Obtenir un crédit immobilier en période de chômage

✍ Les points à retenir
- Obtenir un crédit immobilier en période de chômage est difficile, car les banques exigent généralement des revenus stables et une capacité de remboursement sécurisée.
- Présenter un co-emprunteur ou une caution solvable peut augmenter vos chances d'obtenir un financement malgré une situation professionnelle instable.
- Disposer d'un apport personnel important constitue un atout majeur pour rassurer les banques et réduire le montant du prêt demandé.
- Les établissements financiers évaluent attentivement votre épargne de précaution, indispensable pour couvrir les mensualités en cas de difficultés prolongées.
- Comparer les offres et solliciter un courtier peut permettre de trouver une banque plus flexible face aux profils en situation de chômage.
Peut-on obtenir un crédit immobilier en période de chômage ?
Un accès difficile mais pas impossible
Obtenir un crédit immobilier en période de chômage est difficile car les banques privilégient les revenus stables et réguliers. Toutefois, certains profils peuvent accéder au financement : anciens cadres avec historique professionnel solide, demandeurs d'emploi avec apport conséquent, emprunteurs disposant de revenus complémentaires (locatifs, pensions, placements) ou couples dont l'un des conjoints a des revenus stables.
Ce que les banques évaluent
Les établissements examinent la capacité de remboursement globale : indemnités chômage (ARE), revenus du co-emprunteur, épargne mobilisable, historique professionnel et perspectives de retour à l'emploi. Un dossier solide peut compenser l'absence temporaire de revenus d'activité, à condition de démontrer une stabilité financière malgré la période de chômage.
Les facteurs qui renforcent ou fragilisent le dossier
| Facteurs favorables | Facteurs défavorables |
|---|---|
| Apport personnel conséquent (20-30 % ou plus) | Absence totale de revenus (ARE expirée, pas de co-emprunteur) |
| Co-emprunteur en CDI avec revenus suffisants pour supporter seul les mensualités | Taux d'endettement déjà élevé avant le projet |
| Historique professionnel stable (longues périodes en CDI) | Chômage de longue durée sans perspective claire de retour à l'emploi |
| Revenus complémentaires réguliers (locatifs, pensions, placements) | Gestion bancaire avec incidents (découverts, rejets de prélèvements) |
| Garanties solides (hypothèque sur un bien existant, caution) | Crédits en cours multiples (consommation, renouvelable) |
| Gestion bancaire irréprochable sur les 6 derniers mois | Absence d'apport personnel |
Le facteur le plus déterminant reste l'apport personnel : il réduit le montant à emprunter, diminue le risque pour la banque et démontre une capacité d'épargne malgré la situation. Un apport de 20 à 30 % associé à un co-emprunteur solvable transforme un dossier difficile en dossier finançable.
Emprunter à deux quand l'un des conjoints est au chômage
Le revenu du co-emprunteur comme levier principal
La solution la plus fréquente pour obtenir un crédit immobilier malgré le chômage est d'emprunter à deux. Si le co-emprunteur dispose d'un revenu stable (CDI, fonctionnaire) suffisant pour supporter seul les mensualités dans la limite de 35 % de taux d'endettement, les chances d'obtention augmentent significativement. La banque évalue le revenu global du foyer, mais concentre son analyse sur la capacité du co-emprunteur actif à rembourser seul en cas de prolongation du chômage.
Les conditions à anticiper
La banque peut appliquer des conditions plus strictes que pour un couple dont les deux membres travaillent : taux d'intérêt légèrement plus élevé, durée de remboursement plus courte, apport minimum renforcé. L'assurance emprunteur couvrant la perte d'emploi peut être exigée ou fortement recommandée. Comparer les offres de plusieurs établissements est indispensable : les politiques de risque varient considérablement d'une banque à l'autre sur les dossiers avec un emprunteur au chômage.
« Le chômage ne ferme pas la porte du crédit immobilier, mais il impose un dossier plus solide qu'un dossier classique. Les trois leviers sont l'apport personnel (20 % minimum, idéalement 30 %), le co-emprunteur en CDI dont le revenu seul suffit à rembourser, et la gestion bancaire irréprochable sur 6 mois. Un courtier spécialisé peut identifier les banques dont la politique de risque accepte les profils avec un emprunteur au chômage : toutes ne traitent pas ces dossiers de la même manière. »
Arsalain EL KESSIR, Fondateur de BoursedesCrédits
Prêts aidés et alternatives de financement
| Solution | Principe | Accessible au chômage ? |
|---|---|---|
| Prêt bancaire classique | Financement standard avec analyse de solvabilité | Difficile seul, possible avec co-emprunteur et apport |
| PTZ | Prêt sans intérêts pour primo-accédants (sous conditions de ressources) | Oui si éligible (les indemnités chômage comptent dans les revenus) |
| PAS | Prêt à taux réglementé pour ménages modestes, ouvre droit à l'APL | Oui sous conditions de revenus |
| Prêt relais | Financement temporaire adossé à la vente d'un bien existant | Possible si bien à vendre, garanties solides exigées |
| Rachat de crédits | Regroupement de dettes pour alléger les mensualités | Possible pour libérer de la capacité d'emprunt |
| Prêt entre particuliers | Emprunt auprès d'un proche, avec contrat formalisé | Oui, mais risques juridiques et relationnels |
| Aides locales et CAF | Subventions ou prêts bonifiés selon la collectivité | Variable selon le territoire, se renseigner en mairie |
Le PTZ et le PAS sont les aides les plus structurantes pour un demandeur d'emploi primo-accédant : ils réduisent le coût du financement et le PTZ peut être cumulé avec le PAS et d'autres aides. Le rachat de crédits peut libérer de la capacité d'emprunt si des crédits à la consommation pèsent déjà sur le taux d'endettement. Le prêt entre particuliers est une option de dernier recours qui doit impérativement être formalisée (contrat écrit, taux conforme au taux d'usure, déclaration fiscale si le montant dépasse 5 000 €).
Déjà propriétaire et au chômage : que faire ?
Agir rapidement pour protéger son prêt
- Informer la banque sans délai : les établissements peuvent proposer des aménagements (réduction temporaire des mensualités, report d'échéances, allongement de durée) si la demande est anticipée.
- Activer l'assurance perte d'emploi : si une garantie perte d'emploi a été souscrite, elle peut prendre en charge une partie des mensualités pendant 12 à 24 mois selon les contrats.
- Mobiliser l'épargne de précaution : utiliser les réserves pour assurer les échéances le temps de retrouver un emploi.
- Réévaluer le budget : réduire les dépenses non essentielles et prioriser le remboursement du prêt.
Les solutions si la situation se prolonge
- Rachat de crédits : regrouper les dettes pour alléger la mensualité globale (attention : allongement de durée et coût total accru).
- Aides sociales : l'APL peut être accessible aux propriétaires sous conditions. Le Fonds de Solidarité Logement (FSL) peut couvrir des mensualités impayées.
- Location du bien : mettre le bien en location pour générer des revenus et couvrir les mensualités, si le contrat de prêt le permet.
- Vente du bien : en dernier recours, la vente permet de solder le prêt et de récupérer le capital restant après remboursement.
Points de vigilance essentiels
Le prêt entre particuliers : formalisation obligatoire
Le prêt entre particuliers est légal mais doit être encadré par un contrat écrit (montant, taux conforme au taux d'usure, durée, calendrier de remboursement). Un prêt supérieur à 5 000 € doit être déclaré à l'administration fiscale. L'absence de contrat rend le prêt difficile à prouver en cas de litige. Au-delà des risques juridiques, le prêt entre proches peut détériorer les relations personnelles en cas de difficultés de remboursement.
L'assurance perte d'emploi : lire les conditions
L'assurance perte d'emploi ne couvre généralement que les licenciements (pas les démissions ni les fins de CDD), avec un délai de carence de 3 à 12 mois et une durée d'indemnisation limitée. Les primes sont plus élevées pour les profils à risque. Vérifier les exclusions, le délai de franchise et la durée de prise en charge avant de souscrire est indispensable.
FAQ : crédit immobilier et chômage
Les indemnités chômage (ARE) sont-elles prises en compte par les banques ?
Partiellement. Certaines banques intègrent l'ARE dans le calcul des revenus, mais avec une décote (50-70 % de l'ARE retenue) car ces indemnités sont temporaires. D'autres ne les comptabilisent pas du tout. Un co-emprunteur avec des revenus stables reste le levier le plus efficace.
Quel apport minimum pour emprunter au chômage ?
Un apport de 20 à 30 % est recommandé pour compenser l'absence de revenus d'activité. Il démontre une capacité d'épargne et réduit le montant à emprunter. Plus l'apport est élevé, plus les chances d'obtention et la qualité des conditions augmentent.
Un courtier peut-il aider à obtenir un prêt au chômage ?
Oui. Un courtier connaît les politiques de risque des différents établissements et peut orienter vers les banques qui acceptent les profils avec un emprunteur au chômage. Toutes les banques ne traitent pas ces dossiers de la même manière : certaines refusent systématiquement, d'autres les étudient au cas par cas.
Le chômage influence-t-il le taux d'intérêt proposé ?
Oui. Les banques peuvent appliquer une surprime (0,2 à 0,5 point de plus) sur les dossiers avec un emprunteur au chômage, en raison du risque perçu plus élevé. Un apport conséquent et un co-emprunteur solvable atténuent cette surprime.
Peut-on obtenir un PTZ en étant au chômage ?
Oui, si les conditions de ressources et de localisation sont remplies. Les indemnités chômage sont comptabilisées dans les revenus de référence. Le PTZ est cumulable avec un prêt principal et d'autres aides (PAS, Action Logement, aides locales).
Que faire si toutes les banques refusent le dossier ?
Explorer les prêts aidés (PAS, PTZ), le rachat de crédits pour libérer de la capacité d'emprunt, le prêt entre particuliers (avec formalisation juridique), et les aides locales. Reporter le projet jusqu'au retour à l'emploi reste parfois la décision la plus sage si aucune solution ne garantit un remboursement serein.
L'assurance perte d'emploi est-elle utile pour un emprunteur déjà au chômage ?
Non. L'assurance perte d'emploi couvre les licenciements futurs, pas le chômage existant au moment de la souscription. Elle ne peut être activée que si l'emprunteur perd son emploi après la signature du prêt. Les conditions (délai de carence, durée d'indemnisation, exclusions) varient considérablement entre les contrats.
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