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Assurance prêt immobilier : que se passe-t-il lors du décès d'un conjoint ?

Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIR,

En cas de décès d'un conjoint emprunteur, l'assurance de prêt immobilier prend en charge le remboursement du capital restant dû à hauteur de la quotité assurée sur sa tête. Le conjoint survivant est ainsi déchargé de tout ou partie des mensualités, selon la répartition prévue au contrat.

Le rôle de la quotité dans le remboursement

La quotité correspond au pourcentage du capital emprunté couvert sur chaque tête. Lors d'un emprunt à deux, la répartition est libre : elle peut être de 50 % / 50 %, 100 % / 100 %, ou toute autre combinaison dont le total atteint au minimum 100 %. Cette répartition détermine directement le montant pris en charge par l'assureur au décès.

Prenons un exemple concret. Pour un prêt de 200 000 € avec une quotité de 100 % sur chaque conjoint, le décès de l'un entraîne le remboursement intégral du capital restant dû : le survivant ne paie plus rien. Avec une quotité de 50 % / 50 %, l'assurance ne rembourse que la moitié du capital restant, et le conjoint survivant continue de régler l'autre moitié des mensualités.

Le choix de la quotité au moment de la souscription est donc déterminant. Une couverture à 100 % sur chaque tête offre la meilleure protection, mais renchérit le coût de l'assurance. Une répartition à 50 % / 50 % coûte moins cher mais laisse une charge résiduelle au survivant.

Les démarches à effectuer après le décès

Le conjoint survivant ou les héritiers doivent déclarer le décès à l'assureur, généralement dans un délai contractuel de 30 jours à compter de la connaissance du sinistre. Ce délai figure dans les conditions générales du contrat et doit être respecté pour éviter tout litige.

Plusieurs documents sont à fournir : l'acte de décès, un certificat médical précisant la cause du décès (sous pli confidentiel adressé au médecin-conseil de l'assureur), le tableau d'amortissement du prêt et une copie du contrat d'assurance. La banque, en tant que bénéficiaire, est également informée afin que le capital soit versé pour solder le prêt.

Après instruction du dossier, l'assureur verse directement le capital restant dû à la banque à hauteur de la quotité assurée. Le survivant n'a pas à avancer les fonds. Certaines causes de décès peuvent faire l'objet d'exclusions ou de délais de carence prévus au contrat, qu'il convient de vérifier.

La transmission du bien et la situation des héritiers

Le remboursement du prêt par l'assurance libère le bien immobilier de la dette hypothécaire. Le logement entre alors dans la succession du défunt selon les règles du Code civil et le régime matrimonial des époux. Le conjoint survivant bénéficie de droits successoraux spécifiques prévus aux articles 756 et suivants du Code civil.

Lorsque le couple est marié sous le régime de la communauté, la part du défunt dans le bien est transmise aux héritiers, le conjoint survivant conservant sa propre moitié ainsi que des droits (usufruit ou pleine propriété d'une fraction selon la présence d'enfants). Le prêt étant soldé par l'assurance, aucune dette ne pèse sur cette transmission.

Il est utile de noter que le capital versé par l'assurance emprunteur sert exclusivement à rembourser la banque : il ne constitue pas un capital transmis aux héritiers. Sa fonction est d'éteindre la dette, ce qui protège indirectement le patrimoine transmis.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si le couple n'était pas assuré à 100 % chacun ?

Si la quotité totale dépasse 100 % (par exemple 100 % sur chaque tête), le survivant est totalement déchargé au décès de l'autre. En revanche, avec une quotité partielle sur le défunt, l'assurance ne rembourse que la fraction couverte et le survivant assume le solde restant des mensualités.

Le concubin ou partenaire de PACS est-il protégé de la même façon ?

La protection ne dépend pas du statut marital mais du contrat d'assurance. Un partenaire de PACS ou un concubin co-emprunteur bénéficie de la même prise en charge s'il figure au contrat de prêt et d'assurance. En revanche, la transmission du bien obéit à des règles successorales différentes, souvent moins favorables au concubin non marié.

L'assurance rembourse-t-elle en cas de suicide de l'emprunteur ?

La garantie décès couvre le suicide dès la première année à hauteur d'un plafond légal minimal de 120 000 € pour un prêt finançant la résidence principale, conformément à l'article L. 132-7 du Code des assurances. Au-delà de la première année, le suicide est intégralement couvert, sauf clause plus favorable.

Faut-il continuer à payer les mensualités pendant l'instruction du dossier ?

Oui, tant que l'assureur n'a pas versé le capital, les prélèvements peuvent continuer afin d'éviter tout incident de paiement. Les mensualités réglées entre le décès et le versement sont généralement remboursées ou régularisées une fois le dossier soldé. Il est conseillé de prévenir rapidement la banque de la situation.

Que devient l'assurance du conjoint survivant après le décès ?

Si le prêt est intégralement remboursé par l'assurance, le contrat prend fin et le survivant n'a plus de cotisation à payer. Si seule une quotité partielle a été couverte, le prêt subsiste pour le solde et le survivant continue de cotiser sur sa propre part d'assurance jusqu'au terme.

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