Dans un discours publié le 5 novembre, le gouverneur de la Banque de France alerte sur les conséquences possibles de la hausse des taux souverains. Une poursuite de cette remontée pourrait augmenter le coût du crédit pour les ménages et les entreprises.
La hausse des taux de la dette publique pourrait peser sur les conditions de financement des ménages. C'est l'un des risques soulignés par Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France et président de l'ACPR, dans son discours à la conférence de l'autorité de supervision du 5 novembre. Il insiste sur le rôle des incertitudes budgétaires françaises dans cette évolution.
Des tensions sur les taux amplifiées en France
Le gouverneur constate une progression des taux souverains depuis l'été dans les économies avancées. Il cite le conflit au Moyen-Orient et ses conséquences sur l'inflation, les anticipations de hausse des taux des banques centrales ainsi que la progression des émissions obligataires privées. En France, l'incertitude entourant le budget ajoute une pression particulière.
Cette analyse prolonge les interrogations suscitées par le franchissement de 5 % par la dette française à dix ans en octobre. La nouvelle intervention porte sur les conséquences possibles de ces tensions pour le financement de l'économie.
Le coût des prêts pourrait être affecté
Emmanuel Moulin estime qu'une poursuite de la hausse des taux souverains pourrait renchérir le crédit aux ménages et aux entreprises. Les conditions auxquelles un État emprunte constituent un repère dans l'environnement financier où les banques collectent leurs ressources et fixent leurs offres. Des tensions durables peuvent ainsi se transmettre aux financements proposés aux emprunteurs.
Pour le crédit immobilier, cette transmission dépend aussi du coût des ressources propres à chaque établissement, de sa politique commerciale et des caractéristiques du dossier. Le rôle de la banque dans le financement inclut cette appréciation du risque et des conditions de prêt. Le discours ne fixe aucun nouveau barème applicable aux particuliers.
La distribution du crédit se poursuit
Le gouverneur souligne parallèlement la capacité des banques et des assureurs à absorber les chocs des dernières années. Il cite le maintien de la distribution du crédit, la collecte en assurance-vie et la profitabilité du secteur parmi les signes de cette résilience. L'alerte porte donc sur un risque pour les financements futurs, dans un environnement où l'activité de prêt se poursuit.
La suite dépendra notamment de l'évolution des taux de marché et des arbitrages budgétaires. Pour les ménages préparant un achat immobilier, l'intervention constitue un signal à suivre sur le coût du financement, sans permettre de chiffrer une hausse commune à toutes les banques.
Source : Banque de France, discours d'Emmanuel Moulin à la conférence de l'ACPR du 5 novembre 2026, « Compétitivité et résilience du secteur financier : oxymore ou complémentarité ? ».