Afin de lutter contre la pénurie de logements dans la capitale, le Conseil de Paris a voté un alourdissement significatif de la fiscalité applicable aux biens inoccupés. Dès le 1ᵉʳ janvier 2027, la taxe sur la vacance des locaux d'habitation atteindra des niveaux record, grimpant jusqu'à 60 % de la valeur locative cadastrale dès la deuxième année d'inoccupation. Cette mesure incitative cible prioritairement la vacance structurelle afin d'encourager la remise sur le marché de près de 20 000 appartements.
L'activation du levier fiscal s'inscrit dans une stratégie globale de mobilisation du parc immobilier existant au sein des zones métropolitaines extrêmement tendues. Face aux difficultés d'accès au logement et à la rareté des opportunités de construction neuve intra-muros, la municipalité parisienne entend pénaliser la rétention immobilière pour fluidifier l'offre locative et résidentielle.
Une majoration des taux d'imposition portée au plafond légal
Adoptés en juillet 2026 par le Conseil de Paris, les nouveaux barèmes s'appliqueront à tout logement vacant depuis au moins un an, en prenant pour assiette la valeur locative cadastrale du bien, calculée sans abattement. Alors que le cadre légal national fixe des taux de référence de 17 % la première année puis 34 % à partir de la deuxième, la réglementation autorise les collectivités à appliquer des majorations.
La Ville de Paris a choisi d'exploiter cette marge de manoeuvre au maximum en portant les taux applicables à 30 % la première année d'imposition, puis à 60 % à compter de la deuxième année. Ce renforcement de la charge fiscale vise à contraindre financièrement les propriétaires à arbitrer rapidement entre la mise en location, la mise en vente ou la réalisation de travaux de réhabilitation.
Vacance frictionnelle contre vacance structurelle : la réalité des chiffres
La mise en oeuvre de cette mesure remet en perspective le volume réel d'habitations mobilisables dans la capitale :
- Volume global de logements vacants (Insee) : 139 075 biens comptabilisés, représentant environ 10 % du parc total de logements parisiens.
- Vacance de courte durée (frictionnelle) : concerne les rotations naturelles entre deux locataires, les biens en cours de succession, de vente ou de rénovation.
- Vacance structurelle (base LOVAC / Insee) : définie par une inoccupation supérieure à deux ans, elle ne touche que 2,5 % des 1,4 million d'appartements parisiens, soit environ 36 000 logements (un bien sur quarante).
- Objectif de remise sur le marché : la municipalité estime que la surtaxation permettra de réinjecter environ 20 000 logements dans le circuit résidentiel.
Perspectives pour le marché résidentiel parisien
Pour les propriétaires concernés, la conservation passive d'un patrimoine immobilier vide deviendra particulièrement coûteuse à partir de 2027. L'injection espérée de ces milliers de biens pourrait offrir de nouvelles opportunités d'installation pour les ménages, que ce soit à travers une augmentation de l'offre locative ou par le biais d'acquisitions, sous réserve que la capacité d'emprunt des ménages permette d'absorber les niveaux de prix de la capitale.
Source : Conseil de Paris, Insee, base LOVAC, franceinfo (2026).