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Je simule mon rachat de crédit

Sommaire

Ouafâa MACHRI

Écrit par Ouafâa MACHRIVérifié par Arsalain EL KESSIR

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • Aucun texte n'interdit un rachat de crédit au chômage : l'accord dépend des allocations retenues, des garanties apportées et des perspectives de reprise d'emploi.
  • Selon les organismes, les allocations chômage sont retenues en totalité, en partie ou pas du tout ; une ARE régulière reste la base la plus favorable.
  • Un co-emprunteur en emploi, une caution solidaire ou un bien immobilier mis en garantie compensent la fragilité des revenus et renforcent nettement le dossier.
  • Avant tout regroupement, vérifiez si vos crédits en cours comportent une assurance perte d'emploi : le rachat mettrait fin à cette couverture.
  • Un rachat au chômage allège la mensualité mais allonge la durée : le coût total augmente, et l'échéance doit rester tenable après la fin des droits.

Peut-on obtenir un rachat de crédit quand on est au chômage ?

Oui : aucun texte n'interdit un rachat de crédit pour un chômeur. L'accord n'est pas acquis pour autant. Il dépend de trois éléments : la façon dont l'organisme traite les allocations chômage, retenues comme revenus ou non selon les établissements ; les garanties apportées, comme un co-emprunteur, une caution ou un bien immobilier ; et la perspective de reprise d'emploi.

Le regroupement de crédits fonctionne de la même façon que pour un emprunteur en poste : un nouveau prêt solde les crédits en cours, avec une mensualité unique calée sur des revenus diminués. L'organisme étudie l'ensemble des ressources disponibles : allocations versées par France Travail, revenus locatifs, pension alimentaire, revenus d'un co-emprunteur.

L'objectif est double : rendre la mensualité compatible avec le reste à vivre, et agir avant que des impayés n'apparaissent.

« Un demandeur d'emploi qui perçoit des allocations chômage stables, qui dispose d'un co-emprunteur solide et qui présente des relevés bancaires sans incident présente un dossier que les organismes peuvent étudier sérieusement. Le chômage n'est pas un verdict définitif : c'est la cohérence globale du dossier qui fait la différence. »

Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Quelles situations de chômage laissent le plus de chances d'être accepté ?

Le prêteur regarde d'abord la régularité des ressources et leur durée probable, puis ce qui peut compenser leur fragilité.

ProfilLecture du prêteurLeviers à mobiliser
Chômage indemnisé récent Profil le plus favorable : l'allocation de retour à l'emploi (ARE) offre une base régulière, retenue ou non selon l'organisme Attestation France Travail, durée des droits restants, historique bancaire sans incident
Chômage de longue durée Ressources jugées fragiles, perspective de reprise incertaine Co-emprunteur, caution ou garantie sur un bien, démarches de retour à l'emploi documentées
Fin de droits Plus de revenu régulier : dossier rarement étudié sur les seules ressources de l'emprunteur Co-emprunteur en emploi, garantie sur un bien, sinon solutions hors rachat
Avec un co-emprunteur en emploi Les revenus du co-emprunteur deviennent le coeur de l'analyse Contrat, ancienneté et revenus du co-emprunteur
Propriétaire Le bien peut garantir l'opération et compenser la faiblesse des revenus Valeur du bien, capital restant dû sur un éventuel prêt immobilier
Promesse d'embauche ou formation en cours Retour à l'emploi proche et crédible, qui peut être pris en compte dans l'analyse Promesse d'embauche écrite, attestation de formation, date de reprise

Comme pour le rachat selon le statut professionnel, du salarié au retraité, la logique reste la régularité des ressources. Pour un demandeur d'emploi, ce sont la durée restante des droits et la date probable de reprise qui font la différence.

Pourquoi les banques sont-elles réticentes face au chômage ?

L'incertitude sur les revenus futurs

Le principal frein est l'absence de visibilité sur les ressources à moyen terme. Les allocations chômage sont temporaires : leur durée est limitée et, pour certains allocataires, leur montant devient dégressif.

Un risque de défaut de paiement accru

Si le chômage se prolonge au-delà des droits aux allocations, la capacité de remboursement chute brutalement. Les organismes intègrent ce scénario dans leur analyse de risque, d'où des conditions plus restrictives.

Des contraintes réglementaires strictes

Tout prêteur a l'obligation de vérifier la solvabilité de l'emprunteur avant d'accorder un crédit. La norme du HCSF, qui limite en principe le taux d'endettement à 35 %, vise le crédit immobilier. Pour un regroupement de crédits à la consommation, chaque organisme fixe ses propres seuils. Pour un profil sans revenus professionnels, ils se traduisent le plus souvent par des garanties renforcées et un taux plus élevé.

Quels revenus et quelles garanties présenter au prêteur ?

Les revenus alternatifs acceptés

Les organismes ne traitent pas tous les ressources d'un demandeur d'emploi de la même manière :

  • Allocations chômage : selon les organismes, elles sont retenues comme revenus, retenues partiellement ou écartées du calcul. Une ARE versée régulièrement, avec une durée de droits restants significative, reste la base la plus favorable.
  • Revenus complémentaires : pensions alimentaires, rentes viagères, revenus locatifs justifiés.
  • Minima sociaux : leur prise en compte varie fortement d'un organisme à l'autre et ne suffit pas, seule, à fonder un dossier.

La question des minima sociaux se pose dans des termes proches pour le rachat de crédit au RSA, où la nature de la prestation et sa durée pèsent autant que son montant.

Les garanties indispensables

Pour un profil de chômeur, l'organisme demande généralement au moins l'une de ces garanties :

  • Caution solidaire : un proche disposant de revenus réguliers se porte garant.
  • Garantie sur un bien : un bien immobilier dont vous êtes propriétaire est mis en garantie.
  • Co-emprunteur : conjoint, parent ou proche disposant d'une situation financière stable.

Le profil financier global

L'organisme examine aussi l'historique bancaire et le taux d'endettement : des relevés sans incident et un endettement maîtrisé après l'opération augmentent nettement les chances d'acceptation. Les perspectives de retour à l'emploi (démarches, formations en cours) comptent également.

Quels types de rachat de crédit sont accessibles à un chômeur ?

Plusieurs formules de regroupement sont accessibles selon le patrimoine et les garanties disponibles :

Type de rachatPrincipeConditions d'accès pour un chômeur
Rachat conso Regroupe prêts personnels, crédits auto, renouvelables, découverts Le plus fréquent : ressources régulières et caution ou co-emprunteur
Rachat hypothécaire Bien immobilier en garantie, taux généralement plus bas, durée plus longue Réservé aux propriétaires
Rachat avec co-emprunteur Un proche aux revenus stables intégré au dossier Renforce nettement les chances d'acceptation

Le rachat conso : la formule la plus courante

Le rachat de crédits à la consommation est la voie la plus empruntée par les demandeurs d'emploi. Plus léger qu'un montage immobilier, il se passe de notaire et regroupe prêts personnels, crédits renouvelables, crédits auto et travaux.

Le rachat hypothécaire : pour les propriétaires

Un propriétaire peut apporter son bien en garantie, ce qui ouvre en général des taux plus bas et des durées plus longues. Le montant finançable dépend de la valeur du bien retenue par l'organisme. Lorsque les prêts immobiliers représentent plus de 60 % du montant regroupé, l'opération relève du régime du crédit immobilier, avec une garantie généralement exigée.

Exemple de rachat de crédit au chômage

Lucie, 38 ans, est sans emploi depuis 8 mois. Elle perçoit 1 200 € d'allocations chômage et 200 € de pension alimentaire. Ses crédits en cours totalisent 700 € par mois : crédit auto (250 €), deux crédits à la consommation (300 €) et un crédit renouvelable (150 €). Son taux d'endettement atteint 50 %.

Son dossier comprend ses justificatifs d'allocations, un historique bancaire sans incident et la caution solidaire de son frère, en CDI depuis 5 ans. L'organisme sollicité retient ses allocations dans ses ressources et accepte le regroupement.

Hypothèses de calcul, à titre illustratif : 24 000 € de capital restant dû regroupés sur 7 ans (84 mois) à un taux de 6 %. La mensualité unique s'établit à environ 350 €, ce qui ramène l'endettement à 25 % de ses ressources.

La contrepartie est l'allongement : sur 7 ans, Lucie remboursera environ 29 450 €, soit près de 5 450 € d'intérêts. Elle retrouve une marge budgétaire en attendant son retour à l'emploi, mais sa mensualité devra rester tenable si ses droits s'arrêtent avant sa reprise.

Quels sont les avantages et les risques d'un rachat au chômage ?

Les avantages

  • Mensualités réduites : libère du budget indispensable pendant la période sans emploi.
  • Anticipation des impayés : restructure les dettes avant que la situation ne se dégrade.
  • Gestion simplifiée : une seule échéance, un seul interlocuteur.

Les inconvénients

  • Taux souvent plus élevé : un profil jugé risqué obtient en général des conditions moins favorables qu'un emprunteur en poste.
  • Coût total augmenté : l'allongement de la durée accroît le montant total des intérêts.
  • Garanties exigées : caution, garantie sur un bien ou co-emprunteur souvent indispensables.
  • Risque d'aggravation : prolonger les remboursements sans retour à l'emploi peut fragiliser davantage le budget.

Comment optimiser son dossier en période de chômage ?

Valoriser toutes les ressources

Présentez tous vos revenus : allocations, pensions alimentaires, loyers, revenus d'un co-emprunteur. Des sources régulières et diversifiées solidifient le dossier.

Soigner l'historique bancaire

Vos derniers relevés de compte doivent être irréprochables : aucun incident de paiement, pas de découverts répétés, dépenses courantes maîtrisées. Si votre compte présente des fragilités, assainissez-le pendant quelques mois avant de déposer la demande.

Préparer une lettre explicative

Joignez une lettre décrivant votre situation, vos perspectives de retour à l'emploi (démarches, formations, secteur visé) : l'organisme doit voir que la période de chômage est temporaire et que le remboursement reste tenable.

Faire appel à un courtier spécialisé

Le courtier en rachat de crédits sait quels organismes retiennent les allocations chômage et quelles garanties chacun exige. Il structure la présentation du dossier et négocie les conditions, ce qui peut faire la différence pour un profil sans emploi.

Sa rémunération est encadrée : aucune somme ne peut lui être versée avant le déblocage effectif des fonds prêtés.

Pour savoir quels organismes étudient un dossier comme le vôtre, le comparateur de rachat de crédits soumet votre situation à plusieurs prêteurs.

Quelles solutions si le rachat de crédit est refusé ?

Le premier réflexe, avant même de demander un regroupement, est de relire les contrats de vos crédits en cours. Si l'un d'eux comporte une assurance perte d'emploi, elle peut prendre en charge une partie des échéances pendant une durée limitée, selon les conditions du contrat : ancienneté, délai de franchise, durée d'indemnisation, exclusions. Attention : un rachat solde les anciens crédits et met fin aux assurances qui y étaient attachées.

La négociation directe avec les créanciers reste ensuite la piste la plus simple : rééchelonnement, report d'échéances ou baisse temporaire de mensualité.

Le microcrédit personnel accompagné, distribué par des banques partenaires avec l'appui d'associations ou de services sociaux, finance surtout des projets d'insertion, comme un véhicule pour reprendre un emploi ou une formation ; il ne sert pas à rembourser des dettes. Le CCAS de votre commune peut aussi apporter une aide d'urgence.

Lorsque les dettes ne peuvent plus être remboursées, la procédure de surendettement auprès de la Banque de France permet d'obtenir un plan de remboursement adapté, voire un effacement partiel des dettes.

FAQ : rachat de crédit au chômage

Le rachat de crédit au chômage est-il possible sans caution ?

C'est rare. La plupart des organismes demandent une garantie : caution solidaire, co-emprunteur ou bien immobilier. Certains étudient un dossier sans caution lorsque l'emprunteur perçoit des ressources régulières sur une durée longue et présente un historique bancaire irréprochable.

Les allocations chômage sont-elles prises en compte comme revenus ?

Selon les organismes. Certains les retiennent intégralement, d'autres partiellement, d'autres les excluent du calcul de l'endettement et considèrent l'emprunteur comme sans revenus. Une ARE régulière, avec une durée de droits restants longue, reste la situation la plus favorable.

Combien de temps dure la procédure ?

Tout dépend des garanties : un regroupement sans garantie se traite plus vite qu'un montage avec garantie sur un bien, qui suppose une expertise et un notaire.

Le taux d'intérêt est-il plus élevé au chômage ?

En règle générale, oui : le risque jugé plus élevé se traduit dans le taux proposé. Une garantie sur un bien ou un co-emprunteur solvable réduit cet écart.

Peut-on intégrer une trésorerie ou un nouveau projet au rachat ?

C'est possible, mais plus difficile : le projet doit être justifié, par exemple une formation ou des travaux indispensables, et appuyé par des garanties solides.

Mon assurance emprunteur peut-elle prendre en charge mes mensualités ?

Seulement si vos contrats comportent une assurance perte d'emploi, ce qui n'est pas systématique, et dans les limites prévues par chaque contrat. Vérifiez-la avant tout regroupement, qui mettrait fin à ces assurances.

Peut-on faire un rachat de crédit en fin de droits ?

Rarement sur ses seules ressources. Sans allocation, le dossier n'a plus de revenu régulier. Il reste envisageable avec un co-emprunteur en emploi ou une garantie sur un bien ; à défaut, les solutions hors regroupement sont à privilégier.

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