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Sommaire

Ouafâa MACHRI

Écrit par Ouafâa MACHRIVérifié par Arsalain EL KESSIR

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • Un professionnel libéral peut faire racheter ses crédits à titre personnel, le plus souvent avec au moins trois ans d'exercice.
  • Le revenu retenu est le BNC moyen des derniers exercices, après charges professionnelles et cotisations sociales obligatoires, et non les recettes brutes.
  • En exercice individuel, les dettes professionnelles sont intégrables selon les organismes ; les dettes d'une société n'entrent jamais dans le regroupement.
  • En SEL ou SELARL, seuls les crédits personnels du dirigeant sont repris ; un PGE n'est intégré que si l'organisme l'accepte.
  • Le dossier réunit les déclarations 2035, les avis d'imposition, les relevés personnels et professionnels et, le cas échéant, l'attestation d'inscription à l'Ordre.

Un professionnel libéral peut-il faire racheter ses crédits ?

Oui. Le rachat de crédit en profession libérale se fait à titre personnel : l'organisme regroupe les crédits du professionnel en un seul prêt, sur la base de ses revenus non salariés. Trois conditions reviennent le plus souvent : au moins trois ans d'exercice, un revenu retenu égal au bénéfice non commercial (BNC) moyen des derniers exercices, et des dettes professionnelles intégrables seulement selon les organismes et le mode d'exercice.

Sont concernés les médecins, avocats, architectes, experts-comptables, kinésithérapeutes, dentistes, infirmiers libéraux, notaires et les autres professionnels exerçant une activité libérale imposée en BNC. Leur situation financière présente des traits communs : revenus élevés mais variables, cotisations sociales lourdes, investissements professionnels importants et dettes personnelles et professionnelles souvent mêlées.

Le regroupement de crédits suit le même principe que pour tout emprunteur : crédits à la consommation, prêt immobilier, découverts et, selon les cas, prêts professionnels en exercice individuel sont remplacés par une mensualité unique, calculée sur le revenu net de l'activité et non sur les recettes.

Comment les organismes évaluent-ils un profil libéral ?

Le traitement du dossier diffère de celui d'un salarié :

CritèreSalarié CDIProfession libérale
Revenus pris en compte Salaire net Moyenne des BNC des derniers exercices (déclaration 2035)
Stabilité Contrat et ancienneté Ancienneté d'exercice (le plus souvent 3 ans) et régularité des recettes
Charges déduites Loyer et crédits Loyer et crédits ; les cotisations sociales obligatoires sont déjà déduites du BNC
Documents requis Bulletins de salaire et avis d'imposition Déclarations 2035, avis d'imposition, relevés professionnels et personnels, attestation d'inscription à l'Ordre le cas échéant
Garanties possibles Caution, co-emprunteur, hypothèque sur un bien Hypothèque sur un bien personnel, caution, co-emprunteur

L'ancienneté d'exercice est le critère déterminant. Avec moins de trois ans de recul, le dossier est plus difficile à faire accepter, même avec des revenus élevés : les organismes veulent voir la régularité des recettes sur plusieurs exercices. Selon les organismes, un dossier plus récent peut être étudié s'il est complété par un co-emprunteur salarié ou une garantie.

Cette lecture se distingue de celle appliquée aux autres statuts non salariés : le rachat par statut professionnel montre comment un retraité, un salarié en contrat court ou un indépendant non réglementé sont appréciés.

Pourquoi les professions libérales accumulent-elles des crédits ?

L'investissement initial lourd en début de carrière

L'installation exige souvent un investissement important : rachat de patientèle ou de clientèle, aménagement du local, matériel spécialisé, fonds de roulement. Ces emprunts professionnels s'ajoutent au prêt immobilier personnel et aux crédits à la consommation contractés pendant les études ou l'internat.

Les charges sociales qui pèsent sur la trésorerie

Les professions libérales supportent des cotisations sociales élevées : URSSAF, caisses de retraite (CARPIMKO pour les paramédicaux, CARCDSF pour les dentistes et sages-femmes, CARMF pour les médecins, CNBF pour les avocats), prévoyance obligatoire. Ces prélèvements, trimestriels ou mensuels, réduisent fortement le revenu disponible par rapport aux recettes affichées.

Le mélange entre dettes personnelles et professionnelles

En libéral, la frontière entre budget personnel et budget professionnel est poreuse. Le découvert du compte professionnel, le prêt pour le matériel et le crédit auto personnel pèsent sur le même foyer. Le regroupement peut intégrer les deux catégories en exercice individuel si l'organisme l'accepte, ce qui simplifie nettement la gestion.

« Le professionnel libéral présente souvent des revenus élevés et une activité installée, mais son dossier est plus complexe que celui d'un salarié : il faut analyser les déclarations, les cotisations et la rentabilité réelle. Nous demandons systématiquement trois ans de déclarations 2035 et les derniers avis d'imposition. Le point clé est de présenter le bénéfice réellement disponible, pas les recettes brutes. »

Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Quels crédits un professionnel libéral a-t-il intérêt à regrouper ?

Les crédits à intégrer en priorité

  • Crédits renouvelables et découverts : souvent les crédits les plus chers, qu'ils soient sur le compte personnel ou professionnel ; l'économie est immédiate.
  • Prêt d'installation ou de rachat de patientèle : souvent contracté à un taux élevé en début de carrière, il peut être repris en exercice individuel si l'organisme accepte les dettes professionnelles.
  • Crédit auto et prêts personnels : à intégrer si leur taux dépasse celui du regroupement.
  • Prêt immobilier : à intégrer s'il a été souscrit à un taux supérieur à celui du regroupement.
  • Prêt garanti par l'État (PGE) : souscrit en exercice individuel, il n'entre dans le regroupement que si l'organisme l'accepte ; rien n'est acquis, et son remboursement anticipé suit les conditions du contrat.

Lorsque les prêts immobiliers représentent au moins 60 % du montant regroupé, le rachat de crédits immobilier et conso relève du régime du crédit immobilier, avec une garantie possible et des durées plus longues.

Les crédits à conserver séparément

Un prêt professionnel à taux très bas, comme un prêt d'honneur, ou un prêt immobilier souscrit à taux bas n'a pas intérêt à être repris. Les contrats de crédit-bail ou de location de matériel restent en général hors du regroupement. Ne regrouper que les crédits les plus chers améliore le gain global ; les deux scénarios se comparent sur le coût total restant.

Exercice individuel ou en société : quel impact sur le rachat ?

Le mode d'exercice influence le traitement du dossier :

Mode d'exerciceRevenus pris en compteImpact sur le rachat
Exercice individuel (BNC) BNC de l'activité Dossier le plus simple ; dettes professionnelles intégrables selon les organismes
SCM (société civile de moyens) BNC personnel du professionnel : la SCM partage des frais et ne dégage pas de bénéfice Les dettes de la SCM ne sont pas intégrables ; seules les dettes propres du professionnel le sont
SEL/SELARL (société d'exercice libéral) Rémunération de gérance et dividendes Seuls les crédits personnels sont intégrables, pas les dettes de la société
SCP (société civile professionnelle) Quote-part de bénéfice de l'associé Crédits personnels de l'associé intégrables ; les dettes de la société en sont exclues

En exercice individuel, la frontière entre dettes personnelles et professionnelles se gère dans le même dossier. En SEL ou SELARL, seuls les crédits personnels du dirigeant entrent dans le regroupement ; les dettes de la société relèvent d'une restructuration d'entreprise, ce que couvre le rachat de crédit professionnel.

Quel dossier constituer en profession libérale ?

Le dossier d'un libéral réunit des pièces fiscales, bancaires et ordinales, personnelles comme professionnelles.

Les pièces indispensables

  • Dernières déclarations fiscales 2035, le plus souvent sur trois exercices.
  • Derniers avis d'imposition personnels.
  • Relevés bancaires professionnels et personnels des derniers mois.
  • Attestation d'inscription à l'Ordre pour les professions réglementées (médecins, avocats, architectes, experts-comptables).
  • Tableaux d'amortissement de tous les crédits en cours, personnels et professionnels.
  • Attestation de situation URSSAF à jour.

La lisibilité du dossier compte autant que son contenu : la constitution d'un dossier de rachat en revenus BNC gagne à séparer clairement comptes professionnels et personnels, et à expliquer toute variation forte d'un exercice à l'autre.

Le calcul du revenu retenu

Les organismes retiennent le BNC, c'est-à-dire les recettes diminuées de toutes les charges professionnelles, cotisations sociales obligatoires comprises, puis en font la moyenne sur plusieurs exercices. Si l'activité est en forte croissance, certains pondèrent en faveur du dernier exercice.

Exemple illustratif : 120 000 € de recettes, 40 000 € de charges professionnelles (loyer, matériel, personnel, assurances) et 25 000 € de cotisations sociales obligatoires donnent un BNC de 55 000 €. Si les deux exercices précédents affichaient 50 000 € et 52 000 €, la moyenne retenue s'établit à environ 52 300 € par an, soit près de 4 360 € par mois.

Au repère d'endettement de 35 %, l'ensemble des mensualités de crédit ne devrait pas dépasser environ 1 525 €.

Comment obtenir les meilleures conditions de rachat en profession libérale ?

Valoriser le profil réglementé

L'inscription à un Ordre, l'ancienneté d'installation et la régularité des recettes sur plusieurs exercices rassurent les organismes, même si les revenus fluctuent d'un trimestre à l'autre. Mettez en avant ces éléments dans le dossier, avec une note sur l'évolution de l'activité et sur les charges qui ne se renouvelleront pas, comme un investissement de matériel déjà amorti.

Comparer les offres et se faire accompagner

Tous les organismes ne traitent pas les revenus BNC de la même façon : moyenne sur deux ou trois exercices, pondération du dernier, acceptation ou non des dettes professionnelles. Le courtier en rachat de crédits sait lesquels retiennent le dernier exercice ou acceptent les dettes professionnelles, et comment présenter le bénéfice et les perspectives d'activité.

Sa rémunération figure dans le mandat, et aucune somme ne peut lui être versée avant le déblocage effectif des fonds prêtés.

Pour savoir quels organismes retiennent vos revenus BNC, le comparateur de rachat de crédits soumet votre dossier à plusieurs établissements.

FAQ : rachat de crédit en profession libérale

Peut-on obtenir un rachat de crédit avec moins de 3 ans d'exercice ?

C'est plus difficile. La plupart des organismes demandent trois déclarations 2035. Selon les organismes, un dossier plus récent peut être étudié si les recettes progressent et qu'un co-emprunteur salarié ou une garantie complète le dossier.

Les cotisations sociales sont-elles déduites du revenu retenu ?

Oui, comme toutes les charges professionnelles. Le BNC retenu correspond aux recettes diminuées des charges (loyer, matériel, personnel) et des cotisations sociales obligatoires. Avec 120 000 € de recettes, 40 000 € de charges et 25 000 € de cotisations, le BNC atteint 55 000 €, et non 80 000 €.

Peut-on regrouper crédits professionnels et personnels dans le même rachat ?

En exercice individuel, selon les organismes : certains acceptent d'intégrer le prêt d'installation ou un crédit de matériel, d'autres ne reprennent que les crédits personnels. Les dettes d'une société (SEL, SELARL, SCM, SCP) ne sont jamais intégrées.

Un PGE peut-il être intégré au rachat ?

Seulement si l'organisme l'accepte, ce qui n'est pas systématique. Un PGE souscrit au nom d'une société n'est pas intégrable ; souscrit en exercice individuel, il dépend de la politique de l'organisme, et son remboursement anticipé suit les conditions de son contrat.

Le rachat est-il plus cher pour un libéral que pour un salarié ?

Pas nécessairement. Le taux dépend du profil global : revenus, endettement, garanties. Un professionnel installé depuis plusieurs années, avec des recettes régulières, peut obtenir des conditions comparables à celles d'un salarié. Le dossier est simplement plus long à monter.

Un libéral propriétaire de son cabinet peut-il l'apporter en garantie ?

Oui, si les murs du cabinet lui appartiennent en propre. Une hypothèque sur le local professionnel ou sur la résidence principale peut ouvrir des durées plus longues et un taux plus bas, selon les critères de l'organisme. La patientèle ou la clientèle, en revanche, ne constitue pas une garantie retenue dans un regroupement.

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