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L'assurance emprunteur couvre-t-elle en cas de suicide ?

Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIR,

Oui, l'assurance emprunteur couvre le décès par suicide, mais avec une particularité : la première année, la garantie est limitée à un plafond légal minimal de 120 000 € pour un prêt finançant la résidence principale, conformément à l'article L. 132-7 du Code des assurances. Au-delà d'un an, le suicide est intégralement couvert.

Le cadre légal de la couverture du suicide

La prise en charge du décès par suicide en assurance emprunteur est encadrée par l'article L. 132-7 du Code des assurances. Ce texte prévoit un régime spécifique la première année du contrat, distinct des règles applicables ensuite. Le principe est celui d'une couverture, mais progressive dans le temps.

Durant la première année de garantie, le suicide de l'assuré n'est pas exclu, mais l'indemnisation est plafonnée. Pour les prêts destinés à financer l'acquisition ou les travaux de la résidence principale, la loi impose une couverture minimale de 120 000 €, même en cas de suicide survenu dès la première année.

Passé le délai d'un an à compter de la souscription, le suicide est couvert dans les mêmes conditions que tout autre décès. La garantie s'applique alors intégralement, sans plafond spécifique lié à la cause du décès, sous réserve des autres conditions générales du contrat.

La distinction entre première année et années suivantes

Le traitement du suicide varie donc nettement selon le moment où il survient. Cette distinction, issue de la loi, vise à concilier la protection des emprunteurs et la prévention des souscriptions opportunistes.

Les deux périodes se distinguent ainsi :

  • La première année : le suicide est couvert à hauteur d'un plafond légal minimal de 120 000 € pour un prêt sur la résidence principale, certains contrats prévoyant un plafond ou une couverture plus favorable.
  • À partir de la deuxième année : le suicide est couvert intégralement, dans les mêmes conditions que les autres causes de décès, sans plafond spécifique.

Prenons un exemple : pour un prêt de 250 000 € sur la résidence principale, un décès par suicide durant la première année ouvre droit à une indemnisation minimale de 120 000 €, laissant 130 000 € à la charge de la succession si le contrat s'en tient au plancher légal. Le même événement après un an entraîne le remboursement intégral du capital restant dû.

Les points de vigilance et les variations entre contrats

Au-delà du minimum légal, les contrats peuvent prévoir des conditions plus favorables ou, à l'inverse, des clauses restrictives qu'il convient de vérifier attentivement. La lecture des conditions générales est essentielle pour connaître l'étendue réelle de la couverture.

Plusieurs éléments méritent une attention particulière :

  • Le plafond appliqué la première année, certains assureurs retenant le minimum légal, d'autres offrant une couverture supérieure ou totale.
  • La distinction entre résidence principale et autres usages (locatif, résidence secondaire), le plancher de 120 000 € concernant la résidence principale.
  • Les éventuelles clauses relatives aux troubles psychiques préexistants, à examiner dans les exclusions.

Il faut souligner que le plafond de 120 000 € est un minimum légal, non un maximum : de nombreux contrats couvrent le suicide au-delà, voire intégralement, dès la première année. La couverture réelle dépend donc du contrat souscrit, d'où l'importance de comparer les conditions générales sur ce point sensible.

Ce sujet touche à des situations de détresse. Si vous ou un proche traversez une période difficile, des dispositifs d'écoute et de soutien existent, comme le numéro national de prévention du suicide, le 3114, joignable gratuitement et à toute heure.

Questions fréquentes

Le suicide est-il couvert dès la première année du prêt ?

Oui, mais de façon plafonnée pour un prêt sur la résidence principale : la loi impose une couverture minimale de 120 000 € la première année (article L. 132-7 du Code des assurances). Certains contrats offrent une couverture plus étendue. Au-delà d'un an, le suicide est intégralement couvert.

Le plafond de 120 000 € s'applique-t-il à tous les prêts ?

Non, ce plancher légal concerne les prêts finançant l'acquisition ou les travaux de la résidence principale. Pour un investissement locatif ou une résidence secondaire, les conditions dépendent du contrat, qui peut prévoir des règles différentes pour la première année.

Que se passe-t-il si le suicide dépasse le capital couvert la première année ?

Si le capital restant dû excède le plafond appliqué la première année et que le contrat s'en tient au minimum légal, la différence reste à la charge de la succession. Certains contrats couvrent toutefois le suicide au-delà de ce plancher, d'où l'importance de vérifier les conditions.

Les contrats peuvent-ils couvrir le suicide sans plafond dès le début ?

Oui, le plafond de 120 000 € est un minimum légal, non un maximum. Certains assureurs proposent une couverture intégrale du suicide dès la première année, plus favorable que le plancher réglementaire. Il faut examiner les conditions générales pour connaître le niveau exact de garantie.

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