✍ Les points à retenir
- Les versements programmés alimentent automatiquement le contrat à intervalles réguliers, par prélèvement, dès 20 à 50 € par mois sur de nombreux contrats.
- Ils peuvent être modifiés, suspendus ou arrêtés à tout moment, généralement sans frais : ils ne constituent pas un engagement.
- Ils instaurent une discipline d'épargne et lissent le prix d'achat des unités de compte, en évitant de chercher le bon moment pour investir.
- 100 € par mois pendant 20 ans représentent 24 000 € versés et environ 36 700 € avec un rendement moyen de 4 %, hors frais et fiscalité.
- Les frais sur versement s'appliquent à chaque versement : un contrat sans frais d'entrée est donc particulièrement adapté.
Le principe des versements programmés
Les versements programmés permettent d'alimenter automatiquement une assurance-vie à intervalles réguliers, par prélèvement sur votre compte bancaire. Vous choisissez un montant, une fréquence et une répartition entre les supports, puis l'assureur investit chaque versement sans que vous ayez à intervenir. C'est l'équivalent d'un virement permanent vers votre épargne.
Ils se distinguent des versements libres, que vous effectuez ponctuellement quand vous le souhaitez, par exemple après une prime ou une rentrée exceptionnelle. Les deux modes ne s'excluent pas : la plupart des épargnants combinent des versements programmés réguliers et des versements libres occasionnels.
Fréquence, montant et répartition
La fréquence peut généralement être mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle, la mensualité étant la plus courante. Le montant minimum dépend des contrats : de 20 à 50 € par mois sur de nombreux contrats en ligne, jusqu'à 100 ou 150 € sur certains contrats de réseau. Vous choisissez aussi la répartition de chaque versement entre le fonds en euros et les unités de compte, ou le profil de gestion pilotée qui recevra les sommes.
Une souplesse totale
Les versements programmés ne constituent pas un engagement. Vous pouvez à tout moment modifier leur montant, leur fréquence ou leur répartition, les suspendre temporairement, par exemple en cas de dépense imprévue, ou les arrêter définitivement, sans frais ni pénalité dans la grande majorité des contrats. La demande se fait le plus souvent en quelques clics depuis l'espace client.
Les avantages des versements programmés
Épargner régulièrement sans y penser
Le premier atout est la discipline. Programmer un versement juste après la réception du salaire permet d'épargner avant de dépenser, plutôt que de mettre de côté ce qui reste à la fin du mois. Cette régularité, même sur de petits montants, finit par constituer un capital significatif.
Lisser le prix d'achat des unités de compte
Sur les unités de compte, investir chaque mois une somme fixe permet d'acheter davantage de parts lorsque les marchés baissent et moins lorsqu'ils montent. Cette technique, appelée investissement programmé ou DCA, réduit le risque d'investir une somme importante au plus haut du marché et atténue l'effet psychologique des baisses. Elle ne garantit pas un gain, mais elle évite de chercher le bon moment pour investir, un exercice que même les professionnels réussissent rarement.
Profiter des intérêts composés
Les intérêts produits chaque année s'ajoutent au capital et produisent à leur tour des intérêts. Sur une longue période, cet effet devient considérable, comme le montre le tableau ci-dessous pour un versement de 100 € par mois pendant 20 ans, à rendement constant, hors frais et fiscalité.
| Rendement annuel moyen | Total versé | Capital au bout de 20 ans | Dont intérêts |
|---|---|---|---|
| 2 %, proche d'un fonds en euros | 24 000 € | Environ 29 500 € | Environ 5 500 € |
| 4 %, allocation équilibrée | 24 000 € | Environ 36 700 € | Environ 12 700 € |
| 6 %, allocation dynamique | 24 000 € | Environ 46 200 € | Environ 22 200 € |
Ces rendements sont des hypothèses : les unités de compte ne garantissent aucun rendement et peuvent baisser. Ils montrent surtout que le temps et la régularité comptent davantage que le montant de chaque versement.
Comment mettre en place des versements programmés
À l'ouverture ou en cours de contrat
Les versements programmés peuvent être mis en place dès la souscription ou à tout moment par la suite. Il suffit d'indiquer le montant, la fréquence, la date de prélèvement et la répartition entre les supports, puis de signer un mandat de prélèvement SEPA. Certains contrats permettent même d'ouvrir le contrat avec un premier versement réduit, à condition de mettre en place des versements programmés.
Choisir le bon montant
Le montant doit rester compatible avec votre budget, après constitution d'une épargne de précaution. Mieux vaut un versement modeste et tenu dans la durée qu'un montant ambitieux suspendu au bout de quelques mois. Une bonne pratique consiste à augmenter le versement à chaque hausse de revenus, par exemple après une augmentation de salaire.
Choisir la répartition
Pour un horizon long, une part importante en unités de compte permet de tirer pleinement parti du lissage du prix d'achat. Pour un projet à moyen terme, une répartition plus prudente, avec une part majoritaire en fonds en euros, est préférable. Certains contrats imposent une part minimale en unités de compte sur chaque versement pour accéder au fonds en euros ou à un bonus de rendement : il faut le vérifier avant de choisir.
Les points de vigilance
Les frais sur versement s'appliquent à chaque versement programmé. Sur un contrat qui prélève 2 ou 3 % à l'entrée, ces frais pèsent lourd sur des versements mensuels répétés pendant des années : un contrat sans frais sur versement est donc particulièrement adapté. Quelques contrats appliquent aussi des frais fixes par versement, pénalisants pour les petits montants. Le guide pour choisir la meilleure assurance-vie aide à repérer les contrats les plus adaptés.
Il faut aussi penser à la répartition dans le temps. À l'approche d'un projet, il peut être judicieux de diriger les nouveaux versements vers le fonds en euros et de sécuriser progressivement les gains réalisés sur les unités de compte. Certains contrats proposent des options automatiques, comme la sécurisation des plus-values ou le rééquilibrage périodique, qui complètent utilement les versements programmés.
« Les versements programmés sont l'outil le plus simple et le plus sous-estimé de l'épargne. Ils règlent deux problèmes à la fois : la régularité, parce qu'on épargne avant de dépenser, et le choix du moment pour investir, qu'on n'a plus à se poser. Sur vingt ans, cette discipline fait souvent plus que n'importe quelle stratégie sophistiquée. »
Arsalain EL KESSIR, Fondateur de BoursedesCrédits
Versements programmés et fiscalité
Une fiscalité inchangée
Les versements programmés ne modifient pas la fiscalité de l'assurance-vie. Le délai de 8 ans court à partir de l'ouverture du contrat, et non de chaque versement : tous les versements effectués sur un contrat de plus de 8 ans profitent immédiatement de la fiscalité réduite en cas de rachat, avec un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple.
L'âge des versements pour la transmission
Pour la transmission, c'est en revanche l'âge auquel chaque versement est effectué qui compte. Les versements réalisés avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, ceux effectués après 70 ans d'un abattement global de 30 500 €, avec des gains exonérés. Il peut être utile de revoir ses versements programmés à l'approche de cet âge.
D'autres placements acceptent aussi des versements réguliers, comme le plan d'épargne retraite, dont les versements sont déductibles du revenu imposable dans certaines limites. La rubrique épargne présente l'ensemble de ces solutions.
FAQ : versements programmés en assurance-vie
Quel est le montant minimum d'un versement programmé ?
Il dépend des contrats, généralement de 20 à 50 € par mois sur les contrats en ligne et jusqu'à 100 ou 150 € sur certains contrats de réseau.
Peut-on arrêter les versements programmés à tout moment ?
Oui, ils peuvent être suspendus, modifiés ou arrêtés à tout moment, sans frais ni pénalité dans la grande majorité des contrats. Ils ne constituent pas un engagement.
Les versements programmés sont-ils obligatoires ?
Non, ils sont facultatifs. Vous pouvez alimenter votre contrat uniquement par des versements libres, quand vous le souhaitez. Certains contrats exigent toutefois des versements programmés si le premier versement est réduit.
Quelle fréquence choisir ?
La fréquence mensuelle est la plus courante, car elle s'aligne sur le versement du salaire et lisse au mieux le prix d'achat des unités de compte. Une fréquence trimestrielle peut convenir aux revenus irréguliers.
Les versements programmés ont-ils des frais ?
Ils supportent les frais sur versement du contrat, s'il y en a. Un contrat sans frais sur versement est donc à privilégier pour des versements réguliers.
Peut-on combiner versements programmés et versements libres ?
Oui, c'est même la stratégie la plus courante : des versements programmés pour la régularité, complétés par des versements libres lors de rentrées exceptionnelles.
Les versements programmés réduisent-ils le risque ?
Ils réduisent le risque d'investir au plus mauvais moment, en étalant les achats dans le temps. Ils ne suppriment pas le risque de perte sur les unités de compte, qui dépend de l'évolution des marchés.