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Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIRVérifié par Ouafâa MACHRI

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • Le contrat se découpe en projets autonomes, chacun avec son horizon et son allocation, désensibilisée seule à l'approche de l'échéance.
  • Ce découpage n'est plus distinctif : le principal concurrent de la gestion déléguée en ligne propose la même architecture de compartiments.
  • En 2022, l'allocation à 30 % d'actions a perdu 10,2 % contre 14,5 % pour celle entièrement investie : quatre points d'écart seulement.
  • La notice prévoit 0,50 % du montant transféré lors des sécurisations de plus-values, poste absent du barème commercial pourtant au coeur du produit.
  • Un rachat partiel doit laisser 1 000 euros plus 12 % du contrat : sur 50 000 euros, 7 000 euros restent immobilisés sans clôture.

Un pionnier racheté par son assureur, et qui ne recrute presque plus

Nalo est un courtier en assurance doublé d'un statut de conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS. Ce n'est pas une société de gestion agréée par l'Autorité des marchés financiers, précision utile puisque certaines pages affirment que ses performances seraient contrôlées par le régulateur, ce que rien n'établit.

Un rachat en 2023 et une croissance clients à l'arrêt

La société a été rachetée en avril 2023 par un groupe de protection sociale, qui est aussi l'assureur de ses nouvelles enveloppes. À cette date elle revendiquait environ 20 000 clients pour 400 millions d'euros d'encours. Elle en annonce 22 000 aujourd'hui pour 600 millions, soit une progression de 10 % du nombre de clients en trois ans, quand l'encours gagnait 50 %. La croissance vient désormais des versements des clients en place et de l'effet marché, plus du recrutement.

Deux faits complètent ce tableau avant d'aborder le produit, et ils comptent dans la comparaison avec les autres solutions d'épargne. Les deux cofondateurs ont été révoqués, l'un fin 2020 et l'autre début 2022, tout en restant actionnaires. Et la société reste en perte, avec un résultat net négatif de 1,84 million d'euros en 2025, après 2,3 millions en 2024.

Deux assureurs différents selon la date d'entrée

Le contrat historique garde son assureur d'origine, tandis que les enveloppes lancées depuis le rachat sont portées par l'assureur du groupe acquéreur. Un épargnant arrivé récemment n'a donc pas le même fonds en euros qu'un client de 2018, avec un écart de rendement notable entre les deux.

Le découpage par projet, un vrai confort devenu banal

La signature du service tient à ce découpage : un même contrat se divise en projets, chacun avec son horizon, son niveau de risque et son allocation propre. L'épargne de chaque projet est automatiquement basculée vers des supports plus sécurisés à l'approche de son échéance. Aucune limite de nombre de projets n'est annoncée, et les arbitrages entre eux sont gratuits et illimités.

Le confort est réel pour qui mène plusieurs objectifs en parallèle. Deux réserves s'imposent cependant. La première est que ce découpage n'est plus un différenciateur : le principal concurrent de la gestion déléguée en ligne propose désormais la même architecture de compartiments.

« La personnalisation d'une allocation est un argument commercial puissant, mais elle a un coût caché : plus un portefeuille est unique, moins l'épargnant peut vérifier qu'il a été bien servi. »

Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits

La contrepartie : une performance difficile à vérifier

La seconde réserve est plus structurelle. Le service ne propose pas de profils standardisés mais un continuum de 0 à 100 % d'actions, décliné en quatre thématiques. Les comparateurs reconnaissent devoir s'appuyer sur des portefeuilles types faute de mandats comparables, et les rendements diffèrent d'un client à l'autre. La performance annoncée devient de ce fait difficilement vérifiable au niveau d'un contrat donné, ce qui change la façon d'aborder une assurance vie en gestion déléguée.

Un dernier élément relève de la tenue de compte plutôt que de la conception : un client a documenté sur un forum un retrait exécuté sur le mauvais projet, incident reconnu par la société. C'est le seul cas de ce type trouvé.

Deux exercices qui en disent plus que les plaquettes

En 2022, le portefeuille classique investi à 30 % en actions a perdu 10,2 %, quand celui investi à 100 % en actions perdait 14,5 %. Un écart de quatre points seulement entre un profil prudent et un profil entièrement exposé aux marchés actions. Sur la gamme écoresponsable, l'allocation à 30 % d'actions a même reculé de 14,2 %, soit autant que son équivalent à 100 % d'actions.

L'explication est connue : les obligations ont chuté en même temps que les actions cette année-là, ce qui a neutralisé la diversification censée protéger les profils défensifs. Mais le résultat reste difficile à défendre auprès d'un épargnant qui avait choisi 30 % d'actions précisément pour limiter sa perte maximale.

2025, la gamme écoresponsable en territoire négatif

Le second exercice parlant est 2025. La gamme écoresponsable a perdu de l'argent à tous les niveaux de risque, entre 0,3 % et 1,0 %, quand la gamme classique gagnait de 1,1 % à 7,0 %. Or cette gamme est choisie par un tiers à la moitié des clients selon les sources.

Le contraste est d'autant plus net que le bilan publié par la société en 2023 présentait cette même gamme comme nettement supérieure à la classique sur la période 2019 à 2023.

Ce que les performances publiées n'incluent pas

Deux précisions de méthode sont dues. Les performances publiées sont nettes de tous les frais mais ne tiennent pas compte des versements et retraits, ce que la société indique elle-même : la performance réelle d'un contrat alimenté progressivement diffère de la courbe affichée. Et les séries antérieures à décembre 2024 pour le second contrat, comme à octobre 2022 pour le plan d'épargne retraite, sont simulées.

Des frais annoncés à 1,65 %, et trois postes qui en sortent

Le barème officiel est clair et vérifiable, ce qui mérite d'être dit. Voici ce qu'il prévoit pour le contrat historique et pour le plan d'épargne retraite.

PosteAssurance viePlan d'épargne retraite
Gestion des unités de compte 1,40 % 1,35 %
Gestion du fonds en euros 0,85 % 0,85 %
Frais courants des supports 0,25 % en moyenne 0,25 % en moyenne
Entrée, versement, arbitrage, sortie 0 % 0 %
Total annuel annoncé 1,65 % 1,60 %

Ce total place désormais l'offre au-dessus de ses concurrents directs, qui facturent de 1,20 % à 1,60 %, et à plus d'un point au-dessus d'un contrat en ligne en gestion libre, autour de 0,50 % sur les unités de compte. L'argument historique de la comparaison avec les banques traditionnelles, entre 2,16 % et 4 %, reste exact, mais ce n'est plus le bon point de référence.

Trois postes hors du périmètre annoncé

Trois postes sortent du périmètre affiché. Les 0,25 % de frais de supports sont une moyenne et non un plafond, la société le précisant. La poche de parts de SCPI du second contrat est facturée 1,59 % par an, les frais du contrat venant s'ajouter par-dessus.

Le troisième est le plus intéressant. La notice contractuelle prévoit 0,50 % du montant transféré sur les opérations de sécurisation des plus-values, alors que la désensibilisation progressive est le coeur du produit. Ce poste n'apparaît pas au barème commercial et mérite d'être clarifié avant de signer.

Une évolution silencieuse mérite enfin d'être signalée : la répartition affichée est passée de 0,85 % pour l'assureur et 0,55 % pour le courtier à 0,50 % et 0,90 % aujourd'hui. L'enveloppe est inchangée, mais la part du distributeur a progressé sans communication.

Des avis polarisés et une sortie moins fluide qu'annoncé

La note publique de 4,4 sur 5 pour un peu plus de 150 avis cache une distribution très marquée : 60 % de notes maximales, mais 29 % d'avis à une ou deux étoiles. La plateforme signale que la société n'a pas sollicité d'avis récemment, ce qui distingue ce corpus des notes bien plus nombreuses et plus flatteuses que produisent les acteurs qui relancent leurs clients après chaque entretien.

Ces avis sont donc spontanés, et auto-sélectionnés aux deux extrémités. Une fiche d'établissement affiche par ailleurs 4,7 sur 5 pour environ 850 avis, sans qu'on sache s'ils ont été sollicités.

Ce que les clients saluent, ce qu'ils reprochent

Les éloges portent sur les conseillers, réactifs et compétents, sur la clarté du parcours en ligne et sur la pédagogie des documents. Le découpage par projet est cité comme le vrai plus du produit.

Les critiques visent d'abord la performance, en particulier sur la gamme écoresponsable, plusieurs clients évoquant des rendements annualisés inférieurs à 2 %. Viennent ensuite les frais, les délais de traitement et les clôtures décrites comme laborieuses. Il n'existe en outre aucune application mobile officielle, et celles qui portent ce nom sur les magasins d'applications sont éditées par une société tierce sans lien avec le courtier.

Sortir du contrat : des délais contradictoires et une clause à connaître

Sur la sortie, les sources officielles se contredisent, et c'est le point à vérifier en priorité. La page commerciale annonce un retrait sous 72 heures, la notice contractuelle prévoit un règlement dans un délai de deux mois, et les clients constatent deux à trois semaines.

Une clause mérite surtout d'être connue : un rachat partiel doit laisser au moins 1 000 euros plus 12 % de la valeur du contrat, ce qui interdit de retirer plus d'environ 88 % du capital sans clôturer. Sur un contrat de 50 000 euros, cela immobilise 7 000 euros.

Un mot enfin sur ce qui ne figure pas au dossier : aucune sanction, mise en garde, procédure ou décision de médiateur n'est associée à cette société, ni du côté de l'Autorité des marchés financiers, ni du côté de l'Autorité de contrôle prudentiel. Les griefs relevés sont commerciaux ou opérationnels. Avant de signer, demander le document d'informations clés et l'annexe tarifaire à jour reste utile, comme pour tout contrat d'assurance vie que l'on compare.

FAQ : les contrats d'assurance vie Nalo

Quel est le montant minimum pour ouvrir un contrat ?

Mille euros sur le contrat historique et 500 euros sur le second, lancé fin 2024. Les versements programmés démarrent à 50 euros par mois. Attention, le minimum de versement complémentaire diverge selon les sources, 50 euros sur la page commerciale contre 500 euros dans la notice contractuelle.

Peut-on choisir ses supports soi-même ?

Non. La gestion est exclusivement déléguée et il n'existe aucune gestion libre. L'épargnant choisit un horizon, un niveau d'exposition aux actions de 0 à 100 % et une thématique parmi quatre, mais pas les fonds qui composent son portefeuille.

Quel est le rendement du fonds en euros ?

Le fonds du contrat historique a servi 2,95 % en 2023 puis 2,90 % en 2024 et 2025, nets de frais de gestion. Celui des enveloppes récentes est sensiblement en dessous, et son taux 2025 varie de 1,45 % à 2,50 % selon les sources. Un contrat investi à 100 % en fonds en euros n'est pas possible, 30 % au moins devant aller en unités de compte.

Y a-t-il des SCPI ou du non coté ?

Une seule SCPI est accessible, sur le contrat lancé fin 2024, qui impose au moins 10 % d'immobilier dans chaque allocation. Il n'y a ni société civile immobilière, ni non coté, ni titre vif, et aucun fonds de gestion active : l'approche reste indicielle.

Les frais sont-ils plus élevés qu'en gestion libre ?

Oui, d'environ 1,15 point par an. Un contrat en ligne en gestion libre revient autour de 0,50 % sur les unités de compte, hors frais des supports, contre 1,65 % tout compris ici.

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