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Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIRVérifié par Ouafâa MACHRI

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • Aucun texte n'impose l'assurance du co-emprunteur : c'est la banque qui en fait une condition d'octroi.
  • Quand une tête n'est pas assurable, le dossier se boucle en reportant la couverture sur l'autre.
  • La somme des parts couvertes doit atteindre 100 % du capital au minimum, sans minimum imposé par tête.
  • Chaque tête peut être assurée par son propre assureur, la banque vérifiant l'équivalence tête par tête.

Le co-emprunteur est-il obligé de s'assurer ?

Aucun texte n'impose l'assurance du co-emprunteur sur un prêt immobilier. Toutes les banques l'exigent pourtant, et la somme des couvertures des deux têtes doit atteindre au moins 100 % du capital.

Point en jeuCe que dit la loiCe que fait la banqueCe qui reste négociable
Le principe de l'assurance Aucune obligation Condition d'octroi systématique L'assureur, jamais le principe
La couverture du second Aucun minimum par tête Un total de 100 % au moins La répartition entre les têtes
Le choix de l'assureur Libre choix reconnu Équivalence des garanties exigée Le contrat et son tarif

Aucune obligation légale, une exigence bancaire systématique

Le Code de la consommation n'impose cette souscription ni à l'emprunteur principal ni au second signataire. La banque en fait pourtant une condition d'octroi : refuser de s'assurer expose à un refus de prêt.

C'est pourquoi l'assurance d'un prêt immobilier se prépare avec le financement : sur un dossier à deux têtes, la réponse de l'assureur conditionne l'offre.

Ce que la banque peut exiger et ce qu'elle ne peut pas

Elle peut exiger la couverture de la totalité du capital et fixer le niveau de garanties, mais pas imposer son propre contrat : l'emprunteur reste maître de l'assureur qu'il retient. Aucun minimum par tête ne lui est opposable.

Ce que l'assurance du co-emprunteur protège réellement

La couverture du second emprunteur protège d'abord celui qui reste : elle décide de ce qu'il devra payer seul.

Couverture de la tête concernéePart remboursée par l'assureurPart restant dueQui la paie
100 % La totalité du capital restant dû Aucune Personne, le prêt est soldé
50 % La moitié du capital restant dû L'autre moitié Le survivant, seul
Tête non assurée Aucune La totalité Le survivant, seul

Une couverture qui protège aussi le survivant

Sans couverture sur cette tête, son décès laisse l'autre face à l'intégralité des mensualités, avec un revenu de foyer amputé. C'est la revente contrainte du logement qui se joue.

Ce qui reste à la charge du survivant

La part non couverte reste due et s'amortit au rythme prévu. Le test avant de signer : le survivant peut-il l'assumer avec ses seuls revenus ?

La prise en charge n'est pas automatique non plus : déclaration, pièces médicales et absence d'exclusion opposable décident du sort du prêt au décès de l'un des deux.

Comment la couverture se répartit entre les deux têtes

La part couverte sur chaque tête s'exprime en pourcentage du capital. Le total doit atteindre 100 % au minimum, et peut monter à 200 % si chacun est couvert intégralement.

RépartitionCapital couvert au décès de l'unNiveau de cotisation
50 % et 50 % La moitié du restant dû Le plus bas
70 % et 30 % Selon la tête concernée Intermédiaire
100 % et 100 % La totalité du restant dû Le plus élevé

Les répartitions les plus courantes

Le 50/50 est le moins coûteux et laisse la moitié du capital au survivant. Le 70/30 pondère selon la contribution de chacun. Le 100/100 solde le prêt au décès de l'un.

Pourquoi le total doit atteindre 100 %

La banque veut que le capital prêté soit assuré une fois, quelle que soit la tête. Un total inférieur laisserait une part du prêt sans couverture.

Le calcul de cette part, les configurations selon les revenus de chacun et sa modification en cours de prêt relèvent de la quotité assurée.

Quand le co-emprunteur ne peut pas être assuré

Un refus sur une tête n'arrête pas le financement, mais il impose un montage particulier.

SituationSolutionContrepartie demandée
Surprime élevée sur une tête Instruction aux niveaux supérieurs du dispositif Pièces médicales et délai allongé
Refus sur une tête Reporter la couverture sur la tête assurable Cette tête porte seule la charge
Refus de tous les assureurs Garantie de substitution : nantissement, caution, hypothèque Acceptation au cas par cas, bien immobilisé

Les solutions face à un refus

Un état de santé dégradé, un âge élevé ou une profession exposée peuvent conduire à une surprime, à une exclusion ou à un refus sur la seconde tête. Le dossier relève alors d'un risque aggravé, plus souvent aménagé que refusé.

L'ordre utile est partout le même :

  • demander le motif du refus.
  • produire des pièces médicales récentes.
  • interroger d'autres assureurs.
  • ne modifier le montage qu'en dernier.

Le recours au dispositif pour un dossier à deux têtes

Un refus au premier examen ouvre deux niveaux de réexamen, un service médical spécialisé puis un pool de réassureurs. L'accès suppose une part assurée de 420 000 € au plus, hors prêt relais, et une assurance s'achevant avant le 71e anniversaire.

Les délais sont encadrés, 3 semaines pour l'assureur puis 2 pour la banque, et la cotisation d'un emprunteur modeste ne peut renchérir le crédit de plus de 1,4 point de TAEG. Ces examens et ces plafonds forment le dispositif AERAS.

Les alternatives envisageables

Si la couverture reste inaccessible, la banque peut accepter une garantie de substitution : nantissement, caution d'un tiers, hypothèque sur un autre bien. Rien ne l'y oblige.

Reporter la couverture sur la tête assurable est l'autre voie. La contrepartie : cette tête porte seule la charge, et sa couverture devient le point de fragilité du montage.

« Quand une des deux têtes n'est pas assurable, la répartition de la couverture cesse d'être un curseur de prix : c'est elle qui boucle le dossier. On la reporte sur la tête assurable, et tout le montage repose alors sur une seule personne. C'est un arbitrage à faire les yeux ouverts. »

Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits

Les deux têtes peuvent-elles prendre deux assurances différentes ?

Oui. Rien n'impose un contrat unique au couple : chaque emprunteur peut être couvert par son propre assureur.

ConfigurationCe que la banque exigeEffet sur le coût
Le contrat de groupe pour les deux L'adhésion à ses conditions Tarif mutualisé, peu sensible au profil
Un contrat individuel pour les deux L'équivalence sur chaque tête Tarif lié à l'âge et à la santé de chacun
Individuel pour l'un, groupe pour l'autre L'équivalence sur la tête déléguée Chaque tête payée à son propre tarif

Choisir un contrat individuel

Le contrat de groupe applique un tarif mutualisé, rarement avantageux pour un couple jeune et en bonne santé. Le libre choix de l'assureur, reconnu par la loi Lagarde, permet d'en retenir un autre dès l'origine.

Chaque tête peut être placée chez l'assureur qui traite le mieux son profil : c'est le contrat d'assurance délégué qui rend ce découplage possible.

Ce que la banque vérifie alors

Elle contrôle l'équivalence des garanties tête par tête, et non pour le couple pris globalement : chaque contrat doit atteindre seul le niveau exigé.

Réduire le coût de la couverture à deux

Le coût de l'assurance sur deux têtes se travaille sur trois leviers, dont un seul sans contrepartie.

LevierEffet sur le coûtCondition à remplir
Changer d'assureur à garanties égales Baisse sans perte de couverture Équivalence acceptée par la banque
Placer chaque tête chez l'assureur adapté Baisse sur le profil le mieux traité Deux dossiers à instruire
Abaisser la part couverte sur une tête Baisse immédiate Une part du capital reste due au survivant

Comparer à garanties équivalentes

Une cotisation plus basse peut recouvrir des exclusions plus larges : la comparaison n'a de sens qu'à garanties identiques sur les deux têtes. Pour ramener deux propositions sur une base homogène, c'est le taux annuel effectif d'assurance qui exprime le poids de la couverture dans le coût du crédit.

Chiffrer avant d'arbitrer

Le test décisif est le scénario du décès de chacun : le survivant peut-il assumer la part restante avec ses seuls revenus ? Encore faut-il comparer à capital, durée et répartition identiques.

Les écarts entre assureurs sur un même dossier à deux têtes sont la règle, et ils portent sur la cotisation comme sur les garanties accordées à chaque profil : un comparateur d'assurance de prêt permet de soumettre les deux têtes à plusieurs assureurs.

FAQ : l'assurance du co-emprunteur

L'assurance du co-emprunteur est-elle obligatoire ?

Aucun texte ne l'impose, mais aucune banque n'accorde de prêt sans couverture des deux têtes : l'obligation est contractuelle, pas légale.

Un assureur peut-il refuser un co-emprunteur ?

Oui, sur un motif médical, un âge élevé ou une profession exposée. Le refus d'un assureur ne vaut que pour lui : un autre peut accepter le même profil.

Peut-on emprunter à deux si l'un des deux n'est pas assurable ?

Oui, le plus souvent : la couverture est reportée sur la tête assurable, et la banque peut accepter une garantie de substitution. Elle n'y est pas tenue.

Les deux co-emprunteurs doivent-ils prendre la même assurance ?

Non. Chacun peut être couvert par son propre contrat, la banque vérifiant l'équivalence tête par tête : chaque profil va là où il est le mieux traité.

Que se passe-t-il si le co-emprunteur n'est couvert qu'à 50 % ?

À son décès, l'assureur solde la moitié du capital restant dû ; l'autre moitié continue de s'amortir à la charge du survivant seul. Le prêt n'est pas éteint.

Le co-emprunteur sans revenus doit-il être assuré ?

La banque l'exige comme pour l'autre tête, puisqu'elle raisonne sur le capital et non sur les revenus. Sa disparition entraîne d'ailleurs des charges nouvelles.

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