Face au risque d'escalade des dettes locatives, les mécanismes de prévention évoluent. Un décret publié au début du mois d'août modifie en profondeur la prise en charge des occupants en difficulté de paiement. Désormais, les dispositifs d'aide sociale et financière s'enclencheront beaucoup plus tôt dans la procédure contentieuse, dès l'émission du commandement de payer par le bailleur. L'objectif est d'intervenir en amont pour éviter l'expulsion, désamorcer les litiges et limiter l'endettement prolongé des ménages.
Jusqu'alors, le diagnostic social et financier (DSF) n'était déclenché qu'au moment de l'assignation du locataire devant le tribunal pour la résiliation du bail. Pour les logements gérés par des propriétaires particuliers ou des SCI familiales, ce bilan sera désormais réalisé dès la délivrance du commandement de payer. Cette détection précoce vise à mettre en place rapidement des leviers de résolution :
- Négociation d'un plan d'apurement : Mise en place d'un échelonnement négocié de la dette locative.
- Mobilisation d'aides financières : Saisine des dispositifs de soutien pour résorber l'arriéré.
- Suivi social personnalisé : Orientation de l'occupant vers un accompagnement adapté pour assainir sa situation financière et préserver ses projets futurs, comme une accession à la propriété via un prêt immobilier.
La prise en charge se poursuit jusqu'à la phase judiciaire. Si, un mois avant l'audience devant le juge, aucun diagnostic datant de moins de six semaines n'est présent au dossier, un nouvel entretien doit être proposé au locataire. Cette réévaluation permet d'intégrer les démarches récentes de règlement ou les évolutions de ressources survenues entre-temps.
Le texte lève également un frein récurrent : le refus ou l'absence du locataire aux rendez-vous proposés ne bloquera plus la procédure d'évaluation. En l'absence d'entretien physique ou téléphonique, le professionnel social pourra établir son bilan sur la base des éléments factuels disponibles en sa possession et des données transmises par les services départementaux.
L'ensemble des diagnostics et de leurs mises à jour est transmis à la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX). Cette instance départementale peut notamment orienter les ménages vers le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) ou solliciter une réévaluation d'urgence du dossier.
Source : Décret réglementaire publié au Journal officiel et dispositions relatives à la prévention des expulsions locatives.