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Sommaire

Ouafâa MACHRI

Écrit par Ouafâa MACHRIVérifié par Arsalain EL KESSIR

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • La mensualité va de 834 € sur 25 ans à 1 213 € sur 13 ans, hors assurance et frais, pour 39 200 € à 100 100 € d'intérêts.
  • La durée utile se situe entre 15 et 18 ans : au-delà, chaque euro de mensualité gagné coûte 226 € puis 309 € d'intérêts.
  • À ce montant, une garantie sur un bien est la règle, et le logement peut être vendu en cas de défaillance durable.
  • Une enveloppe de 10 000 à 30 000 € reste mobilisable si la valeur du bien laisse une marge.

Quelle mensualité pour un rachat de crédit de 150 000 € ?

Un rachat de crédit de 150 000 € se rembourse entre 834 € par mois sur 25 ans et 1 213 € sur 13 ans. À ce montant, l'opération est presque toujours garantie par un bien immobilier, et le coût en intérêts va du simple au triple selon la durée retenue : de 39 200 € à 100 100 €. C'est la durée, bien plus que le taux, qui décide de la facture finale quand on souhaite regrouper ses crédits.

DuréeTauxMensualitéCoût en intérêtsTotal rembourséIntérêts / montant
156 mois (13 ans) 3,7 % 1 213 € 39 200 € 189 200 € 26 %
180 mois (15 ans) 3,8 % 1 095 € 47 000 € 197 000 € 31 %
216 mois (18 ans) 4,0 % 975 € 60 700 € 210 700 € 40 %
240 mois (20 ans) 4,2 % 925 € 72 000 € 222 000 € 48 %
300 mois (25 ans) 4,5 % 834 € 100 100 € 250 100 € 67 %

Mensualités calculées à annuité constante, hors assurance et hors frais de l'opération. Sur 25 ans, le total remboursé dépasse d'un tiers le capital emprunté, avant même d'y ajouter l'assurance et les frais de garantie.

Les taux retenus sont ceux d'un montage adossé à une garantie sur un bien : les taux pratiqués actuellement évoluent, et un écart de quelques dixièmes de point déplace le coût final de plusieurs milliers d'euros.

L'arbitrage se joue en réalité sur trois durées, 15, 18 et 20 ans : ce sont elles qu'il faut confronter à vos encours réels avant d'arrêter un montage.

15, 18 ou 20 ans : quelle durée choisir ?

Ce que coûte chaque année supplémentaire

Allonger la durée fait baisser l'échéance, tout le monde le sait. Ce que la simulation montre, c'est que chaque euro de mensualité gagné coûte de plus en plus cher à mesure qu'on étire le remboursement.

PassageMensualité gagnéeIntérêts supplémentairesCoût par euro de mensualité gagné
13 → 15 ans -118 € +7 800 € 66 €
15 → 18 ans -120 € +13 700 € 114 €
18 → 20 ans -50 € +11 300 € 226 €
20 → 25 ans -91 € +28 100 € 309 €

Le passage de 15 à 18 ans reste défendable : 120 € de respiration mensuelle pour 114 € d'intérêts par euro gagné. Celui de 18 à 20 ans l'est beaucoup moins, deux fois plus cher pour seulement 50 € de mensualité en moins, et les cinq années suivantes coûtent 28 100 € pour 91 €. Mieux vaut tester les trois durées avec vos propres encours avant de trancher.

La règle qui en découle est simple : retenir la durée la plus courte que le budget supporte durablement, et non la mensualité la plus basse accessible. Une échéance calculée au plus juste reste par ailleurs le premier motif de difficulté deux ans plus tard.

Quelle durée selon vos revenus

ProfilRevenu net mensuel du foyerDurée adaptéeMensualité
Revenus élevés 5 000 à 7 500 € 13 à 15 ans 1 095 à 1 213 €
Revenus confortables 3 500 à 5 000 € 15 à 18 ans 975 à 1 095 €
Revenus moyens 2 800 à 3 500 € 18 à 20 ans 925 à 975 €
Revenus contraints 2 500 à 2 800 € 25 ans 834 €

Ces durées découlent d'un seul calcul : la mensualité, augmentée des charges de crédit restantes, doit tenir dans un endettement compatible avec les critères du prêteur, autour de 33 à 35 % selon l'établissement. Avant de déposer, il est utile de mesurer son endettement après opération : c'est lui qui fixe la durée minimale accessible, pas l'inverse.

« À 150 000 €, la vraie décision n'est pas le taux, c'est la durée. Je présente systématiquement trois simulations, 15, 18 et 20 ans, et je montre au client ce que chaque palier lui coûte en intérêts pour ce qu'il lui fait gagner chaque mois. Les deux dernières années de durée sont toujours les plus chères : c'est là qu'il faut s'arrêter, quitte à prévoir un remboursement anticipé dès le montage plutôt que d'étaler par précaution. »

Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Quels crédits regrouper dans un rachat de 150 000 € ?

La composition typique d'un dossier à ce palier mêle un solde de prêt immobilier et plusieurs crédits à la consommation :

  • Le solde du prêt immobilier (90 000 à 115 000 €) : le coeur du montage, et ce qui justifie la garantie.
  • Les crédits renouvelables (15 000 à 30 000 €) : toujours à intégrer, ce sont les encours dont le taux est le plus élevé.
  • Crédit auto, prêts personnels et découvert (15 000 à 30 000 €) : à intégrer dès que leur taux dépasse celui du regroupement.
  • Une enveloppe complémentaire éventuelle (10 000 à 30 000 €) : si la valeur du bien laisse une marge.

Un montage de ce type revient à mêler prêt immobilier et crédits conso : il relève du régime immobilier dès que la part des prêts habitat devient majoritaire, avec les délais et les formalités correspondants.

La consigne inverse compte autant : un prêt immobilier souscrit à 1,5 ou 2,5 % n'a rien à gagner à être racheté au taux du moment. Mieux vaut alors le laisser courir et ne regrouper que le reste, quitte à obtenir une baisse de mensualité plus modeste.

Le raisonnement vaut aussi pour les crédits à la consommation proches de leur terme, dont l'essentiel des intérêts est déjà payé. Sur les autres, le passage d'un taux de crédit renouvelable à celui d'un regroupement de crédits conso reste le gisement d'économie le plus immédiat du dossier.

Quelles conditions pour un rachat de ce montant ?

À ce niveau, le prêteur inscrit une garantie sur un bien : hypothèque, ou cautionnement par un organisme spécialisé selon le prêteur et le type de bien. C'est ce qui rend l'opération possible au taux d'un montage à dominante immobilière plutôt qu'à celui d'un crédit à la consommation.

La valeur du bien doit couvrir largement la somme financée : le prêteur raisonne en ratio entre le montant garanti et la valeur estimée, et une marge est nécessaire pour absorber une baisse du marché. Un bien dont la valeur dépasse nettement le montant regroupé ouvre à la fois de meilleures conditions et la possibilité d'une enveloppe complémentaire.

Expertise éventuelle, inscription de la garantie, frais correspondants : mettre son bien en garantie engage aussi le logement, qui peut être vendu en cas de défaillance durable de l'emprunteur.

Les autres critères sont classiques : revenus stables et justifiables, endettement après opération dans les limites de l'établissement, reste à vivre suffisant, comptes tenus sans incident récent.

Les établissements spécialisés n'appliquent pas tous les mêmes seuils ni le même ratio sur la garantie : un dossier refusé chez l'un peut passer ailleurs.

Combien coûte réellement l'opération ?

Les intérêts du tableau ne sont qu'une partie de la facture. Trois postes s'y ajoutent, tous propres aux montages garantis :

  • Les frais de garantie : inscription de l'hypothèque et frais notariés, ou commission de l'organisme de cautionnement.
  • Les indemnités de remboursement anticipé dues aux prêteurs soldés, plafonnées par la réglementation.
  • La couverture du prêt, qui court sur toute la durée et pèse d'autant plus que le capital et la durée sont élevés.

Ces postes se lisent dans l'offre de prêt, poste par poste : le détail des frais et leur mode de calcul déterminent si l'opération reste rentable une fois tout additionné.

Le taux, lui, garde tout son poids : sur 150 000 € empruntés sur quinze ans, trois dixièmes de point représentent environ 4 000 € d'intérêts supplémentaires.

Sur la durée, le levier d'économie le plus important reste pourtant la couverture : déléguer l'assurance du prêt suppose seulement de présenter des garanties équivalentes à celles exigées, et l'écart se compte en milliers d'euros sur quinze à vingt ans.

Peut-on ajouter une trésorerie à un rachat de 150 000 € ?

Oui, à condition que la valeur du bien le permette. C'est même l'un des intérêts du palier : la garantie déjà prise couvre souvent une somme supérieure au capital regroupé, ce qui laisse une marge mobilisable, de l'ordre de 10 000 à 30 000 € dans les dossiers courants.

Cette enveloppe augmente le capital financé, donc la mensualité et le coût total. Elle se justifie pour un projet identifié, travaux ou équipement, et se compare toujours au coût d'un financement séparé : financer un projet en même temps étale la somme sur quinze ans, ce qui n'a pas de sens pour une dépense courante.

Comment organiser un remboursement anticipé ?

C'est la manoeuvre la plus rentable à ce palier, et elle se prépare dès la signature. Le principe : accepter une durée qui laisse respirer le budget, puis rembourser par tranches dès que l'épargne le permet.

Un exemple chiffré sur un montage à 18 ans. Après six ans, le capital restant dû avoisine 111 000 €. Un versement de 40 000 € raccourcit la durée restante d'environ cinq ans, à mensualité inchangée, et fait économiser de l'ordre de 18 000 € d'intérêts, dont il faut déduire l'indemnité due au prêteur.

Cette indemnité est encadrée : sur un prêt relevant du régime immobilier, elle ne peut dépasser six mois d'intérêts sur le capital remboursé, ni 3 % du capital restant dû. Sur l'exemple ci-dessus, elle reste très inférieure à l'économie réalisée.

Négocier dès le montage une clause réduisant ou supprimant ces indemnités change la donne, et c'est l'un des points où mettre les organismes en concurrence pèse le plus.

Chaque nouvelle tranche produit ensuite un effet moindre, puisque la part d'intérêts dans chaque échéance diminue avec le temps : plus le remboursement est précoce, plus il rapporte.

Présenter le même dossier à plusieurs prêteurs reste le moyen le plus simple de mesurer l'écart réel entre deux propositions : comparer plusieurs propositions sur un montant de cet ordre se chiffre en milliers d'euros.

FAQ : rachat de crédit de 150 000 €

Quel est le coût total d'un rachat de 150 000 € ?

En intérêts seuls, de 39 200 € sur 13 ans à 100 100 € sur 25 ans. S'y ajoutent l'assurance, les frais de garantie et les indemnités dues aux prêteurs soldés. Sur les durées les plus longues, le total remboursé dépasse largement le capital emprunté.

Faut-il être propriétaire pour ce montant ?

En pratique, oui. Sans bien à mettre en garantie, un montant de cet ordre sort du cadre habituel d'un regroupement sans garantie, dont la part finançant des besoins de consommation est limitée par le régime du crédit à la consommation. La garantie est ce qui rend la durée longue et le taux immobilier accessibles.

Quelle valeur doit avoir le bien mis en garantie ?

Elle doit dépasser nettement la somme financée. Le prêteur applique un ratio entre le montant garanti et la valeur estimée du bien, avec une marge de sécurité. Plus cette marge est large, meilleures sont les conditions obtenues, et plus une enveloppe complémentaire devient envisageable.

Peut-on inclure un prêt immobilier et des crédits conso dans la même opération ?

Oui, c'est la configuration la plus fréquente à ce montant. Le régime applicable dépend du poids des prêts immobiliers dans le total : lorsqu'il devient majoritaire, l'opération suit les règles du crédit immobilier, avec le délai de réflexion et les formalités de garantie correspondants.

L'assurance pèse-t-elle lourd sur ce montant ?

Oui, c'est le deuxième poste après les intérêts. Son coût dépend de l'âge, de l'état de santé déclaré, du capital assuré et de la durée, quatre facteurs tous défavorables sur un montage long de 150 000 €. Un contrat externe offrant des garanties équivalentes se compare toujours au contrat proposé par le prêteur.

Quel revenu faut-il pour un rachat de 150 000 € ?

Il n'existe pas de minimum, mais une contrainte arithmétique : la mensualité doit tenir dans l'endettement accepté par le prêteur. Une échéance de 975 € sur 18 ans suppose un revenu de foyer d'environ 3 000 € nets pour rester autour du tiers des revenus, toutes charges de crédit comprises.

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