Les prélèvements directs ont représenté 5,8 % des prestations sociales brutes en France en 2023, selon une étude de la Drees publiée le 27 octobre. Ce taux demeure inférieur à la moyenne européenne de 9 %, malgré sa progression depuis 2010.
Le montant annoncé d'une prestation sociale et celui restant après prélèvements ne se confondent pas toujours. Une nouvelle étude de la Drees apporte une comparaison européenne fondée sur les comptes de 2023. Cette publication statistique éclaire la redistribution, sans annoncer de modification des règles fiscales applicables aujourd'hui aux bénéficiaires.
51,6 milliards d'euros prélevés en 2023
En France, les prélèvements obligatoires directs sur les prestations sociales ont atteint 51,6 milliards d'euros en 2023, soit 5,8 % des montants bruts. La CSG et l'impôt sur le revenu représentent près de 90 % de ces prélèvements. Le taux moyen était de 5,1 % en 2010.
Le risque vieillesse-survie concentre 79 % des prélèvements. Il regroupe notamment les pensions de retraite et de réversion. Cette concentration tient au poids des prestations concernées et à leur nature de revenus de remplacement, soumis pour une large part à l'impôt.
Un taux inférieur à la moyenne européenne
Le taux moyen de prélèvement s'élève à 9 % dans l'Union européenne en 2023, contre 5,8 % en France. Il atteint 18 % aux Pays-Bas et 15,2 % au Danemark. Ces écarts montrent l'intérêt de comparer les dépenses sociales après prélèvements, plutôt que de s'en tenir aux seuls montants bruts.
Une comparaison de taux moyens doit toutefois rester distincte d'une comparaison entre deux situations personnelles. La composition des prestations et les modalités de financement diffèrent selon les pays. Un agrégat national ne permet pas de calculer directement ce que percevrait une personne en changeant de système.
Une photographie statistique, pas une nouvelle taxe
La date de publication et l'année des données doivent être distinguées : l'étude paraît en octobre 2026 mais porte sur 2023. Le passage de 5,1 % à 5,8 % retrace une évolution historique. Il ne signifie pas qu'un prélèvement supplémentaire de 0,7 point serait appliqué prochainement à toutes les prestations.
Pour apprécier les revenus disponibles dans un budget familial, le montant effectivement versé demeure donc la référence pertinente. Le taux de 5,8 % ne constitue pas un barème individuel à soustraire à chaque allocation ou pension. L'appliquer mécaniquement à un versement conduirait à confondre une moyenne de l'ensemble du système avec les règles propres à chaque prestation.
Source : Drees, Études et Résultats n° 1393, « La France parmi les pays d'Europe qui taxent le moins les prestations sociales », publication du 27 octobre 2026.