Le prêt à taux zéro destiné aux familles qui s'agrandissent a été profondément remanié en commission des finances. Le 8 octobre, les députés ont supprimé les conditions de ressources, fixé le montant maximal à 100 000 € et étendu le dispositif aux parents d'un enfant de moins de cinq ans. Le texte reste à confirmer en séance publique.
Annoncé par le gouvernement dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, le PTZ parentalité vise à aider les familles qui accueillent un enfant à acheter un logement plus grand. Nous détaillions ses contours initiaux lors de sa création dans le projet de budget. La commission des finances de l'Assemblée nationale vient d'en modifier les règles de façon importante.
Ce que prévoyait le gouvernement
Dans sa version initiale, ce nouveau prêt sans intérêt était réservé aux ménages attendant un enfant ou ayant un enfant de moins de trois ans, sous conditions de ressources. Il pouvait atteindre 180 000 € dans certains cas, par exemple pour les familles nombreuses dans les zones les plus tendues, et financer jusqu'à 50 % de l'opération pour les ménages les plus modestes, avec un remboursement étalé sur 15 à 25 ans. Contrairement au PTZ classique, il n'était pas réservé aux primo-accédants et pouvait se cumuler avec lui.
Ce que les députés ont voté en commission
Un amendement du groupe MoDem, défendu par le député Jean-Paul Mattéi, a été adopté le 8 octobre. Il modifie trois paramètres :
- les conditions de ressources sont supprimées : le prêt serait accessible quels que soient les revenus du ménage ;
- le montant maximal est fixé à 100 000 € ;
- le dispositif est ouvert aux familles ayant un enfant de moins de cinq ans, et non plus de moins de trois ans, ainsi qu'à celles qui attendent un enfant.
Le prêt resterait cumulable avec un crédit immobilier classique et avec le PTZ destiné aux primo-accédants, dont les critères d'éligibilité ne changent pas.
Une mesure critiquée à gauche
Les partisans de l'amendement y voient un soutien à l'activité et aux jeunes couples qui ont besoin de plus d'espace. À gauche, plusieurs députés ont dénoncé un dispositif qui profiterait surtout aux ménages aisés, déjà en mesure d'obtenir le crédit bancaire complémentaire, et qui détournerait le PTZ de sa vocation d'aide au premier achat. Le gouvernement chiffrait le coût du dispositif initial à environ 100 millions d'euros par an.
Un vote encore indicatif
Pour les textes budgétaires, l'examen en séance publique repart du projet du gouvernement. Les députés devront donc adopter à nouveau ces modifications lors des débats dans l'hémicycle, qui débutent le 13 octobre, avant l'examen du texte par le Sénat. Le gouvernement pourrait chercher à revenir sur l'élargissement, jugé coûteux.
Les familles qui préparent un achat peuvent dès à présent estimer leurs droits au prêt à taux zéro existant avec notre simulateur de PTZ.
Source : Assemblée nationale, commission des finances, examen du projet de loi de finances pour 2027 (8 octobre 2026)