Alors que la pression sur le pouvoir d'achat demeure au centre des préoccupations économiques, une étude Ifop réalisée pour la Fondation Travailler autrement révèle un fossé important entre la perception des dirigeants et celle de leurs équipes. Si 89 % des employeurs estiment verser des rémunérations suffisantes pour couvrir les besoins du quotidien, seuls 63 % des salariés partagent ce constat. Dans ce contexte, la revalorisation salariale redevient la priorité absolue de la majorité des travailleurs, quitte à sacrifier du temps libre.
L'enquête met en lumière une inversion des priorités des travailleurs, marquant le retour au premier plan des revendications financières face aux aspirations d'aménagement du temps de travail.
Disparités de perception selon les tranches de revenus et catégories socio-professionnelles
Le sentiment de percevoir un salaire adapté aux charges du foyer varie très fortement en fonction du niveau de rémunération net mensuel. La satisfaction ne concerne que 38 % des salariés gagnant moins de 1 500 € par mois et 49 % de ceux percevant entre 1 500 € et 2 000 €. À l'inverse, ce sentiment d'adéquation atteint 73 % entre 2 000 € et 3 000 €, 91 % entre 3 000 € et 4 000 €, et s'élève à 98 % au-delà de 4 000 € net.
Sur le plan des catégories socioprofessionnelles, 81 % des cadres jugent leur rémunération suffisante pour subvenir à leurs besoins, contre seulement 58 % des ouvriers et 52 % des employés, traduisant une fragilité financière accrue chez les exécutants.
Arbitrage entre gain financier et temps libre : un retour aux niveaux de 2008
Consultés sur leurs aspirations prioritaires, 67 % des salariés placent l'augmentation de leur rémunération globale en tête de leurs attentes, loin devant l'amélioration de l'équilibre entre vie professionnelle et personnelle (16 %), l'obtention d'avantages complémentaires (9 %) ou les évolutions de poste (8 %).
Preuve du durcissement de la situation économique des ménages, 61 % des répondants déclarent préférer gagner davantage, quitte à disposer de moins de temps libre. Cette tendance s'est totalement inversée par rapport à 2022 (où ils n'étaient que 39 % à faire ce choix) pour retrouver son niveau historique de 2008. Seule exception : les cadres demeurent majoritairement attachés au temps libre, 51 % d'entre eux préférant travailler moins, quitte à réduire leurs revenus.
Leviers de fidélisation et décalage sur la communication interne
Le niveau de salaire s'impose comme le premier facteur de rétention des talents pour 22 % des salariés, suivi par l'organisation du temps de travail (16 %), les titres-restaurant et aides aux repas (13 %) et les primes annuelles (11 %). Les employeurs surévaluent le rôle des gratifications ponctuelles, 28 % d'entre eux estimant que les primes et bonus constituent le principal outil de fidélisation.
Enfin, le baromètre souligne une divergence importante concernant la transparence de la politique salariale : 87 % des entreprises déclarent communiquer clairement sur leurs grilles de salaires et avantages, un sentiment partagé par seulement 62 % des salariés.
Source : Étude Ifop pour la Fondation Travailler autrement (septembre 2026).