Interrogé le 27 octobre sur BFM Business, Adrien Couret, directeur général d'Aéma, a critiqué le recours à une taxe pour financer le risque émeutes. Le cadre prévu par la loi de finances pour 2026 attend encore ses modalités d'application.
Après les dégradations du mois d'octobre, le financement de l'assurance des émeutes revient dans le débat. Invité de Good Morning Business le 27 octobre, Adrien Couret, directeur général d'Aéma Groupe, a exprimé ses réserves sur une réponse reposant sur une taxe. Son intervention met aussi l'accent sur la prévention des violences.
Aéma demande une réponse qui dépasse le financement
Dans l'extrait publié par BFM Business, le dirigeant estime que les assureurs ne peuvent pas intervenir indéfiniment et que l'ajout de taxes ne remplace pas le travail à mener en amont. Il s'agit d'une prise de position sur l'organisation de la couverture du risque, dans un contexte de dommages répétés.
Cette réaction ne fixe ni nouveau tarif pour les assurés ni date d'entrée en vigueur d'une contribution. Elle ne constitue pas non plus une annonce d'indemnisation particulière d'Aéma. La question posée est celle de la répartition durable du coût des violences entre assurance, mutualisation et prévention.
Un régime déjà prévu dans la loi de finances
L'article 171 de la loi du 19 février 2026 a créé le cadre d'un régime d'assurance des dommages résultant d'émeutes. Il prévoit une extension de garantie pour les contrats concernés couvrant les dommages aux biens ou aux véhicules. Les pertes d'exploitation entrent dans ce cadre lorsque l'assuré dispose déjà de cette couverture.
Le texte organise également un fonds de mutualisation. L'architecture retenue distingue donc les garanties des contrats et le financement collectif du risque. Le mot « taxe » employé dans le débat ne permet pas, à lui seul, de déduire une majoration identique qui serait immédiatement facturée à tous les clients.
Une application encore différée
La loi renvoie à un décret pour fixer son entrée en vigueur. Le suivi de son application publié par le Sénat mentionne encore des textes attendus, notamment sur la qualification des émeutes et les modalités du fonds. Il faut donc distinguer le dispositif voté de sa mise en oeuvre effective.
Cette réforme se distingue aussi des mesures d'indemnisation annoncées après les violences par certains assureurs. Ces dernières répondent aux sinistres actuels ; le débat sur le régime concerne l'organisation de la couverture à l'avenir.
Sources : Adrien Couret sur BFM Business, 27 octobre 2026 ; article 171 de la loi de finances pour 2026 ; Sénat, suivi de l'application de la loi.