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Sommaire

Ouafâa MACHRI

Écrit par Ouafâa MACHRIVérifié par Arsalain EL KESSIR

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • Le rachat de crédit partiel regroupe certains crédits en cours et en laisse au moins un en place, souvent un prêt immobilier à taux bas.
  • Le taux d'endettement se calcule sur l'ensemble des charges : la mensualité du regroupement et celles des prêts conservés, avec un repère autour de 35 %.
  • Conserver un prêt immobilier souscrit à moins de 2 % évite de le reprendre au taux du nouveau prêt et limite fortement le coût total.
  • Le rachat total baisse davantage la mensualité, mais coûte souvent beaucoup plus d'intérêts lorsqu'il reprend un prêt immobilier à taux bas sur une durée allongée.
  • Un crédit se rachète toujours en totalité : le caractère partiel porte sur le nombre de crédits repris, jamais sur une fraction d'un crédit.

Rachat de crédit partiel ou total : quelle différence ?

Un rachat de crédit partiel regroupe seulement une partie des crédits en cours, le plus souvent les crédits à la consommation, et laisse au moins un prêt en place, en général un prêt immobilier à taux bas. Un rachat total solde tous les crédits en cours dans un seul contrat, avec une mensualité unique.

CritèreRachat partielRachat total
Crédits concernés Seulement certains prêts ciblés Tous les crédits en cours
Mensualités après rachat Une mensualité nouvelle et les prêts conservés Une seule mensualité
Prêt immobilier à taux bas Conservé, non modifié Intégré au rachat, au taux du nouveau prêt
Frais de l'opération Limités aux crédits regroupés Plus élevés, car tout est soldé et une garantie est souvent prise
Simplification budgétaire Partielle (plusieurs prélèvements restants) Totale (un seul prélèvement)
Profil type Propriétaire avec un prêt immobilier avantageux et des crédits conso coûteux Emprunteur sans prêt immobilier avantageux ou très endetté

Dans les deux cas, le regroupement de crédits repose sur le même mécanisme : un nouveau prêt solde les crédits repris. Le rachat partiel est un arbitrage ciblé, qui ne touche qu'aux crédits qui pèsent sur le budget ; le rachat total est une remise à plat complète de l'endettement.

« La question que je pose toujours en premier à un emprunteur : avez-vous un prêt immobilier à taux bas que vous avez souscrit avant 2022 ? Si oui, l'inclure dans un rachat total serait une erreur dans la très grande majorité des cas. Le partiel permet de soulager le budget sur les crédits conso coûteux sans sacrifier un taux immobilier devenu difficile à retrouver. »

Ouafâa MACHRI – Directrice commerciale du pôle Regroupement de crédits

Quand choisir le rachat partiel ?

Conserver un prêt immobilier à taux historiquement bas

C'est le cas de figure le plus fréquent. Un prêt immobilier souscrit entre 2015 et 2022 affiche souvent un taux inférieur à 2 %, un ordre de grandeur rarement accessible en 2026. L'intégrer à un rachat total le ferait passer au taux du nouveau prêt. Le rachat partiel regroupe uniquement les crédits à la consommation (auto, renouvelable, prêt personnel), dont les taux sont nettement plus élevés, sans toucher au prêt immobilier.

Un crédit proche de sa fin

Un prêt qui s'achève dans quelques mois allège peu la mensualité s'il est repris, alors qu'il alourdit le montant regroupé et, le cas échéant, les indemnités. Le rachat partiel permet de le laisser s'éteindre et de cibler les crédits dont la durée résiduelle est la plus longue. Un crédit renouvelable fait exception : il ne génère pas d'indemnités et son coût justifie souvent de l'intégrer.

Un rachat de crédit consommation ciblé sur les prêts les plus coûteux

Si l'emprunteur n'a pas de prêt immobilier, ou si ce prêt est remboursé, le rachat de crédits à la consommation peut rester partiel : il regroupe les crédits les plus chers, comme les renouvelables et certains prêts personnels, et laisse de côté les crédits peu coûteux ou en fin de vie.

La condition : rembourser le nouveau prêt et les crédits conservés

C'est le point que les emprunteurs sous-estiment. L'organisme ne regarde pas seulement la nouvelle mensualité : il calcule le taux d'endettement sur l'ensemble des charges, nouveau prêt et crédits conservés compris.

La vérification se fait en trois étapes : additionner la mensualité du regroupement et celles des prêts conservés, diviser le total par les revenus nets, puis comparer le résultat au repère souvent retenu d'environ 35 %, sans oublier le reste à vivre. Si le taux reste trop élevé, le partiel ne suffit pas : il faut inclure d'autres crédits, allonger la durée ou envisager le rachat total.

Quand opter pour le rachat total ?

Situation de surendettement ou taux d'endettement très élevé

Quand l'endettement dépasse largement le repère de 35 % et que plusieurs créanciers sont impliqués, une restructuration partielle ne suffit pas toujours. Le rachat total permet de repartir sur une base unique, avec une mensualité calée sur la capacité réelle de remboursement. Agir avant le premier incident de paiement préserve l'accès aux offres.

Absence de prêt immobilier avantageux à préserver

Pour un prêt immobilier souscrit à un taux supérieur à celui accessible aujourd'hui, le rachat total peut réduire les intérêts restants. À partir de 60 % de prêts immobiliers dans le montant regroupé, l'opération relève du crédit immobilier ; en dessous, du crédit à la consommation. Reprendre le prêt immobilier avec les crédits conso, c'est le principe du rachat de crédits immobilier et conso, avec des durées plus longues et une garantie généralement demandée.

Quels crédits inclure ou exclure d'un rachat partiel ?

Le tri se fait contrat par contrat, selon le taux, la durée restante et les frais de sortie de chaque crédit.

À inclure en priorité dans un rachat partiel

  • Crédits renouvelables : souvent les plus chers du lot, et sans indemnités de remboursement anticipé. Premiers candidats au regroupement.
  • Prêts personnels à taux élevé : souscrits en période de taux hauts ou sur des durées courtes avec de fortes mensualités.
  • Crédit auto : à intégrer si le capital restant est significatif et son taux supérieur à celui du regroupement.
  • Découvert bancaire récurrent : sa transformation en crédit amortissable fait partie des gains les plus rapides.

À exclure d'un rachat partiel

  • Prêt immobilier à taux bas : le conserver est le plus souvent plus avantageux que de l'intégrer.
  • Crédit étudiant à taux bonifié : taux très bas, rarement pertinent à racheter.
  • PTZ (prêt à taux zéro) : le faire racheter revient à le rembourser par anticipation, et son capital serait repris à un taux payant.
  • Prêt d'accession sociale (PAS) : prêt réglementé aux conditions encadrées, qui se chiffre avant toute décision de le reprendre.
  • LOA (location avec option d'achat) : contrat de location plutôt que crédit, que certains organismes n'intègrent pas ; il est souvent conservé hors du regroupement.
  • Crédit qui s'achève dans les prochains mois : son intégration apporte peu, sauf s'il s'agit d'un crédit renouvelable.

Garder son prêt immobilier n'interdit pas de l'améliorer. La renégociation du prêt immobilier peut être menée en parallèle d'un rachat partiel des crédits à la consommation, lorsque les taux du marché sont inférieurs à celui du prêt.

Rachat partiel ou total : quel écart sur un exemple chiffré ?

Hypothèses illustratives, hors assurance. Un ménage gagne 4 000 € nets par mois. Il rembourse un prêt immobilier de 120 000 € à 1,5 % sur encore 15 ans (745 € par mois).

S'y ajoutent trois crédits à la consommation totalisant 25 000 € : un prêt personnel de 12 000 € à 7 % sur 48 mois, un crédit auto de 8 000 € à 6 % sur 36 mois et un crédit renouvelable de 5 000 € à 18 % (150 € par mois).

Ses mensualités atteignent 1 426 €, soit 35,6 % d'endettement, et il lui reste environ 18 600 € d'intérêts à payer.

  • Scénario partiel : les trois crédits à la consommation sont regroupés sur 84 mois à 5,5 %. Le montant regroupé intègre 400 € de frais de dossier et 120 € d'indemnités sur le prêt personnel, le crédit auto étant sous le seuil de dispense et le renouvelable n'en générant pas. Le prêt immobilier est conservé.
  • Scénario total : les 145 000 € sont regroupés sur 240 mois à 4 %, avec 1 020 € d'indemnités (900 € sur le prêt immobilier, 120 € sur le prêt personnel), 1 000 € de frais de dossier et 2 000 € de frais de garantie, intégrés au montant emprunté.
IndicateurScénario partielScénario total
Mensualité totale ≈ 1 112 € (367 € + 745 €) ≈ 903 €
Taux d'endettement ≈ 27,8 % ≈ 22,6 %
Durée 84 mois pour le regroupement, 180 mois pour le prêt immobilier 240 mois
Intérêts restants ≈ 19 400 € ≈ 67 700 €
Frais initiaux 520 € 4 020 €

Le rachat total baisse la mensualité d'environ 210 € de plus que le partiel, mais il coûte environ 48 000 € d'intérêts supplémentaires, parce qu'il reprend le prêt immobilier à 1,5 % à un taux plus élevé et sur une durée plus longue. Le partiel ramène déjà l'endettement sous le repère de 35 %.

Ces montants dépendent des postes réels de chaque dossier : les frais d'un rachat de crédit varient selon la garantie retenue et les indemnités dues sur chaque contrat.

Comment constituer son dossier et trouver la meilleure offre ?

Les pièces communes aux deux types de rachat

  • Pièce d'identité, justificatif de domicile.
  • Trois derniers bulletins de salaire et dernier avis d'imposition.
  • Trois à six derniers relevés bancaires, sans incident.
  • Tableaux d'amortissement de chaque crédit, qu'il soit inclus ou conservé.
  • Pour un rachat total ou relevant du crédit immobilier : titre de propriété et estimation du bien.

Comparer les offres et recourir à un courtier

Pour une même situation, les propositions diffèrent d'un organisme à l'autre, et un scénario partiel ne se compare à un scénario total que sur le coût total, pas sur la seule mensualité.

Le courtier en rachat de crédits peut chiffrer en parallèle une offre partielle et une offre totale, et vérifier l'endettement global lorsque le prêt immobilier est conservé.

Sa rémunération figure dans le mandat, et aucune somme ne peut lui être versée avant le déblocage effectif des fonds prêtés.

Pour comparer les deux scénarios sur vos propres crédits, le comparateur de rachat de crédits soumet votre dossier, partiel ou total, à plusieurs organismes.

FAQ : rachat de crédit partiel ou total

Peut-on faire un rachat partiel si la banque refuse d'exclure le prêt immobilier ?

Oui. Le rachat partiel ne nécessite pas l'accord de la banque du prêt immobilier conservé, puisque ce prêt n'est pas modifié. Seuls les prêteurs dont les crédits sont rachetés sont concernés. En revanche, le nouvel organisme tient compte de la mensualité du prêt conservé dans son calcul d'endettement.

Est-il possible de faire un second rachat après un premier rachat partiel ?

Oui. Si la situation évolue (nouveaux crédits, baisse de revenus, taux plus favorables), une nouvelle opération est possible. Chacune génère des frais : indemnités, dossier, garantie éventuelle. Leur rentabilité se calcule opération par opération.

Un rachat total est-il toujours plus cher qu'un rachat partiel ?

Pas en mensualité : le rachat total aboutit généralement à une mensualité plus basse. En coût total, il est souvent plus cher lorsqu'il reprend un prêt immobilier à taux bas et allonge la durée, comme le montre l'exemple chiffré. La comparaison se fait toujours sur le coût total, frais compris.

Peut-on intégrer un PTZ dans un rachat total ?

C'est possible, mais rarement judicieux. Faire racheter un PTZ revient à le rembourser par anticipation : son capital, qui ne portait aucun intérêt, est repris à un taux payant. Dans la plupart des cas, il est préférable de le conserver hors du regroupement.

Le rachat partiel est-il accessible aux locataires sans prêt immobilier ?

Oui. Un locataire peut regrouper certains crédits à la consommation et en exclure d'autres, par exemple un crédit dont il reste deux mois à rembourser. L'opération relève alors du crédit à la consommation, sans hypothèque ni passage chez le notaire.

Quels sont les délais d'un rachat partiel et d'un rachat total ?

Un regroupement fait l'objet d'un seul contrat, donc d'un seul régime. En crédit à la consommation, l'emprunteur dispose d'un délai de rétractation de 14 jours après la signature. En crédit immobilier, un délai de réflexion de 10 jours s'impose avant d'accepter l'offre. Un rachat total avec garantie prend en outre plus de temps, en raison de l'expertise du bien et de l'intervention du notaire.

Peut-on ajouter une trésorerie complémentaire dans un rachat partiel ?

Oui, si l'endettement final, calculé sur le nouveau prêt et les crédits conservés, reste tenable. La somme s'intègre au capital regroupé et finance un projet sans crédit séparé. Son montant tient aux revenus, à la présence d'une garantie et aux plafonds propres à chaque organisme.

Peut-on faire racheter une partie seulement d'un crédit ?

Non. Un crédit se rachète en totalité : le nouvel organisme solde l'intégralité de son capital restant dû. Le caractère partiel porte sur le nombre de crédits repris, pas sur la part d'un crédit. Pour réduire un seul prêt sans le solder, il faut rembourser une partie du capital par anticipation auprès du prêteur d'origine.

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