Garantie exonération des cotisations : principe et cas d'application

✍ Les points à retenir
- Payer sa cotisation pendant trois ans d'arrêt de travail représente plusieurs milliers d'euros au moment précis où les revenus s'effondrent : la clause d'exonération est le détail qui sépare deux contrats affichant le même tarif.
- La dispense ne figure pas parmi les critères d'équivalence exigés par les banques : elle passe sous le radar à la comparaison et s'trouve uniquement dans les conditions générales.
- La dispense ne s'ouvre qu'à compter de la prise en charge effective : pendant le délai de franchise, les cotisations continuent d'être prélevées normalement.
- Certains assureurs exigent une réclamation expresse pour activer la dispense : sans demande écrite, les prélèvements se poursuivent même pendant l'indemnisation.
- Le TAEA ne reflète pas la présence ou l'absence de cette clause : seule la lecture des conditions générales permet de la repérer avant la signature.
Garantie exonération des cotisations : de quoi parle-t-on
Un arrêt de travail prolongé déclenche la prise en charge des mensualités par l'assureur. Une question passe pourtant souvent inaperçue : faut-il continuer à payer sa cotisation d'assurance pendant cette période ?
La réponse dépend d'une clause précise du contrat. Certains assureurs suspendent la prime tant que l'indemnisation court, d'autres continuent de la prélever intégralement.
Le principe de la dispense de prime
L'exonération dispense l'assuré du paiement de ses cotisations pendant qu'une garantie est mobilisée, sans que la couverture soit pour autant suspendue.
Vous restez donc protégé au titre de l'ensemble des garanties de l'assurance emprunteur, mais sans en supporter le coût pendant la durée du sinistre.
Une clause rarement mise en avant
Cette disposition ne figure pas parmi les critères d'équivalence exigés par les banques. Elle passe donc sous le radar au moment de la comparaison des offres.
Elle apparaît généralement dans les conditions générales, sous une rubrique dédiée aux modalités de paiement, jamais dans les arguments commerciaux mis en avant.
Cas d'application de l'exonération des cotisations
Les garanties qui la déclenchent
Le champ diffère selon les assureurs, mais quatre situations reviennent le plus souvent :
- L'incapacité temporaire totale : l'exonération court pendant toute la période d'indemnisation de l'arrêt.
- L'invalidité permanente : la dispense s'applique tant que le taux reconnu ouvre droit à prise en charge.
- La perte totale et irréversible d'autonomie : le capital étant versé, la garantie PTIA met fin au contrat et aux cotisations.
- La perte d'emploi : plus rarement couverte, elle donne parfois lieu à une exonération partielle.
La question de la proportionnalité
Sur un prêt à deux emprunteurs, l'exonération ne porte que sur la part correspondant à la quotité de l'assuré sinistré. Le co-emprunteur continue de régler la sienne.
De même, une prise en charge partielle en invalidité entraîne souvent une dispense proportionnelle, et non une suspension totale de la prime.
« C'est le détail qui sépare deux contrats affichant le même tarif. Payer sa cotisation pendant trois ans d'arrêt de travail représente plusieurs milliers d'euros, au moment précis où les revenus s'effondrent. »
Arsalain EL KESSIR, Fondateur de BoursedesCrédits
Ce que l'exonération des cotisations change concrètement
La différence se mesure d'autant plus que l'arrêt se prolonge. Sur une garantie incapacité indemnisée jusqu'à trois ans, l'écart devient significatif pour un budget déjà fragilisé.
Le tableau ci-dessous illustre l'effet de cette clause sur une cotisation mensuelle de 80 euros.
| Durée de l'arrêt indemnisé | Sans exonération | Avec exonération |
|---|---|---|
| 6 mois | 480 € versés | Aucune cotisation |
| 18 mois | 1 440 € versés | Aucune cotisation |
| 36 mois | 2 880 € versés | Aucune cotisation |
À garanties identiques, un contrat prévoyant la dispense peut donc s'avérer moins coûteux qu'une offre affichant une prime légèrement inférieure.
Les limites de la garantie exonération des cotisations
Le délai de franchise reste dû
La dispense ne s'ouvre qu'à compter de la prise en charge effective. Pendant les trente à quatre-vingt-dix jours de franchise, les cotisations continuent d'être prélevées normalement.
Ce point mérite attention sur les contrats à franchise longue, où plusieurs mois de prime restent à votre charge avant toute exonération.
Les exclusions qui neutralisent la clause
Une pathologie exclue du contrat ne déclenche ni indemnisation ni exonération. Les affections psychiques et dorsales, fréquemment restreintes, illustrent bien ce mécanisme.
Les dossiers relevant des risques aggravés de santé méritent une vérification renforcée : une surprime élevée rend la dispense d'autant plus précieuse en cas d'arrêt.
Vérifier et obtenir l'exonération des cotisations
Identifier la clause dans son contrat
Ouvrez les conditions générales et cherchez les termes exonération, dispense ou suspension du paiement des primes. L'absence de mention signifie généralement que la clause ne s'applique pas.
Vérifiez également si la dispense est automatique ou soumise à demande écrite. Certains assureurs exigent une réclamation expresse, faute de quoi les prélèvements se poursuivent.
Changer de contrat pour en bénéficier
La loi Lagarde permet de choisir un assureur externe dès l'origine, et la loi Lemoine autorise la résiliation à tout moment, sans frais ni préavis.
Cette délégation d'assurance reste soumise à l'équivalence des garanties exigée par la banque, laquelle ne porte pas sur les modalités de paiement des primes.
Comparer au-delà du seul tarif
Le TAEA mesure le poids de l'assurance dans le coût du crédit, mais il ne reflète pas la présence ou l'absence de cette clause.
Un comparateur d'assurance de prêt permet de confronter les conditions générales de plusieurs contrats, seul moyen de repérer cette différence avant la signature.
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