Pas de gel du barème de l'impôt sur le revenu l'an prochain. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit de relever de 2,1 % les seuils de chaque tranche, au rythme de l'inflation attendue en 2026. Une mesure qui évite une hausse d'impôt mécanique pour les foyers dont les revenus ont simplement suivi la hausse des prix.
Chaque année, le gouvernement doit décider s'il revalorise ou non les tranches du barème. En l'absence d'indexation, un salarié dont la rémunération progresse au même rythme que les prix paierait davantage d'impôt, sans pour autant gagner en pouvoir d'achat. Le gouvernement, qui avait écarté l'option d'un gel malgré la recherche d'économies, a confirmé une revalorisation de 2,1 % dans le texte publié le 1er octobre.
Les nouvelles tranches du barème
Ce barème s'appliquera aux revenus perçus en 2026, déclarés au printemps 2027. Les taux restent inchangés, seuls les seuils sont relevés :
- 0 % jusqu'à 11 844 € par part (contre 11 600 € auparavant) ;
- 11 % de 11 844 € à 30 200 € ;
- 30 % de 30 200 € à 86 353 € ;
- 41 % de 86 353 € à 185 737 € ;
- 45 % au-delà de 185 737 €.
Les grilles du taux par défaut du prélèvement à la source, utilisées notamment par les salariés qui ne souhaitent pas transmettre leur taux personnel à leur employeur, sont revalorisées dans les mêmes proportions.
Ce que la mesure change concrètement
Prenons un célibataire dont le revenu imposable passe de 30 000 € à 30 630 €, soit une hausse de 2,1 % équivalente à l'inflation. Avec un barème gelé, son impôt passerait d'environ 2 104 € à 2 293 €, soit près de 190 € de plus. Avec le barème revalorisé, il s'établirait à environ 2 148 €, une hausse limitée et proportionnelle à celle de son revenu.
Selon les estimations, l'indexation évite ainsi une hausse d'impôt à environ 20 millions de foyers. Elle empêche aussi certains ménages modestes de devenir imposables alors que leur situation réelle n'a pas changé, ce qui aurait pu leur faire perdre certains avantages liés au revenu.
Un taux encore susceptible d'évoluer
Le taux de 2,1 % correspond à la prévision d'inflation pour 2026. Le Parlement, qui examine le budget jusqu'en décembre, pourra l'ajuster en fonction des derniers chiffres de l'Insee, alors que l'inflation est repartie à la hausse ces derniers mois sous l'effet de l'énergie.
Cette revalorisation ne compense pas les autres mesures du budget qui concernent certains contribuables, comme la baisse du plafond de l'abattement de 10 % des retraités, ramené à 3 000 €. Pour comparer, vous pouvez retrouver le détail du barème appliqué cette année.
Source : projet de loi de finances pour 2027