- PER individuel : vous choisissez votre contrat et l'alimentez par des versements volontaires ; il peut aussi recevoir des droits transférés.
- PER collectif : accessible dans l'entreprise, avec adhésion facultative et abondement éventuel selon le règlement.
- PER obligatoire : adhésion imposée aux salariés concernés et cotisations obligatoires, généralement récupérées en rente.
- Origine des fonds : fiscalité et sorties dépendent du compartiment ; transférer l'épargne ne supprime pas les restrictions des cotisations obligatoires.
Comparatif du PER individuel et des deux PER d'entreprise
| Critère | Individuel | Collectif | Obligatoire |
|---|---|---|---|
| Adhésion | Choisie à titre personnel, à partir de 18 ans. | Facultative ; ouverte aux salariés selon le règlement. | Obligatoire pour les catégories de salariés concernées. |
| Contrat | Choisi par l'épargnant. | Mis en place par l'entreprise. | Mis en place par l'entreprise. |
| Alimentation | Versements personnels et droits transférés. | Versements personnels, épargne salariale et abondement éventuel. | Cotisations obligatoires ; versements personnels et épargne salariale sous conditions. |
| Aide employeur | Pas d'abondement automatique. | Selon le règlement, dans les limites légales. | Cotisations de l'employeur selon le dispositif. |
| Frais | À la charge du titulaire selon le contrat. | Certains frais pris en charge par l'employeur ; frais des supports à examiner. | Répartition selon le contrat et le dispositif. |
| Sortie | Selon l'origine des droits. | Selon l'origine des droits. | Rente pour les cotisations obligatoires, sauf exception. |
Les trois formes du plan d'épargne retraite partagent une structure commune, mais leurs conditions d'accès et de financement diffèrent. Le choix ne se limite donc pas à « personnel ou professionnel ». Pour construire votre épargne à long terme, examinez d'abord ce que votre entreprise propose réellement.
À qui s'adresse chaque plan ?
Le PER individuel se souscrit à titre personnel auprès d'un distributeur proposant un contrat adapté. Il est accessible aux majeurs, qu'ils soient salariés, indépendants, sans activité ou retraités, sous réserve de la capacité juridique et des conditions du contrat. Vous choisissez le gestionnaire et l'univers de placement parmi les offres disponibles.
Le PER d'entreprise collectif est ouvert aux salariés de l'entreprise, avec une ancienneté exigible limitée à trois mois. L'adhésion est facultative, même lorsqu'un mécanisme d'adhésion automatique est prévu : le salarié dispose alors du délai légal pour refuser. Les conditions applicables à certains dirigeants et conjoints collaborateurs dépendent de la situation de l'entreprise.
Le PER d'entreprise obligatoire impose l'adhésion aux salariés qui appartiennent au périmètre défini par le dispositif. L'existence d'un PER individuel ne permet pas de s'en dispenser. L'entreprise peut aussi regrouper plusieurs composantes dans un plan unique ; les catégories de versements restent suivies distinctement.
Pourquoi les trois compartiments sont déterminants ?
Un PER distingue les versements volontaires, l'épargne salariale et les cotisations obligatoires. Le compartiment conserve l'origine de l'argent : c'est cette origine qui détermine notamment la fiscalité et la possibilité de récupérer un capital.
- Compartiment 1 : versements volontaires, avec suivi distinct selon qu'ils sont déduits fiscalement ou non.
- Compartiment 2 : épargne salariale, par exemple intéressement, participation et abondement répondant aux conditions du dispositif.
- Compartiment 3 : cotisations obligatoires de l'employeur et, le cas échéant, du salarié.
Un PER individuel peut recevoir des compartiments 2 ou 3 à l'occasion d'un transfert. Il serait donc faux de promettre que tout l'argent d'un PER individuel est librement récupérable en capital à la retraite. Réciproquement, les versements volontaires d'un PER obligatoire ne suivent pas automatiquement les règles des cotisations obligatoires.
Abondement et frais : où verser en priorité ?
Un abondement sur un PER collectif peut peser fortement dans la décision. Vérifiez le règlement : sommes éligibles, taux, paliers, plafond et calendrier. L'employeur peut prévoir un complément différent selon le niveau du versement, ou aucun abondement.
Par exemple, si le règlement prévoit 100 % d'abondement dans la limite de 500 €, un versement éligible de 500 € peut déclencher 500 € bruts supplémentaires de l'entreprise. Les prélèvements applicables et l'investissement effectif doivent être pris en compte. Ce complément ne garantit ni rendement ni absence de perte sur les supports choisis.
Une fois l'abondement maximal obtenu, comparez les frais et supports pour les versements supplémentaires. Sur un PER collectif, la prise en charge de certains frais par l'employeur ne signifie pas que tous les fonds sont gratuits. Vérifiez les frais de gestion financière et ce qui restera à votre charge après le départ de l'entreprise.

Examiner l'aide de l'employeur avant de choisir le contrat
« Commencez par lire les conditions d'abondement et les frais réellement supportés. Un PER individuel peut compléter le plan d'entreprise, mais il ne faut pas renoncer à une aide utile sans l'avoir chiffrée. Comparez ensuite les supports et les sorties possibles pour chaque origine de versement. »
Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits
La déduction fiscale est-elle différente ?
Les versements volontaires sur un PER individuel ou d'entreprise peuvent être déduits du revenu imposable, dans le plafond disponible, s'ils sont effectués avant 70 ans. Vous pouvez renoncer à la déduction auprès du gestionnaire au moment du versement. Multiplier les plans ne multiplie pas votre plafond personnel.
Les cotisations de retraite supplémentaire et l'abondement exonéré peuvent réduire les droits de déduction disponibles selon les règles fiscales. Appuyez-vous sur l'avis d'impôt et les informations de l'employeur, plutôt que de considérer chaque contrat isolément.
Intéressement, participation et abondement ne constituent pas des versements personnels ordinaires : ils peuvent être exonérés d'impôt lors de leur affectation, dans les conditions et limites prévues. Leur sortie en capital conserve un régime distinct. Le guide sur la fiscalité du PER permet d'identifier les catégories avant de calculer l'économie attendue.
Quelles sorties en capital ou en rente ?
À la liquidation d'une pension obligatoire ou à l'âge légal applicable, les droits issus des versements volontaires et de l'épargne salariale peuvent en principe sortir en capital, en rente ou en combinaison. Une option irrévocable pour la rente peut toutefois limiter ce choix. Les cotisations obligatoires sont en principe servies en rente, avec possibilité de rachat des faibles rentes dans les conditions légales et avec accord de l'organisme.
Avant cette échéance, l'achat de la résidence principale peut permettre de débloquer les compartiments volontaires et d'épargne salariale ; il ne permet pas de récupérer les cotisations obligatoires. Les accidents de la vie correspondent à d'autres cas légaux et doivent être justifiés. La sortie anticipée ou à la retraite du PER dépend donc de la provenance des sommes, pas uniquement du nom commercial du contrat.
Que faire lorsqu'on quitte l'entreprise ?
Un départ ne fait pas disparaître vos droits. Vous pouvez conserver le plan et examiner ses frais futurs, ou envisager un transfert vers un autre PER lorsque les conditions sont réunies. Sur un PER collectif, le transfert est possible à tout moment après le départ ; pendant l'emploi, sa fréquence est limitée à une fois tous les trois ans. Pour les droits d'un plan obligatoire, il faut ne plus être tenu d'y adhérer.
Un transfert entre PER est plafonné à 1 % de frais avant cinq ans depuis le premier versement et devient gratuit après cinq ans, ou à l'échéance légale du plan. Il conserve les contraintes attachées aux compartiments. Avant de choisir un PER d'accueil, consultez le comparatif des contrats PER et demandez la ventilation des droits transférés.
Le transfert d'un ancien PERP ou Madelin suit une autre ancienneté de gratuité : le guide sur le transfert d'un ancien contrat retraite vers un PER précise la distinction.
FAQ : PER individuel et PER d'entreprise
Peut-on détenir les deux à la fois ?
Oui. Le plan individuel peut compléter celui de l'entreprise. Cela ne crée pas un second plafond personnel de déduction pour les mêmes versements volontaires.
Peut-on verser volontairement sur un PER obligatoire ?
Oui, selon les modalités du dispositif. Ces sommes sont suivies comme des versements volontaires et restent distinctes des cotisations imposées par l'accord d'entreprise.
Le départ de l'entreprise permet-il de récupérer l'argent ?
Pas à lui seul. Un changement d'emploi ou une démission ne constitue pas un motif général de retrait anticipé du PER. Il peut ouvrir des possibilités de transfert.
Le PER collectif remplace-t-il le PEE ?
Non. Le PEE est un dispositif d'épargne salariale distinct, avec une durée de blocage et des cas de déblocage propres. L'entreprise peut proposer les deux ; vérifiez les abondements et la destination de chaque prime avant votre choix.
Sources : Sources : Code monétaire et financier, dispositions relatives aux PER ; Service Public, fiches PER individuel, collectif et obligatoire ; DGFiP et BOFiP, synthèse du régime fiscal des PER.