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Quels sont vos droits en matière de crédit ?

Ouafâa MACHRI

Écrit par Ouafâa MACHRI,

En matière de crédit, l'emprunteur bénéficie de droits protecteurs encadrés par le Code de la consommation : information préalable claire, délai de rétractation de 14 jours, remboursement anticipé possible, encadrement des taux par le taux de l'usure et protection renforcée en cas de difficultés de remboursement.

Le droit à l'information et à la rétractation

Avant toute souscription, le prêteur doit remettre une information précontractuelle standardisée détaillant le montant, la durée, le taux annuel effectif global (TAEG) et le coût total du crédit. Cette obligation, prévue par le Code de la consommation, permet à l'emprunteur de comparer les offres et de s'engager en connaissance de cause.

L'emprunteur dispose d'un délai de rétractation de 14 jours calendaires pour un crédit à la consommation, à compter de la signature de l'offre, conformément à l'article L. 312-19 du Code de la consommation. Il peut se rétracter sans avoir à justifier sa décision ni supporter de pénalité.

Pour un crédit immobilier, le mécanisme diffère : l'emprunteur bénéficie d'un délai de réflexion obligatoire de 10 jours, pendant lequel il ne peut accepter l'offre. L'acceptation ne peut intervenir qu'à l'expiration de ce délai, en vertu de l'article L. 313-34 du même code.

L'encadrement du taux et du coût du crédit

Le taux d'intérêt d'un crédit est plafonné par le taux de l'usure, fixé chaque trimestre par la Banque de France. Un prêt dont le TAEG dépasse ce seuil est usuraire et donc illégal. Ce mécanisme protège l'emprunteur contre des conditions de crédit abusives.

Le TAEG (taux annuel effectif global) doit obligatoirement figurer dans l'offre. Il intègre l'ensemble des coûts : intérêts, frais de dossier, assurance obligatoire, garanties. C'est l'indicateur de référence pour comparer le coût réel de deux crédits, bien plus fiable que le seul taux nominal.

L'emprunteur a également le droit de rembourser son crédit par anticipation. Pour un crédit à la consommation, les indemnités sont plafonnées à 1 % du capital remboursé (0,5 % si la durée restante est inférieure à un an), et sont nulles en dessous de 10 000 € remboursés sur douze mois, selon l'article L. 312-34.

La protection en cas de difficultés de remboursement

Face à des difficultés, l'emprunteur peut demander au juge un délai de grâce permettant de suspendre le remboursement jusqu'à deux ans, sur le fondement de l'article 1343-5 du Code civil. Cette mesure, accordée selon la situation, offre un répit sans effacer la dette.

En cas de surendettement, le particulier peut saisir la commission de surendettement de la Banque de France. Celle-ci peut proposer un plan de redressement, un rééchelonnement, voire un effacement partiel des dettes dans les situations les plus graves, conformément au Code de la consommation.

L'emprunteur est aussi protégé contre les pratiques abusives : démarchage encadré, interdiction du crédit lié à la fourniture d'un bien sans information claire, et obligation pour le prêteur de vérifier la solvabilité avant d'accorder un crédit. Le devoir de mise en garde du prêteur constitue une protection jurisprudentielle importante.

Questions fréquentes

Peut-on annuler un crédit après signature ?

Oui, grâce au délai de rétractation de 14 jours pour un crédit à la consommation, l'emprunteur peut revenir sur son engagement sans justification. Il suffit de renvoyer le bordereau de rétractation joint à l'offre. Passé ce délai, seul un remboursement anticipé permet de mettre fin au crédit.

Un prêteur peut-il refuser un crédit sans motif ?

Oui, l'octroi d'un crédit relève de la liberté contractuelle du prêteur, qui n'est jamais obligé d'accorder un financement. Il n'a pas à justifier son refus. Il est même tenu de refuser si la solvabilité de l'emprunteur est insuffisante, au titre de son devoir de vigilance.

Quel est le taux maximum légal d'un crédit ?

Le taux maximum est le taux de l'usure, fixé chaque trimestre par la Banque de France selon la catégorie de prêt. Tout crédit dont le TAEG le dépasse est usuraire et sanctionné. Les seuils sont publiés au Journal officiel et consultables sur le site de la Banque de France.

Le prêteur doit-il vérifier ma capacité de remboursement ?

Oui, le prêteur a l'obligation légale de vérifier la solvabilité de l'emprunteur avant d'accorder un crédit, notamment via la consultation du FICP. Ce devoir de mise en garde vise à prévenir le surendettement. Un manquement peut engager la responsabilité de l'établissement prêteur.

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