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Présenté le 1er octobre en même temps que le budget de l'État, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 vise à ramener le déficit de la Sécu de 21,8 à 12,7 milliards d'euros. Pour y parvenir, le gouvernement mise sur une série d'économies qui toucheront directement le budget des ménages : retraités, familles, salariés en arrêt maladie et patients.

Les retraités en première ligne

Le principal levier d'économies porte sur les pensions. Le gouvernement propose de ne plus revaloriser intégralement au niveau de l'inflation les retraites supérieures à 1 260 € par mois, un seuil qui correspond à environ 85 % du Smic net. Une version progressive, avec un second seuil fixé à 2 000 €, est également envisagée. Les petites pensions continueraient, elles, d'être indexées sur les prix. Cette mesure doit rapporter environ 4 milliards d'euros en 2027.

À cela s'ajoute, dans le projet de budget de l'État, la baisse du plafond de l'abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions, ramené de 4 439 € à 3 000 €. Les retraités les plus aisés subiraient donc à la fois une revalorisation moindre et une hausse de leur impôt sur le revenu.

Le texte prévoit aussi de remplacer la majoration de 10 % des pensions accordée aux parents de trois enfants et plus par un montant forfaitaire, une réforme présentée comme neutre pour les finances publiques mais plus favorable aux femmes.

Les prestations familiales gelées

Les allocations familiales et la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje) ne seraient pas revalorisées en 2027 : leur montant resterait au niveau actuel, alors que les prix continuent d'augmenter. Les minima sociaux, comme le RSA, l'allocation aux adultes handicapés ou le minimum vieillesse, resteraient en revanche indexés sur l'inflation.

L'allocation de rentrée scolaire doit par ailleurs être réformée pour mieux tenir compte de l'âge des enfants, après une concertation. Enfin, les ressortissants non européens devraient justifier d'au moins un an de résidence en France pour percevoir les prestations familiales et les aides au logement.

Arrêts maladie : 1 milliard d'euros d'économies recherchées

Le gouvernement souhaite réduire d'un milliard d'euros les dépenses d'indemnités journalières, par la voie d'une négociation avec les partenaires sociaux. Ce chantier s'ajoute à la réduction, à partir du 15 octobre 2026, de la durée d'indemnisation de certaines affections de longue durée, ramenée de trois ans à un an.

Pour les accidents du travail et maladies professionnelles, le plafond des indemnités journalières serait abaissé à 1,8 Smic, l'écart devant être compensé par l'employeur.

Santé : moins de remboursements, des mutuelles plus sollicitées

Côté santé, la progression des dépenses de l'Assurance maladie serait limitée à 2 % en 2027. Plusieurs mesures en découlent :

  • une révision annuelle des médicaments remboursés par la Haute Autorité de santé, qui pourrait conduire à dérembourser les traitements au service médical jugé faible ;
  • des baisses de prix sur les médicaments et les dispositifs médicaux ;
  • le transfert d'une partie de certaines dépenses, notamment dentaires et de transport sanitaire, vers les complémentaires santé ;
  • l'extension de la taxe sur les boissons sucrées à certains aliments transformés, avec un taux qui augmente selon la teneur en sucre.

Le report de dépenses vers les mutuelles risque de se traduire, à terme, par de nouvelles hausses de cotisations pour les assurés.

Un impact direct sur le reste à vivre

Revalorisations limitées, prestations gelées, reste à charge santé en hausse : prises ensemble, ces mesures pèseraient sur le pouvoir d'achat de nombreux foyers, alors que l'inflation est repartie à la hausse sous l'effet des prix de l'énergie et des carburants.

Pour les ménages qui remboursent déjà plusieurs prêts, faire le point sur ses mensualités, par exemple avec un rachat de crédits, peut aider à préserver son budget. Le texte doit désormais être débattu au Parlement et pourra encore évoluer avant son adoption, attendue d'ici la fin de l'année.

Source : Sécurité sociale, projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027

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