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Ouafâa MACHRI

Écrit par Ouafâa MACHRIVérifié par Arsalain EL KESSIR

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✍ Les points à retenir

  • 144 mois, soit douze ans : c'est le palier le plus long habituellement accordé sans mettre un bien en garantie.
  • Sur cette durée, un regroupement de 50 000 € revient à environ 475 € par mois, et 80 000 € à 760 €, au taux retenu dans nos exemples.
  • Aucun texte ne fixe de durée maximale en crédit à la consommation : douze ans est une pratique de marché, et certains établissements s'arrêtent à 120 mois.
  • Le coût en intérêts atteint environ le tiers du capital sur douze ans, ce qui fait du taux obtenu le premier levier d'économie.
  • Pour un propriétaire, un montage garanti se négocie à un taux nettement inférieur à durée identique : l'hypothèque est d'abord un levier de taux.

Quelle mensualité pour un rachat de crédit sur 12 ans ?

Étalé sur douze ans, soit 144 mois, un regroupement de 50 000 € revient à environ 475 € par mois, et 80 000 € à 760 €. C'est le palier le plus long habituellement accordé sans garantie, donc la mensualité la plus basse pour qui n'a rien à hypothéquer. Le coût en intérêts, lui, dépasse le tiers du capital.

Montant regroupéMensualité sur 144 moisCoût en intérêtsTotal remboursé
30 000 € 285 € 11 000 € 41 000 €
50 000 € 475 € 18 400 € 68 400 €
80 000 € 760 € 29 500 € 109 500 €
100 000 € 950 € 36 800 € 136 800 €

Mensualités calculées à annuité constante, au taux de 5,5 % retenu pour l'exemple, hors assurance et hors frais. Pour un autre encours, tester un autre montant permet la comparaison avec une durée plus courte.

Pourquoi 144 mois est le dernier palier sans hypothèque

Une pratique de marché, pas une règle de droit

Aucun texte ne fixe de durée maximale à un crédit à la consommation : douze ans n'est pas un plafond légal mais une pratique largement partagée, et certains établissements s'arrêtent à dix ans.

La raison tient au risque : sur un regroupement sans garantie, le prêteur n'a que le profil de l'emprunteur pour se couvrir, et chaque année ajoutée augmente le risque d'accident.

Ce palier se paie cher : sur 80 000 €, passer de 120 à 144 mois fait tomber l'échéance de 868 à 760 €, mais ajoute près de 5 300 € d'intérêts. Dès que les prêts immobiliers deviennent majoritaires, l'opération relève du régime immobilier, avec garantie et formalités notariées.

Quand aucun bien ne peut être apporté en garantie

Douze ans est alors la durée la plus longue accessible, et si la mensualité obtenue dépasse ce que le budget supporte, aucun palier intermédiaire n'existe.

C'est la situation de tout emprunteur sans bien à hypothéquer : la garantie qui ouvrirait des durées supérieures manque à son dossier, quels que soient ses revenus.

La suite relève d'un autre dispositif, le dossier déposé auprès de la commission de surendettement de la Banque de France, procédure de protection et non sanction. D'où l'intérêt de calibrer la durée au plus juste.

Conso sur 12 ans ou hypothèque : que choisir quand on est propriétaire ?

La question ne se réduit pas à la durée : à durée identique, un montage garanti se négocie à un taux nettement inférieur.

Formule sur 80 000 €MensualitéCoût en intérêtsFrais de garantie
Sans garantie, 144 mois à 5,5 % 760 € 29 500 € Aucun
Avec garantie, 144 mois à 4 % 700 € 20 900 € À ajouter
Avec garantie, 180 mois à 4 % 592 € 26 500 € À ajouter

La lecture est contre-intuitive : à durée identique, le montage garanti coûte environ 8 600 € de moins en intérêts, et il le reste tant que les frais de garantie sont inférieurs à cet écart. L'hypothèque est d'abord un levier de taux.

La contrepartie est réelle : le bien peut être vendu en cas de défaillance durable, et le montage suppose expertise et acte notarié. Un propriétaire qui envisage de mettre son bien en garantie arbitre entre coût et engagement patrimonial.

Reste la durée allongée : à 4 %, quinze ans ramènent l'échéance à 592 €, soit 168 € de moins que sur douze ans sans garantie, pour un coût encore inférieur.

Étaler sur quinze ans suppose toutefois une garantie : demander les deux simulations sur la même durée reste le moyen le plus direct de mesurer l'écart.

« Quand un dossier arrive sur douze ans, c'est que toutes les durées plus courtes ont été testées et ne passent pas. Pour un propriétaire, je demande systématiquement les deux simulations, avec et sans garantie, sur la même durée : l'écart de taux surprend souvent le client, et il dépasse largement les frais de garantie. Pour un locataire, en revanche, douze ans est le bout du chemin : mieux vaut caler la mensualité au plus juste dès le départ. »

Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Quel montant peut-on regrouper sur cette durée ?

Il n'existe pas de plafond unique : la mensualité obtenue doit tenir dans l'endettement accepté, reste à vivre compris. Trois éléments déplacent cette limite.

  • Le statut d'occupation : sans garantie, les montants accordés restent nettement inférieurs à ceux d'un montage adossé à un bien.
  • Le régime applicable : la part finançant des besoins de consommation reste bornée par le plafond du crédit à la consommation.
  • Le nombre de crédits repris : un montant minimum par prêt racheté est parfois exigé, ce qui exclut les petits soldes.

Dès que les prêts immobiliers pèsent l'essentiel du total, le dossier bascule vers un montage garanti, aux durées et aux montants supérieurs.

Quels crédits et quelles dettes inclure ?

Le principe reste celui de toute opération de regroupement : les encours sont soldés, puis remplacés par une échéance unique.

Le tri se fait sur deux critères, non sur la nature du crédit : le taux de l'encours et la part d'intérêts déjà payée.

  • Les crédits renouvelables : l'écart de taux est tel que le gain reste net même sur cette durée.
  • Un petit solde de prêt immobilier : intégrable tant qu'il reste minoritaire dans le total.
  • Crédits auto, prêts personnels, découverts installés : le coeur du montage.
  • Une trésorerie complémentaire : possible si l'endettement final reste acceptable.

C'est sur les encours les plus chers qu'elle se justifie : racheter un crédit renouvelable transforme un capital qui s'amortit à peine en dette qui se rembourse réellement.

À l'inverse, un prêt proche de son terme ou souscrit à taux bas n'a rien à gagner à être réétalé : son rachat reviendrait à repayer des intérêts déjà payés.

Quelles conditions pour obtenir 144 mois ?

  • L'endettement après opération : ramené sous 33 %, apprécié avec le reste à vivre.
  • Des revenus stables : contrat en cours hors période d'essai pour un salarié, deux à trois exercices clos pour un indépendant.
  • Des comptes sans incident : sans garantie, les trois à six derniers relevés font une grande partie de la décision.
  • L'âge en fin de prêt : douze ans repoussent l'échéance finale d'autant, ce qui bute sur la limite fixée par chaque prêteur.

Le filtre reste arithmétique : calculer son endettement avec la mensualité visée évite une demande que la durée ne sauvera pas.

Tous les prêteurs ne vont d'ailleurs pas jusqu'à 144 mois, certains s'arrêtant à 120, et un refus peut ne tenir qu'à cela.

Comment limiter le coût sur douze ans ?

Sur 80 000 €, les intérêts approchent 30 000 € : c'est le prix de la mensualité la plus basse. Trois leviers le réduisent.

Le remboursement anticipé partiel, d'abord : plus il intervient tôt, plus il rapporte, la part d'intérêts de chaque échéance diminuant avec le temps. Un versement effectué après cinq à sept ans raccourcit sensiblement la durée restante, à mensualité inchangée.

La règle des indemnités mérite d'être lue correctement : en crédit à la consommation, aucune indemnité n'est due tant que le montant remboursé par anticipation sur douze mois ne dépasse pas 10 000 €. Au-delà, elle est plafonnée à 1 % du capital remboursé, ou 0,5 % si la durée restante est inférieure à un an. Ces indemnités et frais figurent dans l'offre.

L'assurance du prêt ensuite, dont le coût cumulé pèse d'autant plus que l'emprunteur est âgé : un contrat externe à garanties équivalentes peut être présenté à la place de celui du prêteur.

Le taux, enfin. Un point d'écart se chiffre en milliers d'euros sur cette durée : comparer plusieurs propositions sur le même dossier reste le moyen le plus simple de le mesurer.

FAQ : rachat de crédit sur 12 ans

Quelle mensualité pour 50 000 € sur 12 ans ?

Environ 475 € par mois au taux retenu dans nos exemples, hors assurance. Le montant exact dépend du taux obtenu, variable selon le profil.

Tous les organismes proposent-ils 144 mois ?

Non. Douze ans est une pratique de marché : mieux vaut faire préciser la durée maximale avant de déposer un dossier calibré sur 144 mois.

Un locataire peut-il obtenir cette durée ?

Oui, c'est la durée la plus longue qui lui soit habituellement accessible, son statut pesant sur le montant accordé plus que sur la durée.

Quel montant maximum sur 12 ans ?

Pas de plafond unique : le montant découle de la mensualité que vos revenus supportent une fois l'endettement calculé.

Combien coûte l'assurance sur cette durée ?

Son coût dépend de l'âge, de l'état de santé déclaré et du capital assuré, et son cumul sur douze ans devient significatif après 50 ans.

Peut-on rembourser par anticipation sans indemnité ?

Oui, en dessous du seuil annuel rappelé plus haut. Au-delà, elle s'applique dans les limites reprises dans l'offre de prêt.

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