✍ Les points à retenir
- Le courtier ne porte aucun risque : choisir parmi ses quatre contrats revient à choisir un assureur, et donc son fonds en euros.
- Les frais sur versement, d'arbitrage en ligne et de sortie sont nuls partout, la gestion restant comprise entre 0,60 et 0,75 % par an.
- À frais identiques, les fonds en euros ont servi de 1,67 à 3,26 % en 2025 : l'écart vient des assureurs, pas du distributeur.
- Deux mandats de gestion du même contrat ont progressé de 29 % contre 59 % sur cinq ans : ce choix pèse plus que celui du contrat.
- La part des loyers immobiliers reversée varie de 85 à 100 % selon la compagnie, soit environ 0,75 point par an sur un rendement de 5 %.
Quel est le rôle de ce courtier ?
Linxea est un courtier en assurance, immatriculé auprès du registre des intermédiaires, et non un assureur. Il ne porte aucun risque : il sélectionne des contrats, négocie leurs conditions commerciales et assure la relation client.
Créé au début des années 2000, il distribue quatre contrats d'assurance vie ouverts, portés par quatre compagnies différentes. Son encours est annoncé entre 2,8 et 7 milliards d'euros selon les sources et les dates, pour un nombre de clients compris entre 90 000 et 250 000.
Cette architecture change la façon de comparer : choisir ici, c'est d'abord choisir un assureur, puisque c'est lui qui détermine le fonds en euros et ses conditions d'accès.
Quatre contrats, quatre assureurs
La différence entre les contrats ne porte pas sur les frais du courtier, nuls dans les quatre cas, mais sur l'assureur qui se trouve derrière :
| Contrat | Groupe de l'assureur | Versement initial | Gestion du fonds en euros | Gestion des unités de compte |
|---|---|---|---|---|
| Contrat 1 | Bancaire mutualiste | 500 euros | 0,70 % par an | 0,50 % par an |
| Contrat 2 | Bancaire mutualiste | 100 euros | 0,60 % par an | 0,60 % par an |
| Contrat 3 | Assureur international | 300 euros | 0,75 % par an | 0,60 % par an |
| Contrat 4 | Mutualiste paritaire | 300 à 500 euros | 0,60 % par an | 0,60 % par an |
Les frais sur versement, d'arbitrage en ligne et de sortie sont nuls sur les quatre contrats. La gestion pilotée coûte entre 0,20 et 0,70 point supplémentaire selon le mandataire retenu.
Ces niveaux se situent parmi les plus bas du marché, et c'est le principal apport de ce mode de distribution par rapport aux réseaux physiques, où les frais d'entrée atteignent couramment 3 à 5 % parmi les solutions d'épargne équivalentes.
Des rendements qui varient du simple au double
C'est la conséquence directe de cette architecture. Au titre de 2025, les fonds en euros accessibles via ces contrats ont servi de 1,67 % à 3,26 %, nets de frais de gestion et bruts de prélèvements sociaux.
Le même courtier, les mêmes frais, et un rendement qui double selon le contrat souscrit. L'écart ne vient pas de lui mais des assureurs et de leurs politiques de taux.
Les conditions d'accès diffèrent aussi
Certains fonds sont accessibles à 100 % du contrat, d'autres plafonnés à 70 % avec une part minimale de 30 % en unités de compte. L'un des fonds les mieux servis n'accepte que les versements nouveaux et refuse les arbitrages entrants.
Ces règles sont fixées par les compagnies, pas par le distributeur. Les comparer suppose donc de lire les conditions de chaque assureur, comme pour les meilleures assurances vie du marché.
Quel univers de supports selon le contrat ?
Les quatre contrats donnent accès à plusieurs centaines d'unités de compte chacun, mais leur composition diffère nettement.
- Les fonds indiciels cotés : d'une cinquantaine à plus de deux cents selon le contrat, l'un d'eux en ayant ajouté près de cent trente en 2026.
- L'immobilier : de sept à une quarantaine de supports, sociétés civiles de placement immobilier et sociétés civiles confondues.
- Les titres vifs : présents sur deux contrats, avec plusieurs centaines de lignes, absents des deux autres.
- Le capital investissement : disponible sur certains contrats, sans décompte publié.
La part des loyers de sociétés civiles de placement immobilier reversée aux assurés varie également, de 85 à 100 % selon la compagnie. Sur un rendement immobilier de 5 %, l'écart représente environ 0,75 point par an, un critère décisif pour qui veut détenir des SCPI dans une enveloppe fiscale.
Comment ce modèle se rémunère-t-il ?
Puisque aucun frais n'est prélevé à l'entrée, à l'arbitrage ou à la sortie, la rémunération du courtier provient des rétrocessions sur les frais de gestion, versées par les assureurs et les sociétés de gestion.
Ce mécanisme est légal et courant, mais il reste opaque : aucune source publique ne documente le niveau exact de ces rétrocessions sur ces contrats.
Ce que cela implique pour l'épargnant
Les frais de gestion annoncés par le contrat intègrent déjà cette rémunération. L'absence de frais d'entrée est donc un avantage réel, et non un coût déplacé ailleurs de façon cachée.
En revanche, la rémunération étant liée aux frais des supports, un distributeur de ce type n'a pas d'intérêt économique à orienter vers les supports les moins chargés, comme les fonds indiciels. La sélection reste à la main de l'épargnant.
Que remontent les clients ?
La note relevée sur une grande plateforme d'avis atteint 4,7 sur 5 sur plus de 1 800 contributions, avec environ huit avis sur dix à cinq étoiles. C'est le niveau le plus élevé rencontré sur l'ensemble des acteurs de l'épargne examinés.
La répartition des reproches est instructive
Les critiques portent très majoritairement sur les espaces en ligne des assureurs, jugés moins aboutis que celui du courtier, et sur les opérations qui doivent s'effectuer chez la compagnie plutôt que chez l'intermédiaire.
Des incidents sont également signalés sur le traitement d'arbitrages et sur la liquidité de supports immobiliers, là encore du ressort des assureurs.
Le point de vigilance
Un mandat de gestion pilotée proposé sur ces contrats a nettement sous-performé un mandat indiciel concurrent disponible sur le même contrat, avec près de 29 % de progression sur cinq ans contre près de 59 %.
La leçon dépasse ce cas : sur un contrat d'assurance vie à frais réduits, le choix du mandat de gestion pèse davantage que le choix du contrat lui même.
« Avec un courtier qui ne prélève rien à l'entrée, l'épargnant croit avoir réglé la question des frais. Il reste deux décisions bien plus lourdes : quel assureur, donc quel fonds en euros, et quel mandat de gestion. Sur cinq ans, l'écart entre deux mandats du même contrat peut atteindre trente points. C'est là que se gagne ou se perd la performance, pas sur les frais d'entrée. »
Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits
FAQ : les contrats distribués par Linxea
Ce courtier est-il un assureur ?
Non. C'est un intermédiaire immatriculé qui distribue des contrats portés par quatre compagnies d'assurance différentes. Il ne porte aucun engagement financier.
Y a-t-il des frais d'entrée ?
Aucun, sur les quatre contrats ouverts, de même que les frais d'arbitrage en ligne et les frais de sortie. Les frais de gestion vont de 0,60 à 0,75 % sur le fonds en euros.
Quel taux les fonds en euros ont-ils servi ?
De 1,67 % à 3,26 % au titre de 2025 selon le contrat et le fonds retenu, nets de frais de gestion et bruts de prélèvements sociaux.
Pourquoi un tel écart entre les contrats ?
Parce que chaque contrat est porté par un assureur différent, avec sa propre politique de taux et ses propres conditions d'accès au fonds en euros.
Comment ce courtier gagne-t-il de l'argent ?
Par des rétrocessions sur les frais de gestion versées par les assureurs et les sociétés de gestion. Le niveau exact de ces rétrocessions n'est pas public.
Peut-on détenir des SCPI dans ces contrats ?
Oui sur les quatre, avec de sept à une quarantaine de supports immobiliers selon le contrat. La part des loyers reversée varie de 85 à 100 % selon l'assureur.
À qui s'adressent les reproches des clients ?
Essentiellement aux assureurs : espaces en ligne, délais d'opérations et liquidité de certains supports. La note attribuée au courtier lui même reste très élevée.
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