Après le gazole, l'électricité. Le gouvernement s'est engagé à ce que le prix de l'électricité n'augmente pas cet hiver. Une promesse qui vise d'abord les quelque 19 millions de foyers abonnés au tarif réglementé, mais dont les modalités restent à préciser.
Dans son allocution du 7 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fixé un « objectif concret et ferme » : le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver. Le lendemain, la ministre déléguée chargée de l'Énergie, Maud Bregeon, a confirmé qu'aucune hausse ne serait appliquée. Cette annonce intervient alors que les ménages subissent déjà la hausse du prix repère du gaz au 1er octobre et la flambée des carburants, à laquelle l'État répond par la vente d'une partie de ses stocks de gazole.
Qui est concerné ?
L'engagement porte sur les tarifs réglementés de vente de l'électricité, comme le tarif Bleu d'EDF. Selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE), 19,2 millions de sites résidentiels y étaient abonnés à la fin juin 2026, soit près de 55 % des foyers.
Les autres consommateurs, titulaires d'une offre de marché, ne sont pas directement visés :
- les offres dont le prix est indexé sur le tarif réglementé devraient en profiter indirectement ;
- les offres à prix fixe ne sont pas concernées pendant leur durée d'engagement ;
- les offres indexées sur les prix du marché de gros pourraient continuer à évoluer.
Des modalités encore floues
Les tarifs réglementés sont proposés par la CRE puis fixés par le gouvernement, qui peut donc refuser une hausse. Aucune mesure précise n'a toutefois été annoncée à ce stade. Le gouvernement indique vouloir s'appuyer notamment sur une production nucléaire maximale pour réduire la dépendance au marché du gaz. Refuser une hausse proposée par la CRE peut aussi conduire à un rattrapage ultérieur, comme cela s'est déjà produit par le passé.
Pour rappel, la facture annuelle moyenne d'un client au tarif réglementé en heures pleines et heures creuses était passée de 2 252 € en 2024 à 1 801 € au 1er février 2026, avant une légère hausse en août.
Un poste de dépense sous tension
Même stabilisée, la facture d'énergie pèse lourd dans le budget, au moment où l'inflation repart. Pour les ménages qui remboursent plusieurs crédits, un rachat de crédits à la consommation peut redonner de la marge en réduisant le montant des mensualités, en contrepartie d'une durée plus longue.
Source : Premier ministre (7 octobre 2026) ; ministère chargé de l'Énergie (8 octobre 2026) ; Commission de régulation de l'énergie, observatoire des marchés de détail (30 septembre 2026)