✍ Les points à retenir
- Linxea Suravenir PER facture 0,60 % de frais annuels sur les unités de compte, ne prélève rien sur les versements ni les arbitrages, et exige 1 000 euros à l'ouverture.
- Son fonds en euros a servi 3,00 % nets deux années de suite, mais il n'est accessible qu'en gestion libre, à l'exclusion de la gestion appliquée par défaut.
- Le profil dit prudent est intégralement investi en unités de compte : il a reculé de 15,50 % en 2022, une baisse qui exige 18,34 % de hausse pour être effacée.
- L'assureur conserve 15 % des loyers des SCPI logées dans le contrat, soit 0,85 point de rendement annuel en moins sur un véhicule servant 5,00 % brut.
- Rester en gestion libre, privilégier les ETF et attendre cinq ans avant tout transfert sont les trois leviers de coût que le souscripteur maîtrise seul.
Linxea Suravenir PER, ce que le contrat met à disposition
Linxea Suravenir PER est un plan d'épargne retraite individuel distribué en ligne par un courtier. Il facture 0,60 % de frais de gestion annuels sur les unités de compte, ne prélève rien sur les versements ni sur les arbitrages, et donne accès à plus de 400 supports dont un fonds en euros servant 3,00 % nets.
Un ticket d'entrée plus élevé que la moyenne
Le premier versement s'élève à 1 000 euros, montant également exigé pour chaque versement libre ultérieur. Les versements programmés démarrent à 100 euros par mois. Plusieurs contrats concurrents ouvrent à partir de 500 euros, ce qui place celui-ci dans le haut de la fourchette.
Trois modes de pilotage
La gestion libre n'entraîne aucun surcoût et donne accès à l'intégralité du catalogue. Une gestion à horizon retraite s'applique par défaut, déclinée en profils prudent, équilibré et dynamique. Un mandat d'arbitrage porte enfin les frais de gestion à 0,90 % par an, soit 0,30 point de plus. Comparer deux contrats suppose d'abord de comprendre le fonctionnement du PER lui-même, qui conditionne l'intérêt du montage.
Des comptages à vérifier
- Le nombre de supports est annoncé à 370, à plus de 400 et à 408 selon la page
- Les fonds immobiliers sont comptés 28 d'un côté, 24 de l'autre
- Le minimum d'un transfert entrant est donné à 50 euros par le distributeur, à 1 000 euros sur le bulletin de l'assureur
- Aucune action en direct n'est accessible, contrairement à certains contrats récents
Le fonds en euros, principal argument du contrat
Trois pour cent deux années de suite
Le fonds en euros a servi 3,00 % nets en 2025 comme en 2024, après 2,65 % en 2023. Sur 10 000 euros, cela représente 300 euros par an contre 170 euros sur le Livret A, soit 130 euros de plus, au prix d'une disponibilité bien moindre.
Les deux conditions posées par Linxea Suravenir PER
Ce fonds est accessible jusqu'à 100 % de l'épargne, mais uniquement en gestion libre. Le taux minimum garanti est par ailleurs annoncé à 0 % brut, et l'assureur se réserve la faculté de restreindre l'accès au support. Un rendement passé de 3,00 % ne constitue donc ni un engagement ni un plancher.
Ce que cela implique pour le choix du mode de gestion
Un épargnant qui laisse le contrat en gestion par défaut se prive mécaniquement du support le plus sécurisant de l'offre. C'est le point le plus contre-intuitif du dossier, et il n'apparaît dans aucune présentation commerciale.
Le profil prudent qui a perdu plus de quinze pour cent
Une gestion à horizon sans fonds en euros
La gestion appliquée par défaut est entièrement investie en unités de compte, y compris dans son profil le plus défensif. En 2022, ce profil prudent a reculé de 15,50 %. Il faut ensuite 18,34 % de hausse pour revenir au point de départ, ce qu'un profil qualifié de prudent ne permet pas en une seule année.
Les performances récentes, bien meilleures
En 2025, le profil équilibré affiche 9,86 %, le dynamique 9,62 % et le prudent 7,32 %. Sur trois ans, les rendements annualisés ressortent à environ 5,5 % pour le prudent et 6,5 % pour les deux autres. Ces résultats portent sur un millésime favorable aux marchés actions et ne préjugent pas des suivants.
| Mode de gestion | Frais annuels | Accès au fonds en euros | Performance 2025 |
|---|---|---|---|
| Gestion libre | 0,60 % | jusqu'à 100 % | dépend des choix du souscripteur |
| Horizon retraite, prudent | 0,60 % | aucun | 7,32 % |
| Horizon retraite, équilibré | 0,60 % | aucun | 9,86 % |
| Horizon retraite, dynamique | 0,60 % | aucun | 9,62 % |
| Mandat d'arbitrage | 0,90 % | aucun | non publiée |
La nuance à retenir sur le vocabulaire
Le mot prudent décrit ici une allocation moins exposée que les autres profils du même contrat, non une absence de risque. Un profil réellement défensif supposerait une part de fonds en euros, que cette gestion n'utilise pas.
Ce que les performances affichées représentent
- Il s'agit de portefeuilles théoriques et non de comptes réels de souscripteurs
- Les frais de gestion du contrat sont déjà déduits, pas la fiscalité de sortie
- Le mandat d'arbitrage ne publie aucune performance pour 2025
- Un changement de profil reste possible à tout moment, sans frais d'arbitrage
La retenue de quinze pour cent sur les loyers de SCPI
Le prélèvement que les comparatifs de Linxea Suravenir PER omettent
Lorsque des parts de SCPI sont logées dans ce contrat, l'assureur conserve 15 % des loyers encaissés. Le souscripteur ne perçoit donc que 85 % du revenu locatif, avant les frais de gestion du contrat. Cette retenue n'apparaît ni dans le taux de distribution affiché par la SCPI, ni dans les tableaux de frais du plan.
| Taux de la SCPI | Après retenue de 15 % | Après frais de gestion | Contrat reversant tout |
|---|---|---|---|
| 4,50 % | 3,83 % | 3,23 % | 4,00 % |
| 5,00 % | 4,25 % | 3,65 % | 4,50 % |
| 5,50 % | 4,68 % | 4,08 % | 5,00 % |
| 6,00 % | 5,10 % | 4,50 % | 5,50 % |
Ce que l'écart représente dans la durée
Sur une SCPI servant 5,00 % brut, l'écart annuel atteint 0,85 point. Appliqué à 10 000 euros pendant vingt ans, cela représente environ 3 630 euros de capital final en moins, soit 17,7 %. La place à accorder à cette poche dans l'épargne se décide donc en intégrant cette retenue, et non sur le seul taux affiché par la société de gestion.
Les frais que la grille commerciale ne montre pas
Trois postes à ajouter au taux affiché
Au-delà des 0,60 % annuels, trois prélèvements s'appliquent selon les choix du souscripteur. Chaque opération sur un ETF coûte 0,10 %, à l'achat comme à la vente, soit 0,20 % par aller-retour. La sortie en rente n'entraîne aucun frais sur les arrérages mais 0,80 % par an sur l'encours. Le transfert vers un autre plan coûte 1 % du montant avant cinq ans d'ancienneté.
Le coût complet dépend du support retenu
Il faut encore ajouter les frais internes des supports, d'environ 0,20 % sur un ETF à près de 1,80 % sur un fonds actif. Un épargnant en ETF supporte donc environ 0,80 % par an tous frais confondus, contre près de 2,40 % pour un portefeuille de fonds traditionnels. Loger la même allocation dans un contrat d'assurance vie coûte souvent autant, mais sans blocage jusqu'à la retraite.
Comment limiter la facture
Rester en gestion libre évite les 0,30 point du mandat, privilégier les ETF divise par trois les frais internes, et attendre cinq ans avant tout transfert supprime la pénalité de 1 %. Ces trois décisions relèvent du souscripteur seul et pèsent davantage, sur vingt ans, que le choix des fonds eux-mêmes.
« Sur un plan bloqué vingt ans, la seule variable que l'épargnant contrôle vraiment, c'est le coût. Les rendements se subissent, les frais se choisissent. Un contrat se juge donc sur ce qu'il prélève dans toutes les situations, pas sur le taux mis en avant dans sa communication. »
Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits
Fiscalité, blocage et conditions de sortie
La déduction n'est qu'un report
Les versements se déduisent du revenu imposable, mais le capital correspondant sera imposé au barème lors de la sortie. À tranche marginale identique entre la vie active et la retraite, l'opération ne procure aucun gain sur le capital. L'avantage n'apparaît que si la tranche baisse, et se transforme en coût si elle remonte. Les plus-values supportent par ailleurs le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, selon une logique inverse de celle du PEA.
Six situations permettent de sortir avant la retraite
- Invalidité du titulaire, de son conjoint ou d'un enfant
- Décès du conjoint ou du partenaire de pacte civil
- Expiration des droits à l'assurance chômage
- Surendettement reconnu par la commission compétente
- Cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire
- Acquisition de la résidence principale
Ce qu'il faut prévoir à côté
En dehors de ces six cas, les sommes restent indisponibles jusqu'à la liquidation des droits à la retraite. Un besoin de trésorerie ordinaire ne permet pas de récupérer les fonds, ce qui impose de conserver par ailleurs une réserve disponible. La sortie peut ensuite se faire en capital, en rente, ou en combinant les deux.
FAQ : Linxea Suravenir PER
Quels sont les frais réels de ce plan ?
Zéro sur les versements et les arbitrages, 0,60 % par an sur les unités de compte, 0,90 % sous mandat d'arbitrage. S'y ajoutent 0,10 % par opération sur un ETF, les frais internes des supports et 0,80 % par an sur l'encours en phase de rente.
Le fonds en euros est-il accessible dans tous les modes de gestion ?
Non. Il est ouvert jusqu'à 100 % de l'épargne, mais seulement en gestion libre. La gestion à horizon appliquée par défaut n'y recourt pas, ce qui prive le souscripteur inattentif du support le plus sécurisant du contrat.
Pourquoi le profil prudent a-t-il perdu de l'argent ?
Parce qu'il est entièrement investi en unités de compte, sans poche en fonds en euros. En 2022, il a reculé de 15,50 %, et il faut 18,34 % de hausse pour effacer une telle baisse. Le qualificatif prudent désigne une exposition moindre que les autres profils, pas une absence de risque.
Que devient le loyer des SCPI logées dans Linxea Suravenir PER ?
L'assureur en conserve 15 %. Pour une SCPI servant 5,00 %, le souscripteur perçoit 4,25 % avant frais de gestion, puis 3,65 % après. Certains contrats reversent la totalité des loyers, d'où un écart de 0,85 point par an à taux égal.
Quel montant faut-il pour ouvrir ce plan ?
Mille euros pour le premier versement comme pour chaque versement libre, ou cent euros par mois en versements programmés. Le minimum d'un transfert entrant est annoncé à 50 euros par le distributeur et à 1 000 euros sur le bulletin de l'assureur, divergence qu'il faut lever avant de signer.
La déduction fiscale rend-elle le montage toujours gagnant ?
Non. Elle ne constitue un gain réel que si la tranche marginale baisse entre la vie active et la retraite. À tranche constante, il s'agit d'un simple report d'imposition, et un contribuable faiblement imposé n'y trouve qu'un intérêt marginal.
Peut-on transférer ce plan vers un autre contrat ?
Oui, à tout moment, mais une pénalité de 1 % du montant transféré s'applique avant cinq ans d'ancienneté. Au-delà, le transfert devient gratuit, ce qui limite le risque de rester captif sur la durée.