✍ Les points à retenir
- L'assureur ne vend rien en direct : le distributeur fixe les frais d'entrée, de gestion et d'arbitrage, seul le fonds en euros échappe à sa main.
- Un même fonds se retrouve dans une dizaine de contrats portant des noms différents, avec des frais d'entrée allant de zéro à plus de 4,50 %.
- Les fonds diversifiés garantissent 98 % du capital, leurs frais de gestion atteignant 2 % : la perte maximale théorique reste donc limitée à 2 % par an.
- L'écart entre le fonds le mieux servi et l'actif général dépasse 1,60 point, ce qui reflète un niveau de risque, pas une qualité de gestion.
- Les loyers des sociétés civiles immobilières sont intégralement reversés, là où d'autres assureurs en retiennent 10 à 20 % du montant perçu.
Quel est le rôle exact de cette compagnie ?
Spirica est un assureur, pas un distributeur. Elle porte le risque et gère les actifs de contrats que d'autres commercialisent : courtiers en ligne, conseillers en gestion de patrimoine, banques en ligne et associations d'épargnants. Elle ne vend rien en direct.
Filiale à 100 % de la branche assurances d'un grand groupe bancaire français, elle gérait environ 18,5 milliards d'euros d'encours et plus de 337 000 contrats à la fin de 2025, pour plus de cinquante partenaires distributeurs.
Cette position explique la plupart des incompréhensions à son sujet. Le nom figure sur le contrat, mais l'interlocuteur de l'épargnant reste le distributeur, y compris pour l'essentiel de l'épargne logée dans ces enveloppes.
Comment un contrat de cette compagnie parvient-il à l'épargnant ?
Le mécanisme est celui d'un contrat de groupe ou d'un contrat cadre. Le distributeur négocie les conditions commerciales, construit son offre de supports, assure la relation client, et l'assureur garantit les engagements.
Ce que cela change concrètement
Un même fonds en euros peut se retrouver dans une dizaine de contrats aux noms différents, avec des frais d'entrée allant de zéro à plus de quatre pour cent. Le support est identique, l'emballage commercial ne l'est pas.
Comparer deux contrats de cette compagnie sur le seul taux du fonds en euros n'a donc aucun sens. C'est la grille du distributeur qui détermine le résultat final.
Les générations successives
Plusieurs contrats existent en version ancienne, fermée aux nouvelles adhésions, et en version actualisée. Les deux coexistent, avec des conditions parfois très différentes, et les comparateurs les confondent régulièrement.
Avant toute comparaison, il faut donc vérifier le millésime exact du contrat examiné, sur le document d'information remis à la souscription.
Qui fixe les frais, l'assureur ou le distributeur ?
C'est la question décisive, et presque aucune page ne la pose. La répartition est pourtant stable :
| Type de frais | Qui le fixe | Écart observé |
|---|---|---|
| Frais sur versement | Le distributeur | De 0 % à plus de 4,50 % |
| Gestion des unités de compte | Le distributeur | De 0,50 % à plus de 1,60 % par an |
| Arbitrage | Le distributeur | Gratuit en ligne, facturé sur demande papier |
| Gestion du fonds en euros | L'assureur | 0,70 % sur les fonds classiques, jusqu'à 2 % sur les fonds diversifiés |
| Conditions d'accès aux fonds en euros | L'assureur | Part minimale en unités de compte imposée selon le fonds et l'encours |
Les trois premières lignes sont négociables, puisqu'elles dépendent du commerçant. Les deux dernières ne le sont jamais : elles s'imposent à tous les contrats, quel que soit le distributeur.
Une conséquence pratique : chercher le meilleur contrat d'assurance vie assuré par cette compagnie revient à comparer des distributeurs, pas des assureurs.
« On me demande souvent si tel assureur est cher. La question est mal posée. Sur ce modèle de distribution, l'assureur fixe les frais du fonds en euros et les conditions d'accès, le distributeur fixe tout le reste. Deux contrats portant le même nom d'assureur peuvent donc coûter zéro ou quatre et demi pour cent à l'entrée. Regardez qui commercialise avant de regarder qui assure. »
Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits
Quels fonds en euros propose-t-elle ?
La compagnie gère plusieurs fonds en euros aux caractéristiques très différentes, ce qui explique l'écart entre les taux annoncés d'un contrat à l'autre :
| Fonds | 2023 | 2024 | 2025 | Capital garanti |
|---|---|---|---|---|
| Nouvelle génération | 3,13 % | 3,13 % | 3,08 % | 98 % |
| Fonds à orientation climatique | Non commercialisé | 3,31 % | 3,26 % | 98 % |
| Actif général | 1,32 à 1,55 % | 1,70 % | 1,60 % | 100 % |
| Allocation long terme | 2,00 % | 1,80 % | 1,70 % | 100 %, fonds fermé |
Ces taux sont nets de frais de gestion mais bruts de prélèvements sociaux. Après les 17,2 % retenus annuellement, 3,08 % servis laissent environ 2,55 % net.
L'écart de plus d'un point et demi
Entre le fonds diversifié le mieux servi et l'actif général, l'écart dépasse 1,60 point. Il ne s'explique pas par la qualité de gestion mais par la composition : le premier intègre une poche diversifiée, le second reste obligataire et garanti à 100 %.
Choisir entre les deux revient donc à choisir un niveau de risque, pas un niveau de performance.
Pourquoi certains fonds ne garantissent que 98 % du capital ?
Parce que leurs frais de gestion peuvent atteindre 2 % par an. La garantie porte sur le capital net de ces frais, soit 98 % des sommes versées, contre 100 % sur un fonds en euros classique prélevant 0,70 %.
Ce que le mécanisme implique
En cas d'année blanche sur les marchés, la valeur du fonds peut reculer de 2 % au maximum. C'est le prix de la poche diversifiée qui a permis de servir plus de 3 % quand les fonds classiques plafonnaient sous 1,80 %.
Exemple : 50 000 euros placés sur un tel fonds sont garantis à hauteur de 49 000 euros chaque année, et non 50 000. La perte potentielle reste très inférieure à celle d'une unité de compte.
Les conditions d'accès
L'accès à ces fonds est conditionné par l'assureur. Certains imposent une part minimale en unités de compte, croissante avec l'encours du contrat, qui peut atteindre la moitié du capital sur les très gros portefeuilles.
Les relevés publics divergent sur le seuil exact applicable au fonds le plus servi, entre absence de condition et 25 % d'unités de compte. Ce point doit être vérifié sur la documentation du contrat visé.
Quelles classes d'actifs sont accessibles ?
L'architecture ouverte est le point fort de cette compagnie. Selon les contrats, plusieurs centaines de supports sont référencés :
- Les fonds indiciels cotés : plusieurs dizaines de supports, rares chez les assureurs bancaires traditionnels.
- L'immobilier collectif : une vingtaine à une quarantaine de sociétés civiles de placement immobilier selon les contrats, plus des sociétés civiles et des organismes de placement collectif.
- Le capital investissement : des fonds de private equity accessibles dans l'enveloppe.
- Les titres vifs : détention d'actions en direct sur certains contrats.
- Les produits structurés : un référencement large, renouvelé par vagues.
Le point le plus favorable de son offre
La compagnie reverse l'intégralité des loyers des sociétés civiles de placement immobilier logées dans ses contrats, là où d'autres assureurs en conservent 10 à 20 %.
Sur un rendement immobilier de 5 %, cette différence représente 0,50 à 1 point de performance annuelle. C'est l'argument le plus solide en faveur de ses contrats pour qui veut détenir les SCPI en assurance vie.
La compagnie assure également des plans d'épargne retraite, avec un fonds en euros dédié. Les mêmes règles de partage des frais valent pour un contrat d'assurance vie comme pour le PER individuel.
Que reprochent les clients, et à qui ?
Les critiques récurrentes
- Les délais de traitement : rachats partiels et transferts de plan d'épargne retraite en semaines plutôt qu'en jours, plusieurs mois dans les cas les plus signalés.
- Les pièces justificatives : jugées excessives et parfois redemandées.
- La difficulté à obtenir une réponse : courriels et formulaires restés sans suite.
- Des démarches encore sur papier : pour des opérations simples comme un changement d'adresse.
Les notes publiées sur les plateformes d'avis sont très basses, sur un nombre de contributions réduit, et émanent par construction des épargnants ayant rencontré un problème.
Ce qui relève du modèle, pas de la compagnie
Une partie des reproches tient à l'absence de service client direct. Dans ce modèle, l'épargnant est censé passer par son distributeur, et celui qui contacte l'assureur se heurte à un dispositif qui ne lui est pas destiné.
La lecture utile consiste donc à juger le distributeur sur la relation client et l'assureur sur la tenue de ses engagements financiers.
Ce que disent les chiffres de solidité
Le ratio de solvabilité ressortait à 157 % fin 2025, pour un minimum réglementaire de 100 %. La provision destinée à lisser les rendements futurs représentait 0,8 % des encours en euros.
Cette réserve est modeste, soit moins d'un point de rendement d'avance. Elle laisse peu de marge pour amortir une mauvaise année sans baisser les taux servis, point à surveiller sur les prochains exercices.
FAQ : les contrats assurés par Spirica
Peut-on souscrire directement auprès de cette compagnie ?
Non. Elle ne commercialise aucun contrat en direct et travaille exclusivement par l'intermédiaire de distributeurs, qui construisent chacun leur offre et fixent leurs frais.
Pourquoi les frais varient-ils autant d'un contrat à l'autre ?
Parce que les frais sur versement, de gestion des unités de compte et d'arbitrage sont fixés par le distributeur. Seuls les frais du fonds en euros et ses conditions d'accès relèvent de l'assureur.
Quel taux le fonds en euros le plus connu a-t-il servi ?
3,13 % au titre de 2023 et 2024, puis 3,08 % au titre de 2025, nets de frais de gestion et bruts de prélèvements sociaux, soit environ 2,55 % net.
Pourquoi le capital n'est-il garanti qu'à 98 % sur certains fonds ?
Parce que leurs frais de gestion atteignent 2 % par an et que la garantie s'applique au capital net de frais. La perte maximale théorique est donc de 2 % sur une année.
Faut-il investir en unités de compte pour accéder à ces fonds ?
Souvent oui. Une part minimale est imposée selon le fonds et l'encours du contrat, et elle augmente sur les portefeuilles les plus importants. Le seuil exact figure dans la documentation du contrat.
Les loyers de SCPI sont-ils intégralement versés ?
Oui, c'est une particularité de cette compagnie, quand d'autres assureurs en retiennent 10 à 20 %. Sur un rendement de 5 %, l'écart atteint 0,50 à 1 point par an.
La compagnie est-elle solide financièrement ?
Son ratio de solvabilité s'établissait à 157 % fin 2025, au dessus du minimum réglementaire de 100 %, avec un actionnaire de premier plan. Sa réserve de lissage reste en revanche modeste.