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Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIRVérifié par Ouafâa MACHRI

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • À taux de fonds en euros identique, les contrats vont d'une cinquantaine à plus de deux mille supports, et de zéro à 2,75 % de frais d'entrée.
  • Sur un versement de 50 000 euros, ces 2,75 % représentent 1 375 euros, soit l'équivalent d'une année entière de rendement du fonds en euros.
  • La moyenne servie sur huit ans ressort à 1,89 % : les 2,75 % récents marquent une remontée, non un niveau habituel.
  • Le fonds investi en non coté exige deux euros en unités de compte pour chaque euro placé, et ne garantit que 97 % du capital.
  • Les contrats du réseau bancaire excluent les fonds indiciels cotés et les titres en direct, pourtant disponibles ailleurs chez le même assureur.

Quelle place cet assureur occupe-t-il ?

BNP Paribas Cardif est la filiale d'assurance du groupe BNP Paribas, créée en 1973 et présente dans une trentaine de pays. Elle gérait environ 302 milliards d'euros d'actifs en 2025 et travaille avec plus de cinq cents partenaires distributeurs.

En France, elle porte le risque de contrats commercialisés par le réseau bancaire du groupe, par des courtiers en ligne et par des conseillers en gestion de patrimoine. Elle ne vend rien sous son seul nom auprès du public.

Plus de la moitié de son activité se réalise hors du groupe, ce qui explique la diversité des contrats portant sa signature parmi les solutions d'épargne disponibles.

Un même fonds en euros, des contrats très inégaux

C'est le point que les comparaisons manquent presque toujours. L'assureur sert le même taux à tous ses contrats, quel que soit le canal, mais les conditions commerciales varient du tout au tout :

Canal de distributionFrais sur versementGestion des unités de compteNombre de supports
Réseau bancaire du groupe Jusqu'à 2,75 % 0,96 % par an Une cinquantaine
Courtage en ligne 0 % 0,50 % en gestion libre Plus de 2 000
Conseil en gestion de patrimoine 0 % sur la gamme dédiée 1 % par an Plus de 1 400

L'écart est considérable : un facteur quarante sur le nombre de supports, et 2,75 points de frais d'entrée sur un contrat qui sert exactement le même fonds en euros que les deux autres.

Sur un versement de 50 000 euros, ces 2,75 % représentent 1 375 euros, soit l'équivalent d'une année entière de rendement du fonds en euros. Chercher la meilleure assurance vie portant la signature de cet assureur revient donc à choisir un canal, pas un assureur.

Quel taux le fonds en euros a-t-il servi ?

Le fonds général a servi 3 % au titre de 2023, puis 2,75 % au titre de 2024 et de 2025. Ces taux sont nets de frais de gestion, fixés à 0,70 % par an, mais bruts de prélèvements sociaux.

Après les 17,2 % retenus annuellement, 2,75 % servis laissent environ 2,28 % net. La moyenne annoncée tous contrats confondus ressort à 2,92 %, bonifications incluses.

Le chiffre qui remet tout en perspective

La moyenne servie sur les huit dernières années s'établit à 1,89 %. Les taux de 2023 à 2025 marquent donc une remontée, non un niveau habituel, et ils reflètent la hausse des taux obligataires plus qu'une performance propre.

Un épargnant détenant son contrat depuis 2017 a donc perçu, en moyenne, nettement moins que ce que les communications récentes laissent penser.

Aucun écart entre les canaux

L'assureur indique servir au moins 2,75 % hors bonification sur la quasi-totalité de ses contrats, quels que soient l'ancienneté et le canal de distribution. L'écart entre contrats ne porte donc pas sur le taux, mais sur les frais prélevés dessus.

La règle vaut aussi pour les plans d'épargne retraite du même assureur, servis autour de 2,75 % sur les contrats grand public et un peu moins sur la gamme patrimoniale. Comparer un plan d'épargne retraite individuel suppose donc d'examiner les frais du distributeur en premier.

Comment fonctionne la bonification du taux ?

Le taux de base est relevé selon la part investie en unités de compte, selon des paliers annoncés pour l'exercice 2025 :

Part en unités de compteTaux serviSoit, net de prélèvements sociaux
Sans condition 2,75 % environ 2,28 %
Au moins 30 % 3,95 % environ 3,27 %
Au moins 45 % 4,25 % environ 3,52 %

L'écart entre le palier de base et le palier haut atteint 1,50 point. Il s'obtient en exposant près de la moitié du capital à un risque de perte, ce qui n'est pas un arbitrage neutre.

Exemple : sur 100 000 euros répartis à 55 % en fonds en euros et 45 % en unités de compte, la bonification rapporte environ 825 euros de plus sur la poche garantie, quand une baisse de 5 % sur les 45 000 euros investis en coûte 2 250.

Des bonifications supplémentaires s'appliquent par ailleurs aux versements nouveaux, au delà d'un montant minimum et pendant une fenêtre limitée. Elles ne portent jamais sur l'encours déjà constitué.

Qu'est-ce que son fonds en euros investi en non coté ?

L'assureur propose un fonds en euros dont environ la moitié de l'actif est placée en actifs non cotés : capital investissement, infrastructures et dette privée. C'est une construction rare sur le marché.

Les trois contraintes à connaître

La garantie en capital est ramenée à 97 % des sommes versées, contre 100 % sur le fonds général. Le fonds n'accepte que des versements ponctuels, et chaque euro placé dessus doit être accompagné de deux euros investis en unités de compte.

Cette dernière règle est la plus contraignante : accéder à ce fonds suppose de construire un contrat investi aux deux tiers en unités de compte, donc largement exposé au risque.

Ce que le fonds a servi

3 % au titre de 2023 et de 2024, puis 2,75 % au titre de 2025, soit un niveau proche du fonds général pour une garantie inférieure et des contraintes bien plus lourdes.

Le pari de la gestion non cotée ne s'est donc pas encore traduit par un écart de rendement, ce qui invite à la prudence avant de retenir cette option.

Quelles classes d'actifs et quels plafonds ?

Sur les contrats les plus complets, l'offre est très large : environ un millier de fonds, plusieurs dizaines de fonds indiciels cotés, des centaines de titres vifs, des supports immobiliers, du capital investissement et des produits structurés par fenêtres.

Les plafonds imposés par l'assureur

  • L'immobilier collectif : plafonné à 500 000 euros par contrat sur les sociétés civiles de placement immobilier, un million sur les sociétés civiles immobilières et deux millions sur les organismes de placement collectif immobilier.
  • L'immobilier et le non coté réunis : limités à dix millions d'euros et à la moitié de la valeur de rachat du contrat.
  • Les titres vifs : accessibles sur certains contrats seulement, avec un minimum par ligne de l'ordre de 3 000 euros.

Ces plafonds ne concernent qu'une minorité d'épargnants, mais ils structurent la construction d'un portefeuille patrimonial. Pour loger des SCPI dans l'enveloppe, la limite de 50 % de la valeur de rachat est la contrainte réelle.

Le contrat choisi change tout

Les contrats du réseau bancaire se limitent à une cinquantaine de supports, sans fonds indiciel coté ni titre vif. Le même assureur, le même fonds en euros, mais un univers d'investissement sans comparaison.

« Voilà le cas d'école de ce métier : un assureur qui sert le même taux à tout le monde, et des contrats qui vont de cinquante à deux mille supports, de zéro à près de trois pour cent de frais d'entrée. Le client croit choisir un assureur, il choisit en réalité un distributeur. Demandez toujours le nombre de supports et les frais d'entrée avant de regarder la signature sur le contrat. »

Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits

Que reprochent les clients, et à qui ?

Les griefs dominants

La note moyenne relevée sur une plateforme spécialisée s'établit autour de 2,1 sur 5, sur une cinquantaine de contributions, dont près de six sur dix à une étoile. Les motifs reviennent avec constance.

Arrivent en tête les délais : versements, rachats partiels ou totaux comptés en semaines, parfois davantage, et dossiers de succession jugés particulièrement lents, avec des pièces justificatives redemandées.

Viennent ensuite la difficulté à joindre un interlocuteur, la rotation des conseillers et des arbitrages saisis en ligne restés sans exécution.

Le reproche le plus révélateur

Plusieurs contributeurs décrivent des renvois répétés entre l'assureur et la banque du même groupe. C'est la limite du modèle : même au sein d'un seul groupe, l'assureur et le distributeur restent deux entités, avec deux services et deux systèmes.

Pour l'épargnant, la règle pratique consiste à exiger de son interlocuteur initial qu'il porte la demande jusqu'au bout, plutôt que d'accepter d'être redirigé.

Ce que disent les chiffres de solidité

Le ratio de solvabilité de l'entité vie ressortait à environ 208 % à la fin de 2024, pour un minimum réglementaire de 100 %. La provision destinée à lisser les rendements futurs représentait de l'ordre de 6,7 % des encours en euros.

Cette réserve est confortable, et c'est elle qui permet de maintenir un taux stable d'un exercice à l'autre. Les critiques portent donc sur le service, pas sur la capacité à tenir les engagements de l'assurance vie.

FAQ : les contrats assurés par BNP Paribas Cardif

Peut-on souscrire directement auprès de cet assureur ?

Non. Les contrats sont commercialisés par le réseau bancaire du groupe, par des courtiers en ligne et par des conseillers en gestion de patrimoine, chacun avec sa propre grille de frais.

Le taux du fonds en euros varie-t-il selon le contrat ?

Non pour le taux de base, annoncé à au moins 2,75 % au titre de 2025 sur la quasi-totalité des contrats. Seules les bonifications liées à la part en unités de compte créent un écart.

Pourquoi les frais diffèrent-ils autant ?

Parce qu'ils sont fixés par le distributeur. Seuls les frais de gestion du fonds en euros, à 0,70 % par an, relèvent de l'assureur.

Quel rendement net espérer sur le fonds en euros ?

Environ 2,28 % après prélèvements sociaux pour un taux servi de 2,75 %, et jusqu'à 3,52 % net avec la bonification maximale, laquelle suppose près de la moitié du capital en unités de compte.

Qu'est-ce que le fonds en euros investi en actifs non cotés ?

Un fonds dont environ la moitié de l'actif est placée en capital investissement et dette privée, garanti à 97 %, alimenté par versements ponctuels et conditionné à deux euros en unités de compte pour un euro investi.

Existe-t-il un fonds eurocroissance ?

Oui, sur certains contrats, avec un engagement de dix ans et des frais de gestion supérieurs à ceux du fonds en euros classique. La garantie ne s'applique qu'à l'échéance.

Combien de supports les contrats proposent-ils ?

D'une cinquantaine sur les contrats du réseau bancaire à plus de deux mille sur les contrats de courtage en ligne, pour le même assureur et le même fonds en euros.

L'assureur est-il solide financièrement ?

Son ratio de solvabilité s'établissait autour de 208 % fin 2024, soit le double du minimum réglementaire, avec une réserve de lissage de l'ordre de 6,7 % des encours en euros.

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