✍ Les points à retenir
- Le rendement net s'obtient en retirant du brut trois couches successives, la fiscalité puis les frais, l'inflation intervenant ensuite pour mesurer le rendement réel.
- La formule exacte du rendement réel divise un plus le rendement net par un plus l'inflation, la soustraction simple devenant imprécise au-delà de quelques points.
- Sur 10 000 € placés vingt ans à 4 % brut, des frais annuels de 2 % absorbent 59 % du gain total, ramenant le capital de 21 911 € à 14 859 €.
- Une performance de 60 % sur dix ans correspond à 4,81 % par an et non à 6 %, la division par la durée ignorant l'effet de capitalisation.
- Le taux marginal d'imposition est le seul pertinent pour calculer un net, le taux moyen du foyer conduisant systématiquement à surestimer le rendement obtenu.
La formule du rendement net d'un placement
Le rendement net d'un placement s'obtient en retirant du rendement brut trois couches successives : la fiscalité, les frais, puis l'inflation. La formule est donc rendement net égale brut multiplié par un moins le taux de prélèvement, moins les frais annuels. Seule la dernière étape, le rendement réel, permet de comparer deux produits entre eux.
Les trois couches à retirer du brut
- La fiscalité : prélèvement forfaitaire de 30 %, prélèvements sociaux seuls à 17,2 %, ou exonération totale selon le support
- Les frais : frais sur versement, frais de gestion annuels, frais d'arbitrage ou de souscription
- L'inflation : elle ne réduit pas le capital en euros mais son pouvoir d'achat
L'erreur de la soustraction de l'inflation
Presque tous les contenus en ligne calculent le rendement réel en soustrayant l'inflation du rendement net. La formule exacte est différente : un plus le rendement net, divisé par un plus l'inflation, moins un. L'écart reste négligeable sur un livret, 0,6 point de base à 1,70 %, mais atteint 7,8 points de base à 6 % de rendement net. Sur un capital important et un horizon long, la différence cesse d'être anecdotique.
Ce que la formule ne dit pas
Un rendement net ne vaut que pour un horizon donné et un taux d'imposition donné : le même produit ne sert pas le même net à un foyer non imposable et à un foyer imposé à 41 %. Les placements d'épargne ne se comparent donc jamais sur leur taux affiché, mais toujours sur le net reconstitué pour sa propre situation.
Première couche, retirer la fiscalité
Le prélèvement forfaitaire de 30 %
| Support | Rendement brut | Prélèvement | Rendement net d'impôt |
|---|---|---|---|
| Livret A et LDDS | 1,70 % | Aucun | 1,70 % |
| Livret d'épargne populaire | 2,50 % | Aucun | 2,50 % |
| Plan d'épargne logement depuis 2026 | 2,00 % | 30 % | 1,40 % |
| Compte à terme | 3,10 % | 30 % | 2,17 % |
| Fonds en euros | 2,63 % | 17,2 % | 2,18 % |
| Parts de SCPI, taux marginal de 30 % | 4,92 % | 45,2 % | 2,70 % |
Taux en vigueur au second semestre 2026. Le prélèvement forfaitaire de 30 % se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour les SCPI, le calcul tient compte de la CSG déductible de 6,8 points.
Les produits exonérés
Le Livret A, le LDDS, le livret d'épargne populaire et le livret jeune échappent à l'impôt comme aux prélèvements sociaux : leur taux affiché est déjà un taux net. Un PEA détenu plus de cinq ans exonère les gains d'impôt sur le revenu mais pas des 17,2 % de prélèvements sociaux. Confondre ces deux régimes conduit à surestimer le net de plus d'un point.
Prélèvement forfaitaire ou barème progressif
L'option pour le barème est globale et vaut pour tous les revenus financiers de l'année. Elle devient avantageuse quand le taux effectif du barème descend sous 30 % : 17,2 % pour un foyer non imposable et 27,45 % à 11 % de taux marginal, grâce à la CSG déductible de 6,8 points. Au-delà, le prélèvement forfaitaire reprend l'avantage, avec 45,16 % au barème à 30 % de taux marginal. Pour 1 000 € de gains, un foyer non imposable récupère 828 € au barème contre 700 € au forfaitaire.
Deuxième couche, retirer les frais
Les frais qui ne se voient pas
Les frais sur versement, de 0 % à 5 %, amputent le capital avant même qu'il travaille. Les frais de gestion annuels, de 0,50 % à 1 % sur un contrat classique, se prélèvent sur l'encours et n'apparaissent jamais dans le rendement annoncé. S'y ajoutent les frais d'arbitrage, les frais de souscription de 8 % à 12 % sur des parts de SCPI, et les frais de tenue de compte.
L'effet sur vingt ans
Pour 10 000 € placés à 4 % brut pendant vingt ans, le capital atteint 21 911 € sans frais. Avec 0,80 % de frais annuels il tombe à 18 776 €, soit 3 136 € de moins, et avec 2 % à 14 859 €, soit 7 052 € de moins. Dans ce dernier cas, les frais absorbent 59 % du gain total. Un demi-point de frais pèse donc plus lourd qu'un demi-point de rendement supplémentaire, parce qu'il est certain.
« Sur un placement, le rendement n'est jamais garanti mais les frais le sont toujours. C'est le seul paramètre que l'épargnant maîtrise vraiment, et c'est pourtant celui qu'il regarde en dernier. »
Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits
Les trois lignes à demander avant de souscrire
Trois lignes doivent être obtenues par écrit, en pourcentage et non en formulation commerciale.
- Les frais sur versement, prélevés sur chaque somme déposée
- Les frais de gestion annuels, prélevés sur l'encours
- Les frais d'arbitrage, facturés à chaque changement de support
Sur un fonds en euros servant 2,18 % net d'impôt, 0,80 % de frais ramène le net à 1,38 %, sous le Livret A. C'est pourquoi choisir la meilleure assurance vie se joue d'abord sur les frais, pas sur la performance passée.
Troisième couche, retirer l'inflation
Le tableau des rendements réels
| Support | Brut | Net d'impôt | Net de frais | Rendement réel |
|---|---|---|---|---|
| Livret d'épargne populaire | 2,50 % | 2,50 % | 2,50 % | 0,49 % positif |
| Compte à terme | 3,10 % | 2,17 % | 2,17 % | 0,17 % positif |
| Livret A | 1,70 % | 1,70 % | 1,70 % | 0,29 % négatif |
| Plan d'épargne logement | 2,00 % | 1,40 % | 1,40 % | 0,59 % négatif |
| Fonds en euros avec 0,80 % de frais | 2,63 % | 2,18 % | 1,38 % | 0,61 % négatif |
Inflation de référence retenue à 2 % par an, rendement réel calculé par la formule exacte et non par soustraction. Les rendements non garantis peuvent varier, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Les supports qui perdent du pouvoir d'achat
Un Livret d'épargne réglementé à 1,70 % perd 0,29 % de pouvoir d'achat par an face à une inflation de 2 %. Le plan d'épargne logement en perd 0,59 %, et un fonds en euros chargé à 0,80 % de frais 0,61 %. Le capital progresse en euros mais recule en valeur réelle, mécanique qui reste invisible sur un relevé bancaire.
La seule comparaison qui vaut
Comparer un livret exonéré à 1,70 % et un compte à terme à 3,10 % brut n'a aucun sens tant que les deux ne sont pas ramenés au même standard : 1,70 % contre 2,17 % net, puis 0,29 % négatif contre 0,17 % positif en réel. L'écart initial de 1,40 point se réduit à 0,46 point. C'est ce dernier chiffre qui mesure l'enrichissement.
Les pièges de présentation des taux
Le taux cumulé présenté comme annuel
Une performance de 60 % sur dix ans correspond à 4,81 % par an, et non aux 6 % que donnerait une division par la durée. Sur cinq ans, 30 % cumulés valent 5,39 % annualisés contre 6 % en apparence. La division par le nombre d'années surestime systématiquement le rendement, parce qu'elle ignore la capitalisation des gains.
Le taux promotionnel de quelques mois
Un livret affichant 5,25 % pendant quatre mois puis 1,20 % le reste de l'année sert en réalité 2,55 % bruts sur douze mois, soit 1,78 % nets après le prélèvement forfaitaire. C'est à peine mieux qu'un livret réglementé à 1,70 % net, et bien moins qu'un livret d'épargne populaire. Pour égaler les 2,50 % nets de ce dernier, il faudrait 3,57 % bruts sur l'année entière.
Le taux de distribution d'une SCPI
Le taux de distribution des SCPI, 4,92 % en moyenne en 2025, est un taux brut rapporté au prix de souscription. Il ignore la fiscalité des revenus fonciers, les frais de souscription de 8 % à 12 % et l'évolution de la valeur de la part. Ramené au net pour un taux marginal de 30 %, il descend à 2,70 %.
Les erreurs de méthode les plus fréquentes
Comparer des taux de nature différente
- Opposer un taux net exonéré à un taux brut fiscalisé
- Comparer un taux garanti à un rendement passé non garanti
- Mettre sur le même plan un taux annuel et une performance cumulée
- Retenir un taux de distribution brut comme s'il était un rendement net
- Oublier que les prélèvements sociaux d'un fonds en euros sont prélevés chaque année
Négliger la date de valeur et la capitalisation
Sur un livret réglementé, les intérêts se calculent par quinzaine : un versement effectué le 2 du mois ne produit d'intérêts qu'à compter du 16. Un retrait la veille d'une fin de quinzaine fait perdre la totalité de la période. Sur un placement capitalisant, à l'inverse, les intérêts produisent eux-mêmes des intérêts, effet qui explique l'écart entre taux cumulé et taux annualisé.
Raisonner sur un taux moyen plutôt que sur son taux marginal
Le taux marginal d'imposition, soit la tranche la plus haute atteinte, est le seul pertinent pour calculer un net, car un revenu financier supplémentaire s'impose à ce taux et non au taux moyen du foyer. Le barème 2026 retient 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. Utiliser le taux moyen conduit systématiquement à surestimer le rendement net.
FAQ : rendement net d'un placement
Comment calculer le rendement net d'un placement
Multipliez le rendement brut par un moins le taux de prélèvement applicable, puis retirez les frais annuels. Un compte à terme à 3,10 % bruts soumis au prélèvement forfaitaire de 30 % donne 2,17 % nets. Pour obtenir le rendement réel, divisez un plus ce résultat par un plus l'inflation et retirez un, soit 0,17 % avec une inflation de 2 %.
Quelle différence entre rendement net et rendement réel
Le rendement net déduit la fiscalité et les frais, le rendement réel déduit en plus l'inflation. Un Livret A à 1,70 % net affiche ainsi un rendement réel de 0,29 % négatif face à 2 % d'inflation : le capital augmente en euros mais perd du pouvoir d'achat. Seul le réel mesure l'enrichissement effectif.
Faut-il soustraire l'inflation ou utiliser une formule
La formule exacte divise un plus le rendement net par un plus l'inflation, avant de retirer un. La soustraction simple reste acceptable sur de faibles taux, avec un écart de 0,6 point de base à 1,70 %, mais devient imprécise au-delà : 7,8 points de base à 6 % de rendement net. Sur un capital élevé, mieux vaut la formule exacte.
Le prélèvement forfaitaire de 30 % s'applique-t-il toujours
Non. Les livrets réglementés en sont totalement exonérés, un fonds en euros ne supporte que les 17,2 % de prélèvements sociaux, et un PEA de plus de cinq ans échappe à l'impôt sur le revenu mais pas à ces 17,2 %. L'option pour le barème progressif reste possible et devient avantageuse jusqu'à 11 % de taux marginal.
Comment convertir un rendement cumulé en taux annuel
Élevez un plus la performance cumulée à la puissance un divisé par le nombre d'années, puis retirez un. Une hausse de 60 % sur dix ans équivaut à 4,81 % par an, et non à 6 %. Diviser la performance par la durée surestime toujours le résultat, car cette méthode ignore la capitalisation.
Les frais sont-ils vraiment déterminants
Sur longue durée, oui. Pour 10 000 € placés à 4 % bruts pendant vingt ans, des frais annuels de 2 % ramènent le capital de 21 911 € à 14 859 €, absorbant 59 % du gain. À 0,80 % de frais, la perte reste de 3 136 €. Les frais étant certains et le rendement non, ils méritent d'être examinés en premier.
Quel rendement net viser aujourd'hui
Un rendement net supérieur à 2 % permet simplement de préserver le pouvoir d'achat au niveau d'inflation actuel. Le livret d'épargne populaire, à 2,50 % nets, est le seul support garanti qui y parvient, sous conditions de revenus et dans la limite de 10 000 €. Au-delà, viser plus suppose d'accepter une absence de garantie en capital.
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