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Rachat de crédit partiel ou total

Ouafâa MACHRI
Rachat de crédit partiel ou total

✍ Les points à retenir

  • Un prêt immobilier souscrit entre 2015 et 2022 à un taux inférieur à 2 % ne doit presque jamais être intégré dans un rachat total car les taux actuels du marché rendraient l'opération défavorable sur le coût total des intérêts restants.
  • Le PTZ étant sans intérêts par définition, l'inclure dans un rachat total lui applique mécaniquement un taux d'intérêt et augmente son coût, ce qui rend son exclusion du regroupement presque toujours préférable.
  • Exclure d'un rachat partiel tout crédit dont la durée résiduelle est inférieure à 12 mois est indispensable car les frais d'opération dépasseraient systématiquement l'économie générée sur les intérêts restants.
  • La banque du prêt immobilier conservé n'a aucun droit de veto sur un rachat partiel qui ne la concerne pas et ne peut pas s'opposer au regroupement des autres crédits auprès d'un autre organisme.
  • Un rachat partiel sur crédits conso se finalise en 3 à 5 semaines tandis qu'un rachat total incluant un prêt immobilier nécessite 6 à 10 semaines en raison du passage obligatoire chez le notaire pour l'hypothèque.

Rachat de crédit partiel ou total : quelle est la vraie différence ?

Un regroupement de crédits peut être partiel ou total, et ce choix a des conséquences concrètes sur la mensualité, le coût total et la flexibilité financière de l'emprunteur. Dans un rachat total, tous les prêts en cours sont fusionnés en un seul contrat : plus aucune dette ne reste indépendante. Dans un rachat partiel, seuls certains crédits sont regroupés - généralement les plus coûteux - tandis que d'autres (souvent un prêt immobilier à taux avantageux) sont conservés en l'état.

Le rachat partiel est un arbitrage stratégique : on ne touche qu'à ce qui pose problème. Le rachat total est une remise à plat complète de l'endettement. Ces deux approches ne s'adressent pas aux mêmes situations ni aux mêmes profils. Une simulation de regroupement de crédits permet de comparer les deux scénarios chiffrés côte à côte avant de choisir.

« La question que je pose toujours en premier à un emprunteur : avez-vous un prêt immobilier à taux bas que vous avez souscrit avant 2022 ? Si oui, l'inclure dans un rachat total serait une erreur dans la très grande majorité des cas. Le partiel permet de soulager le budget sur les crédits conso coûteux sans sacrifier un taux immobilier qui ne reviendra probablement pas de sitôt. »

Ouafâa MACHRI, Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Tableau comparatif : rachat partiel vs rachat total

CritèreRachat partielRachat total
Crédits concernés Seulement certains prêts ciblés Absolument tous les crédits en cours
Mensualités après rachat Une mensualité nouvelle + les prêts conservés Une seule mensualité unique
Prêt immobilier à taux bas Conservé, non modifié Intégré au rachat, taux renégocié
Frais de l'opération Limités aux crédits regroupés Plus élevés car tout est soldé
Simplification budgétaire Partielle (plusieurs prélèvements restants) Totale (un seul prélèvement)
Profil idéal Propriétaire avec prêt immo avantageux et crédits conso coûteux Emprunteur sans prêt immo attractif ou en situation de surendettement

Quand choisir le rachat partiel ? Les situations où il s'impose

Conserver un prêt immobilier à taux historiquement bas

C'est le cas de figure le plus fréquent. Un emprunteur ayant souscrit un prêt immobilier entre 2015 et 2022 à un taux inférieur à 2 % aurait tout à perdre à l'intégrer dans un rachat total aux taux actuels. Le rachat partiel permet de regrouper uniquement les crédits à la consommation (auto, renouvelable, personnel) qui génèrent des mensualités élevées à des taux de 5 à 21 %, sans toucher au prêt immobilier. Le baromètre des taux de rachat de crédit permet d'évaluer l'écart entre votre taux immobilier et les conditions actuelles du marché.

Un crédit proche de sa fin

Intégrer dans un rachat un prêt qui sera soldé dans 6 à 12 mois est contre-productif : les frais de l'opération (IRA, dossier) dépasseraient l'économie générée. Le rachat partiel permet de l'exclure et de cibler uniquement les crédits avec une durée résiduelle significative, idéalement supérieure à 3 à 4 ans pour que l'économie d'intérêts compense les frais. Le taux d'endettement projeté en excluant ce crédit permet de vérifier si l'opération partielle suffit à ramener le taux sous le seuil de 33-35 %.

Un rachat de crédit consommation ciblé sur les prêts les plus coûteux

Si l'emprunteur n'a pas de prêt immobilier ou si ce dernier est déjà remboursé, le rachat de crédit consommation partiel peut regrouper uniquement les crédits conso les plus coûteux (renouvelables à 15-21 %, prêts personnels à 7-10 %) sans toucher aux crédits moins onéreux ou en fin de vie.

Quand opter pour le rachat total ? Les situations où il devient la meilleure option

Situation de surendettement ou taux d'endettement très élevé

Quand le taux d'endettement dépasse 40-50 % et que plusieurs créanciers sont impliqués, une restructuration partielle ne suffit pas. Le rachat total permet de repartir sur une base unique, avec une mensualité calée sur la capacité réelle de remboursement. Si l'emprunteur est proche du surendettement, agir avant le premier incident bancaire lui donne encore accès aux meilleures conditions. Le comparateur de rachat de crédits permet d'obtenir rapidement plusieurs propositions adaptées à ce profil.

Absence de prêt immobilier avantageux à préserver

Pour les locataires ou les emprunteurs dont le prêt immobilier a été souscrit à un taux élevé (supérieur au taux du marché actuel), le rachat total peut générer une économie sur l'ensemble des intérêts restants. Si la part immobilière dépasse 60 % du total à regrouper, l'opération est un rachat mixte immo et conso avec hypothèque, qui ouvre à des taux plus bas et des durées plus longues.

Quels crédits inclure ou exclure dans un rachat partiel ?

À inclure en priorité dans un rachat partiel

  • Crédits renouvelables (revolving) : taux de 15 à 21 %, très coûteux sur la durée. Premier candidat à inclure dans tout rachat partiel.
  • Prêts personnels à taux élevés : souscrits dans une période de taux hauts ou sur de courtes durées avec de fortes mensualités.
  • Crédit auto : souvent à 5 à 9 %, peut être avantageusement intégré si le capital restant est significatif.
  • Découvert bancaire récurrent : sa transformation en crédit amortissable est l'un des gains les plus rapides du rachat partiel.

À exclure d'un rachat partiel

  • Prêt immobilier à taux bas (inférieur à 2 %) : le conserver est presque toujours plus avantageux que de l'intégrer au rachat.
  • Crédit étudiant à taux bonifié : taux très bas, souvent non pertinent à racheter.
  • Tout prêt dont la durée résiduelle est inférieure à 12 mois.
  • PTZ (prêt à taux zéro) : sans intérêts par définition, son rachat ne génère aucune économie sur les intérêts.

Comment constituer son dossier et trouver la meilleure offre ?

Les pièces communes aux deux types de rachat

  • Pièce d'identité, justificatif de domicile.
  • 3 derniers bulletins de salaire et dernier avis d'imposition.
  • 3 à 6 derniers relevés bancaires sans incident.
  • Tableaux d'amortissement de chaque crédit (inclus ou exclu du rachat).
  • Pour un rachat immo total ou mixte : titre de propriété et estimation du bien.

Comparer les offres et recourir à un courtier

Les conditions varient significativement d'un organisme à l'autre pour la même situation. Le classement des meilleurs organismes de regroupement de crédits permet d'identifier les acteurs les plus compétitifs.

Un courtier spécialisé en regroupement de crédits peut comparer simultanément des offres partielles et totales et recommander la stratégie la plus avantageuse selon votre profil. Pour les dossiers mixtes (partiel sur conso + immobilier conservé), son expertise est particulièrement précieuse.

FAQ - Rachat de crédit partiel ou total

Peut-on faire un rachat partiel si la banque refuse d'exclure le prêt immobilier ?

Oui. Le rachat partiel ne nécessite pas l'accord de la banque du prêt immobilier conservé, car ce prêt n'est pas modifié. Seuls les crédits effectivement rachetés impliquent l'organisme initial. La banque du prêt immobilier n'a aucun droit de veto sur un rachat partiel qui ne la concerne pas.

Est-il possible de faire un second rachat après un premier rachat partiel ?

Oui. Si la situation évolue (nouveaux crédits, baisse de revenus, taux du marché plus favorables), un second rachat est possible. Chaque opération génère des frais : IRA, dossier, garantie. La rentabilité de chaque opération doit être calculée individuellement. Un rachat partiel suivi d'un rachat total quelques années plus tard est une stratégie valide si les conditions le justifient.

Un rachat total est-il toujours plus cher qu'un rachat partiel ?

Pas nécessairement en mensualité - le rachat total aboutit généralement à une mensualité unique plus basse. En revanche, les frais d'opération sont plus élevés (IRA sur plus de crédits, garantie hypothécaire souvent requise, frais de dossier plus importants) et le coût total en intérêts est généralement plus élevé car la durée est allongée sur un capital plus important. La comparaison doit toujours se faire sur le coût total et non uniquement sur la mensualité.

Peut-on intégrer un PTZ dans un rachat total ?

Oui, techniquement. Mais c'est rarement judicieux : le PTZ est sans intérêts, donc son inclusion dans un rachat total le soumet à un taux d'intérêt, ce qui augmente son coût. De plus, le PTZ est conditionné à l'occupation en résidence principale : son rachat ne doit pas remettre en cause cette condition. Dans la majorité des cas, exclure le PTZ du rachat total est la meilleure option.

Le rachat partiel est-il accessible aux locataires sans prêt immobilier ?

Oui. Un locataire peut tout à fait faire un rachat partiel en regroupant uniquement certains crédits conso (par exemple exclure un crédit dont il reste 2 mois à rembourser) et en inclure d'autres. Sans prêt immobilier, l'opération est un rachat conso, plus simple et plus rapide, sans hypothèque ni passage chez le notaire.

Quels sont les délais d'un rachat partiel vs un rachat total ?

Un rachat partiel portant uniquement sur des crédits conso prend entre 3 et 5 semaines. Un rachat total incluant un prêt immobilier avec hypothèque nécessite 6 à 10 semaines (passage chez le notaire, délai légal de réflexion de 10 jours incompressible). Pour les deux types, le délai de rétractation de 14 jours s'applique pour la partie conso.

Peut-on ajouter une trésorerie complémentaire dans un rachat partiel ?

Oui, si le taux d'endettement final reste sous 33-35 %. La trésorerie peut financer un projet (travaux, achat, voyage) sans souscrire un nouveau crédit séparé. Elle s'intègre dans le capital du nouveau prêt regroupé, qu'il soit partiel ou total. Pour un rachat partiel conso, le montant de la trésorerie reste soumis au plafond du crédit conso (75 000 euros). Pour un rachat mixte ou immobilier, des montants plus importants sont accessibles si une garantie hypothécaire est apportée.

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