur.
- La déductibilité des loyers de crédit-bail auto sur une voiture de tourisme est plafonnée selon le taux d'émissions CO2 du véhicule et mise à jour annuellement en loi de finances, ce qui rend le crédit-bail VP fiscalement moins attractif qu'un crédit-bail VUL dont les loyers sont intégralement déductibles sans plafond.
- Révéler au concessionnaire que le financement sera un crédit-bail avant d'avoir négocié le prix du véhicule peut inciter le vendeur à compenser la remise accordée sur le prix par une marge maintenue sur la structure du contrat - l'ordre de négociation conditionne directement le loyer final obtenu.
- En cas de cession de fonds de commerce, le transfert d'un contrat de crédit-bail au repreneur est possible uniquement avec l'accord explicite du bailleur après vérification de la solvabilité du repreneur, tandis qu'une cession de parts sociales laisse le contrat inchangé car la personne morale reste identique.
- Les indemnités de résiliation anticipée d'un crédit-bail auto ne sont soumises à aucun plafond légal contrairement aux crédits à la consommation plafonnés à 1 %, ce qui impose de demander au bailleur un tableau chiffré des indemnités applicables à 12, 24 et 36 mois du terme avant toute signature.
Qu'est-ce que le crédit-bail auto : définition, principes clés et cadre juridique
Le crédit-bail auto est un contrat de financement réservé aux professionnels - entreprises, artisans, professions libérales, auto-entrepreneurs - par lequel un organisme spécialisé (le bailleur) achète un véhicule et le met à disposition d'une entreprise (le preneur) en contrepartie de loyers périodiques, avec une option d'achat à la valeur résiduelle contractuelle à l'échéance. Le crédit-bail auto est juridiquement un crédit-bail mobilier au sens de la loi du 2 juillet 1966, qui l'a introduit en droit français. Il est distinct de la LOA et de la LLD particuliers par son cadre juridique, son régime fiscal et le profil exclusivement professionnel de ses utilisateurs.
Bailleur et preneur : les deux parties du contrat de crédit-bail auto
Le contrat de crédit-bail auto implique deux parties aux rôles précis. Le bailleur est l'établissement financier spécialisé en crédit-bail - il achète le véhicule, en reste propriétaire pendant toute la durée du contrat et le loue au preneur. Le preneur est l'entreprise ou le professionnel qui utilise le véhicule, verse des loyers périodiques et dispose contractuellement d'une option d'achat à la valeur résiduelle. Cette structure tripartite - bailleur, preneur, option d'achat - distingue le crédit-bail auto de la LLD (pas d'option d'achat) et du crédit affecté (propriété immédiate). Les loyers versés par le preneur sont des charges d'exploitation, comptabilisées dans le compte de résultat et non au bilan - un avantage comptable majeur pour les PME soucieuses de leurs ratios financiers.
Le cadre juridique du crédit-bail auto en France
Le crédit-bail auto est régi par la loi du 2 juillet 1966 et les articles L313-1 et suivants du Code monétaire et financier. Il ne relève pas du Code de la consommation - ce qui signifie que le délai de rétractation de 14 jours applicable aux particuliers ne s'applique pas. Seuls les établissements de crédit agréés par l'ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) peuvent exercer l'activité de crédit-bail. Cette exigence d'agrément garantit la solidité des bailleurs - mais elle réduit aussi le nombre d'acteurs disponibles sur ce marché par rapport aux organismes de crédit à la consommation.
Comment fonctionne concrètement un contrat de crédit-bail auto : loyers, durée et valeur résiduelle
Un contrat de crédit-bail auto suit un fonctionnement précis et structuré en plusieurs composantes. La compréhension de chacune est indispensable pour évaluer le coût réel, les obligations du preneur et les options disponibles à l'échéance.
Les loyers du crédit-bail auto : leur structure et leur base de calcul
Les loyers du crédit-bail auto sont calculés sur la base du coût total d'acquisition du véhicule par le bailleur (prix d'achat TTC ou HT selon les cas), déduction faite de la valeur résiduelle contractuelle, divisé sur la durée du contrat, et majoré du coût financier (taux de financement du bailleur). Un utilitaire Renault Trafic acheté 32 000 € HT avec une valeur résiduelle de 8 000 € HT après 48 mois génère un amortissement de 24 000 € à couvrir sur 48 loyers, auxquels s'ajoutent les intérêts calculés sur le capital moyen du bailleur. Le loyer est généralement mensuel, fixe et connu dès la signature - aucune révision en cours de contrat hors clauses d'indexation explicites.
La durée du contrat : de 24 à 60 mois
La durée standard d'un contrat de crédit-bail auto s'étend de 24 à 60 mois selon le type de véhicule, l'usage prévu et la politique du bailleur. Pour les véhicules utilitaires légers et les voitures de société à usage intensif, les durées de 36 à 48 mois sont les plus fréquentes - elles correspondent à la période de garantie constructeur et minimisent le risque de coûts d'entretien importants pris en charge par le preneur en fin de contrat. Pour les véhicules de luxe ou les équipements spécifiques, les durées peuvent être adaptées sur mesure.
Quels véhicules peut-on financer avec un crédit-bail auto ?
Le crédit-bail auto est disponible pour une gamme très large de véhicules professionnels. Sa souplesse sur les types de biens finançables est l'un de ses atouts distinctifs par rapport aux crédits classiques.
Les véhicules professionnels éligibles au crédit-bail auto
- Voitures de société (VP) : berlines, SUV, citadines utilisées à des fins professionnelles. La TVA sur les loyers est généralement non récupérable pour les VP - une spécificité fiscale à connaître avant de choisir cette formule.
- Véhicules utilitaires légers (VUL) : camionnettes, fourgons, pick-up, fourgonnettes. La TVA sur les loyers est récupérable intégralement sur les VUL - un avantage fiscal majeur qui réduit significativement le coût réel des loyers pour les entreprises assujetties à la TVA.
- Véhicules électriques et hybrides professionnels : éligibles au crédit-bail auto avec intégration possible du bonus écologique dans le calcul du loyer. La valeur résiduelle des VE est plus difficile à calibrer - certains bailleurs appliquent une VR conservative sur ce segment.
- Motos et scooters professionnels : deux-roues utilisés dans le cadre d'une activité professionnelle (livraison, intervention technique).
- Véhicules de maître et de transport : limousines, grandes berlines pour les activités VTC, ambulances configurées.
La TVA sur les loyers : le paramètre fiscal central du crédit-bail auto
La récupérabilité de la TVA sur les loyers de crédit-bail auto est le paramètre fiscal le plus important pour le professionnel. Pour les véhicules utilitaires (VUL) affectés à un usage professionnel exclusif, la TVA sur les loyers est intégralement récupérable - ce qui réduit le coût réel du loyer de 20 %. Sur un loyer mensuel de 600 € TTC pour un utilitaire, la TVA de 100 € est récupérée, ramenant le coût réel à 500 € HT. Pour les voitures de tourisme (VP), la TVA sur les loyers n'est pas récupérable - un point souvent méconnu qui renchérit le crédit-bail auto VP par rapport à son coût affiché.
Les types de contrats de crédit-bail auto : ce qui varie selon les offres et les organismes
Le crédit-bail auto se décline en plusieurs configurations qui varient selon les services inclus, le mode de comptabilisation et les options disponibles à l'échéance.
Le crédit-bail auto simple : financement pur
Le crédit-bail auto simple couvre exclusivement le financement du véhicule - le bailleur achète, met à disposition, perçoit les loyers et transfère la propriété si l'option est exercée. Les frais d'entretien, d'assurance et de gestion du véhicule restent à la charge du preneur. C'est la formule la plus répandue auprès des PME et des artisans qui gèrent eux-mêmes leurs flottes ou qui ont des prestataires d'entretien établis. Le coût est plus transparent et les loyers plus bas que les formules avec services inclus.
Le crédit-bail auto avec services "Full service"
Certains bailleurs proposent des contrats de crédit-bail auto avec services intégrés - entretien, révisions, pneumatiques, assistance, parfois assurance et gestion administrative de la flotte. Ces contrats ressemblent en apparence à une LLD professionnelle, mais la présence de l'option d'achat les distingue juridiquement. Le loyer mensuel est supérieur au crédit-bail simple mais couvre l'ensemble des charges liées au véhicule. Cette formule est particulièrement appréciée des professions libérales et des TPE qui ne souhaitent pas gérer les aspects techniques de leur flotte.
Crédit-bail auto vs LOA vs LLD : tableau comparatif pour faire le bon choix
Crédit-bail auto, LOA et LLD partagent l'avantage de loyers mensuels sans propriété immédiate, mais leurs différences sur le profil des utilisateurs, le cadre légal et les options à l'échéance sont fondamentales.
Tableau comparatif : crédit-bail auto vs LOA vs LLD
| Critère | Crédit-bail auto | LOA (particuliers) | LLD |
|---|---|---|---|
| Profil utilisateur | Exclusivement professionnel | Particuliers (et professionnels) | Particuliers et professionnels |
| Option d'achat à l'échéance | Oui - obligatoirement prévue | Oui - prix fixé dès la signature | Non - restitution obligatoire |
| Cadre légal | Loi du 2 juillet 1966, Code monétaire et financier | Code de la consommation | Droit commun des contrats |
| Récupération de TVA | Oui sur VUL - non sur VP | Non pour les particuliers | Variable selon statut |
| Traitement comptable | Loyers en charges d'exploitation (hors bilan) | Non applicable aux particuliers | Loyers en charges (hors bilan) |
| Délai de rétractation légal | Non applicable | 14 jours | Non applicable |
| Déductibilité des loyers | Oui - charge déductible du résultat imposable | Non pour les particuliers | Oui si professionnel |
| Inscription au fichier FICP | Non - pas un crédit à la consommation | Oui | Non |
Le critère décisif : professionnel ou particulier
Le crédit-bail auto est réservé aux professionnels - une entreprise, une SARL, une SAS, un artisan, un auto-entrepreneur ou une profession libérale. Un particulier ne peut pas souscrire un crédit-bail auto. Cette exclusivité professionnelle est la ligne de démarcation première. Si vous êtes professionnel et cherchez à financer un véhicule utilitaire ou de société, le crédit-bail auto est la formule qui offre le meilleur cadre fiscal et la plus grande flexibilité à l'échéance. Si vous êtes particulier, la LOA ou le crédit auto classique sont les alternatives adaptées.
Les avantages du crédit-bail auto : pourquoi cette formule séduit les professionnels
Le crédit-bail auto présente des avantages spécifiques aux professionnels qui justifient sa place dominante dans le financement des flottes de véhicules professionnels en France.
Les avantages fiscaux : déductibilité et TVA récupérable
L'avantage le plus significatif du crédit-bail auto pour un professionnel est fiscal. Les loyers versés sont intégralement déductibles du résultat imposable de l'entreprise - ils réduisent la base taxable à l'IS ou à l'IR selon le régime fiscal de l'entreprise. Sur un loyer mensuel de 600 € HT et un taux d'imposition de 25 % (IS standard), l'économie fiscale annuelle est de 1 800 € (600 × 12 × 25 %). Pour les VUL, la TVA sur les loyers est en plus récupérable - un double avantage fiscal qui n'existe pas dans les formules de crédit classiques pour particuliers. Soumettez votre demande de crédit consommation en parallèle si vous êtes à la frontière entre usage professionnel et personnel pour comparer les options.
La conservation de la trésorerie et la préservation des lignes de crédit
Le crédit-bail auto préserve la trésorerie de l'entreprise - aucun décaissement important à la livraison du véhicule. Il préserve également les lignes de crédit bancaires existantes : le crédit-bail est comptabilisé hors bilan, ce qui signifie qu'il n'alourdit pas le ratio d'endettement apparent de l'entreprise et ne réduit pas sa capacité à obtenir d'autres financements (prêts professionnels, découverts, crédits fournisseurs). Pour les PME et les TPE dont les ratios bilantaires sont suivis de près par leur banque ou leurs clients, cet aspect hors bilan est un avantage comptable stratégique.
Les inconvénients et limites du crédit-bail auto : ce qu'il faut anticiper avant de signer
Le crédit-bail auto présente des contraintes spécifiques que le professionnel doit anticiper avant la signature pour éviter des frais imprévus ou des difficultés de sortie du contrat.
La résiliation anticipée : une sortie coûteuse et complexe
Résilier un contrat de crédit-bail auto avant l'échéance est possible mais génère des indemnités significatives. Le bailleur exige la compensation du manque à gagner lié à la résiliation anticipée - généralement la somme des loyers restants majorée de pénalités. Contrairement à un crédit à la consommation pour particuliers (remboursement anticipé plafonné légalement à 1 %), le crédit-bail professionnel n'est soumis à aucun plafond légal sur ces indemnités. En cas de difficultés économiques de l'entreprise, la cession du contrat à un tiers ou la restitution avec indemnité est souvent la seule issue. Anticiper les scénarios de sortie avant la signature est indispensable.
Les limitations de déductibilité sur les voitures de tourisme
Pour les voitures de tourisme (VP) en crédit-bail auto, la déductibilité des loyers est plafonnée fiscalement selon le taux d'émissions CO2 du véhicule. Au-delà d'un certain seuil d'émissions, la fraction de loyer déductible est réduite - un loyer de 700 € mensuel peut n'être déductible qu'à hauteur de 450 € selon les règles fiscales en vigueur. Ces plafonds évoluent régulièrement avec la réglementation environnementale. Cette limitation rend le crédit-bail VP moins attractif fiscalement que le crédit-bail VUL, dont les loyers sont intégralement déductibles.
Conditions d'éligibilité au crédit-bail auto : profil, critères et pièces justificatives
L'éligibilité au crédit-bail auto repose sur une analyse financière de l'entreprise ou du professionnel - distincte de l'analyse des particuliers en crédit à la consommation, mais tout aussi rigoureuse.
Les critères d'éligibilité pour un crédit-bail auto professionnel
- Existence juridique documentée : l'entreprise doit être immatriculée et en activité - extrait Kbis pour les sociétés, attestation d'inscription pour les auto-entrepreneurs et professions libérales.
- Ancienneté de l'activité : les bailleurs exigent généralement 2 à 3 exercices comptables complets pour analyser la stabilité des revenus. Les créations d'entreprise de moins de 2 ans sont souvent refusées ou acceptées avec des conditions plus strictes (apport initial plus élevé, VR réduite).
- Capacité financière de l'entreprise : le bailleur analyse le chiffre d'affaires, le résultat net, la trésorerie et l'endettement existant. Le loyer mensuel du crédit-bail ne doit pas générer un taux d'endettement excessif par rapport au résultat d'exploitation.
- Absence d'incident de paiement professionnel grave : un impayé fournisseur récent, une procédure collective en cours ou un redressement judiciaire rendent l'éligibilité très difficile.
Les pièces justificatives requises
- Extrait Kbis de moins de 3 mois (sociétés) ou attestation URSSAF/INSEE (auto-entrepreneurs, professions libérales).
- Bilans et comptes de résultat des 2 ou 3 derniers exercices avec liasse fiscale.
- Relevés bancaires professionnels des 3 à 6 derniers mois.
- RIB professionnel pour le prélèvement des loyers.
- Pièce d'identité du dirigeant ou du représentant légal habilité à signer.
- Devis ou bon de commande du véhicule auprès du concessionnaire.
Simuler et calculer son loyer en crédit-bail auto : méthode et outils disponibles
La simulation d'un loyer de crédit-bail auto est plus complexe qu'un crédit à la consommation classique - elle intègre des paramètres fiscaux et comptables que le simulateur généraliste ne traite pas. Une approche rigoureuse est indispensable avant toute demande formelle.
Les paramètres de simulation d'un crédit-bail auto professionnel
Une simulation complète de crédit-bail auto doit intégrer au minimum les éléments suivants :
- Le prix HT du véhicule : base de calcul du loyer pour les professionnels assujettis à la TVA.
- La durée du contrat : 24, 36, 48 ou 60 mois. Impact direct sur le loyer et la valeur résiduelle.
- La valeur résiduelle souhaitée : faible (1 %) pour une acquisition à terme à coût minimal, élevée (15 à 20 %) pour des loyers mensuels réduits.
- Le taux de financement du bailleur : à comparer avec les taux de crédit consommation disponibles pour contextualiser le coût financier.
- Les services inclus ou non : entretien, assurance, assistance. Chaque service modifie le loyer mensuel.
- Le régime TVA : VP ou VUL, pour déterminer la quote-part de TVA récupérable et le coût réel HT du loyer.
Calculer le coût réel du crédit-bail auto après optimisation fiscale
Le loyer affiché par le bailleur est un loyer brut. Le coût réel du crédit-bail auto après optimisation fiscale est sensiblement inférieur pour les entreprises à l'IS. Le tableau ci-dessous compare quatre situations représentatives selon le type de véhicule et le régime fiscal.
| Paramètre | VUL / IS 25 % Cas optimal | VUL / IR 30 % Profession libérale | VP / IS 25 % TVA non récupérable | VP / Particulier Aucun avantage fiscal |
|---|---|---|---|---|
| Loyer brut TTC | 660 € | 660 € | 660 € | 660 € |
| TVA récupérable | -110 € ✓ | -110 € ✓ | 0 € ✗ | 0 € ✗ |
| Loyer net de TVA | 550 € HT | 550 € HT | 660 € TTC | 660 € TTC |
| Économie fiscale (déductibilité loyer) | 550 × 25 % = 137,50 € | 550 × 30 % = 165 € | 660 × 25 % = 165 € | 0 € |
| Coût réel mensuel | 302,50 € | 385 € | 495 € | 660 € |
| Économie vs particulier | -54 % ✓✓ | -42 % ✓✓ | -25 % ✓ | Référence |
Ce tableau révèle que le crédit-bail VUL à l'IS 25 % est la configuration fiscale la plus avantageuse - le coût réel atteint seulement 302,50 € pour un loyer brut de 660 €. Le VP à l'IS reste avantageux (-25 %) malgré l'absence de récupération TVA, grâce à la déductibilité du loyer. Pour comparaison avec une formule particulier, réalisez une simulation de crédit consommation.
Comment négocier et optimiser son contrat de crédit-bail auto : les leviers concrets
Le contrat de crédit-bail auto n'est pas une offre intangible. Plusieurs leviers permettent de réduire le loyer mensuel ou d'améliorer les conditions contractuelles, à condition de les activer au bon moment de la négociation.
Négocier le prix d'achat du véhicule auprès du concessionnaire
Le loyer de crédit-bail auto est calculé sur le prix d'achat du véhicule par le bailleur. Toute remise obtenue auprès du concessionnaire se répercute directement sur le loyer. Sur un véhicule à 30 000 € HT, une remise de 2 000 € réduit la base de calcul du loyer et peut générer 40 à 60 € d'économie mensuelle - soit 1 440 à 2 160 € sur 36 mois. Négociez d'abord le prix du véhicule, puis soumettez le bon de commande au bailleur pour le calcul du loyer. Ne révélez pas au concessionnaire que vous financez en crédit-bail avant d'avoir obtenu la meilleure remise possible.
Ajuster la valeur résiduelle selon l'objectif à l'échéance
Si l'objectif est de devenir propriétaire du véhicule à l'échéance, une VR faible (1 à 3 %) est préférable - le loyer mensuel est légèrement plus élevé, mais l'option d'achat finale est symbolique. Si l'objectif est de minimiser les loyers mensuels sans intention d'achat à terme, une VR plus élevée (15 à 25 %) réduit les loyers mais impose soit de verser une somme importante à l'échéance, soit de restituer le véhicule. Calibrer la VR selon l'intention réelle de l'entreprise est un levier d'optimisation simple et efficace.
Conseils pratiques avant de choisir un crédit-bail auto : les points de vigilance essentiels
Avant de signer un contrat de crédit-bail auto, plusieurs points de vigilance méritent une attention particulière pour éviter les mauvaises surprises en cours de contrat ou à l'échéance.
Lire attentivement les clauses de résiliation anticipée
Les indemnités de résiliation anticipée sont l'une des clauses les plus importantes du contrat de crédit-bail auto - et l'une des moins lues avant la signature. Demandez au bailleur le montant exact des indemnités applicables en cas de résiliation à 12 mois, 24 mois et 36 mois du terme. Ce tableau d'indemnités doit vous être remis avant signature - si le bailleur refuse de le fournir, c'est un signal d'alerte. Simulez mentalement les scénarios dans lesquels vous pourriez avoir besoin de sortir du contrat - restructuration de l'entreprise, changement d'activité, cessation - et évaluez le coût de cette sortie.
Vérifier la cohérence de la valeur résiduelle avec le marché de l'occasion
La valeur résiduelle contractuelle doit être cohérente avec la valeur de marché estimée du véhicule à l'échéance. Si la VR contractuelle est significativement supérieure à la valeur de marché prévue, exercer l'option d'achat sera économiquement irrationnel - et le bailleur en aura probablement tenu compte dans le calcul du loyer. Consultez les cotes de l'Argus ou d'autres sources de données sur la valeur résiduelle prévisionnelle du modèle ciblé pour valider la cohérence de la VR proposée. Pour un prêt personnel comparatif sur le même véhicule, demandez une simulation en parallèle.
FAQ - Crédit-bail auto
Un auto-entrepreneur peut-il souscrire un crédit-bail auto ?
Oui - l'auto-entrepreneur est un professionnel éligible au crédit-bail auto dès lors qu'il peut justifier d'une activité déclarée et de revenus professionnels stables sur au moins 2 exercices. Les pièces requises sont l'attestation d'inscription URSSAF, les avis d'imposition des 2 dernières années et les relevés bancaires professionnels. Les revenus irréguliers ou insuffisants par rapport au loyer mensuel cible génèrent souvent un refus ou exigent un apport initial plus élevé.
La TVA est-elle toujours récupérable sur un crédit-bail auto ?
Non - la récupérabilité de la TVA dépend du type de véhicule. Pour les véhicules utilitaires légers (VUL) affectés à un usage professionnel exclusif, la TVA sur les loyers est intégralement récupérable. Pour les voitures de tourisme (VP), la TVA sur les loyers n'est pas récupérable, quelle que soit la nature de l'utilisation professionnelle. Cette différence de 20 % sur le coût réel des loyers est un critère de choix déterminant entre financer un VP ou un VUL en crédit-bail auto.
Que se passe-t-il si l'entreprise est en difficulté financière en cours de crédit-bail auto ?
En cas de procédure collective (redressement judiciaire, liquidation), le sort du contrat de crédit-bail auto dépend des décisions de l'administrateur judiciaire. Le crédit-bail peut être maintenu si l'activité est poursuivie, ou résilié avec les indemnités correspondantes. Le bailleur reste propriétaire du véhicule - il peut le récupérer en cas de liquidation. En cas de simples difficultés sans procédure collective, contacter le bailleur rapidement pour négocier un aménagement (report de loyers, restructuration) est la meilleure approche avant que la situation ne se dégrade davantage.
Peut-on financer un véhicule d'occasion en crédit-bail auto ?
Oui, sous conditions. Le crédit-bail auto sur véhicule d'occasion est disponible auprès de certains bailleurs, généralement pour des véhicules de moins de 5 ans et avec un kilométrage raisonnable. La valeur résiduelle est plus difficile à calibrer sur un véhicule d'occasion et les bailleurs appliquent souvent une VR plus conservative, ce qui génère des loyers plus élevés proportionnellement. Un crédit professionnel classique peut parfois être plus compétitif sur ce segment.
Les loyers de crédit-bail auto sont-ils toujours intégralement déductibles ?
Non - pour les voitures de tourisme, la déductibilité des loyers est plafonnée selon le taux d'émissions CO2 du véhicule. Plus le véhicule émet de CO2, plus la fraction non déductible du loyer est élevée. Ce plafond est mis à jour annuellement dans les lois de finances. Pour les VUL, les loyers sont intégralement déductibles sans plafonnement. Votre expert-comptable peut calculer la quote-part déductible réelle pour le véhicule ciblé selon les règles fiscales en vigueur au moment de la signature.
Quelle est la différence entre un crédit-bail auto et un crédit professionnel classique ?
Dans un crédit professionnel classique, l'entreprise emprunte et achète le véhicule - elle en est propriétaire immédiatement. Le véhicule est inscrit à l'actif du bilan et amorti comptablement sur sa durée de vie. Dans un crédit-bail auto, l'entreprise ne possède pas le véhicule pendant le contrat - les loyers sont des charges d'exploitation, pas un remboursement de dette. L'avantage hors bilan du crédit-bail préserve les ratios financiers de l'entreprise. L'avantage du crédit classique est la propriété immédiate et la possibilité d'amortissement fiscal accéléré selon les options fiscales disponibles.
Peut-on transférer un contrat de crédit-bail auto en cas de cession d'entreprise ?
Le transfert d'un contrat de crédit-bail auto en cas de cession d'entreprise est possible dans certains cadres - notamment en cas de cession de fonds de commerce où le repreneur souhaite reprendre l'ensemble des contrats de l'entreprise, y compris le crédit-bail. Ce transfert requiert l'accord explicite du bailleur, qui évaluera la solvabilité du repreneur avant d'accepter. En cas de cession d'actions (cession de parts sociales ou d'actions), la personne morale - et donc ses contrats - restent inchangés et le crédit-bail se poursuit normalement.