✍ Les points à retenir
- Le contrat n'est plus commercialisé depuis le 1er avril 2024, mais les adhésions existantes continuent d'être rémunérées au même taux que les autres.
- Le taux progresse sans interruption, de 2,20 % en 2022 à 3,45 % en 2025, soit environ 2,86 % net de prélèvements sociaux.
- Ce taux s'applique à tout l'encours sans condition d'ancienneté, de montant ni de part investie en unités de compte.
- Les frais de gestion s'établissent à 0,35 % par an, soit 175 euros sur 50 000 euros là où 0,70 % en coûteraient 350.
- La répartition se désensibilise seule vers l'échéance : environ 32 % investis à huit ans, 16 % à quatre ans, zéro au terme.
Ce contrat est-il encore ouvert à la souscription ?
Non. MIF Horizon Euroactif n'est plus commercialisé depuis le 1er avril 2024, et il ne figure plus dans la documentation commerciale de la mutuelle. Un comparateur le présente encore comme souscriptible, information contredite par les autres sources.
Les contrats déjà ouverts continuent en revanche d'être rémunérés normalement, au même taux que l'ensemble des sociétaires. La fermeture concerne les adhésions nouvelles, pas les contrats en cours.
Cette page s'adresse donc d'abord aux détenteurs du contrat, et à ceux qui le rencontrent en comparant les placements d'épargne et veulent savoir ce qu'il valait.
Quel rendement le fonds en euros a-t-il servi ?
C'est le point remarquable de ce contrat. Les taux servis progressent sans interruption depuis 2022 :
| Exercice | Taux servi | Moyenne du marché |
|---|---|---|
| 2022 | 2,20 % | environ 2 % |
| 2023 | 3,05 % | environ 2,60 % |
| 2024 | 3,35 % | environ 2,60 % |
| 2025 | 3,45 % | environ 2,60 % |
Ces taux sont nets de frais de gestion mais bruts de prélèvements sociaux. Après les 17,2 % retenus chaque année, 3,45 % servis laissent environ 2,86 % net, un niveau que peu de supports garantis atteignent.
La condition absente, et c'est l'essentiel
Le taux est servi sans condition d'ancienneté, sans palier d'encours et sans part minimale en unités de compte. Il s'applique à tous les sociétaires, sur la totalité de l'encours.
C'est un écart majeur avec les contrats bancaires, où le taux affiché suppose généralement d'exposer une part du capital au risque pour être atteint.
« Un taux servi sans condition, c'est devenu rare. La plupart des contrats affichent aujourd'hui un chiffre élevé qui suppose d'investir trente ou soixante pour cent du capital en unités de compte. Ici, le taux s'applique à tout le monde, sur tout l'encours, sans contrepartie de risque. Quand on détient un contrat comme celui-là, la première question n'est pas de le changer mais de comprendre pourquoi on y gagne. »
Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits
Quels frais s'appliquaient au contrat ?
Des frais sur versement dégressifs
Les frais d'entrée diminuaient par palier de montant : 2 % en dessous de 20 000 euros, 1,5 % entre 20 000 et 40 000 euros, puis 1 % au delà. Les versements dirigés vers l'unité de compte en étaient exonérés.
Cette dégressivité par montant, et non par encours cumulé, reste peu courante sur le marché.
Des frais de gestion très bas
0,35 % par an sur le fonds en euros et 0,60 % sur l'unité de compte. Le premier chiffre est à peu près la moitié de ce que pratiquent les contrats bancaires, et il explique une bonne part de l'écart de rendement.
Exemple : sur un encours de 50 000 euros, 0,35 % de frais représentent 175 euros par an, contre 350 euros à 0,70 %, le taux courant chez les assureurs bancaires.
Les autres postes
- Arbitrages : gratuits, avec un rééquilibrage annuel inclus.
- Rachats partiels ou totaux : possibles à tout moment, sans pénalité de sortie.
- Gestion pilotée : inexistante sur ce contrat, l'allocation suivant une règle automatique.
- Versements : 500 euros à l'ouverture, 150 euros par versement libre, 50 euros par mois en programmé.
Comment fonctionne son architecture à deux supports ?
Le contrat ne propose qu'un fonds en euros et une seule unité de compte. Cette simplicité est assumée : il n'y a pas d'univers de supports à sélectionner, donc pas d'arbitrage à décider.
La désensibilisation automatique
La répartition entre les deux supports dépend de l'échéance choisie à l'adhésion. Plus celle-ci approche, plus la part investie diminue au profit du fonds garanti, selon une grille révisable chaque année.
Exemple : à huit ans de l'échéance la part en unité de compte s'établit autour de 32 %, à quatre ans autour de 16 %, et elle revient à zéro à l'échéance.
Ce que ce mécanisme implique
Il convient à un projet daté, comme le financement d'études ou un apport immobilier prévu. Il convient moins à une épargne de long terme sans échéance, puisqu'il réduit progressivement l'exposition quel que soit l'état des marchés.
Cette logique s'écarte de celle qui prévaut sur les contrats d'assurance vie multisupports classiques, où l'arbitrage reste à la main du souscripteur.
Que vaut la performance de l'unité de compte ?
C'est le point faible du contrat, et il mérite d'être dit clairement. Sur la période 2017 à 2021, le support investi a délivré environ 1,81 % par an en moyenne, quand son indice de référence progressait de plus de 7 %.
Ses variations annuelles ont oscillé entre une baisse supérieure à 11 % et une hausse de plus de 12 %, pour un résultat moyen inférieur au fonds en euros du même contrat sur les exercices récents.
La conséquence pratique
Un sociétaire dont l'échéance est éloignée a supporté du risque sans en être rémunéré. Le fonds en euros du contrat a fait mieux, sans aucune volatilité.
Pour qui cherche une exposition aux marchés actions efficace, l'enveloppe n'est pas adaptée, et la comparaison avec la meilleure assurance vie en architecture ouverte tourne nettement à l'avantage de cette dernière.
Que change le statut mutualiste ?
La MIF est une mutuelle régie par le Code de la mutualité, contrôlée par l'autorité de supervision et dépourvue d'actionnaires. Les résultats techniques et financiers ne rémunèrent aucun capital extérieur.
Les deux effets concrets
- Pas de dividende à servir : la marge dégagée revient aux sociétaires sous forme de participation aux bénéfices, ce qui soutient le taux servi.
- Pas de réseau à rémunérer : la distribution se fait en direct, sans commission d'intermédiaire, ce qui comprime les frais de gestion.
Ces deux mécanismes expliquent l'essentiel des 0,35 % de frais de gestion et du niveau de taux servi, davantage qu'une habileté particulière en gestion d'actifs.
La contrepartie
L'offre reste étroite et l'accompagnement limité : pas de réseau d'agences, pas de conseiller dédié, et un univers de supports réduit à sa plus simple expression. C'est le prix du modèle.
Faut-il conserver ce contrat ?
Les arguments pour le garder
- Les frais d'entrée sont déjà payés : transférer ailleurs suppose de les acquitter une seconde fois.
- L'antériorité fiscale est acquise : un contrat de plus de huit ans bénéficie du régime le plus favorable, perdu en cas de clôture.
- Le taux servi reste supérieur au marché : environ 2,86 % net de prélèvements sociaux au titre de 2025.
- Les frais de gestion sont parmi les plus bas : un avantage qui se cumule chaque année.
Les situations qui justifient un arbitrage
Deux cas se présentent. Si votre échéance approche et que la désensibilisation vous ramène vers le fonds garanti alors que vous souhaitez rester investi, la mécanique du contrat travaille contre votre objectif.
Si vous recherchez des supports absents, immobilier ou fonds indiciels, le contrat ne les proposera jamais. Ouvrir une seconde enveloppe à côté vaut alors mieux que de clôturer celle-ci.
Si vous cherchiez à souscrire
Le contrat étant fermé, il faut se tourner vers l'offre active de la mutuelle, dont les conditions diffèrent : univers de supports plus large, gestion sous mandat disponible et grille tarifaire propre. Ses chiffres ne sont pas transposables à ceux présentés ici.
Pour un capital à sécuriser dans l'attente, un livret d'épargne réglementé reste la solution immédiate et sans frais d'entrée.
FAQ : MIF Horizon Euroactif
Peut-on encore souscrire ce contrat ?
Non, il n'est plus commercialisé depuis le 1er avril 2024. Les contrats déjà ouverts continuent de fonctionner et d'être rémunérés normalement.
Quel taux a été servi au titre de 2025 ?
3,45 %, net de frais de gestion et brut de prélèvements sociaux, soit environ 2,86 % net. Le taux a progressé chaque année depuis 2022.
Le taux dépend-il de l'ancienneté ou du montant placé ?
Non. Il est servi à tous les sociétaires sur la totalité de l'encours, sans condition d'ancienneté, de montant ni de part investie en unités de compte.
Combien de supports le contrat propose-t-il ?
Deux : un fonds en euros à capital garanti et une seule unité de compte. Aucun fonds indiciel coté, aucune société civile de placement immobilier, aucun titre vif.
Comment évolue la répartition entre les deux supports ?
Automatiquement, selon l'échéance choisie à l'adhésion. La part investie diminue à mesure que celle-ci approche, pour revenir à zéro le jour de l'échéance.
Les rachats sont-ils pénalisés ?
Non, les rachats partiels et totaux sont possibles à tout moment, sans frais de sortie ni pénalité de sortie anticipée.
Faut-il clôturer le contrat pour en ouvrir un autre ?
Rarement. Clôturer fait perdre l'antériorité fiscale acquise et les frais d'entrée déjà payés. Ouvrir une seconde enveloppe en parallèle est presque toujours préférable.
À lire aussi
- Carac Profiléo : avis sur l'assurance vie, frais et rendements
- Abeille Vie Épargne Plurielle : avis sur l'assurance vie, frais et rendements
- Caisse d'Épargne Millevie Essentielle 2 : avis sur l'assurance vie, frais et rendements
- Caisse d'Épargne Millevie Premium 2 : avis sur l'assurance vie, frais et rendements
- Caisse d'Épargne Millevie Infinie 2 : avis sur l'assurance vie, frais et rendements
- La Banque Postale Cachemire Patrimoine : avis sur l'assurance vie, frais et rendements
- ASAC Vie Génération : avis sur l'assurance vie, frais et rendements
- SwissLife Évolution Plus : avis sur l'assurance vie, frais et rendements
- Groupama Premium : avis sur l'assurance vie, frais et rendements