Si les Français affichent une réelle prise de conscience quant à la nécessité d'anticiper la baisse de leurs revenus à la retraite, leurs arbitrages financiers ne traduisent pas encore pleinement cette intention. Malgré un Plan d'Épargne Retraite (PER) en forte progression, atteignant 150,4 milliards d'euros d'en-cours fin 2025, une étude du Boston Consulting Group (BCG) met en lumière un déficit de notoriété des produits spécialisés et un manque de conseil de proximité.
L'écart entre la volonté d'épargner pour ses vieux jours et les montants réellement investis souligne un important besoin de pédagogie et d'accompagnement de la part des professionnels du secteur financier.
Un produit phare en croissance mais un déficit global d'information
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) confirme son succès statistique avec 12,9 millions de titulaires et 150,4 milliards d'euros d'en-cours enregistrés à la fin de l'année 2025. Pourtant, l'enquête menée par le BCG auprès de 6 000 Européens montre que les mécanismes d'épargne dédiés restent largement méconnus en France :
Seuls 48 % des actifs français interrogés déclarent connaître les solutions individuelles de préparation à la retraite (PERI), et ce chiffre tombe à 32 % concernant les dispositifs collectifs d'entreprise. Par comparaison, les véhicules de placement traditionnels bénéficient d'une notoriété bien plus ancrée à l'échelle européenne, avec 87 % d'identification pour les livrets d'épargne bancaires et 71 % pour l'assurance-vie.
Une volonté affirmée de réorienter le patrimoine familial
Ce manque de maîtrise technique n'équivaut pas à une désinvolture budgétaire. Chez les Européens détenant un patrimoine inférieur à 250 000 € (immobilier compris), 80 % estiment ne pas disposer d'une préparation financière suffisante pour faire face à leur arrêt d'activité.
Une fois les fonctionnalités et la fiscalité de ces placements expliquées, l'appétence des épargnants s'accroît nettement : 74 % des sondés se disent intéressés. En France, les répondants expriment le souhait de consacrer idéalement 22 % de leur patrimoine global à la préparation de leur retraite, alors que cette part n'atteint que 13 % actuellement.
Digitalisation et conseil : les leviers pour déclencher l'investissement
Le déficit d'accompagnement constitue le principal frein à la conversion des intentions en versements réels. Seuls 17 % des Français indiquent avoir été sensibilisés à la thématique de la retraite à l'initiative d'un conseiller bancaire, d'un assureur, d'un courtier ou d'un gestionnaire de patrimoine.
Afin de renforcer la confiance et de stimuler le passage à l'action, la moitié des répondants préconise le déploiement d'outils digitaux de simulation financière et de projection de revenus futurs. L'automatisation des versements programmés, combinée à un suivi budgétaire régulier du foyer, est également perçue comme le moyen le plus efficace d'allouer une capacité d'épargne pérenne sans déséquilibrer les finances personnelles au quotidien.
Source : Étude Boston Consulting Group (BCG) / Les Échos (septembre 2026).