Après une parenthèse d'apaisement en 2025, le sentiment de précarité financière repart à la hausse. Selon le 15ᵉ baromètre du pouvoir d'achat Cofidis, six Français sur dix perçoivent désormais une réaccélération de l'inflation. Alors que 54 % des ménages anticipent une dégradation de leurs ressources dans l'année à venir, le pouvoir d'achat se réinstalle fermement en tête des préoccupations nationales.
L'accalmie aura été de courte durée. Les résultats de la 15ᵉ édition du baromètre Cofidis révèlent un net regain d'inquiétude au sein des foyers français. Face à une cherté de la vie perçue comme repartie à la hausse, les ménages réorganisent leurs priorités et intensifient leurs arbitrages budgétaires pour préserver leur quotidien.
Le pouvoir d'achat repasse en tête des inquiétudes nationales
La hausse des prix s'impose de nouveau comme le sujet le plus préoccupant du débat social, devançant les enjeux de santé et de sécurité :
| Sujet de préoccupation | Part des répondants (%) | Positionnement |
|---|---|---|
| Pouvoir d'achat | 42 % | 1re préoccupation majeure |
| Santé | 31 % | 2e position |
| Insécurité | 30 % | 3e position |
Cette inquiétude est alimentée par une rupture nette par rapport à l'année précédente : 60 % des sondés perçoivent une accélération de l'inflation, alors qu'ils n'étaient que 34 % à le ressentir en 2025. Par ailleurs, 61 % affirment que cette dynamique altère fortement leurs finances, poussant 54 % d'entre eux à anticiper un déclin supplémentaire de leur pouvoir d'achat dans les douze mois.
Arbitrages et restrictions : la stratégie d'adaptation des foyers
Pour faire face aux contraintes financières, les consommateurs généralisent les comportements de prudence. Pour vivre décemment, les ménages estiment désormais qu'il leur manque en moyenne 512 € par mois (contre 507 € un an plus tôt).
Les leviers d'ajustement activés par les Français s'articulent autour de plusieurs réflexes :
- Réduction des dépenses de loisirs et non essentielles : adoptée par 58 % des foyers.
- Vigilance renforcée sur les prix : appliquée par 54 % des ménages lors de leurs achats.
- Report de projets importants : décidé par 32 % des personnes interrogées.
- Recours au découvert bancaire : 30 % des foyers y ont désormais recours au moins une fois par an.
Cette dynamique de rigueur ne semble pas sur le point de s'estomper : 60 % des Français prévoient de devoir se restreindre encore davantage à l'avenir, soit une progression de 8 points par rapport à la précédente édition de l'étude.
Maintien des projets : l'épargne et les facilités de paiement sollicitées
Malgré cette conjoncture sous tension, la volonté de concrétiser des projets personnels demeure bien réelle. Plus d'un Français sur deux (52 %) envisage d'effectuer une dépense significative au cours des douze prochains mois.
Pour financer ces dépenses tout en préservant leur budget, les ménages privilégient divers leviers :
- L'épargne personnelle (60 %) : bien qu'en recul de 3 points sur un an, elle reste le principal mode de financement.
- Le paiement en plusieurs fois sans frais (24 %) : une alternative de trésorerie très populaire pour étaler les charges.
- Le crédit à la consommation (18 %) : en légère hausse (+1 point sur un an). Actuellement, 28 % des Français détiennent un crédit à la consommation, et 83 % d'entre eux déclarent en rembourser les mensualités sans difficulté particulière.
Source : 15ᵉ baromètre du pouvoir d'achat Cofidis.