Alors que les arbitrages budgétaires s'intensifient pour l'exécutif, la dette publique figure au coeur des inquiétudes de l'opinion. Selon le dernier sondage Elabe publié en septembre 2026, 85 % des Français estiment qu'il est désormais urgent de réduire le niveau de la dette, avec un niveau de très forte inquiétude en hausse continue. Si le ciblage des dépenses de l'État et des très hauts revenus recueille un soutien massif, l'opposition reste vive à l'égard de toute mise à contribution générale des actifs ou des retraités.
L'enquête d'opinion met en évidence une prise de conscience aiguë des équilibres des finances publiques, bien que les arbitrages souhaités par la population privilégient la mise à contribution ciblée des hauts revenus plutôt qu'une austérité élargie.
Sentiment d'urgence face au niveau de la dette publique
Le sentiment d'urgence progresse nettement dans l'ensemble de la population, atteignant désormais 85 % des personnes interrogées, soit une augmentation de neuf points par rapport à mai 2023. La part des citoyens qui qualifient la situation de « très urgente » s'élève à 47 %, enregistrant une hausse de sept points en quelques semaines. Si cette inquiétude traverse toutes les tranches d'âge, elle s'avère particulièrement marquée chez les séniors, touchant 52 % des plus de 50 ans contre 38 % des 18-24 ans.
Refus d'un effort généralisé et soutien au ciblage fiscal
Les Français rejettent massivement l'idée d'un effort budgétaire indifférencié qui viendrait impacter directement leur pouvoir d'achat. Ainsi, 82 % des sondés refusent de solliciter l'ensemble des retraités et 73 % s'opposent à une mise à contribution globale de tous les actifs. À l'inverse, les mesures ciblées recueillent une très large adhésion : 84 % des répondants souhaitent mettre à contribution les entreprises réalisant les plus gros bénéfices, 80 % visent les ménages les plus aisés, 74 % les actifs à hauts revenus et 61 % les retraités les plus fortunés. En revanche, l'idée de faire contribuer l'ensemble du tissu entrepreneurial sans distinction se heurte au refus de 60 % des personnes interrogées.
Pistes de réduction des dépenses publiques privilégiées
Pour résorber ce déficit, la réduction du train de vie de l'État s'impose comme la solution prioritaire aux yeux des Français, citée par 67 % d'entre eux. La diminution globale des dépenses publiques arrive en deuxième position avec 44 % des suffrages, suivie par la hausse de la fiscalité sur les grands groupes à hauteur de 37 %. D'autres leviers sont évoqués dans des proportions moindres, comme la relance de la croissance économique et la baisse des dépenses sociales, plébiscitées par 32 % des répondants. Enfin, l'augmentation générale des impôts reste très largement impopulaire, ne rassemblant que 11 % de soutien pour les entreprises et 5 % pour les ménages particuliers.
Source : Étude Elabe - Les Français et la dette publique (septembre 2026).