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Ouafâa MACHRI

Écrit par Ouafâa MACHRIVérifié par Arsalain EL KESSIR

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✍ Les points à retenir

  • Un rachat de crédit sans CDI est possible lorsque les revenus sont réguliers sur plusieurs années et que la gestion bancaire est saine.
  • Intérimaires, salariés en CDD, indépendants et retraités sont étudiés, chacun avec ses justificatifs et une ancienneté appréciée selon les organismes.
  • Un co-emprunteur en CDI, une caution ou une garantie sur un bien immobilier peuvent rendre recevable un dossier jugé fragile.
  • Sans CDI, l'endettement est apprécié plus strictement autour du repère de 35 %, et le taux proposé est en général plus élevé.
  • Un CDI encore en période d'essai est rarement considéré comme un CDI : le dossier est alors apprécié comme un profil sans contrat stable.

Peut-on obtenir un rachat de crédit sans CDI ?

Oui. Un rachat de crédit sans CDI est envisageable lorsque les revenus sont réguliers sur plusieurs années et que la gestion bancaire est saine. Quand ces éléments ne suffisent pas, une garantie (co-emprunteur, caution ou bien immobilier) compense l'absence de contrat à durée indéterminée.

Le principe est simple : le regroupement de crédits solde, par un nouveau prêt, les crédits en cours et remplace leurs échéances par une mensualité unique, adaptée aux revenus réels de l'emprunteur. Sans CDI, l'organisme examine simplement ces revenus de plus près.

Justifier de revenus réguliers et stables

Pour compenser l'absence de CDI, l'emprunteur doit démontrer que ses revenus sont suffisamment réguliers et durables pour honorer la nouvelle mensualité. Selon les organismes, peuvent être retenus :

  • Revenus d'activité indépendante (micro-entrepreneur, freelance, profession libérale), le plus souvent avec plusieurs années d'ancienneté.
  • Revenus locatifs réguliers justifiés par des baux et des relevés bancaires.
  • Pensions de retraite ou d'invalidité, parmi les revenus les plus stables.
  • Allocations chômage ou AAH : leur prise en compte varie d'un organisme à l'autre, retenues pour certains, écartées pour d'autres.
  • Salaires en CDD ou en intérim avec des missions ou des renouvellements réguliers, le plus souvent sur plusieurs années.

Respecter un taux d'endettement raisonnable

Le taux d'endettement après l'opération est comparé au repère souvent retenu d'environ 35 % des revenus nets. Pour un profil sans CDI, ce ratio est apprécié plus strictement. Le reste à vivre, c'est-à-dire le montant disponible après toutes les charges, est tout aussi déterminant, surtout pour un foyer avec enfants.

Apporter des garanties supplémentaires

Un co-emprunteur en CDI, une caution personnelle ou solidaire, ou une garantie sur un bien immobilier : ces éléments peuvent rendre recevable un dossier jugé fragile. Une gestion bancaire irréprochable sur les derniers mois (ni découvert, ni rejet, ni incident) constitue un atout supplémentaire.

« Ne pas être en CDI ne signifie pas être inéligible au rachat de crédits. Ce qui compte avant tout, c'est la régularité des revenus sur la durée et la cohérence globale du dossier. Un intérimaire régulier depuis 3 ans avec une gestion bancaire saine présente souvent un meilleur profil qu'un CDI récent avec des incidents de paiement. »

Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Pourquoi le CDI est-il souvent exigé pour un rachat de crédit ?

La stabilité financière comme critère prioritaire

Lorsqu'un établissement étudie un dossier de regroupement, sa priorité est de limiter le risque d'impayés. Le CDI est la forme d'emploi la plus stable à ses yeux : il assure la régularité des revenus dans la durée et réduit le risque de perte brutale de ressources. Les titulaires d'un CDI obtiennent donc en général des conditions plus favorables.

La stabilité professionnelle n'est pourtant qu'un élément parmi les critères d'acceptation des prêteurs, aux côtés de l'endettement, du reste à vivre et de la tenue des comptes.

Ce qui change sans CDI

L'absence de CDI ne ferme pas la porte au regroupement, mais elle modifie l'équation. Les organismes compensent le risque perçu par des conditions plus restrictives : taux souvent plus élevé, durée parfois plus courte et garanties supplémentaires (caution, hypothèque, co-emprunteur). La stabilité des revenus et le comportement bancaire font l'objet d'une analyse plus approfondie.

Quels profils sans CDI peuvent faire racheter leurs crédits ?

Chaque statut hors CDI présente des spécificités que les organismes évaluent différemment :

ProfilAtouts pour le regroupementExigences spécifiques
Intérimaire / CDD Missions ou contrats réguliers, sans interruption prolongée, dans un secteur qui recrute Revenus justifiés le plus souvent sur plusieurs années ; co-emprunteur ou caution fréquemment demandé
Indépendant / Freelance Bénéfices stables ou en progression Plusieurs exercices d'activité selon les organismes, bilans comptables et avis d'imposition
Demandeur d'emploi indemnisé Allocations régulières, droits restants suffisants Allocations retenues selon les organismes ; attestation France Travail
Retraité / Pensionné Pension stable et prévisible Âge atteint en fin de prêt, fixé par chaque organisme ; assurance emprunteur plus coûteuse

Intérimaires et CDD : la continuité comme argument

L'enchaînement de missions ou de contrats sans interruption significative est le signal le plus rassurant. Des relevés de salaire sur plusieurs années, une attestation de l'agence d'intérim confirmant la régularité des missions et un secteur qui recrute renforcent nettement le dossier.

Indépendants : la viabilité de l'activité

Les organismes analysent le chiffre d'affaires, la marge nette et la trésorerie sur plusieurs exercices. Un bénéfice stable ou en progression est un signal fort. Une activité réglementée et installée depuis longtemps est en général mieux perçue qu'une micro-entreprise récente.

Retraités et pensionnés : la stabilité naturelle

La pension compte parmi les revenus les plus stables. La difficulté tient à l'âge atteint en fin de prêt, limité par chaque organisme, qui restreint la durée possible du regroupement, et au coût plus élevé de l'assurance emprunteur. Un retraité propriétaire peut aussi proposer une garantie sur son bien.

Chaque statut a ses propres règles d'appréciation des revenus : le rachat par statut professionnel précise, pour le salarié en contrat court, l'indépendant ou le retraité, les justificatifs et l'ancienneté attendus.

Quels documents fournir pour un rachat sans CDI ?

Justificatifs d'identité et de situation

Pièce d'identité en cours de validité, justificatif de domicile de moins de 3 mois et livret de famille en cas de co-emprunteur. Pour un indépendant, un extrait Kbis ou une attestation d'inscription à l'URSSAF est nécessaire.

Justificatifs de revenus et bancaires

Trois derniers bulletins de salaire (ou attestations de missions pour un intérimaire), avis d'imposition, bilans comptables pour un indépendant, attestation France Travail pour un demandeur d'emploi. Les derniers relevés de tous les comptes bancaires et les tableaux d'amortissement des crédits en cours complètent le dossier.

Garanties éventuelles

Acte de propriété pour une garantie sur un bien, pièce d'identité et justificatifs de revenus du co-emprunteur ou de la caution. Un dossier complet et bien organisé accélère le traitement et augmente les chances d'acceptation.

Sans CDI, l'ordre et la lisibilité des pièces comptent autant que leur contenu : la constitution d'un dossier de rachat passe par un classement qui met en évidence la régularité des revenus sur plusieurs années.

Quels avantages et quels inconvénients sans CDI ?

Sans CDI, le regroupement garde ses atouts habituels, mais ses contreparties sont plus marquées.

Les avantages

  • Réduction des mensualités : les charges sont allégées en réunissant plusieurs crédits en une seule échéance, adaptée à la capacité financière.
  • Gestion simplifiée : un seul interlocuteur bancaire et un seul prélèvement mensuel.
  • Anticipation des difficultés : retrouver un équilibre budgétaire avant que la situation ne se dégrade.
  • Adaptabilité : la formule est ouverte aux indépendants, intérimaires, salariés en CDD et retraités, les propositions tenant compte des revenus réels.

Les inconvénients

  • Taux souvent plus élevé : le profil est perçu comme plus risqué, ce qui se répercute sur le coût du crédit.
  • Garanties supplémentaires : caution, hypothèque ou co-emprunteur souvent exigés.
  • Critères d'acceptation stricts : analyse approfondie de la situation, accord plus difficile à obtenir.
  • Allongement de la durée : la baisse de mensualité augmente le coût total en intérêts.

Ces inconvénients se mesurent en euros : le coût d'un rachat de crédit additionne frais initiaux, intérêts et assurance, et un taux plus élevé pèse d'autant plus que la durée est longue.

Exemple concret de rachat de crédits sans CDI

Julie, intérimaire depuis 5 ans dans le secteur médical, perçoit en moyenne 1 800 € par mois. Elle rembourse un crédit auto (220 € par mois), un prêt personnel (180 € par mois) et des crédits renouvelables (150 € par mois), soit 550 € de mensualités et un endettement de 30,6 %.

Son dossier s'appuie sur des missions régulières depuis 5 ans, des relevés bancaires sans incident et une attestation de son agence d'intérim confirmant la continuité des missions.

Hypothèses illustratives : 19 600 € de capital restant dû regroupés sur 6 ans (72 mois) à un taux de 6,5 %. La mensualité unique s'établit à environ 330 €, ce qui ramène son endettement à 18,3 %. Julie retrouve une marge de sécurité en cas de creux entre deux missions. En contrepartie, le regroupement représente environ 4 120 € d'intérêts sur la durée.

Comment réussir sa demande de rachat sans CDI ?

Soigner le dossier et l'argumentation

Présentez tous les documents de façon claire et anticipez les objections. Mettez en avant la régularité de vos revenus sur les dernières années, l'absence d'incident bancaire et la cohérence entre vos charges et vos ressources. Une lettre d'accompagnement expliquant votre parcours professionnel et vos perspectives peut faire la différence.

Faire appel à un courtier spécialisé

Le courtier en rachat de crédits sait quels organismes étudient les revenus hors CDI et quelles garanties chacun demande, et adapte la présentation du dossier en conséquence. Il négocie les conditions, taux et assurance compris.

Sa rémunération figure dans le mandat, et aucune somme ne peut lui être versée avant le déblocage effectif des fonds prêtés.

Pour savoir quels organismes étudient un dossier comme le vôtre, le comparateur de rachat de crédits soumet votre situation à plusieurs prêteurs.

Quelles alternatives si le rachat est refusé ?

Si le regroupement n'est pas accessible, d'autres solutions existent :

  • Négociation directe avec les créanciers : réduction temporaire des mensualités, allongement de la durée ou report d'échéances.
  • Microcrédit personnel accompagné : distribué par des banques partenaires avec l'appui d'associations ou de services sociaux, il finance surtout des projets d'insertion, comme un véhicule pour se rendre au travail ou une formation, et non le remboursement de dettes.
  • Accompagnement budgétaire : CCAS, associations spécialisées, aides d'urgence et soutien administratif.
  • Vente d'un actif : céder un véhicule ou un bien non indispensable pour solder certaines dettes.

Lorsque les dettes ne peuvent plus être remboursées, la procédure de surendettement auprès de la Banque de France permet d'obtenir un plan de remboursement adapté, voire un effacement partiel des dettes.

FAQ : rachat de crédit sans CDI

Le rachat de crédit sans CDI est-il systématiquement refusé ?

Non. Il est possible dès lors que l'emprunteur démontre une stabilité financière suffisante. L'organisme se prononce sur le niveau des revenus, leur régularité, la tenue des comptes et les garanties apportées.

Le taux est-il forcément plus élevé sans CDI ?

Dans la plupart des cas, oui : l'incertitude liée au statut professionnel se traduit dans le taux proposé. Une garantie sur un bien ou un co-emprunteur en CDI permet de réduire cet écart.

Peut-on inclure tous les types de crédit ?

Le regroupement peut intégrer les prêts personnels, crédits à la consommation, crédits renouvelables, découverts et, dans certains montages, un prêt immobilier. Le périmètre dépend de l'organisme et des garanties disponibles.

Faut-il obligatoirement une caution ou un co-emprunteur ?

Ce n'est pas systématique. Une caution ou un co-emprunteur en CDI augmente nettement les chances d'accord et peut améliorer les conditions. Sans garantie, le dossier doit compenser par une ancienneté longue et des revenus très réguliers.

Combien de temps dure la procédure ?

Le délai dépend surtout de la garantie et de la complexité du dossier. Un regroupement sans garantie se traite plus rapidement qu'un montage avec hypothèque, qui suppose une expertise et l'intervention d'un notaire. Un dossier complet dès le dépôt réduit le temps d'instruction.

Un CDI en période d'essai compte-t-il comme un CDI ?

Rarement. Tant que la période d'essai court, le contrat peut être rompu facilement, et la plupart des organismes attendent qu'elle soit terminée pour le considérer comme un CDI. Le dossier est alors apprécié comme celui d'un profil sans contrat stable, à moins de présenter un co-emprunteur ou une garantie.

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