✍ Les points à retenir
- Le coût d'un rachat de crédit additionne les frais initiaux, les intérêts du nouveau prêt et l'assurance emprunteur, étalée sur toute la durée.
- À titre indicatif, les frais initiaux représentent souvent 3 à 8 % du montant racheté, selon qu'une garantie sur un bien est prise ou non.
- Les indemnités de remboursement anticipé sont plafonnées par la loi, avec des dispenses différentes pour un crédit à la consommation et un prêt immobilier.
- Allonger la durée fait baisser la mensualité mais augmente le coût total : comparez le total remboursé avec le total restant dû sur vos crédits.
- Le point mort, frais initiaux divisés par l'économie mensuelle, indique le nombre de mois nécessaires avant que le rachat devienne rentable.
Combien coûte un rachat de crédit ?
Le coût d'un rachat de crédit additionne trois éléments : les frais initiaux, les intérêts du nouveau prêt et l'assurance emprunteur. Les frais initiaux regroupent frais de dossier, indemnités dues aux prêteurs soldés, frais de garantie, assurance et honoraires d'intermédiaire.
À titre indicatif, selon les montages, ils représentent souvent 3 à 8 % du montant racheté, soit 3 000 à 8 000 € pour 100 000 € de crédits réunis par le regroupement de crédits. L'écart tient surtout à la présence ou non d'une garantie sur un bien.
| Catégorie de frais | Sans garantie | Avec garantie sur un bien | Négociable ? |
|---|---|---|---|
| Frais de dossier | Pourcentage du montant ou forfait, selon l'organisme | Similaires ou supérieurs | Oui, par négociation |
| Indemnités sur les crédits soldés | Crédit à la consommation : au plus 1 % du montant remboursé | Prêt immobilier soldé : au plus 6 mois d'intérêts, dans la limite de 3 % du capital restant dû | Partiellement, selon le créancier |
| Frais de garantie et notariaux | Non applicables | Proportionnels au montant garanti, variables selon la formule | Partiellement, par le choix de la garantie |
| Assurance emprunteur | Facultative ou exigée selon l'organisme | Généralement exigée, coût étalé sur toute la durée | Oui, par un contrat externe équivalent |
| Honoraires d'intermédiaire | Variables, dus après déblocage | Variables, dus après déblocage | À comparer aux économies obtenues |
Ces postes figurent séparément dans l'offre, jamais en une somme unique. C'est pourtant leur addition, avec les intérêts, qui décide de l'intérêt de l'opération.
Quels sont les cinq postes de frais, un par un ?
Frais de dossier
Ils couvrent l'étude, le montage et la mise en place administrative du nouveau prêt. Leur mode de calcul varie selon l'organisme : un pourcentage du montant racheté dans les dossiers courants, ou un forfait sur les petits montants.
Certains organismes les affichent à zéro. Vérifiez alors le taux proposé : une gratuité affichée est parfois compensée par un TAEG plus élevé, ce qui coûte plus cher sur la durée. C'est le poste le plus facilement négociable, en particulier sur les montants élevés.
Indemnités de remboursement anticipé
Elles sont dues aux prêteurs dont les crédits sont soldés, dans des limites qui dépendent de la nature du crédit. Sur un crédit immobilier, l'indemnité ne peut dépasser six mois d'intérêts ni 3 % du capital restant dû, le plus faible des deux s'appliquant. Sur un crédit à la consommation, elle est limitée à 1 % du montant remboursé par anticipation, 0,5 % si la durée résiduelle est d'un an au plus.
Les dispenses diffèrent aussi. Sur un crédit à la consommation, aucune indemnité n'est due sur un crédit renouvelable ni lorsque le montant remboursé sur douze mois ne dépasse pas 10 000 €. Sur un crédit immobilier, la dispense vaut en cas de vente du bien liée à un changement de lieu de travail, à la cessation forcée de l'activité ou au décès. Les indemnités de remboursement anticipé se vérifient donc contrat par contrat avant d'estimer le coût total.
Frais de garantie et frais notariaux
Ils n'existent que si le prêteur exige une garantie, en pratique lorsque le montage s'appuie sur un bien immobilier, et leur montant est proportionnel à la somme garantie. Deux formules sont utilisées pour un rachat de crédit :
- L'hypothèque : la plus coûteuse au départ, avec acte notarié, émoluments du notaire, taxe de publicité foncière et contribution de sécurité immobilière, puis frais de mainlevée si le prêt est soldé avant son terme.
- La caution d'un organisme spécialisé : sans frais notariaux, avec une cotisation dont une partie peut être restituée en fin de prêt, selon le contrat.
Ce sont ces frais qui expliquent l'essentiel de l'écart de coût entre un regroupement avec garantie et un regroupement sans garantie.
Assurance emprunteur
Elle peut peser lourd sur la durée, et c'est le seul poste payé mois après mois. Son coût dépend de l'âge, du capital assuré, de la durée et de l'état de santé ; sa part augmente avec la durée et l'âge de l'emprunteur. Elle se compare avec le TAEA, le taux annuel effectif de l'assurance, et entre dans le TAEG lorsqu'elle conditionne l'octroi du prêt.
Frais de courtage
Ils rémunèrent la recherche du prêteur, le montage du dossier et la négociation des conditions. Leur montant est indiqué dans le mandat signé avant toute démarche, et ils ne sont dus qu'une fois l'opération aboutie.
Ils se jugent en face de ce qu'ils permettent d'obtenir : un meilleur taux, des frais réduits ou un montage accepté après un refus en direct. Sur un dossier simple, la démarche en direct suffit souvent.
Quel est le coût total d'un rachat, intérêts compris ?
Les frais initiaux ne disent pas tout. Le coût total d'un regroupement se calcule ainsi : mensualité multipliée par le nombre de mois, plus les frais initiaux réglés comptant, moins le capital restant dû sur les crédits rachetés. Si les frais sont intégrés au prêt, ils sont déjà compris dans la mensualité.
La règle de vérification tient en une ligne : le total remboursé après le rachat, mensualité multipliée par le nombre de mois plus les frais réglés comptant, doit être comparé au total restant dû sur les crédits actuels, mensualités actuelles multipliées par les mois restants. Sans cette comparaison, la baisse de mensualité peut n'être qu'une illusion de gain.
La durée pèse plus que tout le reste. Allonger le remboursement fait baisser la mensualité, mais chaque mois supplémentaire ajoute des intérêts. Le même mécanisme s'observe sur le rachat de crédit immobilier, avec un prêt immobilier seul ; l'exemple ci-dessous porte sur des crédits à la consommation.
Un exemple chiffré avant / après
Hypothèses illustratives, hors assurance. Un emprunteur rembourse trois crédits à la consommation, soit environ 30 000 € de capital restant dû et 700 € de mensualités :
- un prêt personnel : 280 € par mois pendant encore 60 mois (taux de 6 %) ;
- un crédit auto : 230 € par mois pendant encore 48 mois (taux de 5 %) ;
- un crédit renouvelable : 190 € par mois pendant encore 40 mois environ (taux de 20 %).
Le total restant dû sur ces crédits atteint 35 440 €. Le regroupement porte sur 30 595 € : les 30 000 € de capital, 450 € de frais de dossier et 145 € d'indemnités sur le prêt personnel, le crédit auto et le crédit renouvelable en étant dispensés. Le taux du nouveau prêt est fixé à 5,5 % pour les deux durées comparées.
| Situation | Mensualité | Durée | Total restant dû | Écart avec la situation actuelle |
|---|---|---|---|---|
| Crédits actuels | 700 € | 40 à 60 mois | 35 440 € | Référence |
| Regroupement sur 60 mois | 584 € | 60 mois | 35 064 € | −376 € |
| Regroupement sur 84 mois | 440 € | 84 mois | 36 931 € | +1 491 € |
Sur 60 mois, la mensualité baisse de 116 € et le coût total diminue légèrement, parce que le crédit renouvelable, le plus cher, est remboursé à un taux plus bas. Sur 84 mois, la mensualité baisse de 260 €, mais l'emprunteur paie environ 1 500 € de plus au total. Les deux montages peuvent se justifier : le choix se fait sur la marge dont le budget a besoin chaque mois.
Quand et comment ces frais sont-ils payés ?
Deux modalités existent. Les frais peuvent être réglés comptant au moment du déblocage, ou intégrés au capital financé. Dans le second cas, la trésorerie n'est pas entamée, mais les frais sont empruntés : ils sont remboursés avec intérêts sur toute la durée du prêt, ce qui les renchérit.
Le principe protecteur est simple : rien n'est dû tant que les fonds ne sont pas versés. Les frais de dossier ne sont exigibles qu'après acceptation de l'offre, et aucune somme ne doit être versée pour une simple étude.
La règle vaut aussi pour le courtier en rachat de crédits : ses honoraires ne peuvent être perçus qu'une fois les fonds effectivement débloqués, jamais à la signature du mandat ni pendant l'instruction. Une demande de paiement avant le déblocage doit conduire à interrompre la démarche.
Les frais annulent-ils le gain du rachat ?
La réponse tient dans un calcul, le point mort : frais initiaux totaux divisés par l'économie mensuelle nette, ce qui donne le nombre de mois avant que l'opération devienne rentable. Quatre mille euros de frais pour 150 € d'économie mensuelle donnent 27 mois. Si le bien doit être vendu ou le prêt soldé avant ce terme, l'opération aura coûté plus qu'elle n'a rapporté.
Encore faut-il mesurer cette économie sur des bases comparables : une baisse obtenue en allongeant le remboursement se paie en intérêts supplémentaires, contrairement à une baisse obtenue sur le taux.
Le point mort est atteint bien plus vite sur un montage sans garantie, où les frais initiaux se limitent au dossier et aux indemnités. Il s'éloigne dès que des frais notariaux entrent dans le calcul.
Reste l'indicateur global : le TAEG, qui intègre le taux, les frais de dossier obligatoires, les frais de garantie et l'assurance lorsqu'elle est exigée. C'est le seul chiffre qui permette, lors de la lecture d'une offre de rachat, de comparer deux propositions de structures différentes.
« Les frais d'un rachat de crédit ne sont pas un problème s'ils sont intégrés dans le calcul total. Le problème, c'est quand l'emprunteur compare la mensualité réduite avec ses mensualités actuelles sans voir que les frais initiaux annulent plusieurs mois d'économie mensuelle. Sur un montage avec garantie, les frais notariaux à eux seuls repoussent nettement le moment où l'opération devient rentable. Ce calcul du point mort est le premier que l'emprunteur devrait faire avant de signer. »
Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits
Le TAEG a une limite : il se calcule sur la durée du prêt proposé. Deux offres de durées différentes se comparent donc aussi sur le total remboursé.
Pour comparer des offres sur leur coût total et non sur la seule mensualité, le comparateur de rachat de crédits met plusieurs organismes en concurrence.
Comment réduire les frais d'un rachat de crédit ?
Six leviers, classés par effet réel sur la facture :
- Écarter la garantie quand elle n'est pas nécessaire : c'est le poste qui pèse le plus au départ. Le calcul du point mort tranche entre les deux formules.
- Choisir la formule de garantie la moins coûteuse lorsqu'elle est indispensable : la caution évite les frais notariaux de l'hypothèque.
- Demander la réduction des indemnités aux prêteurs soldés, en particulier en fin de contrat où le capital restant dû est faible.
- Négocier les frais de dossier, surtout sur les montants importants, où le pourcentage fait vite plusieurs centaines d'euros.
- Comparer l'assurance dès la souscription plutôt qu'après : un contrat externe peut être présenté d'emblée si ses garanties équivalent à celles exigées.
- Faire jouer la concurrence entre prêteurs sur le TAEG complet et le total remboursé, pas sur la mensualité affichée.
Le poste assurance est celui qui laisse le plus de marge sur la durée. Pour l'assurance d'un rachat de crédit, présenter un contrat externe suppose des garanties équivalentes à celles que le prêteur exige ; lorsque le montage relève du crédit immobilier, un refus doit être motivé.
FAQ : frais et coût d'un rachat de crédit
Peut-on intégrer les frais au montant financé plutôt que les payer comptant ?
Oui, c'est une pratique courante. Les frais de dossier, les indemnités et les frais de garantie sont alors ajoutés au capital emprunté. La contrepartie est qu'ils portent intérêt : à durée égale, la mensualité et le coût total augmentent. Réglés comptant, ils coûtent moins cher mais mobilisent une épargne disponible.
Doit-on avancer des frais avant la signature ?
Non. Aucune somme n'est due pour l'étude d'un dossier, et les honoraires d'un intermédiaire ne peuvent être perçus qu'après le versement effectif des fonds. Toute demande de paiement avant le déblocage doit conduire à interrompre la démarche et à vérifier l'immatriculation de l'interlocuteur.
Les indemnités s'appliquent-elles à tous les crédits rachetés ?
Non. Les crédits renouvelables n'en génèrent pas, et un crédit à la consommation en est dispensé lorsque le montant remboursé sur douze mois ne dépasse pas 10 000 €. Au-delà, les prêts personnels et les crédits immobiliers en génèrent, dans les limites légales, sauf clause contractuelle plus favorable ou cas de dispense. Chaque contrat se vérifie séparément.
Les frais de dossier sont-ils toujours inclus dans le TAEG ?
Les frais obligatoires pour obtenir le prêt, dont les frais de dossier, entrent dans le TAEG. Les frais conditionnels, comme une assurance facultative ou des frais de modification ultérieure, n'y figurent pas. Demandez le détail de la composition du TAEG : sans lui, la comparaison entre deux offres n'est pas fiable.
Combien coûtent les frais sur un rachat de 100 000 euros ?
À titre indicatif, comptez souvent 3 000 à 8 000 € de frais initiaux : le bas de la fourchette pour un montage sans garantie, le haut pour une opération avec hypothèque. Les intérêts et l'assurance s'y ajoutent sur la durée.
Peut-on rembourser par anticipation sans frais après le rachat ?
Cela se lit dans le nouveau contrat. Les indemnités restent plafonnées par la loi, mais elles ne disparaissent pas d'elles-mêmes. Si un remboursement anticipé est envisagé, leur suppression se négocie au moment de la signature et se vérifie dans les conditions particulières.
Un rachat de crédit coûte-t-il plus cher que de garder ses crédits actuels ?
Souvent oui en coût total dès que la durée s'allonge, même lorsque le taux est plus bas. Dans l'exemple chiffré de ce guide, un regroupement sur 60 mois coûte environ 376 € de moins que les crédits actuels, mais le même regroupement sur 84 mois coûte environ 1 491 € de plus. Le rachat se justifie alors par la baisse de mensualité, pas par une économie globale.
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