Après une relative accalmie en 2025, la pauvreté enregistre une nette détérioration en France, selon le dernier baromètre Ipsos BVA pour le Secours Populaire publié ce mois-ci. Désormais, plus d'un Français sur quatre (26 %) se déclare en situation de précarité, marquant un bond de 6 points en un an. Portée par la hausse continue des dépenses courantes et des revenus jugés insuffisants, cette dégradation frappe de plein fouet les ménages, mais aussi les travailleurs, contraints d'arbitrer arbitrairement entre alimentation, soins et budget logement.
La dégradation des indicateurs économiques individuels met en lumière la fragilisation croissante du pouvoir d'achat, réduisant la part des ménages estimant bénéficier d'une situation financière aisée à seulement 15 %, son plus bas niveau depuis 2022.
Pression budgétaire accrue sur les ménages et les actifs
L'écart entre le niveau des ressources et le coût de la vie quotidienne constitue le principal vecteur de basculement dans la pauvreté. Chez les personnes se déclarant précaires, 77 % affirment que leurs revenus ne couvrent plus leurs charges de base.
Ce phénomène s'étend désormais massivement aux personnes insérées dans l'emploi : 40 % des travailleurs indiquent que leur rémunération s'avère insuffisante pour faire face à l'ensemble de leurs dépenses, soit une hausse de 10 points par rapport à 2025. Cette tension structurelle se traduit directement dans la gestion des comptes bancaires, avec 18 % des Français déclarant vivre à découvert, contre 15 % l'année précédente.
Amplification des privations sur les postes de dépenses essentiels
Pour faire face aux contraintes financières, un nombre croissant de foyers applique des restrictions sur des besoins fondamentaux :
- 30 % des Français ont déjà renoncé à des soins médicaux pour des raisons financières.
- 29 % déclarent avoir déjà sauté un repas faute de moyens suffisants.
- 46 % éprouvent des difficultés récurrentes à assumer leurs frais de transport.
- 73 % des parents doivent restreindre les sorties et loisirs en famille, contre 64 % en 2025.
Anxiété face à l'inflation et au risque d'impayé immobilier
Les perspectives d'évolution du coût de la vie alimentent une inquiétude grandissante au sein de la population. L'appréhension liée à la hausse des prix du carburant concerne désormais 71 % des sondés, en bond de 13 points sur un an.
Sur le plan du logement, près de 40 % des répondants redoutent de ne plus pouvoir honorer le paiement de leur loyer ou les mensualités de leur crédit immobilier. Cette précarisation du pouvoir d'achat global renforce le pessimisme ambiant, 63 % des Français estimant que les générations futures seront encore plus exposées au risque de pauvreté.
Source : Baromètre Ipsos BVA / Secours Populaire (septembre 2026).