La publication de la 4ᵉ édition du Baromètre des mobilités du quotidien, réalisée par Wimoov en partenariat avec Ipsos-Bva, met en lumière la détérioration du pouvoir d'achat liée aux déplacements. Avec une dépense moyenne portée à 225 € mensuels, le coût de la mobilité pèse de manière disproportionnée sur les ménages les plus modestes, contraints à des arbitrages budgétaires rigoureux. Sur fond d'inflation énergétique Insee (+16,7 % sur un an en août 2026), le manque d'alternatives aux énergies fossiles renforce l'assignation à résidence et la précarité de millions de Français.
L'accès à une mobilité abordable constitue un facteur déterminant d'insertion sociale et professionnelle, directement exposé aux fluctuations des cours énergétiques.
Impact de l'inflation carburant et poids budgétaire sur les foyers précaires
Le budget moyen consacré par les Français à leurs déplacements s'établit désormais à 225 € par mois, poussé par le renchérissement net des carburants à la pompe. Les ménages vivant sous le seuil de pauvreté consacrent jusqu'à 25 % de leurs ressources aux déplacements du quotidien, contre 10 % pour les foyers les plus aisés. Cette assiette financière contrainte est directement alimentée par la hausse des prix de l'énergie recensée par l'Insee (+16,7 % sur un an en août 2026), marquée par des envolées ciblées sur le gazole (+36,4 %) et l'essence (+19,1 %).
Renoncement aux déplacements et arbitrages sur la santé ou l'alimentation
Face à la dégradation des conditions financières, 40 % des sondés déclarent avoir renoncé à au moins un déplacement quotidien au cours des douze derniers mois. La contrainte frappe plus durement les jeunes de 18 à 29 ans, qui sont 74 % à déclarer avoir dû restreindre leurs trajets. Pour maintenir leurs capacités de déplacement essentielles, une partie des ménages procède à des réductions de dépenses sur des postes vitaux : un Français sur six indique avoir réduit son budget alimentaire, tandis que 12 % ont reporté ou diminué leurs dépenses de soins de santé.
Facteurs explicatifs du manque d'alternatives de transport
La rigidité de la dépense de mobilité s'explique par une série de facteurs structurels mis en exergue par l'enquête :
- Captivité des usages : 47 % des répondants estiment ne pas disposer de choix concernant leur mode de transport habituel, illustrant la dépendance continue à la voiture individuelle.
- Fracture territoriale : l'éloignement des bassins d'emploi et la faiblesse du maillage en transports collectifs dans les zones périurbaines et rurales imposent l'usage du véhicule thermique.
- Inégalités d'accès : l'absence d'infrastructures alternatives sûres (pistes cyclables, voies dédiées) ou de solutions d'intermodalité restreint la capacité de report vers des mobilités décarbonées et plus économiques.
Conséquences socio-économiques pour les territoires
L'alourdissement des charges de transport affecte directement la dynamique de l'emploi et l'accès aux services publics en isolant les populations les plus vulnérables. La persistance de ces coûts élevés contraint les politiques publiques d'aménagement à accélérer le déploiement de solutions de mobilité inclusive, afin d'éviter que la transition énergétique ne se traduise par une exclusion sociale accrue.
Source : 4ᵉ Baromètre des mobilités du quotidien (Wimoov / Ipsos-Bva-CESI), Insee (août 2026).