Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 7 octobre la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques françaises. Objectif : faire baisser le prix à la pompe de 12 à 18 centimes par litre en moyenne, de novembre à janvier, alors que le gazole frôle les 2,40 € le litre.
Depuis le début de la crise au Moyen-Orient, le prix des carburants pèse lourdement sur le budget des ménages, notamment ceux qui dépendent de leur voiture pour travailler. Après l'aide de 100 € pour les grands rouleurs, le gouvernement active un nouveau levier : la vente d'une partie des stocks de sécurité pétroliers.
10 millions de barils vendus à prix coûtant
La France détient environ 50 millions de barils de gazole dans ses stocks stratégiques, gérés par la Sagess. L'État va en céder 10 millions sur trois mois aux distributeurs de carburant, à leur valeur comptable : environ 0,28 € par litre, contre près de 1,10 € sur le marché, hors coûts de distribution et taxes. Ce volume reste significatif au regard de la consommation française, d'environ 18 millions de barils par mois.
Ces stocks moins chers font baisser le coût moyen d'approvisionnement des distributeurs. Le gouvernement en attend une baisse moyenne de 12 à 18 centimes par litre à la pompe, variable selon les stations. Pour un plein de 55 litres à 2,40 € le litre, l'économie atteindrait environ 10 € dans le meilleur des cas.
La mesure découle d'un accord négocié dans le cadre du G7, présidé cette année par la France, qui prévoit la mobilisation de réserves stratégiques par les grandes économies.
Quand la baisse sera-t-elle visible ?
Le dispositif doit couvrir les mois de novembre, décembre et janvier. Il nécessite au préalable un décret et l'organisation de la cession des stocks, ce qui explique qu'il ne s'applique pas immédiatement. La baisse concerne le gazole et s'étend au gazole non routier utilisé par les agriculteurs, les pêcheurs et les entreprises du BTP. L'essence n'est pas visée.
Des distributeurs sous surveillance
Les principaux distributeurs, qui représentent environ 60 % du marché, se sont engagés à répercuter intégralement la baisse sur leurs prix. La DGCCRF surveillera les prix d'achat et les marges, et publiera ses résultats chaque semaine. En cas de manquement, l'État pourra répartir les stocks selon les parts de marché ou plafonner les marges par décret.
Un répit limité pour le budget des ménages
Cette baisse temporaire ne compensera qu'une partie de la flambée des prix de l'énergie, qui a déjà fait accélérer l'inflation à 2,4 % en août. Pour les ménages dont les fins de mois sont tendues par plusieurs crédits en cours, faire le point sur son taux d'endettement permet de mesurer sa marge de manoeuvre. Un rachat de crédits peut aussi alléger les mensualités, en contrepartie d'une durée de remboursement plus longue.
Source : Premier ministre et info.gouv.fr, « Baisse du prix du gazole : ce qui va changer à la pompe », 7 octobre 2026