Livret A à 1,7 % au 1er août 2026 : faut-il y remettre de l'argent ?

Après une longue série de baisses, le taux du Livret A repart à la hausse. À compter du 1er août 2026, il passe de 1,5 % à 1,7 %, sa première revalorisation depuis février 2023. Une bonne nouvelle pour les 58 millions de Français qui détiennent ce placement, mais qui mérite d'être remise en perspective.
Ce qui change au 1er août 2026
Le taux du Livret A, également applicable au LDDS, s'établit désormais à 1,7 %. Le Livret d'Épargne Populaire (LEP), lui, est maintenu à 2,5 % alors que la formule de calcul aurait conduit à 2,2 % : le gouvernement a choisi de préserver ce « coup de pouce » en faveur de l'épargne populaire.
Cette hausse s'explique par la remontée de l'inflation constatée depuis le printemps 2026 et par la stabilisation des taux monétaires à court terme, les deux composantes de la formule de calcul appliquée par la Banque de France.
Un rendement réel qui reste sous pression
La revalorisation ne doit pas faire oublier l'essentiel : le pouvoir d'achat de votre épargne dépend de l'écart entre le taux et l'inflation.
Or l'inflation 2026 est attendue autour de 2 % par l'INSEE. Avec un Livret A à 1,7 %, le rendement réel demeure donc légèrement négatif. Concrètement, l'argent placé continue de perdre un peu de pouvoir d'achat, même s'il en perd désormais moins qu'au premier semestre.
Sur un Livret A alimenté à hauteur de 22 950 € (le plafond), la hausse de 0,20 point représente un gain d'intérêts d'environ 23 € sur le semestre. Utile, mais loin de transformer le Livret A en placement de rendement.
Pourquoi tant d'épargnants avaient quitté le Livret A
Ce rebond intervient après plusieurs mois de décollecte : plus de 5 milliards d'euros ont quitté le Livret A et le LDDS depuis janvier 2026. Face à des taux jugés trop faibles, de nombreux ménages se sont tournés vers d'autres supports, notamment l'assurance-vie, dont les rendements sont apparus plus attractifs en ce début d'année.
La hausse d'août pourrait freiner ce mouvement, sans totalement l'inverser.
Livret A, LEP, assurance-vie : à chaque objectif son placement
Le Livret A reste un outil irremplaçable pour une chose : l'épargne de précaution. Disponible à tout moment, garanti par l'État, exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux, il est parfait pour loger l'équivalent de trois à six mois de dépenses courantes.
Pour aller plus loin, plusieurs pistes coexistent :
- le LEP à 2,5 %, nettement plus rémunérateur, mais réservé aux ménages sous conditions de ressources ;
- l'assurance-vie, adaptée à un horizon de moyen-long terme et à la constitution d'un capital ;
- les autres livrets réglementés (LDDS, CEL, PEL), selon les projets.
L'erreur la plus fréquente consiste à tout laisser dormir sur le Livret A au-delà de son épargne de précaution.
L'analyse d'Arsalain El Kessir
« La hausse du Livret A est une bonne nouvelle psychologique, mais il ne faut pas se tromper de combat. Un livret réglementé n'a jamais eu vocation à faire fructifier un patrimoine : son rôle est de sécuriser une réserve disponible immédiatement. La vraie question, pour un épargnant, n'est pas "quel est le meilleur taux", mais "quel placement pour quel objectif". C'est cette logique d'allocation qui protège réellement le pouvoir d'achat sur la durée. »
Arsalain El Kessir, Président de Maïa Capital, société présidente de BoursedesCrédits.com
Notre analyse
Chez BoursedesCrédits, nous considérons le Livret A pour ce qu'il est : un socle de sécurité, pas un moteur de performance. Dans un environnement où l'inflation grignote encore le rendement réel, la clé n'est pas de courir après quelques dixièmes de point, mais de structurer son épargne par objectifs : précaution, projets à court terme, constitution de capital.
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À propos de l'auteur
Arsalain El Kessir est entrepreneur et spécialiste du crédit et de l'épargne depuis plus de vingt ans. Président de Maïa Capital, société présidente de BoursedesCrédits.com, il analyse les évolutions des marchés financiers, des politiques monétaires et de la réglementation afin d'aider les particuliers à prendre les bonnes décisions financières.
Sources des données chiffrées : Banque de France et ministère de l'Économie (taux du Livret A et du LEP au 1er août 2026), Caisse des Dépôts (collecte), INSEE (inflation). Données arrêtées à juillet 2026.