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Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIRVérifié par Ouafâa MACHRI

Mis à jour le

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Les points à retenir
  • À l'entrée : les versements volontaires peuvent réduire le revenu imposable, dans votre plafond disponible. Depuis 2026, cette déduction cesse à 70 ans.
  • À la sortie en capital : les versements déduits sont imposés au barème, sans abattement de 10 %. Les gains suivent un régime distinct.
  • Gains retirés en 2026 : le prélèvement forfaitaire atteint 31,4 % pour les versements volontaires, sauf option globale pour le barème.
  • Avant de verser : comparez l'économie immédiate avec l'impôt futur, les frais et votre besoin de conserver une épargne disponible.

Comment fonctionne la fiscalité du PER ?

Le plan d'épargne retraite permet de déduire certains versements de vos revenus, mais l'argent récupéré n'est pas nécessairement exonéré. Le traitement fiscal dépend de l'origine des sommes, du choix de déduction et de la sortie en capital ou en rente. Les règles ci-dessous concernent un résident fiscal français et la fiscalité applicable en 2026.

Versements volontairesPendant l'épargneCapital récupéré à la retraite
Déduits du revenu Économie d'impôt dans la limite du plafond disponible Versements au barème de l'impôt ; gains taxés séparément
Non déduits sur option Aucune déduction à l'entrée Versements exonérés ; gains taxés séparément

Un plan d'épargne retraite (PER) peut aussi recevoir de l'épargne salariale ou des cotisations obligatoires : ces sommes ne suivent pas toutes ce tableau. Le gestionnaire les distingue dans des compartiments. Pour situer ce placement dans votre patrimoine, examinez également les solutions d'épargne selon vos objectifs et votre horizon.

Combien peut-on déduire des revenus avec un PER en 2026 ?

La déduction réduit votre revenu imposable, pas directement votre impôt. Son intérêt dépend donc de la tranche marginale d'imposition, c'est-à-dire du taux appliqué à la dernière partie de vos revenus.

Une économie qui dépend de votre tranche d'imposition

Si un versement de 5 000 € est entièrement déductible et réduit uniquement des revenus imposés à 30 %, l'économie atteint 1 500 €. Elle serait de 550 € pour une somme entièrement située dans la tranche à 11 %. Ce calcul reste indicatif : lorsqu'une déduction traverse plusieurs tranches, il faut calculer l'impôt du foyer avec et sans versement.

Un foyer non imposable n'obtient pas un remboursement de 30 % de son versement : le PER n'est pas un crédit d'impôt. Le taux de prélèvement à la source ne remplace pas non plus la tranche marginale pour estimer cet avantage.

Le plafond des versements effectués en 2026

Pour un salarié, le plafond brut correspond au plus élevé de ces deux montants :

  • 10 % des revenus professionnels de 2025, nets de frais professionnels, dans la limite de 37 680 € ;
  • 4 710 € si ce montant est plus favorable.

Ces bornes utilisent le plafond de la Sécurité sociale de 2025. Certaines cotisations de retraite d'entreprise et certains abondements réduisent le disponible. Consultez la rubrique « Plafond épargne retraite » de votre avis d'impôt : ouvrir plusieurs PER ne multiplie pas votre plafond individuel.

Report des droits non utilisés et plafond du couple

La réforme de 2026 porte le report à cinq ans pour les droits non utilisés constitués à partir de 2026. Elle ne ressuscite pas les anciens plafonds expirés. Pour les versements de 2026, les reliquats utilisables restent ceux de 2023, 2024 et 2025, en plus du plafond de 2026. Le disponible de 2026 non consommé pourra servir jusqu'en 2031.

L'imputation commence par le plafond de l'année, puis par le reliquat le plus ancien. Un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune peut demander la mutualisation des plafonds ; ce n'est pas automatique. À partir de 70 ans, les nouvelles règles de déduction doivent aussi être prises en compte.

Travailleurs indépendants et versements à partir de 70 ans

Un indépendant peut relever d'une déduction du bénéfice professionnel, avec un calcul spécifique prévu notamment par l'article 154 bis du Code général des impôts. Le plafond salarié ne suffit donc pas à déterminer son montant déductible. Une même cotisation ne peut pas être déduite à la fois du bénéfice et du revenu global.

Depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés à compter du jour du 70e anniversaire n'ouvrent plus droit à la déduction PER. Cette règle ne remet pas en cause les déductions obtenues auparavant. Elle impose de distinguer les anciens versements des nouveaux.

Faut-il déduire ses versements ou renoncer à la déduction ?

Déduire peut être avantageux lorsque votre imposition est élevée pendant la vie active et plus faible au moment des retraits. Mais une baisse de revenus à la retraite ne garantit pas une baisse de tranche : un retrait important peut lui-même augmenter le revenu imposable.

La renonciation peut être examinée si vous êtes peu ou pas imposé. Elle doit être signalée au gestionnaire lors du versement. Ne pas renseigner sa déclaration ne suffit pas à exercer cette option. De même, dépasser son plafond de déduction ne transforme pas automatiquement l'excédent en versement bénéficiant du régime de non-déduction à la sortie.

Comparez les solutions à effort d'épargne net identique, en tenant compte de l'usage de l'économie d'impôt : est-elle dépensée ou réinvestie ? Conservez d'abord une épargne de précaution adaptée à vos charges, car le PER reste en principe bloqué jusqu'à la retraite.

Photo de Arsalain EL KESSIR

Raisonner en revenu net disponible

L'économie d'impôt à l'entrée ne suffit pas pour juger un PER. Il faut estimer le montant réellement récupérable, après fiscalité et frais, puis vérifier que le calendrier des retraits correspond aux besoins du foyer. Prévoir plusieurs scénarios de revenus à la retraite aide à éviter une décision fondée uniquement sur la déduction immédiate.

Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits

Quel impôt paie-t-on à la sortie du PER en capital ?

Il faut séparer les versements restitués et les gains. Pour les versements volontaires, la fiscalité de 2026 se présente ainsi :

Origine du capitalVersements restituésGains retirés
Versements déduits Barème progressif, sans abattement de 10 % ; pas de prélèvements sociaux 31,4 % par défaut : 12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux
Option de non-déduction Exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux Même prélèvement de 31,4 % par défaut

L'option pour le barème progressif peut remplacer les 12,8 % d'impôt sur les gains. Elle est globale pour les revenus et gains mobiliers qui entrent dans son champ : elle ne se choisit pas uniquement pour le PER. Les prélèvements sociaux restent dus. Les contributions supplémentaires propres aux hauts revenus peuvent également modifier le résultat.

Exemple : combien reste-t-il sur 24 000 € retirés ?

Supposons un capital de 24 000 €, composé de 20 000 € de versements déduits et de 4 000 € de gains. Si les 20 000 € restitués sont intégralement taxés à 11 %, l'impôt sur cette part atteint 2 200 €. Le prélèvement sur les gains est de 4 000 € × 31,4 %, soit 1 256 €. Il reste donc 20 544 € nets.

Avec une imposition intégrale des versements à 30 %, le montant net serait de 16 744 €. Ces exemples simplifiés supposent une tranche constante sur toute la somme imposable et excluent les frais de sortie éventuels. Ils illustrent le retrait, sans mesurer à eux seuls la rentabilité de l'opération : l'économie obtenue à l'entrée doit aussi être comptée.

Fractionner le capital pour maîtriser le revenu imposable

Répartir les retraits sur plusieurs années peut limiter un passage dans une tranche supérieure. Cela ne supprime pas l'impôt. Chaque retrait comporte une part de versements et une part de gains calculée par le gestionnaire : on ne retire pas librement « les versements d'abord, les gains ensuite ».

La fiscalité est commune aux PER relevant du même régime ; les frais et les modalités pratiques de retrait varient. Le comparatif des contrats PER permet de compléter l'examen fiscal par celui du contrat.

Comment une sortie en rente est-elle imposée ?

Une rente procure des versements réguliers à vie. Sa fiscalité dépend des sommes qui l'ont constituée ; elle ne se calcule pas comme un retrait en capital.

Rente issue de versements volontaires déduits

Elle relève de l'impôt sur le revenu dans la catégorie des pensions, avec l'abattement de 10 % applicable aux pensions, dans les limites prévues pour le foyer. Les prélèvements sociaux de 18,6 % portent sur une fraction de la rente déterminée selon l'âge au premier versement.

Rente issue de versements non déduits sur option

Seule une fraction entre dans le revenu imposable, selon le régime des rentes viagères à titre onéreux. Cette fraction est fixée à l'entrée en jouissance : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans et 30 % à partir de 70 ans. Les prélèvements sociaux s'appliquent également à cette fraction.

Par exemple, pour une rente de 6 000 € par an démarrée à 65 ans et issue de versements non déduits sur option, 2 400 € entrent dans le revenu imposable. Les prélèvements sociaux à 18,6 % représentent 446,40 €. 40 % est ici une base taxable, pas un taux d'impôt.

Quelles règles pour l'épargne salariale et les cotisations obligatoires ?

Un même PER peut réunir plusieurs origines d'épargne. Le PER d'entreprise collectif peut notamment accueillir l'intéressement, la participation et l'abondement. Demandez un relevé par compartiment avant de préparer la sortie, notamment après un transfert.

  • Épargne salariale exonérée à l'entrée : en sortie en capital, les versements et les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu. Les gains restent soumis aux prélèvements sociaux. Une sortie en rente relève du régime des rentes à titre onéreux.
  • Épargne salariale non exonérée à l'entrée : les gains correspondants suivent un régime différent, avec imposition forfaitaire ou option globale pour le barème. Il ne faut pas généraliser l'exonération à toutes les sommes.
  • Cotisations obligatoires déductibles : elles donnent normalement lieu à une rente imposée comme une pension. Le régime social des pensions s'applique, selon la situation du foyer. Une conversion en capital peut exister pour une faible rente, sous conditions.

Pour comprendre les droits constitués par des cotisations imposées dans l'entreprise, consultez le fonctionnement du PER d'entreprise obligatoire. Les versements effectués à partir de 70 ans depuis 2026 font l'objet de règles particulières de non-déduction ou de non-exonération. Un transfert vers un autre PER conserve l'origine fiscale des droits : il ne transforme pas des cotisations obligatoires en versements volontaires librement récupérables.

Quelle fiscalité en cas de déblocage anticipé ?

L'achat de la résidence principale n'ouvre pas une exonération générale. Pour les versements volontaires, les règles d'une sortie en capital s'appliquent : les versements auparavant déduits sont imposables, tandis que les gains ont leur propre fiscalité. Les droits issus des cotisations obligatoires ne peuvent pas être débloqués pour ce motif.

Les accidents de la vie prévus par la loi bénéficient d'un traitement différent : décès du conjoint ou partenaire de PACS, invalidité répondant aux conditions légales, surendettement, expiration des droits au chômage et certaines cessations d'activité non salariée. Le capital débloqué est alors exonéré d'impôt sur le revenu ; les gains restent soumis aux prélèvements sociaux.

Avant de financer un achat immobilier, demandez au gestionnaire un chiffrage du montant net versé. Le capital affiché sur le relevé n'est pas nécessairement l'apport réellement disponible après impôt.

Comment déclarer les versements et les retraits du PER ?

Un versement effectué en 2026 concerne les revenus de 2026, déclarés en 2027. Il ne réduit pas l'impôt déclaré au printemps 2026 sur les revenus de 2025. Vérifiez l'année figurant sur chaque attestation.

  1. Rassemblez les justificatifs : attestation de versements, relevé du plafond disponible, attestations employeur et imprimé fiscal du gestionnaire.
  2. Distinguez les catégories : versements déduits du revenu global, sommes déjà déduites professionnellement et versements non déduits sur option. Une cotisation ne doit jamais être comptée deux fois.
  3. Contrôlez les montants préremplis et la demande de mutualisation si elle correspond à votre situation.
  4. Pour une sortie, séparez le capital taxable, les gains et les rentes, en suivant l'imprimé fiscal et la notice de la déclaration concernée.

À titre de repère, la déclaration 2026 des revenus 2025 prévoit les lignes 1AI à 1DI pour le capital PER imposable au barème, sans l'abattement de 10 %. Ne transposez pas au PER le prélèvement de 7,5 % applicable sous conditions à certains anciens produits retraite. Conservez les attestations pour justifier les montants déclarés.

Sources : Code général des impôts, articles 154 bis, 163 quatervicies et 163 quinvicies ; BOFiP, synthèse du régime d'imposition des PER et commentaires actualisés en 2026 ; documentation déclarative de la DGFiP et fiches Service Public.

FAQ sur la fiscalité du PER

Le PER bénéficie-t-il de l'abattement après huit ans de l'assurance vie ?

Non. Le PER n'applique pas l'abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € propre aux gains retirés d'une assurance vie de plus de huit ans. Pour comparer ces deux enveloppes, consultez les règles fiscales de l'assurance vie avant et après huit ans.

Peut-on reporter un versement qui dépasse le plafond ?

Non : c'est le droit à déduction non utilisé qui peut être reporté, pas le versement excédentaire. Avant de dépasser votre disponible, examinez l'option de non-déduction avec le gestionnaire. Un simple dépassement ne garantit pas l'exonération des versements à la sortie.

Un arbitrage entre supports déclenche-t-il l'impôt ?

Un changement de supports à l'intérieur du PER, sans sortie des sommes, ne constitue pas un retrait imposable. Il peut toutefois entraîner des frais et modifier le niveau de risque. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital.

Que devient la fiscalité du PER au décès ?

Elle dépend du type de plan et de son état au décès. Un PER bancaire entre dans la succession. Pour un PER assurantiel non liquidé, l'âge au décès, les bénéficiaires et les abattements applicables sont déterminants. Après 70 ans, le traitement porte en principe sur le capital et les gains, après un abattement global de 30 500 €, sous réserve des exonérations. Ne transposez pas automatiquement les règles successorales de l'assurance vie.

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